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Un nouveau blog sur Wefrag le blog de Zorglomme.

Je vous propose ma transcription de l’interview de Mar_lard par Usul streamée il y a plus d’un an sur Twitch. D’une durée de deux heures, elle constitue une excellente entrée en matière pour les curieux en matière de féminisme, soucieux de dépasser les commentaires de caniveau qui régissent en général les débats sur le sujet. Je conseille à tous de l’écouter.

L’idée de faire cette transcription m’est venue lors de la lecture des commentaires affligeants de bêtise sur le site Factornews, sur cet article précisément. J’ai constaté que l’interview de Mar_lard répond à peu près à tous les points soulevés par les idiots commentateurs. Et que beaucoup d’internautes préfèrent lire qu’écouter. Donc j’ai décidé de transcrire cette interview en plusieurs parties.

Par soucis d’intégrité, j’ai retranscris mot pour mot (le style est donc “parlé” et non “écrit”, ce qui est plus chiant à lire mais aussi plus fidèle) l’interview. Les seules coupures sont les marmonnements et sont signalées par [...]. Les textes entre crochets remplacent certains mots lorsque la phrase était difficilement compréhensible à l’écrit. J’espère que cela intéressera certains nofragés !

Interview de Mar_Lard par Usul, 1ère partie :

Usul : Y’a des choses qui reviennent comme “oui, c’est bon, les femmes, elles ont l’égalité des droits. Le féminisme, c’était bien avant quand y’avait pas l’égalité des droits.” Qu’est-ce que ça veut dire être féministe en 2013, en somme ?

Mar_lard : Ok. Bon c’est…

Usul : [rire] Oui c’est la base.

Mar_lard : Non mais c’est très très bien parce qu’on entend énormément de choses, tout et son contraire, sur le féminisme. Être féministe, de base, c’est tout simplement considérer que les humains sont égaux, peu importe ce qu’ils ont entre les jambes, voilà, ça c’est la base, c’est une simple idéologie. Et après, bien sûr, c’est un mouvement très très vaste, vous l’avez vu l’idée est vaste, donc y’a des formes différentes, des mouvements différents, et des façons différentes de d’exprimer ou de combattre pour l’idée. Bien sûr c’est pas un mouvement fixe, on est pas un bloc. On est pas toutes des soeurs unies dans une même idée, d’ailleurs y’a plein de mecs féministes aussi, je précise parce que c’est pas toujours évident. Enfin, c’est très simple : si vous pensez que les hommes et les femmes, enfin les personnes, sont égales, peu importe ce qu’elles ont entre les jambes, vous êtes féministe, quelque part.

Usul : Oui alors je vais lire un message que j’ai mis de côté à cet égard, par rapport à l’image du féminisme. “J’aimerai maintenant faire une remarque sur le féminisme et surtout sur l’image qu’il véhicule. A chaque fois que j’en ai entendu parler, c’était dans le genre de cas contestation violente, agressive, on sent que l’auteur est tout sauf objectif par rapport au sujet qu’il traite, ce qui lui donne une image un peu hystérique, comme vous pouvez le voir dans les réactions de vos détracteurs. Vous semblez aussi promouvoir une image de la femme qui ne semble pas être acceptée par toutes les femmes, justement…”

[Mar_lard coupe] Ah tout à fait ! En fait c’est intéressant de dire qu’on promeut UNE image de la femme alors que justement je pense qu’on fait le contraire, c’est à dire qu’on essaye d’exploser les images de la femme et de l’homme aussi, d’ailleurs. On essaye d’exploser les limites genrées.

Usul : C’est ce singulier qui est gênant dans le “UNE image de la femme.”

Mar_lard : Par contre je disais tout à fait sur le fait que y’a beaucoup de femmes qui sont pas d’accord avec le féminisme et c’est… voilà évidemment, on est pas dans une guerre des sexes, et ça c’est aussi un poncif qu’il faut déconstruire. Le féminisme c’est un mouvement qui vise la libération des genres, et donc c’est un mouvement qui a vocation à être positif pour les hommes comme pour les femmes, et ça c’est quelque chose qui n’est généralement pas compris. C’est à dire que dire que y’a pas d’essence à la féminité ou à la virilité, c’est libérer les individus. L’idée c’est que chacun soit libre d’être ce qu’il est, indépendamment de ses organes sexuels.

Usul : Mais [l'auditeur qui pose la question] poursuit : “En général vous me donnez l’impression d’être très frustrées et un peu folles. C’est l’image que je perçois de vous et que beaucoup de gens perçoivent. J’irai même plus loin en disant que c’est l’image que vous renvoyez à la société. Cette image n’est pas propre à défendre une cause avec crédibilité. Vos intentions sont louables, sans aucun doute, mais je pense que vous devriez revoir votre communication. Je tiens à préciser que je vous fais cette remarque sans avoir fait de recherche sur le féminisme, [rires de Mar_lard] et en me contentant de ce que j’ai lu/entendu dans les médias les plus courants (radio, internet, presse écrite). Je suis donc, je pense, représentatif de la plupart des citoyens, je critique sans savoir et c’est à partir de ça qu’on se fait une image.” En gros, voilà comment peut être perçu le féminisme par quelqu’un qui ne s’y est pas penché plus que ça.

[...]

Mar_lard : Ok eh ben c’est une super question, parce que sur l’agressivité des féministes, c’est une question sur laquelle je voulais vraiment revenir ce soir, parce que c’est l’un des reproches qu’on a le plus fait un mon dossier, le ton agressif. Je pense que y’a un sujet intéressant à aborder, c’est la perception de l’agression. Et surtout la relativité de la perception de l’agression. [...] Je pense que mon dossier a été lu par pas mal d’auditeurs ici, donc on a vu les faits que je raconte. On voit des violences réelles et des violences symboliques. On a du harcèlement, on a des représentations, des insultes, et une misogynie ordinaire qui s’exprime de différentes façons. Donc on réagit à ça, et on est priées de le faire poliment, gentiment, sans… En fait, à chaque fois qu’on réagit ou qu’on critique quelque chose de façon féministe, on va avoir, toujours toujours toujours, des gens pour nous percevoir comme agressives. Et c’est intéressant, parce que… euh… excuse-moi je suis un peu stressée, je pense que ça s’entend.

Usul : C’est rien, c’est tout à fait compréhensible. C’est ta première tribune depuis la parution de ton dernier article…

Mar_lard : Ouais… Je suis un peu attendue au tournant. En tout cas, sur l’agressivité, on est sommées, toujours, de dénoncer les violences qu’on nous fait, de façon polie, de façon à pas trop déranger, pas trop secouer le cocotier. S’il-vous-plaît, mesdames, indignez-vous, mais en silence, si possible avec des petites fleurs etc… Et c’est intéressant [de voir que] dès qu’on parle de sexisme, les hommes se sentent attaqués. Et… c’est dommage.

Usul : C’est à dire que… on parlait de violences symboliques. On peut faire un parallèle avec la violence avec laquelle certains perçoivent l’analyse sociologique critique, par exemple, qui suscite elle aussi des réactions de réticence et d’agressivité. Dès lors qu’il s’agit de mettre à jour des trucs qui sont inconscients, des trucs qui sont de l’ordre de l’infra-conscient, de l’ordre du symbolique etc, les gens se sentent bousculés jusque, j’ai l’impression, dans leur libre-arbitre, dans leur déterminisme, dans ces choses-là. Et j’ai l’impression que c’est un point sensible, un point qui fait souvent mal, et qu’on tient là le vrai lieu de la vexation, aussi. Au delà de la question des sexes.

Mar_lard : Mais c’est tout à fait normal en fait. Parce que… alors là je vais dire un gros mot, attention ! C’est parce qu’on vit dans une société patriarcale. C’est à dire qu’on vit tous et toutes dans une société… on baigne tous dans une société qui est foncièrement sexiste. On est tous dedans, c’est pas possible de s’en détacher, on ne peut pas contrôler la façon dont on est perçu socialement. Le fait est que dans la société, un homme est perçu différemment d’une femme, y’a des perceptions différentes, des attentes différentes. Donc on est tous victimes de ça, on le subit tous et on peut pas s’en sortir. C’est une situation dans laquelle on a tous grandit, qui nous a tous nourris et donc qui est parfaitement normale

[comprendre : qui paraît normale], c’est à dire qu’on est dans un système. Et à partir du moment où on va pointer le système, on va indiquer un problème intrinsèque à ce système, c’est très inconfortable, car ça correspond vraiment à craqueler les bases sur lesquelles se construisent les individus.

[...]

Mar_lard : J’ai oublié la question, je suis partie en digression du coup [rires] !

Usul : On était sur la patriarcat, en somme. Sur les structures qui nous amènent à figurer une certaine idée du genre. Tiens, est-ce que tu peux revenir sur la distinction entre sexe et genre.

Mar_lard : [...] Alors, la distinction entre sexe et genre. Le sexe, c’est tout simplement l’organe biologique, c’est les caractères biologiques, c’est ce qu’on a entre les jambes. Les caractères vraiment sexués, biologiques. Les seins, les organes sexuels etc… Et le genre, c’est une construction sociale, c’est des attentes sociales qu’on associent à ces organes. Donc à ces organes biologiques on associe un certain nombre d’attente, c’est la féminité et la virilité. Et qui sont, et là ce n’est pas du féminisme donc je veux vraiment insister dessus, des constructions sociales. C’est à dire que c’est des choses qui varient dans le temps et dans le monde… Et la position contraire, qui consiste à dire que les femmes seraient, par exemple, intrinsèquement plus douces ou plus portées vers la littérature, ça c’est de l’essentialisme. Et donc l’étude des genres s’oppose à l’essentialisme pour expliquer que ce sont des constructions. C’est culturel. Et donc en gros, on va éduquer les petites filles à se porter plus vers le rose et les poupées, et les garçons vers les voitures et les jeux violents. Donc le féminisme c’est une position importante qui vise à expliquer que [ces comportements ne sont] pas du tout innés.

Usul : Chez nous, depuis un certain temps, il y a deux genre, le genre masculin et le genre féminin. Mais il y a des sociétés dans lesquels il y a d’autres genres. qui sont acceptés.

