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C’était mieux avant : j’ai rejoué aux jeux fétiches de ma jeunesse

La vidéo de Nofrag C’était mieux avant m’a donné le coup de pied au cul pour faire ce post qui me trottait dans la tête depuis quelques temps : au cours des 2 dernières années, j’ai retouché à pas mal de titres qui m’avaient asséné une grosse claque quand j’étais gosse (j’ai commencé à 9 ans) puis jeune (j’ai 28 ans aujourd’hui, pour resituer), pour voir comment ils avaient vieillis, si leurs mécaniques étaient toujours agréables aujourd’hui ou ennuyeuses à crever. En avant pour un petit voyage dans le temps en tentant de faire taire la nostalgie au d’une critique (rapide) des mécaniques.

Sonic the Hedgehog

Mon premier émoi vidéoludique, en 1998. J’avais 9 ans. Mes parents refusent de m’acheter la PlayStation et je me retrouve avec une Megadrive sous le sapin, je vous laisse imaginer ma tête. Reste que Sonic est une énorme claque pour moi et je le refait des dizaines de fois. Je l’ai réessayé aujourd’hui : c’est nul. Oui, j’ai bien dit “c’est nul.” Ou plus exactement, cela n’a AUCUN intérêt aujourd’hui, c’est répétitif à souhait, certains niveaux sont boring as fuck. Cela m’apporte un éclairage nouveau sur les dramas qui se déchainent à chaque sortie d’un nouveau Sonic, même ceux en 2,5D qui sont tout à fait corrects (j’ai même fait Sonic Generations) : un jeu de plate-forme dont le but consiste simplement à courir pour atteindre la sortie, cela appartient au passé. C’est trop simple, trop répétitif et ça manque d’enjeu.

Re-Volt / Ultimate Race Pro

Mes premiers jeux sur PC, en décembre 1999 (Pentium II !). Un jeu de courses de voitures télécommandées et un jeu de courses “classique” sur des routes américaines. La première fois que je suis réellement “à fond” sur un jeu pour Re-Volt (la difficulté m’a rendu fou à l’époque), mes premières parties multi-joueurs avec Ultimate Race Pro (Re-Volt suivra rapidement, grâce à GOA). Les deux jeux ont très mal vieillis. Re-Volt reste fun les premières minutes mais le jeu est très basique, la conduite est en réalité aussi simple que la difficulté. Quant à Ultimate Race Pro, il pourrait s’agir d’un jeu flash : aucune physique, aucune sensation, aucun sentiment de progression.

Quake II

Mon premier FPS, en 2000. Je regarde mon père y jouer, à la fois fasciné et dégoûté par le flot d’hémoglobine que déverse Quake II. Quelques mois plus tard, je m’y mets. Je trouve le jeu terrifiant et passionnant, notamment la recherche des secrets pour le plaisir de les trouver (et de compléter le tableau de statistiques à la fin de chaque niveau). Pour la première fois je trouve un jeu réellement “magique”, un jeu sur lequel je peux, déjà, passer trois heures sans m’arrêter. C’est nerveux, c’est varié, on ne s’ennuie jamais et on veut toujours voir ce qui se cache au prochain virage.

J’ai rejoué à Quake II de nombreuses fois au fil des années, et il faut bien le reconnaître : ce putain de jeu ne vieillit pas. Arsenal démentiel, bestiaire nombreux et varié, level design hallucinant (je pense qu’un enfant de 10 ans d’aujourd’hui est incapable de finir le premier niveau du jeu à cause de la verticalité notamment). Par contre, comme à l’époque, je n’ai jamais compris l’enthousiasme autour de la musique du jeu, de la merde en barre pour moi, qui en plus gâche toute l’ambiance. Se balader dans les niveaux avec pour seuls compagnons les bruits de nos pas, notre respiration grave et les rares sons d’ambiances glaçants sont à mon sens l’expérience Quake II telle qu’elle doit se vivre. Probablement parce que je suis un fasciste.

Red Faction


2001 est une année charrière pour le jeune joueur que je suis, car au cours de cette année maudite que je vais véritablement sombrer dans l’addiction aux jeux vidéo, qui ne m’a plus jamais quitté. En cause, Red Faction et son mode multijoueurs. Mon premier FPS multi. Red Faction, c’était d’abord une aventure solo HALLUCINANTE pour moi à l’époque : un scénario avec des dialogues doublés en français (même les affiches dans les niveaux étaient traduites, un truc de malade à l’époque), un arsenal jouissif (coucou le fusil qui tire à travers les murs), une durée de vie proprement colossale (avec une fausse fin !), des cadavres et des tâches de sang qui ne disparaissent pas et évidemment la destruction du décor… Probablement l’un des FPS solo que j’ai le plus rejoué avec F.E.A.R..

