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Un peu de lecture entre deux parties de Killing Floor 2

Parce qu’il faut bien souffler entre deux parties de KF2 en suicidal foutues en l’air par un lvl 0 qui arrive à la vague 10, et parce que j’en avais marre de me faire bourrer le mou sur Robespierre (”buveur de sang !”), j’ai jeté mon dévolu sur la dernière biographie en date de l’Incorruptible, par Hervé Leuwers.

L’ouvrage vaut chaque euro des 25 qu’il coûte. Il se lit presque comme un roman et s’avère être un véritable travail d’historien, et non une prose militante pour/contre Robespierre, buveur de sang pour les uns, ami du peuple pour les autres. Comme il l’explique dans son livre et plus en détail dans cette passionnante interview, Hervé Leuwers a non seulement découvert de nombreux nouveaux documents d’époque, mais a aussi repris de zéro les recherches concernant Robespierre. En effet, le biographe s’est rapidement rendu compte que les nombreuses biographies du Constituant souffraient soit d’un manque de preuves factuelles (et ce dès 1795, date de la parution de la première biographie de Robespierre), soit reprenaient toutes des éléments cités dans de précédentes biographies, alors que ceux-ci étaient démentis par les documents d’époque, des erreurs de date ou d’interprétations obscurcies par une analyse basée uniquement sur la Terreur…

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le livre de Leuwers se distingue de nombreux ouvrages concernant les personnalités “sensibles” : l’auteur se concentre sur les FAITS et uniquement sur les FAITS. Il ne se livre à aucune interprétation ou supposition et ne tire aucune conclusion qui ne soit appuyée d’un document d’époque. Il en résulte un vrai plaisir de lecture, car c’est au lecteur de se livrer à ses propres suppositions : Robespierre était-il un carriériste calculateur et opportuniste ? Son parcours d’avocat à Arras le laisse supposer, mais de nombreux autres points de sa vie peuvent permettre d’en douter. Etait-il progressiste vis-à-vis des femmes ? Oui et non, car s’il prônait l’intégration de celles-ci dans les cercles intellectuels et académiques, il défendit le suffrage universel uniquement pour les hommes. Et en même temps, se prononcer pour l’intégration des femmes suffit à lui attirer les foudres de ses collègues avocats. Bref, la biographie d’Hervé Leuwers permet de se plonger facilement dans l’ambiance de cette époque et de laisser à chacun la libre interprétation des évènements, l’auteur se contentant de pointer le doigt dans la bonne direction lorsqu’il s’agit de démolir un mythe ou une idée reçue sur l’époque comme sur le personnage.

Seul petit regret à mon sens, les (nombreuses) notes et références figurent à la fin du bouquin, ce qui a le dont de me gonfler (c’est tellement plus simple de se reporter en bas de page), et lesdites notes sont généralement détaillées au minimum, évitant d’avoir à se procurer les ouvrages cités mais trop incomplètes à mon goût (j’aime bien les notes qui citent carrément tout le passage du bouquin de référence, par exemple). Enfin, c’est toujours mieux que le bouquin Les mythes de la 2nd Guerre Mondiale, un sombre torchon dont les références sont si faibles qu’on se demande si les auteurs ne se moquent pas de nous.

Bref, lisez ce bouquin.

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