Mar_lard : Absolument. La binarité homme-femme c’est quelque chose qui est acquis dans notre société occidentale, mais c’est pas du tout une réalité absolue. On a des sociétés aujourd’hui dans le monde et dans l’histoire qui ont accepté le plus de genres possibles.

Dorian : Ca discute beaucoup sur le chat, beaucoup de discussion sur la sémantique, om ils trouvaient très étrange de tenir des discours anti-sexistes avec des termes très genrés comme “féminisme” et “patriarcat”.

Mar_lard : D’accord. La question c’est “pourquoi on appelle ça “féminisme”, si on est pour l’égalité ? C’est ça ?

Usul & Dorian : Oui, c’est ça.

Mar_lard : C’est un truc qui revient très souvent. Attention, là je vais dire des choses qui risquent de choquer un petit peu. Il existe quelque chose qu’on appelle le “privilège masculin”. C’est pour ça qu’on parle de “patriarcat”. Parce qu’en fait on est dans une société où, en gros, (là on parle dans en termes de classe sociale), on considère que les hommes exercent une oppression, une domination… en groupe hein, pas individuellement, en termes de classe sociale… [ils] exercent une domination sur la classe sociale des femmes. On a énormément d’exemples : les violences genrés, [qui comprennent] les violences symboliques, les représentations, l’exploitation du corps des femmes, le harcèlement, et l’éducation à la féminité comme quelque chose d’un peu doux, d’un peu soumis. Ca, c’est l’expression de ce qu’on appelle le privilège masculin.

Usul : Y’a la répartition des rôles sociaux, qui est liée aussi à la question du genre. Les professions sont pas également réparties entre les genres etc… Et il se trouve que les plus avantageuses sont en général occupées par des hommes.

Mar_lard : Oui voilà, ça se voit dans le travail… Ca se voit dans les relations sociales, tout simplement. On a… comment dire… Ah bon sang je suis vraiment stressée [rires].

Dorian : [rires] Détends-toi, y’a pas de problème, on a tout notre temps.

Usul : Alors y’a quelque chose qu’on nous a fait remarquer, c’est qu’il y a des stéréotypes de femme, mais il y a aussi des stéréotypes d’homme.

Mar_lard : Absolument ! Les stéréotypes genrés s’appliquent aux deux genres, y’a pas de problème là-dessus. Le truc, c’est qu’ils [les problèmes] se traduisent pas de la même façon, y’a pas les mêmes effets. L’exemple le plus simple, c’est ce qu’on appelle la culture du viol. C’est le fait, c’est très simple, qu’il y a un biais genré dans la violence du viol. On a pas le même nombre de femmes qui violent des hommes que d’hommes qui violent des femmes, ça je pense que c’est une évidence pour tout le monde. Donc évidemment il y a des hommes violés et c’est très grave et c’est des victimes et on en parle. Déconstruire les genres c’est aussi indiquer qu’un homme peut être une victime, on en parle aussi. MAIS il est important d’observer que le viol est un crime qui a un biais genré, et qu’on a 95% des victimes qui sont des femmes, et 99% des violeurs qui sont des hommes, donc on a un biais genré [pour ce] crime. Et c’est intéressant, parce que dès qu’on va en parler, on va avoir une levée de bouclier comme quoi ce serait stigmatiser les hommes que de dire ça. On explique qu’une femme sur cinq dans le monde vivra un viol ou une tentative de viol, on explique ça, et tout de suite les mecs se sentent stigmatisés. C’est assez intéressant.

Usul : Alors là on est sur les violences physiques, les violences sexuelles, et pour ce qui est des violences symboliques, c’est encore plus facile puisqu’il suffit de les nier. [Auditeur] nous dit “qu’il faut éviter les dérives en voyant du sexisme là où il n’y en a pas.” Y’a beaucoup de gens qui disent que tu vois, que les féministes voient du sexisme là où y’en a pas !

Mar_lard : Alors la réponse standard qu’on donne dans ce cas là c’est “le problème c’est pas que je vois du sexisme partout, c’est que toi tu ne le vois pas.” Après, tout est une question de perception.

Usul : C’est pour ça que je voulais parler un peu de cette cécité.

Mar_lard : Alors ça [cette cécité], c’est aussi un effet du patriarcat (le fait qu’on soit éduqué-e-s dans une société sexiste) et que

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normalisé. Mais en gros, y’a un moyen très très très simple de détecter le sexisme : vous prenez une situation, et vous inversez les genres ! Dans les représentations, sur la façon dont quelqu’un traite quelqu’un d’autre etc… Et si [le traitement n'est pas le même], ben c’est que y’a du sexisme. C’est tout simplement ça ! C’est un traitement différent selon le genre.

Usul : [Continuant la lecture du message de l'auditeur] “J’ai l’impression qu’il faut justifier tout élément lorsqu’on représente une femme un peu trop féminine, érotisée ou autre.” En gros, je crois que ce qu’il veut dire, c’est que vous blâmiez systématiquement qu’il y ait des traits caractéristiques pour les femmes.

Mar_lard : Oui, c’est l’idée classique que les féministes seraient puritaines, qu’on aimerait pas le sexy etc… Donc on va déconstruire tout de suite : non, au contraire, le sexy c’est super cool, on est comme tout le monde ,l’érotisme c’est super chouette. Le truc, c’est que y’a trois problèmes à ce niveau là : le 1er, c’est le côté systématique, qui se voit très bien chez les gamers… C’est que c’est à peu près la SEULE représentation possible des femmes. Et qu’on aimerait bien avoir un peu autre chose. Le problème c’est pas foncièrement que les femmes soient sexys ou représentées de façon sexy, c’est qu’on voit à peu près QUE CA. C’est l’unique représentation disponible dans les jeux vidéo notamment. Et ça se retrouve beaucoup dans la fiction. C’est un rôle très très volontiers donné au femme [la bombe sexy]. Le deuxième problème, c’est que c’est unilatéral. C’est à dire que ça touche de façon unilatérale les femmes. Les hommes sont généralement très peu sexualisés, très peu érotisés. Or, quelque part c’est dommage parce que… y’a cette notion que l’érotisme, la sensualité, c’est pas du tout masculin, or c’est faux ! [rire] Et beaucoup de femmes vous le diront ! Y’a une vraie reconstruction à faire de ce qu’est la sensualité et le sexy au masculin. Et le troisième truc sur “le sexy c’est chouette”… c’est que la sexualisation… des fois. Enfin, souvent… Elle va au point d’objectifier la personne. C’est à dire qu’on a plus une personne, on a plus un être humain, on a un objet. Et ça, ça se voit très bien dans la publicité pour la PS Vita.

Usul : J’ai eu des réactions par rapport à cette publicité, que vous avez peut-être pu voir sur l’article de Mar_lard. Il s’agit d’une publicité où on voit une femme qui a une paire de seins devant et dans le dos, qui n’a pas de tête, et qui est censée représenter la PS Vita avec ses nouvelles gâchettes ou je sais pas quoi. Et donc y’a [un auditeur] qui me disait “c’est pragmatique de la part des éditeurs de faire une pub comme ça, qui en appelle au plaisir masculin, à l’imaginaire type masculin, une femme sans tête, une double-poitrine etc…

Mar_lard : Ca implique vraiment un imaginaire masculin une femme sans tête ? Tu me permettra d’émettre un doute.

Usul : Ouais ouais ouais ! [Tout à fait d'accord]

Mar_lard : On a là un bon exemple : c’est même plus une femme, c’est un buste, c’est un objet, c’est la PS Vita. C’est vraiment dommage parce que… l’être humain c’est quelque chose de sexy, c’est plus sexy qu’un bout de viande avec quatre seins ! Y’a moyen de construire des personnages… Ce qui est dommage en fait, c’est que dans les jeux vidéo on va construire des personnages féminins qui sont là que pour ça ! Dont l’unique utilité est de faire plaisir au joueur qui est supposé être un homme hétéro, à qui c’est censé plaire d’avoir cette femme qui n’est pas une personne, c’est à dire qui n’a pas de personnalité, qui est entièrement dédiée à son plaisir et qui n’est là que pour ça. Et l’argument marketing, comme quoi ça serait “pragmatique”… Alors là dessus y’a plusieurs choses. Déjà, c’est l’idée qu’il n’y a que les hommes hétéros qui jouent aux jeux vidéo, ou dans n’importe quel cadre où on a des publicités comme ça, très répandues. Je vais rester sur les jeux vidéo ici puisque c’est ce que je connais le mieux. Donc déjà c’est faux, évidemment. Et ensuite, c’est un peu le serpent qui se mord la queue, comme argument. C’est à dire que évidemment, si on cherche à attirer que les hommes hétéros, et après qu’on va pleurer qu’il n’y a pas de femmes… C’est intéressant, comme position. Et enfin, c’est aussi présumer, et c’est un peu insultant pour le public masculin, que les hommes sont des queutards assez cons pour être complètement en chien devant une pub avec une femme qui a quatre seins. Et ça, c’est carrément insultant pour les mecs hétéros ! C’est ça qui est extraordinaire ! On accuse sans arrêt les féministes…

Usul : [Coupe] Je vais lire un message qu’on a reçu qui va dans ce sens d’ailleurs : “Je voulais m’adresser particulièrement à ces joueurs qui ne sont pas touchés par ces notions de respect mutuel. J’espère au moins qu’ils auront réfléchi à ceci : comment pensez-vous que les éditeurs, commerciaux, producteurs etc… vous considèrent-ils ? On vous a gavés d’image sexuelles dans les jeux, dans les pubs, dans le seul but de vous vendre de la merde. On vous considère comme des phallus qui, lorsqu’ils sont flattés, frétillent de bonheur et achètent compulsivement, et le pire c’est que ça marche ! On s’extasie sur les seins de Lara, on débat dessus, on est gavés de photos de babes publicitaires, le sexe pour faire parler, le sexe pour faire vendre. Après tout pourquoi pas si ça ne vous dérange pas d’être considérés comme des hommes qui réfléchissent sous la ceinture. Au final les femmes sont oubliées par ces campagnes, mais les hommes sont dégradés, il n’y a rien de plus frustrant que d’être assimilé à une masse frustrée qui pense avec son pénis, vous ne pensez pas ? Vous détériorez VOTRE image en participant à ce sexisme.”