Mais ce n’est rien à côté du multijoueurs, auquel j’ai joué pendant plusieurs années. Les décors destructibles y prennent tout leur sens, notamment avec des armes cachées derrières certains murs. Le nombre maps officielles se porte à 20, plus 7 maps exclusivement dédiées au CTF, soit 27 maps à la sortie du jeu ! Lointaine époque. Le gameplay est un audacieux mélange entre nervosité (déplacements rapides) et mollesse (les sauts sont en simili-absence de gravité, sauter rend donc vulnérable). C’est l’époque où tout le monde se dit bonjour en arrivant sur un serveur et tout le monde se congratule à la fin, les insultes sont rares.

Le solo de Red Faction reste tout à fait potable de nos jours, bien qu’il paraîtra probablement fort répétitif aux publics d’aujourd’hui. En effet, les types d’ennemis sont peu variés, le level design, bien que bien plus labyrinthique que les FPS d’aujourd’hui, n’est pas forcément ultra-inspiré, et comme toutes les petites perles de game design listées plus haut sont aujourd’hui des obligations dans tous les jeux, cela fait de Red Faction un FPS pas forcément indispensable à faire pour parfaire sa culture vidéoludique.

Alien vs Predator 2

Bien que sorti en 2001, je ne me frotte à AvP2 qu’en 2003. Encore une claque magistrale à l’époque, avec ses trois aventures distinctes : le marine, qui propose un gameplay action/horreur, le predator, orienté infiltration, et l’alien, mélange d’infiltration et de corps à corps. Je flippe pour la première fois VRAIMENT dans un jeu vidéo, au point de quitter le jeu plutôt que de continuer la progression (bon OK, il y avait aussi Alone in the Dark 4 mais je n’ai jamais réessayé le jeu, qui a probablement très mal vieilli). A noter qu’à l’époque, je n’ai jamais vu les films Alien et je ne suis même pas au courant de l’existence d’un film Predator.

Le multijoueur est incroyable puisqu’il propose 4 factions : évidemment les deux races extraterrestres mais aussi deux clans humains (les marines et la méchante Corporation). Les maps sont, comme toujours à cette époque, très nombreuses et inspirées des films. Malheureusement, le titre souffre d’un netcode désastreux et probablement de serveurs pas au point : on a du mal à toucher et les pings sont souvent stratosphériques. Cela ne m’empêche pas de passer des centaines d’heures sur le jeu, notamment sur son palpitant mode Survivor, dans lequel un seul joueur commence alien et chacune de ses victimes le rejoint dans son combat contre les humains.

Je n’ai évidemment pas pu réessayer le multijoueurs aujourd’hui, par contre je me suis retapé les trois campagnes solos. Le bilan est mitigé : la campagne marine est clairement la plus réussie, surtout grâce à son ambiance irréprochable. Étant aujourd’hui une énorme fan d’Alien, je suis en fait encore plus terrifié par le jeu à 28 ans que je ne l’étais à 14 ans (car je suis une grosse flipette). La campagne Predator est, quant à elle, plus critiquable. La créature étant fragile, il faut constamment battre en retraite pour se soigner, les mécaniques d’infiltrations sont basiques au possible (c’était normal à l’époque) et la campagne est finalement assez ennuyeuse. Quant à l’aventure de l’alien, c’était déjà la plus chiante en 2003, aujourd’hui elle est tout simplement imbuvable, celle-ci consistant simplement à se jeter sur tous les humains et à les dévorer pour récupérer la santé perdue lors de l’assaut… La campagne du marine reste à faire si vous êtes un inconditionnel d’Alien.

Metal Gear Solid

Parallèlement au PC, je continue à user la lentille de ma PlayStation. Grâce à un ami, je découvre Metal Gear Solid, un jeu d’un genre nouveau pour moi. Scénario de malade mental, gameplay innovant, bande son magique… Pour la première fois devant un jeu, je ressent des émotions autres que la peur ou l’envie de meurtre : je veux progresser pour découvrir la suite du scénario et ce qu’il advient des personnages. Je refais le jeu une dizaine de fois avant de me lasser.