Mar_lard : Mais c’est clair ! C’est en ça que le patriarcat est limitatif pour tout le monde, pour les hommes aussi. Et c’est en ça que le féminisme se veut aussi être une libération pour les hommes. On pense justement que l’humain vaut mieux, et on veut pas réduire les hommes à des queutards obsédés. On pense vraiment que ce n’est pas une réalité, et on a cette éducation patriarcale, qui dit que les hommes seraient dirigés par leur bite, en gros… C’est l’idée qui est dans la culture du viol d’ailleurs, l’idée qu’ils seraient incapables de se retenir. Voilà, c’est beaucoup de choses comme ça, qui sont vraiment abêtissantes.

Usul : Et qui peuvent être vues comme des excuses, aussi, pour laisser libre court à ces comportements.

Mar_lard : Mais c’est ça ! Et ce qui est dramatique, c’est que c’est entretenu par les mecs eux-mêmes ! Je vois pas le chat là, mais je suis sûr que y’en a qui disent “mais si, les mecs c’est comme ça, ils sont en chien et tout !”. Les mecs sont les premiers à entretenir cette vision bestiale, parce que ça légitime des comportements comme le harcèlement etc… Et c’est triste, enfin, c’est une excuse facile pour dire “j’peux pas me retenir quoi !” Enfin, croyez un peu en vous les mecs quoi ! Vous valez mieux que ça !

A suivre…

En beta fermée depuis hier, F.E.A.R. Online est, contre toute attente, la bouffée d’oxygène que l’on attendait dans les FPS multi, un vrai retour aux racines. Pas de ranking, pas d’unlocks, pas de features inutiles, seulement la brutalité des affrontements en 8 v 8 sur les 18 maps proposées par le jeu. On y retrouve les armes classiques de la série, fusil d’assaut, lance-fléchettes Penetrator, rayon désintégrateur, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure.

Les 18 maps sont un véritable sans faute, toutes balancent entre excellence et perfection, sauf peut-être la map Asylum, trop grande pour du 8 v 8. Le level design rend les affrontements épiques, avec généralement un point chaud sur la carte et plusieurs possibilités de contournements pour surprendre l’adversaire.

Enfin, on retrouve le gameplay nerveux du premier épisode : trois attaques de corps à corps (coup de crosse, glissade et coup de pied sauté), la possibilité de se baisser EN L’AIR afin de ressembler à une petite boule crachant les balles, et bien sûr de marcher afin d’améliorer sa précision. Mais, là encore comme dans le 1er épisode, l’iron sight est absent du jeu, inespéré en 2014 ! Enfin, la possibilité de ramasser automatiquement un injecteur de santé sur les cadavres ennemis va transformer votre partie en une véritable danse de mort de cadavre en cadavre afin de rester toujours la santé au maximum.

OK, JE DECONNE

Vous avez marché ? Vous y avez cru ? Non ? Tant mieux pour vous alors, la redescente sera moins brutale. Si comme moi vous pensez que le multijoueur de F.E.A.R. premier du nom était un chef-d’œuvre, alors remballez vos espoirs, car F.E.A.R. Online ne correspond en rien à la brève description faite plus haut du multi de l’épisode fondateur. FEAR Online se résume en une phrase : similaire à tous les autres FPS F2P, mais avec une petite personnalité.

C’est le seul élément qui permet de distinguer ce FEAR de la masse des FPS F2P : ici, pas d’ambiance moyenne orientale merdique ou de hangars nuls, mais l’ambiance visuelle de FEAR, à savoir zones indus ensanglantées jusqu’à l’absurde, bureaux et hôpitaux recouverts d’hémoglobines. Le moteur utilisé semble être le même que FEAR 2 (en moins beau, pour que le Pentium II des parents de Kévin et sa GeForce Voodoo 2 3DFX ne galèrent pas trop à faire tourner le jeu), ce qui rend le jeu bien plus beau que la majorité des FPS F2P mais moins beau que le premier F.E.A.R., qui date tout de même de 2005.

A ce stade du texte, vous vous demandez peut-être pourquoi un F2P dans l’univers de FEAR et pas dans un univers original ? Pour capitaliser sur la licence ? Peut-être. Mais aussi et surtout pour réutiliser sans scrupule la quasi-totalité des éléments graphiques des épisodes précédents : skins des armes, des ennemis, caisses, murs, bureaux, textures des environnements… FEAR Online est 100% écologique : tout est recyclé, surtout les props de FEAR 2. Le tutorial est même un copier collé d’une portion du 1er niveau de F.E.A.R. 2.

Niveau gameplay, c’est comme les autres FPS F2P : des personnages lourds mais pas agréables à manier (contrairement à Crysis par exemple, qui proposait un maniement à la fois lourd ET cool), des défauts agaçants (il faut saisir sa grenade en main pour la lancer, sauf que l’arsenal ne défile pas en boucle. Donc si vous avez votre fusil d’assaut en main, il vous faudra 3 secondes pour saisir votre grenade). Les armes sont pour l’instant peu nombreuses et aucune ne semble chitay. Il faut plusieurs balles pour mourir, ce qui n’avantage pas la camp, un bon point donc. Par contre, impossible de récupérer de la santé. Vous êtes donc condamné à mourir à plus ou moins court terme. D’autant que le level design favorise les affrontements rapprochés.

Le level design est lui aussi sans inspiration et similaire à celui des autres F2P (Blackshot, A.V.A., Warface…). Les maps sont donc plates, sans surprises et assez réduites. En plus, le jeu comporte la même tare de respawn qu’une grande majorité de F2P : chaque camp ne dispose que d’un seul point de respawn. L’équipe dominée se fera donc largement spawnkiller. Si un insider bien informé peut m’expliquer pourquoi les FPS F2P sont les derniers FPS à proposer des spawns uniques en 2014, je suis preneur. Ah, et pour conclure, les temps de chargement sont inexplicablement longs en regard de la qualité visuelle du jeu.

Le jeu propose aussi du coopératif, mais je n’ai pas essayé, car je ne vois pas l’intérêt de jouer à plusieurs à un sous-FEAR (dont l’essence se savoure en solo) moche au feeling nul. Si vous voulez jouer à 2, achetez FEAR 3 à 2€ sur Steam, au moins le jeu est pensé pour ça.

Ma conclusion : éditeurs, laissez Alma tranquille. Joueurs, retournez faire F.E.A.R. premier du nom en difficulté Extreme.

Sorti il y a 15 jours, Titanfall est-il finalement le FPS de l’année par défaut comme je le supposais lors de la beta ? Eh bien peut être pas tant que ça. Non pas que le jeu soit mauvais, bien au contraire, il est même suffisamment pour tenir la dragée haute face à d’éventuels concurrents. Il sera donc peut-être le GOTY pas par défaut mais grâce à ses qualités.

Si vous avez loupé le train, Titanfall offre des combats en 6 v 6 sur des grandes maps (15) peuplées de bots idiots. Le jeu se distingue de la concurrence grâce à plusieurs particularité qui le rende très, très cool : wallrun, double-saut et combats en putains de mechs de l’espace en plus des combats à pieds. Pour la suite, je m’auto-quote de mon précédent billet sur le jeu :

Titan Fall est une jeu rapide et nerveux. Les déplacements sont rapides, la prise en main immédiate, et on se retrouve rapidement à bondir en tout sens pour se rendre le plus rapidement sur les points à capturer (le TDM n’a aucun intérêt pour une raison que nous verrons plus loin). La construction des maps tend à favoriser les déplacements perpétuels. Par exemple, le point B de la map Angel City se situe à deuxième étage d’un immeuble, avec pas moins d’une quinzaine de points d’accès directs à la zone de capture (fenêtres, escaliers, toit) ! Il est donc nécessaire de courir dans tous les sens et de savoir par où s’enfuir en cas de soucis. Notez que si le teamplay est nécessaire pour l’emporter, il est tout à fait possible de s’amuser même en étant dans une équipe de merde. En effet, l’auto-regen (hélas) associé à la létalité toute relative des armes permet d’avoir le temps de réagir face à une embuscade, il est donc tout à fait possible d’être une one man army. Les combats sont assez bourrins, les armes de l’infanterie ont un bon punch. Afin de proposer quelques “subtilités”, Respawn Entertainment a ajouté quelques features à son jeu : par exemple la capacité de se rendre invisible durant quelques secondes, pratique pour locker un mécha sans risque de se manger une roquette. Le fait de marquer des points vous rapportera aussi des “burn cards” : des atouts utilisable une seule fois (ils se détruisent après utilisation). Par exemple, une burn card vous offre une fusil d’assaut légèrement plus puissant jusqu’à votre prochaine mort, ou accélère la vitesse de fabrication de votre mécha.

La maîtrise des titans est immédiate puisqu’un titan se manie exactement comme votre avatar à pieds. La courbe de progression est donc très limitée. Sachez toutefois que la bonne gestion d’un titan peut suffire à faire gagner votre équipe : parvenez à tenir un point de capture avec votre machine et votre team pourra se concentrer sur les autres.

Le jeu est un fast-FPS. On court et on saute dans tous les sens, l’utilisation de l’iron-sight est tout à fait facultatif pour la plupart des armes. Pour accélérer encore les déplacements, la plupart des maps sont parsemées de tyroliennes. Il se dégage d’une partie de Titanfall un sentiment de surpuissance et de classe que l’on a rarement vu ces dernières années, notamment grâce aux déplacements de fou furieux et  à l’absence de trucs débiles genre “Dernière chance” ou mines claymore de CoD (malgré la présence de mines mais non fatales).

En jeu, cela donne des gunfights généralement rapides et nerveux, mais où l’avantage est à celui qui vise bien et qui a de bons réflexes, pas à celui qui tire le premier (en gros, les campeurs ne gagnent jamais car les armes ne sont pas assez létale pour que leur victime n’est pas le temps de réagir). Les parties de Domination sont ultra-dynamiques, les points sont capturés, perdus, recapturés en permanence, je n’ai rien d’autre à dire que : c’est génial.

Les vrais font gagner leur équipe. Le gameplay du jeu permet, comme le permettait Black Ops, aux meilleurs joueurs de faire gagner leur équipe à eux tout seul. Ce que j’adore. Inutile d’avoir une bonne équipe pour gagner, si vous êtes très bon, vous pouvez faire le travail tout seul. Pour l’instant, cela est je pense aussi dû en partie au niveau lamentable des joueurs en général (moi et les CPC avec qui je joue avons globalement un ratio de victoire supérieur à 80%, alors que nous jouons la plupart du temps seuls !). Pour moi ce facteur de “no teamplay” est une qualité car il m’est insupportable de devoir espérer tomber sur une bonne équipe pour m’amuser.

Les maps sont réussies. Les 15 maps du jeu sont une réussite. Aucune n’est mauvaise. Certaines sont moins bonnes que d’autres. On peut applaudir le travail de Respawn pour avoir réussi le challenge de construire de grandes maps jouables et intéressantes à la fois à pieds et en titan. Les décors, s’ils sont presque exclusivement industriels, sont toutefois variés : base militaire de nuit, côte maritime, base en pleine jungle… Chaque carte dispose d’une ambiance unique.

Les bots ne sont finalement pas un problème. C’était ma grande inquiétude après la beta. En effet, le risque de confondre joueur et bot aurait pu pourrir l’expérience de jeu. Il n’en n’est rien, car on différencie parfaitement les skins de joueur des bots après la première heure de jeu. A noter que les bots ont leur utilité : lorsqu’un point est capturé durant trop longtemps par la même équipe, les bots adverses finissent par pouvoir (très lentement) capturer le point eux-même, afin de redynamiser la partie.

A noter, petit détail idiot mais que personnellement j’aime bien : chaque partie commence par notre largage sur la map au son d’une musique épique (ça dure 5 secondes) et chaque fin de partie se solde par un overtime façon TF² durant lequel les perdants doivent rejoindre un vaisseau d’évacuation là encore au son d’une musique épique. Après 80h de jeu je ne m’en lasse toujours pas, c’est clâsse.

Titanfall est donc extrêmement jouissif. Le gameplay est très proche, pour moi, du premier Black Ops, avec des déplacement plus rapides, du wallrun, du double-saut et des gros robots sur des grandes cartes. Si c’est votre truc, foncez, sinon, oubliez. Parce que maintenant, on passe aux défaut.

Optimisation de merde. Titanfall souffre d’une optimisation absolument abominable. Si votre config est inférieure à 2000€, vous devrez jouer en Low (le jeu devient alors assez moche et cela ne vous protégera pas de quelques chutes de framerate). Quant aux mode Insane, il sera réservé aux configs ayant une CG de 3Go et plus. Fantastique.

Sur mon PC, le jeu tourne donc en Low et est obligatoirement capé à 60 FPS. Malgré tout, certaines zones de certaines maps occasionnent de brutales chutes de framerate totalement injustifiées, même si Respawn semble travailler là-dessus.

Ergonomie de merde. Les menus sont… passables, et le temps d’attente dans les lobbies est toujours de 90 PUTAINS DE SECONDES INUTILES.

Modes de jeu de merde. Le jeu propose 5 malheureux modes de jeu : 2 sortes de TDM, CTF, Domination et Last Titan Standing. Seul le mode domination est à sauver ainsi que le CTF. Les développeurs viennent toutefois d’annoncer que de nouveaux modes de jeu sont en préparation et qu’ils seront tous gratuits.

Courbe de progression de merde. En dehors ses features de déplacement, qui impliquent aussi de découvrir quelques “routes” sur les cartes, le gameplay de Titanfall est extrêmement basique, presque trop. La courbe de progression pour les vieux routards des FPS que nous sommes est donc bien mince. C’est ce qui fait que certains se lasseront rapidement, d’autant que la risible quantité de modes de jeu n’encourage pas à rester.

Donc voilà, Titanfall n’est sans doute pas le FPS du siècle, mais c’est un excellent divertissement qui vous réserve quelques moments épiques et des morceaux de bravoure à foison. A 30€, il vaut largement son prix.

Suite à ce billet écrit sous le coup de la colère et qui m’a donc valu pas mal de  reproches, j’ai décidé de faire un article un peu plus posé. Plutôt que de faire une comparaison entre les deux médias que sont internet et la télévision, je vais faire un bilan de ce que propose la télévision. Des faits, rien que des faits. Libre à chacun d’en tirer les conclusions qu’il voudra. Si j’ai le courage, je ferais le même type de billet avec les journaux papiers et internet.

1 - La télévision est verticale dans tous les sens du terme.

Elle est verticale d’abord par son mode de diffusion : un point d’émission émet, tandis que les points de réception se contentent de recevoir le message (les téléviseurs).

Elle est aussi verticale de par l’échelle sociale de”qui s’adresse à qui”. Les grands journalistes et les présentateurs gagnent beaucoup plus d’argent que vous ou moi* (mais ils le mérite !), ne fréquentent pas les mêmes cercles et n’ont pas les mêmes intérêts que vous**. Ils sont “au-dessus” de nous dans l’échelle sociale. Et ils nous fournissent du contenu audiovisuel. Chacun connaît aujourd’hui la force d’attraction et de captation de l’attention qu’a l’image sur notre cerveau.

2 - Les contenus de la télévision sont sous influence.

Les influences sur le contenu de la télévision sont nombreuses. Il y a d’abord l’influence du propriétaire de la chaîne en question (ça marche aussi pour les journaux), démontrée très clairement par le documentaire Les nouveaux chiens de garde (que ce soit par TF1 qui passe sous silence les problème de construction du réacteur EPR made in Bouygues tandis que tous les autres médias en parle, ou Franz-Olivier Giesbert qui confesse “Excusez-moi mais mon devoir de journaliste, c’est un vaste rigolade. Le vrai pouvoir, c’est le pouvoir du capital. Et il est normal que le pouvoir s’exerce.” Cette influence est par ailleurs renforcée lorsque ladite chaîne fait partie d’un concentré de médias et bien évidemment lorsque leurs dirigeants côtoient régulièrement nos dirigeants politiques, comme cela est démontré dans le vieux mais néanmoins toujours d’actualité documentaire de Pierre Carles Pas vu pas pris.

L’autre influence sur les programmes est infligée par la publicité. Cela va bien au delà des simples pressions auxquelles on pourrait d’abord penser. S’il est évident qu’une chaîne va s’auto-censurer pour ne pas déplaire à ses principaux annonceurs (de la même façon que vous ou moi n’allons pas dire à notre patron d’aller se faire enculer, parce que c’est lui qui nous donne à manger), il faut aussi se rappeler que la télévision doit fourguer ses espaces publicitaires. Et pour les fourguer cher, il faut que la pub soit efficace. Et pour quelle soit efficace, il faut que le cerveau du spectateur soit préparé. J’imagine que là encore, peu d’entre vous ont encore de doute sur le fait que les émissions débiles sont là pour préparer votre cerveau à recevoir le message publicitaire qui arrive. Je me sens néanmoins obligé de sortir la fameuse phrase de l’ancien PDG de TF1, Patrick Lelay, que chacun devrait afficher en gros au dessus de sa télévision :

Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.

Néanmoins, pourquoi ce lavage de cerveau avoué ne serait-il cantonné qu’aux émissions débiles (qui occupe l’essentiel de l’antenne) ? Pourquoi le journal télévisé du matin puis celui du soir ne seraient-ils pas conçus dans le même but ? Par altruisme ? Par bonté d’âme ? Par la sacro-sainte volonté d’informer, qui prendrait, pendant 30mn le soir, le pas sur la volonté de vendre du temps de cerveau disponible ?***

Il y a aussi la censure face aux pressions extérieures de lobbies, d’associations… Oui, même sur Arte. Beaucoup de gens admettent que la télévision produit un sacré paquet de programmes minables, mais tentent toutefois de la sauver en arguant qu’Arte propose des contenus de qualité. Certes. Néanmoins, il ne faut pas compter sur Arte pour faire une critique du milieu journalistique, la chaîne en est pleine. Il ne faut pas compter sur Arte pour remettre question les fondements de notre société libérale, puisque la chaîne est financée par la France et l’Allemagne. De ce fait, il ne faudra pas non plus compter sur Arte pour vous informer de la réalité de la société allemande, par exemple.

Enfin, il y a l’auto-censure plus ou moins inconsciente de ce que l’on pourrait appeler les médiacrates, qu’Acrimed explique bien mieux que moi :

Paradoxalement, les journalistes qui se plaignaient, dans les années 60 de la censure (politique) qui pesait sur eux, vont à leur tour devenir des censeurs qui s’ignorent. En effet, avec le développement des médias audiovisuels, une nouvelle catégorie va se constituer, puissante avec ses puissants - les « vedettes » de télévision (animateurs, journalistes, éditorialistes, etc.) - qui, à son tour, va défendre ses intérêts spécifiques et décider de ce qu’elle estime bon, ou non, de faire passer sur leurs chaînes. [...] Est-ce à dire que la censure proprement politique ait totalement disparue ? En fait non, mais celle-ci a pris une forme plus cachée qui s’exerce avec la complicité objective de la nomenklatura médiatique : il existe aujourd’hui, dans les médias, une sorte de « cela-va-de-soi » politique, que certains ont désigné par l’expression « pensée unique », c’est-à-dire d’une véritable union sacrée idéologique qui ne dit pas son nom et que l’on ne transgresse pas impunément.

3 - Vous n’êtes pas imperméable à la télévision.

Si vous regardez encore la télévision, vous êtes probablement dans l’un de ces deux cas de figure : “je regarde parce qu’il y a quand même des choses intéressantes, des documentaires toussa“. Outre le fait que vous pourriez les regarder ripés sur internet et ainsi ne pas être captif de votre poste, il faut rappeler qu’étant donné la quantité hallucinante de programmes, les centaines de chaînes et les centaines de millions d’euros dépensés, il est mathématiquement impossible que strictement rien de bien ne se dégage de la télévision. Et là encore, n’oubliez pas qu’un programme, même bon, a de fortes chance d’avoir été conçu pour vendre votre espace de cerveau.