Me remettre à MGS a été assez difficile, car outre les graphismes aujourd’hui ignobles, le gameplay est relativement désagréable et rigide, au point que j’en ai trouvé le jeu beaucoup plus difficile qu’à l’époque ! Il m’a été plus facile de refaire le remake sur GameCube, MGS The Twin Snakes, car le gameplay, bien que lui aussi très rigide pour le joueur d’aujourd’hui, sent un peu moins le rance. Si votre fibre de japan fag vibre sur cette cinématique, alors foncez (attention spoiler + clichés). Reste que le 1er MGS est un jeu indispensable dans une vie de joueur pour son scénario et sa galerie de personnages humains et touchants.

Far Cry

Grand bond dans le temps avec Far Cry, sorti en 2004 (mais que je ferais bien longtemps plus tard pour cause de PC merdique). Crytek fait rentrer le jeu vidéo dans une nouvelle génération, avec des graphismes “photoréalistes” et une intelligence artificielle qui reste supérieure à ce qui se fait aujourd’hui dans la plupart des FPS : les ennemis vous encerclent, se mettent à couvert et vous délogent à coup de grenades. N’espérez pas les dégommer en restant caché derrière un rocher comme une grosse merde, car les ennemis ne laisseront pas leur tête dépasser comme le premier taliban venu de Call of Duty. Quant aux mutants, ils se jettent sur vous ) une vitesse que les développeurs d’aujourd’hui ne peuvent se permettre à cause des portages sur console.

A l’époque, le level design passe clairement pour un open-world dans un FPS. La plupart des maps en extérieur laissent plusieurs options pour rejoindre le point B et on peut même emprunter des véhicules ! Quant au multijoueur, il est correct mais assez rageant car on y meurt en peu de balles, ce qui a déjà le don de m’énerver à l’époque.

Vous l’aurez compris à la lecture des quelques lignes ci-dessus, Far Cry premier du nom est un FPS tout à fait faisable aujourd’hui, je vous conseille donc de vous y mettre si vous ne l’avez jamais approché.

F.E.A.R.

J’avais déjà fait un retour vidéo sur F.E.A.R. en 2012 (le jeu date de 2005) ici, et tout est dit dedans (et dans les commentaires qui ne tarissent pas d’éloges sur le jeu). F.E.A.R. reste un FPS majeur de nos jours, à jouer sans hésiter.

Conclusion

Les jeux ci-dessus ne sont qu’une sélection, mais au fil des années j’ai rejoué à de nombreux jeux de ma prime jeunesse. La majorité ne présente plus aucun intérêt aujourd’hui d’un point de vue gameplay, game design et level design. Cela ne veut pas dire qu’ils étaient nuls à l’époque, ils ont au contraire chacun à leur manière apporté une brique à l’histoire de l’évolution du jeu vidéo.

Mais alors, est-ce que c’était mieux avant ? Cette question est insoluble selon moi car si les jeux changent, les joueurs changent aussi. Mettez quelqu’un n’ayant plus vu un jeu vidéo depuis Quake II devant un Battlefield 1 et regardez sa mâchoire se décrocher pour vous en convaincre, alors que pour vous, ce jeu ne provoque qu’un haussement de sourcil discret tant il est proche de ses prédécesseurs. Autrement dit, le niveau d’exigence change avec l’expérience. Ainsi, en dehors de quelques facteurs (comme l’IA, en berne depuis longtemps), le jeu vidéo a progressé dans tous les domaines mais les joueurs ont progressé avec lui et sont donc moins sensibles aux nouveautés, qui lui paraissent souvent mineures. Or, il suffit de se replonger dans un Quake pour constater le gap faramineux franchi par notre loisir préféré en 25 ans.

Enfin, il faut souligner l’importance de certaines mécaniques récentes qui, si elles sont critiquées (et critiquables), semblent manquer lorsqu’on relance un ancien titre. Je pense typiquement aux nombreux systèmes d’XP qui envahissent tous les genres de jeux, notamment les FPS, en solo et en multi. Ce système a probablement été instauré pour générer chez le joueur un sentiment de progression, mieux contrôler le déroulement du jeu et même rentre un multijoueur, potentiellement infini, périmable (je suis sûr que certains joueurs de CoD arrêtent d’y jouer quand ils ont atteint un certain niveau de Prestige en multi). Moi-même je commençait à trouver ces jauges d’XP présentes partout un peu lourdes, mais en relançant de vieux titres on se rend compte que… cela apporte quelque chose d’indéfinissable. Un petit plaisir d’avoir débloqué un nouvel élément, tout simplement.

Les jeux d’avant n’étaient donc pas mieux, ils étaient en accord avec notre époque, et nous étions simplement plus jeunes et moins expérimentés donc plus facilement “impressionnables.”

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