Deuxième cas de figure, vous êtes de ceux qui regardent des programmes de merde type Star Ac’, The Voice, les maçons du coeur etc… : “non mais je regarde pour me moquer !” Vous faites donc exactement ce que les producteurs avaient prévu. Vous croyez qu’eux ne se moquent pas de leur propre production ? Qu’ils ne se moquent pas des familles de teubés qu’ils vont filmer dans Tellement vrai etc ? Bien sûr que si. Et ils vous invitent donc à vous moquer de gens qui, que vous le vouliez ou non, vous ressemblent plus que vous ne ressemblez aux riches qui ont produit ce programme pour vous. En résumé, vous vous moquez de vos congénères, et le programme est fait pour ça. Cela fait-il appelle à ce que nous avons de meilleur en nous ? Enfin, vous comptez dans les chiffres de l’audimat. Autrement, que vous ayez aimé ou non, vous comptez dans les chiffres qui servirons à monétiser votre propre cerveau.

Pour en revenir à ce troisième point qui est que vous n’êtes pas imperméable à la télévision, car elle utilise des moyens efficaces pour ramollir votre cerveau : sexe, violence, haine du voisin. Elle fait ainsi appel à nos plus bas instincts, ce qui prépare notre cerveau au prochain message publicitaire. On peut appeler ça la stratégie du choc, que la journaliste Naomi Klein a théorisé au niveau d’Etats entiers, mais qui pourrait tout à fait s’appliquer à la télévision : que vous le vouliez ou non, votre cerveau comme le mien fonctionne ainsi, il est ramollit par la débauche de sexe et de violence. Je compte vous linker la conférence de Michel Desmurget TV Lobotomie Les effets scientifiques de la télévision, qui fait apparemment référence en la matière (tirée de son livre), mais ne l’ayant pas encore regardée, je préfère m’abstenir.

Cette croyance en notre possible détachement d’un outil aussi puissant que la télévision n’est pas sans rapport avec l’idéologie libérale (ce qui amène souvent la cocasse situation de voir des soc-dem ou des gens d’extrême gauche défendre leur libre-arbitre face à la télé, alors que le libre arbitre est une valeur libérale). Comme il est difficile de parler de libre-arbitre et de déterminisme sans prendre position, je vais mettre des astérisques et vous inviter à vous rendre en bas de page pour savoir de quoi il retourne.****

Voilà. S’il doit y avoir une chose à retenir de ce billet, c’est que quel que soit votre usage de la TV, pour votre propre bien, arrêtez de la regarder ou affichez une grande banderole au dessus : “La télévision m’influence que je le veuille ou non, et ceux qui en produise le contenu ne veulent pas mon bien.”

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*Je me souviens avoir lu en 2008 dans un Alternative Economique que le salaire moyen de l’époque, quelque chose comme 1400€, passait à 1700€ si on incluait les 1% les plus riches. Autrement dit, 1% de la population qui travaille gagne tellement d’argent que cela arrive à faire augmenter une moyenne sur plusieurs millions d’habitants. J’dis ça, j’dis rien.

**Je trouve l’article de Wikipédia pour le moins incomplet voire erroné. La lutte des classes est présentée comme une “théorie” alors que, de fait, elle a lieu. Les classes les plus pauvres sont en permanences maltraitées dans les médias (il n’y a qu’à voir comment étaient médiatiquement traités les ouvriers qui séquestraient leur patron). La tournure de certains paragraphes laisse entendre que la lutte des classes est un concept accepté uniquement par les gens de gauche, or on peut fortement supposer que ce n’est pas le cas, les riches ayant une conscience de classe bien plus important que les pauvres, que vous ou moi.

Pour prouver que la lutte de classe existe bien, je vais reprendre l’exemple donné dans Les nouveaux chiens de garde. Lorsque les ouvriers séquestrent leurs patrons, leur démarche est présentée par les journalistes comme illégitime. Pourtant, les ouvriers considèrent cette violence légitime par rapport à la violence illégitime que les patrons leur font subir. La ligne de démarcation entre ce qui apparaît comme légitime ou illégitime se fait donc en fonction de… sa classe.

*** Vous vous doutez évidemment de ce que je pense sur le sujet (et vous vous en foutez sûrement). Par contre j’ai un exemple qui m’a marqué et qui remonte à mes tendres années. Lorsque j’ai commencé à regarder le JT de 20h, je devais avoir dans les 10-11 ans. Lorsque des sujets un peu hardcores allaient être montrés à l’image, le présentateur prenait toujours le temps de préciser “attention, certaines images peuvent choquer, s’il y a des enfants à côté de vous blablabla…” Et puis un jour, je me suis pris dans la gueule des images de charnier filmé en gros plan pendant de longues secondes. Comme ça, à sec, sans avertissement préalable. Autant vous dire que mon cerveau a dû être ensuite bien perméable à la page de pub. Et depuis ce moment, j’ai remarqué une fluctuation des avertissements (le présentateur précise juste “des images peuvent choquer”, ce qui tient plus du sensationnalisme que de l’avertissement) voire une disparition complète. Je ne regarde plus la télévision depuis 5 ans donc je ne peux pas me prononcer sur l’état actuel, mais tel été le cas lorsque j’ai déconnecté du poste.

**** Le libre-arbitre est à mon sens une illusion, puisqu’il suffit de s’analyser soi-même pour constater que nous sommes le résultat de nombreux déterminismes (origine sociale de vos parents, études, là où vous habitez…). Par contre, il n’y a rien de plus manipulable que quelqu’un qui croit très fort à son libre-arbitre : il va refuser d’entendre voire même d’écouter les pensées alternatives “pour pas se laisser influencer”, par contre il est influencé en permanence par les journaux, la télé, l’air du temps. C’est cette même pensée du libre-arbitre qui mène à l’idéologie débile de droite : “les chômeurs ils ont pas d’excuse, ils avaient les mêmes chance que moi de trouver un taf !” Eh bien non, pas toujours. Ont-ils eu le même accès aux études ? Peut-être que non, si leurs parents étaient fauchés. Et s’ils ont eu accès aux études, les ont-ils réussies ? Peut-être que non, car ils avaient une mauvaise orthographe et écrivaient mal parce que leurs parents ne lisaient pas donc aucun livre ou journal à la maison. Nous sommes déterminés par beaucoup d’éléments sur lesquels nous n’avons pas ou peu d’influence, et beaucoup de gens ne supportent pas cette idée.

Pourquoi la télé doit mourir

Jeudi 27 février 2014 à 11:50

C’est en tombant sur ce torchon, que l’on pourrait résumer à “Cliquez ! Cliquez bande de salopes !” “Regardez ! Regardez bande de salopes !”, que j’ai décidé d’écrire ce billet, car il illustre parfaitement l’un des centaines milliers de problèmes de la télévision, nous y reviendrons plus bas. La liste étant interminable, je me contenterai d’aborder ici ceux que je considère comme les plus graves, surtout actuellement, où un combat presque invisible fait rage entre la télévision et internet.

La télévision est un média vertical

Un seul point d’émission, plusieurs points de réception, information à sens unique. C’est d’abord en cela que la TV est radicalement opposée, dans son modèle, à internet. C’est aussi pour cette raison qu’elle a vocation à éloigner, isoler les gens, plutôt que de les rapprocher comme le fait internet. Rien que ce point pourrait faire l’objet d’une thèse de 300 pages, mais je m’arrêterai sur ce détail : les contenus télé sont produits par des parisiens dont le mode de vie est RA-DI-CA-LE-MENT différent du nôtre. Ils sont donc complètement déconnectés du monde dans lequel ils vivent, et cela transparaît nettement dans les programmes.

La télévision vous crache à la gueule (en langage poli : elle vous envoie de la violence symbolique)

S’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de faire la démonstration que la publicité vous crache à la gueule en permanence (”wahou, comme tu es un homme on va mettre une femme dans la pub, comme ça tu vas acheter ou te rappeler de nous, vu que tu penses avec ton pénis !”), il est bon de rappeler que la télé toute entière vous crache à la gueule.

Le plus évident, c’est dans les programmes de merde genre Pascal le grand frère, vis ma vie etc… où l’ont met en scène de pauvres gens un peu limités (et castés !) afin que l’ont se moque d’eux. Sauf que nous sommes beaucoup plus proche de ces gens là que des enculés aux dents blanches qui travaillent à la télévision. Et qui nous poussent donc à nous moquer de nos congénères. Et à ceux qui disent “oui non mais je regarde en me moquant”, vous vous croyez plus malin que toute cette clique ? Ils s’en moque aussi et ils ont conçu le programme pour que vous le regardiez en vous moquant.

Moins évident mais tout aussi important, le crachat au visage passe par la condescendance. Vous avez déjà vu de la vulgarisation, de la vraie, à la télévision ? Personnellement, jamais. Enfin, une fois, par Jean-Luc Mélenchon. C’est un peu triste. Il y a plusieurs raisons à ce mépris du public, en plus de l’évidente différence de classe sociale : la durée des programmes (comment voulez vous expliquer en détail et malgré tout de manière compréhensible les mécanismes de la dette dans un docu de 52 minutes ? C’est pour cette raison que Arte vous crache à la gueule aussi.) et le fait qu’ils prennent les gens pour des cons. Il faut donc leur donner des programmes cons, simples, facilement recevables. Du moins c’est ce que pensent les producteurs, bien qu’internet démontre le contraire. Ce qui m’amène au point suivant.

La télévision n’est pas connectée à son public

L’article linké en intro est directement lié à ce point : la télévision n’a STRICTEMENT rien à battre de votre avis. Alors que sur internet, vous pouvez regarder puis poster un commentaire, donner un pouce vert ou un pouce rouge (ce qui va jouer sur le référencement) et même à votre tour publier un article ou une vidéo pour répondre. A la télévision, seuls comptent les chiffres. 50% des gens qui ont regardés le Loft pensent que c’est de la grosse merde et que les producteurs devraient être massacrés à coup de batte de baseball ? Ils ne le sauront jamais, ils s’en branlent, ils peuvent monétiser leur audimat.

Alors que sur internet, outre le fait qu’Adblock peut être utiliser pour financer les youtubers que vous aimez, lesdits youtubers voient les commentaires et les “pouces”. Et même s’ils peuvent parfois donner l’impression de s’en branler, ce n’est pas le cas, comme en témoignent Usul, Karim Debbache, Antoine Daniel, Diablox9, 10mn à perdre… Prenons d’ailleurs ces deux derniers cas pour illustrer la différence entre la TV et internet.

Après que Diablox9 ai vendu son cul à Electronic Arts, son audience s’est effondrée (passant de plusieurs millions de vues à quelques centaines de milliers dans le meilleur des cas). Il poste régulièrement de pathétiques vidéos où ils supplient les gens d’arrêter de triquiter, ou ce genre de descriptions pitoyables sous ses vidéos :

Pour cette année, je pense que tout le monde devrait faire un effort. De votre côté, j’aimerais vraiment qu’une partie de la communauté devienne plus mature et qu’on évite au maximum les commentaires inutiles (publicités, insultes, critiques et rumeurs non-fondées). Je reste évidemment à l’écoute de vos conseils et critiques structurés

Le tout suivit de plusieurs liens sponsorisés ! Drôle. En gros, Diablox9 va disparaître. Parce qu’il est devenu mauvais. Parce qu’il a rompu le lien avec sa communauté, en refusant la moindre critique et en vendant son cul. Exactement comme quelqu’un de la télé. La différence avec la télé est donc là : un journaliste peut faire de la merde et vendre son cul à une boîte privée, il peut se faire insulter, mépriser, il n’en a rien à foutre. Il est payé sur son audimat et éloigné de son public.

Quant à 10mn à perdre, ils ont carrément disparus. Après avoir vendu leur cul à Canal+ et avoir été mis au placard par la même chaîne, après avoir coupé les ponts et craché au visage de leur communauté, leur audience sur le net s’est elle aussi effondrée, conduisant à l’arrêt pur et simple du podcast.

Pour résumer, je citerais Usul et son compère Dorian sur le sujet :

“Vous avez le choix entre acheter ou ne pas acheter le journal, regarder ou ne pas regarder la télé. Sur internet vous pouvez aussi commenter,  écrire. Y’a que ça, de la confrontation sur internet. Internet, c’est démocratique. Il y a une violence salvatrice sur internet : quand on voit qu’on a plein de pouces rouges, ou qu’on se mange des “suicide toi”, c’est choses qu’on voit dans les commentaires. Contrairement aux types de la télé [il parle de Splash le grand plongeon sur TF1] qui regardent que les chiffres et qui disent “ça marche, on continue”, alors que les gens ont regardé en disant “mais qu’est-ce que c’est que cette grosse merde ?”. Mais ils ont regardé quand même, donc ils rentrent dans les chiffres !”

Et la synthèse par Karim Debbache, présentateur de l’émission Crossed sur jv.com :

J’en ai marre des détours qu’il faut prendre tout le temps : la télé, c’est les riches qui produisent de l’image pour que les pauvres achètent.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à écouter les nombreuses émissions Radio Usul, où des gens bien plus pros que moi vous expliquerons toutes ces histoires, avec des références et du Bourdieu dans le texte.

Courage.

Vendredi 21 février 2014 à 10:50

J’aimerai avoir le courage de cette nana.

YouTube Preview Image

“Lorsque je rédige un contrat avec un assureur, celui-ci ne considère JAMAIS que tout ira bien, mais que tout peut aller mal, et c’est en ces termes que le contrat est rédigé ; de la même manière, une constitution démocratique [devrait partir] du principe que les mandataires seront mécaniquement porté à abuser du pouvoir à moins qu’ils ne soient surveillés de près et sanctionnés sévèrement s’ils en abusent.” Un commentaire sur le forum du site d’Etienne Chouard.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’avoir accès la beta démo de Titan Fall, voici mon retour sur le seul FPS multi à gros budget intéressant de cette année. En préambule, je vais répéter des informations que vous connaissez déjà rapidement : Titan Fall oppose deux équipes de 6 joueurs, avec des méchas, du walljump et du double saut.

La beta donne accès à une arme de chaque style (fusil d’assaut, SMG, pompe, pistolet, sniper), deux maps (16 maps sont prévues au total me semble-t-il) et trois modes de jeu : TDM, domination et un last titan standing dans le quel tous les joueurs commence avec leur mécha, et la dernière équipe avec un mécha en vie l’emporte. Un contenu maigrichon mais qui donne un bon aperçu du jeu, de ses qualité mais aussi de ses défauts.

Titan Fall est une jeu rapide et nerveux. Les déplacements sont rapides, la prise en main immédiate, et on se retrouve rapidement à bondir en tout sens pour se rendre le plus rapidement sur les points à capturer (le TDM n’a aucun intérêt pour une raison que nous verrons plus loin). La construction des maps tend à favoriser les déplacements perpétuels. Par exemple, le point B de la map Angel City se situe à deuxième étage d’un immeuble, avec pas moins d’une quinzaine de points d’accès directs à la zone de capture (fenêtres, escaliers, toit) ! Il est donc nécessaire de courir dans tous les sens et de savoir par où s’enfuir en cas de soucis. Notez que si le teamplay est nécessaire pour l’emporter, il est tout à fait possible de s’amuser même en étant dans une équipe de merde. En effet, l’auto-regen (hélas) associé à la létalité toute relative des armes permet d’avoir le temps de réagir face à une embuscade, il est donc tout à fait possible d’être une one man army. Les combats sont assez bourrins, les armes de l’infanterie ont un bon punch. Afin de proposer quelques “subtilités”, Respawn Entertainment a ajouté quelques features à son jeu : par exemple la capacité de se rendre invisible durant quelques secondes, pratique pour locker un mécha sans risque de se manger une roquette. Le fait de marquer des points vous rapportera aussi des “burn cards” : des atouts utilisable une seule fois (ils se détruisent après utilisation). Par exemple, une burn card vous offre une fusil d’assaut légèrement plus puissant jusqu’à votre prochaine mort, ou accélère la vitesse de fabrication de votre mécha.

Venons-en aux fameux Titans, justement. Chaque joueur a le sien, dropé dans l’arène après quelques minutes de jeu. Cette beta a soulagé l’une de mes craintes : l’équilibrage entre titans et infanterie est bon. Les titans sont certes ultra-puissants contre l’infanterie, mais ils en sont aussi la cible principale. Il est donc rare qu’un titan survive plus d’une trentaine de secondes face au déluge de feu qu’il essuie, le rendant ainsi utile simplement pour détourner l’attention de l’infanterie.

Le gameplay permet d’enchaîner les frags et les destructions de titans sans mourir de manière vraiment classe et gratifiante, ce qui n’est plus très courant en 2014.

Jusqu’ici, Titan Fall s’annonce donc comme un sans faute : gameplay rapide et bourrin (malgré une marge de progression qui s’annonce faible étant donné l’accessibilité du gameplay), bon équilibrage, grisant et clâsse. Sauf que divers problèmes plus ou moins graves viennent obscurcir le tableau :

1 - Les bots. Oui, vous avez bien lu. Chaque partie comporte des bots. En effet, les maps sont beaucoup trop grandes pour des affrontements en 6 v 6, les développeurs ont donc eu les brillante idée d’inclure des tonnes de bots idiots et indifférenciables des vrais joueurs afin de rendre les parties plus vivantes. Mon avis personnel est que maps ont probablement été imaginées pour des affrontements à 10 v 10 ou 12 v 12 mais que l’équilibrage s’est avéré difficile et que le chaos était bien trop grand (le foutoir des parties à 6 v 6 étant déjà honorable). Cette idée est probablement la pire du siècle et, étant au coeur du jeu, ne sera jamais retirée. Concrètement, cela donne des tableaux de score ridicules : en moyenne, les joueurs tuent moins de dix autres joueurs humains par partie, mais plus d’une vingtaine de bots !

2 - Les graphismes. Autant la direction artistique est plutôt sympa sur les 2 maps de la beta, autant le côté technique oscille entre le correct et l’affreux. Certaines textures font pâles figures à côté de jeux de 2004. Malgré tout, le jeu est bloqué à 60 images par seconde. Heureusement, ça reste stable et bien optimisé. Niveau lisibilité, c’est plutôt correct, sauf évidemment au niveau des bots, impossible à différencier des vrais joueurs.

3 - L’ergonomie. Les menus affreux. Naviguer dans les loadouts est un calvaire, et il faut attendre, tenez-vous bien, 90 PUTAINS DE SECONDES ENTRE CHAQUE PUTAIN DE PARTIE !!§1 POURQUOI ? POURQUOI ? Alors qu’à côté de ça, le warm up n’est que de 5 secondes ingame. On assiste donc à la situation passionnante du matchmaking qui regroupe 12 joueurs en quelques secondes… avant de nous faire patienter les 80 secondes restantes à ne rien foutre. Sachant que les parties sont très rapide (une dizaine de minutes) et que le matchmaking, pour une fois, fonctionne bien, c’est absolument abérrant.

Bref, malgré de graves défauts, Titan Fall s’annonce indispensable pour les morts-de-faim de FPS multi en 2014, car il n’y a rien d’autre, et le gameplay reste malgré tout très, très fun. On trouve des clés en précommande à 32€.

J’avais décidé de ne pas y aller de ma diatribe contre ces deux faux-nez de l’extrême droite que sont Dieudonné et Soral tellement les médias nous cassent les couilles avec ça, mais le dernier article de Reflets.info et la tempête de haine qui l’a suivi dans les commentaires m’a décidé à soulever quelques points que je n’ai retrouvé nul part ailleurs :

1 - Si, comme l’avancent les fans de ces deux tocards, ils ne sont pas d’extrême droite, alors pourquoi se rapprocher à ce point de ce parti, dont manifestement beaucoup de gens ignore l’histoire (idéologie Reagannienne notamment) ? Puisqu’ils se revendiquent “anti-système” et prônent souvent des valeurs de “vraie” gauche, alors pourquoi ne pas se rapprocher de Méluche plutôt que de Jean-Marine ? Parce qu’ils sont d’extrême droite.

2 - Un argument qui revient souvent dans la bouche des fans de Dieudo/Soral, c’est qu’ils ne sont pas antisémite mais antisionistes. Ce qui pose un petit problème : cette classification comme “antisioniste” ne tient absolument pas compte de “qui est le public de Dieudo et de Soral”. Car le même message peut être perçu différemment selon la cible. Est-il si difficile à comprendre qu’un rebeu victime au quotidien de racisme, de délit de faciès, au chômage, qui va voir un meeting de Soral, associe “sioniste” à “juif” ? Que quand il va entendre “c’est la faute des sionistes”, il pense “c’est la faute des juifs” ? Pour bien faire la différence entre antisémite et antisionisme, il faut avoir un certain bagage culturel et une certaine connaissance de l’Histoire, ce que n’ont pas les fans des deux lascars. Il suffit de regarder quelques vidéos pour s’apercevoir qu’il s’agit majoritairement de gros beaufs ou de jeunes dont la culture politique se limite à… rien.

3 - Où sont les preuves de l’existence d’un grand lobby juif qui contrôle le monde ? La lecture des commentaires sur l’article de Reflets est assez édifiante : tous soutiennent les faux nez du FN, mais aucun n’a UN SEUL argument. Enfin si : si on est contre eux, c’est qu’on est au service d’Israël (je ne plaisante pas, allez lire les commentaires). Lorsqu’on cherche à démontrer un complot, on trouve toujours des preuves, des traces, des témoins. Là, il n’y a rien. Au mieux un faisceau de présomptions plus ou moins ridicules.

4 - Les complotistes de tous bords (et donc ceux amateurs de Soral et de Dieudo) oublient TOUJOURS les effets de système. En gros, la plupart des évènements découlent d’un enchaînement d’autres évènements qui découlent de systèmes, et pas de la volonté d’un groupe maléfique. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est inutile de vouloir pendre haut et cours nos dirigeants, puisqu’ils seraient remplacés dans la minute par leur copie conforme. Parce que si nos dirigeants sont des enculés qui vont contre l’intérêt général, ce n’est pas une volonté de leur part mais l’effet d’un système (par exemple, le système européen, qui régit 70% de nos lois). Exemple pratique réel : pour que Ben Laden fasse rentrer des avions dans des tours, il n’y a pas eu besoin d’un conclave Bush/Ben Laden pour dire “mmh alors comment on peut faire pour justifier une guerre de pognon au moyen-orient ?”. C’est un enchaînement complexe de liens avérés avec les Bush et la CIA depuis les années 80 mais aussi de la politique américaine dans le monde, qui a débouché sur cet attentat. En résumé, dans un monde où une minorité de riches a le pouvoir, il n’est pas nécessaire d’établir des plans pour qu’adviennent des évènements qui arrangent lesdits riches.

“Mais alors, il n’y a pas de coupables, si c’est la faute au système !” Si, parce qu’il est a des enfoirés qui se mettent en travers du chemin pour changer de système, et eux sont au moins coupable de ça.

“Mais alors, tu es en train de dire que les complots n’existent pas ! Tu es un pauvre naïf au service du lobby mossado-trotskyste !” Mais si, il y a bien des complots, qui d’ailleurs sont dévoilés au grand jour. Sauf que quand tel est le cas, bizarrement, la novlangue passe par là. Par exemple, vous vous souvenez de “l’entente” sur les prix entre les opérateurs téléphoniques ? Eh bien justement, les médias appelaient ça “une entente”. C’est pas une entente putain de merde, c’est un complot visant à faire plus de pognon ! Voilà, les complots ça existe. Mais comment peut-on imaginer, à notre époque, dans un monde si complexe, où chaque évènement international est multi-factoriel, qu’une bande de types puissent tout organiser et tout contrôler ? Et encore plus fort, sans que jamais une information vérifiable ne filtre à l’extérieur ?

Edit : ah et dans le Canard Enchaîné de la semaine dernière, une bribe d’article a révélé une fois de plus la déconnexion totale de nos dirigeants avec le monde réel. En effet, un quelconque rapport qui fait un peu l’état des lieux de la France chaque année, soulignais aux députés ceci : “Il est étonnant de constater qu’à Marseilles, un polémiste comme Alain Soral parvienne à remplir un meeting payant avec 800 personnes”. Vous noterez bien sûr le mépris de la phrase (c’est bien connu, à Marseilles y’a que des pauvres, et les pauvres, il restent devant la télé et pis c’est tout), et surtout la déconnexion totale avec notre monde. Il suffit de se connecter à Youtube pour constater le nombre de vus de Dieudo et Soral. Et il suffit aussi d’être un peu au contact des gens chaque jour pour constater le ras-le-bol général. Et donc forcément les gens se tournent vers ce qu’ils considèrent comme des “subversifs”. La connaissance de l’état de notre propre pays par nos dirigeant et leurs conseillers fait vraiment peur.

Si appuyer sur 12 boutons pour courir ne vous amuse pas dans ArmA 3, qu’acheter Battlefield 4 vous ennuis parce que vous n’avez joué que 60h au 3 et que vous avez cru avoir trouvé le messie avec Payday 2 avant de vous apercevoir de l’escroquerie, alors vous devez être dans la même situation que moi : en manque de bons FPS. Et comme je suis un gros mégalo qui donne son avis sur tout, voici ce que j’ai utilisé comme palliatifs :

Outlast
Je n’aime pas les jeux qui font peur, d’abord parce que je n’aime pas avoir peur, ensuite parce que je trouve toujours leur gameplay à chier. Le seul survival horror que j’ai terminé est l’excellent Alone in the Dark 4 (et depuis peu le médiocre Resident Evil Revelations, voir plus bas). Mais ça ne m’empêche pas de jeter un coup d’œil sur ce genre de temps en temps pour voir ce qu’il s’y passe.

Outlast est un First Personnal Horror. Vous incarnez un journaliste qui se retrouve bien malgré lui enfermé dans un asile, au sein duquel des scientifiques se livraient à des expériences pas nettes sur les patients. Armé seulement de votre caméra infrarouge pour voir dans les lieux les plus sombres, votre objectifs est de sortir vivant de cet enfer tout en récoltant un maximum d’informations sur les terribles évènements qui ont transformé ce lieu en maison des horreurs.

Outlast vous fera chier dans votre froc. Pour commencer, l’ambiance poisseuse et terriblement malsaine de l’asile fait son office en fragilisant vos barrières mentales. L’absence TOTALE d’arme pour vous défendre rajoute le sentiment permanent d’insécurité. Enfin, les courses poursuites avec les tueurs psychopathes dans les sombres couloirs de la prison, qui se terminent par votre mort dans un angle ou lorsque vous vous planquez sous un lit, achèveront vos nerfs. Le jeu comporte aussi sa dose d’excellents jump scares et de séquences dans le noir absolu.

Je n’ai jamais autant flippé depuis Doom 3. Oui je sais, Doom 3 m’a fait flipper, parce que je suis très sensible aux jump scares et j’ai peur du noir. Tout comme dans Doom 3 au début, j’avançais dans Outlast par bribes de 30mn de jeu, voire moins tellement c’est insoutenable. Et puis, la peur finie par s’épuiser un peu quand on comprend que l’IA est complètement aux fraises. Et alors on se rend compte que, forcément dans un jeu pareil, le gameplay est très pauvre. Courir, sauter par-dessus un meuble, s’allonger sous un lit, attendre que l’IA finisse sa ronde, c’est tout. Outlast rejoint donc la liste des survivals d’excellente qualité mais que je n’ai pas finis parce que ça m’emmerde.

Shadow Warrior
Quand j’ai lancé Payday 2, j’hurlais « GOTY !§§ GOTY T’ENTENDS !§§ ». Et puis après 40h de jeu, le manque de contenu m’a dégouté. Et là j’ai joué à Shadow Ouarrior. Et ce putain de jeu m’a redonné le putain d’espoir de voir des FPS burnés avec un vrai parti pris sortir sur le marché. Développé par Flying Wild Hog, les responsables du très bon mais pas irréprochable Hard Reset.

Vous incarnez Lo Wang, l’homme de main d’un certain Zilla. Alors que celui-ci vous ordonne de récupérer un katana légendaire, vous voilà attaqué par des démons. Vous êtes sauvé de justesse par Hoji, un démon dont les objectifs resteront longtemps mystérieux. Vous voilà parti sur les routes avec votre sidekick, à la recherche du sabre.

Derrière ce scénario bateau se cache des tonnes de répliques débiles et hilarantes, qui renvoient les bons vieux Serious Sam au placard. Hoji le démon se débrouille toujours pour caser une grossièreté ou une connerie dans une phrase sentencieuse, tandis que Lo Wang est un imbécile heureux élevé aux mangas et aux jeux vidéo. Votre épopée sera donc parsemée de très, très nombreux dialogues (non intrusifs) hilarants, et pour la première fois depuis longtemps je n’ai jamais eu envie de zapper les cutscenes entre les niveaux.
Côté gameplay, Shadow Warrior assène une énorme claque à la concurrence en retournant aux racines du FPS : le bourrinage intensif. L’essentiel du gameplay tourne autour du katana. Celui-ci, surpuissant, propose trois attaques spéciales pour vous inciter à combattre au CaC. Contrairement à un Serious Sam pensé pour se jouer en marche arrière (et où il faut donc connaître le niveau pour ne pas se retrouver coincé), Shadow Warrior se joue en fonçant dans la mêlée. Il faut donc se précipiter sur un ennemi tout en anticipant le coup suivant pour ne jamais se retrouver immobile. En effet, les ennemis infligent peu de dégât dans SW, mais la plupart ont des attaques à aire d’effet et surtout, ils sont très nombreux. Le mouvement est donc la clé de la survie, et jouer en marche arrière est souvent synonyme de mort.

Le jeu propose néanmoins (et heureusement) sont lot d’instruments de mort à projectiles : flingue, Uzi en akimbo, shotgun à 4 canons, arbalète, lance-flammes et lance-roquettes. C’est peu mais suffisant, d’autant que leur efficacité est très limitée par rapport au katana, bien que le lance-roquette s’impose souvent contre les boss. Des armes peu puissantes donc, un choix de gamedesign pour pousser les joueurs au CaC. Perso j’ai adoré.

Techniquement, le jeu est en deçà d’Hard Reset. Les graphismes de SW restent néanmoins excellents grâce à une direction artistique absolument fantastique. Les premiers chapitres au japon sont tout simplement sublimes et placent la barre tellement haute qu’on ne peut qu’être déçu en découvrant les chapitres suivants. Heureusement, l’action reste constante durant les 17 chapitres que compte le jeu (dont 3 chapitres de boss). Il m’aura fallut 12 heures pour terminer le jeu une première fois en Hard, mais il dispose d’une bonne replay value grâce aux succès et au new game+ (pas exempt de défauts. Par exemple, mode Heroic, qui interdit la sauvegarde durant les niveaux, n’est pas proposé en NG+, ce qui est complètement con). Toutefois, le jeu est très facile, donc n’abusez pas de la sauvegarde rapide et poussez la difficulté au maximum dès votre premier run.

Shadow Warrior est donc, lui, en bonne place pour être le FPS de l’année, grâce à sa durée de vie, ses graphismes et son gameplay de folie qui rappelle que c’est avec les vieux gameplay et les graphismes récents que l’ont fait les meilleurs jeux.

Le jeu semble malheureusement avoir fait un bide, il n’a jamais atteint le top 10 des ventes Steam et a très rapidement disparu du top 20. C’est triste.

Call of Juarez Gunslinger
N’ayant pas fait les deux précédents épisodes, je ne pourrais faire de comparaisons entre eux et ce Gunslinger, mais de ce que j’ai pu lire à droite à gauche, il est très différent de ses ancêtres. Vous incarnez Silas Greave, un vieux chasseur de prime, alors qu’il vient se rafraîchir le gosier dans un saloon. Greave est une célébrité, et aussitôt quatre clients viennent lui demander de raconter ses histoires : le fan, le sceptique, le sage et la fille. L’aventure prend donc la forme de flashbacks jouables, durant lesquels Silas rajoute de nombreux détails rigolos ponctués par tous les poncifs de cowboy (à base de “damned bastard”), parfois interrompu par les auditeurs demandant une précision ou mettant en doute sa version. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici ou là, ces interruptions n’ont quasiment aucun effet ingame, ce qui est regrettable mais pas dommageable, puisque de toute façon le gameplay est fun et l’histoire sympathique à suivre.

Chaque niveau se déroule de manière identique : une progression ultra dirigiste dans des niveaux assez petits (mais avec des recoins dissimulant des secrets qui vous apprendrons plus sur le far west), des tonnes d’ennemis qui déferlent sur vous et un duel final contre votre proie. Soyons clair, le jeu est extrêmement cours (moins de 4 heures en mode Hard) et est accès sur la rejouabilité : succès, secrets et surtout scoring. En effet, le jeu comporte une jauge de combo et un leaderboard local et mondial. En plus du mode histoire, Gunslinger comporte un mode Arcade qui vous permettra justement de repartir à l’assaut des niveaux pour scorer, et enfin un mode Duel qui vous offre la possibilité d’enchaîner tous les duels du jeu. Pas de mode multi à l’horizon.

Le gameplay est répétitif mais sympathique grâce à deux élément : le bullet time et le punch des armes, excellent (bien qu’inférieur à celui de Payday 2). De toute façon, vue la durée de vie du jeu, vous n’aurez pas le temps de vous en lasser. Le jeu propose un new game+ qui vous permet de repartir à l’aventure avec vos armes (au nombre assez misérable de 3) et surtout vos compétences (au nombre plus honorable de 32).

Techniquement et artistiquement, le jeu est magnifique. Il propose un cel shading de toute beauté et des environnements sublimes. Vous traverserez tous les lieux clichés des westerns : banque, saloon, scierie, grotte, montagne, ville avec son clocher, train… Un sans faute.

En résumé, en cette période de disette, Call of Juarez Gunslinger est un excellent choix si vous le trouvez à moins de 10€.

Borderlands 2
Je me penche sur Borderlands 2 avec beaucoup de retard car con grand frère avait été une grosse déception. J’avais passé moins de deux heures dessus, tant le début du jeu était poussif et le FOV gerbatoire et non-trafiquable. Je vais donc balancer ce qui paraîtra des lieux communs sur le jeu à ceux qui ont fait le 1er.

Borderlands 2 prends place sur Pandore, une planète désolée où s’entretuent bandits, pillards, gentils (vous !) et soldats de la méchante société Hypérion. Le scénario est basique : le Beau Jack, méchant mégalo et directeur d’Hypérion sur Pandore, veut réveiller un guerrier ancestral pour anéantir les bandits de la planète (mais aussi les gentils ! Pas bien !). Seul un être d’exception pourra l’empêcher d’accomplir son plan diabolique : vous (et vos trois coéquipiers si vous jouez en coop).

Vos tribulations vous porterons donc aux quatres coins de Pandore, à pieds et en voiture : paysages désertiques, enneigés, volcaniques, montagneux ou en plaine, la diversité est au rendez-vous. Les graphismes, en cel shading, sont d’une beauté époustouflante. Malgré quelques ratés, la plupart des textures sont très belles et la direction artistique est une tuerie. Certains personnages sont absolument inoubliables (Clap Trap et le Beau Jack pour ne pas les nommer). Mais nous y reviendrons plus bas.

Borderlands 2 est un mélange extrêmement réussi de hack & slash (un genre que je n’aime pas) et de FPS (le genre que je préfère). En fait, il récupère les bons côtés du H&S avec un grand monde ouvert (et la durée de vie qui va avec : 40h pour accomplir la quête principale et les quêtes secondaires, beaucoup plus pour atteindre le niveau maximum et avec tous les DLC. J’en suis à plus de 110h et je n’ai pas tout terminé) et du loot à foison. Et les bons côtés d’un bon FPS avec des armes très punchy et des gunfights qui deviendrons très difficiles au fur et à mesure de votre progression.

La progression, justement s’effectue par des quêtes principales qui vous enverront à travers les principaux lieux du jeu, tandis que les quêtes secondaires vous feront visiter les moindres recoins de la carte. Les objectifs sont toujours de tuer tel personnage ou d’appuyer sur tel bouton, mais c’est admirablement bien camouflé et je ne me suis pas fait chier une seule seconde durant les 40h qu’il m’aura fallut pour voir la fin. Rare.

Avant de conclure, une petite parenthèse sur l’humour, très présent dans le jeu. Celui-ci est une vraie réussite. L’inénarrable robot Clap Trap met de bonne humeur pour toute la journée avec ses répliques tordantes, tandis que la mégalomanie et la folie du Beau Jack le rendent hilarant. Dommage que Clap Trap ne soit pas plus sollicité au cours du jeu. Heureusement, les répliques du Beau Jack vous accompagnerons du début à la fin du jeu. Une réussite, là où je m’attendais à un humour lourdingue et mal dosé comme savent si bien le faire les américains d’ordinaire.

Pour faire simple, Borderlands 2 m’a rendu accroc. Alors que les seuls DLC que j’avais achetés de ma vie étaient des skins pour Killing Floor et des maps pour Sanctum, j’ai craqué sur le season pass de B2 (Les 4 campagnes additionnelles sont de qualité inégales mais globalement c’est très bon et parfois très long). Si vous ne l’avez pas fait, achetez-le. On le trouve sur des sites de clé pour une misère (moins cher que son season pass !).

Resident Evil Revelations
Je suis devenu fou. Tel un drogué en manque de jeu, j’ai craqué sur RE Revelations au cours d’une promo Steam. Drame. Pourtant bien noté partout, même dans Canard PC, le jeu est mauvais. Pas catastrophique, mais mauvais. Normal, c’est un portage de jeu DS.

Vous incarnez Jill Valentine, secondée par son coéquipier en surpoids Parker. Perdus en mer sur un bateau à la dérive et infesté d’infâmes créatures, vous devez comprendre quelle machination un groupe de terroriste a mis sur pieds pour répandre le virus T-Abyss sur la Terre entière. Brrr. Bon ok c’est bateau, c’est en fait c’est pas trop mal, la narration est plutôt bonne et les retournements de situations plutôt bien mis en scène, donc ça va. Mais alors, pourquoi c’est mauvais ?

Alors d’abord, c’est moche. Très moche. TROP MOCHE. De nombreuses textures semblent avoir été directement transposées depuis résolution toute pourrave de la DS. Je vous laisse imaginer ce que ça donne en 1920*1080, le nez à 60cm de l’écran : c’est immonde. De plus, probablement à cause des limitations d’une cartouche, la quasi-totalité du jeu se passe sur le bateau, qui n’est pas grand. Préparez-vous donc à subir foultitude d’aller-retour ô combien funs. Les quelques niveaux qui se déroulent ailleurs que sur le bateau ne se distingueront que par leur vide sidéral et leur mocheté. Pour finir sur la technique, le jeu souffre, en tout cas chez moi (CG ATI 5870), de micro-freeze insupportables toutes les 20 secondes.

Au niveau du gameplay, on se contente d’avancer et de tirer dans la tête de tout ce qui bouge, ce qui ne pose généralement aucun problème vu la lenteur des ennemis. La difficulté viendra plutôt de l’étroitesse du FOV et du manque de munitions. Vous verrez, avec soulagement, le bout de l’aventure en 6 à 8h selon que vous avez un cerveau ou si comme moi vous vous perdrez dans ce putain de bateau pourtant pas grand.

Le jeu propose un côté multijoueur qui redresse le niveau, mais malheureusement pas suffisamment, car il est bien sûr désert. C’est dommage, car les quelques parties que j’ai réussi à faire étaient vraiment jouissives. Le jeu propose une vingtaine de niveaux (des portions du solo découpées) à parcourir en mode speedrun avec un autre joueur. Rapidité et précision seront évalués, déterminant ainsi vos récompenses (armes, items, argent…) ainsi que l’XP. C’est vraiment fun, mais tué dans l’œuf par un server browser pourrave et les serveurs déserts.

Bref, évitez ce jeu. Et comme je suis un pigeon total, j’ai aussi acheté Resident Evil 6, qui m’a gonflé au bout de 5mn et qui a simplement réussi à me donner envie de retourner jouer à RE5 en coop.

Defense Technica
Devolver Digital, ce n’est pas seulement l’éditeur de Serious Sam, c’est aussi celui de Defense Technica, un tower defense mauvais. Et je le déplore, parce que ça aurait pu être bien.

DT est très complet : 40 niveaux, 10 tourelles upgradables (avec arbre de compétence et tout, il faut faire des choix !), des notations étoilées et des jetons à débloquer pour améliorer les tourelles. Seulement, en plus d’être très laid, le jeu est probablement le portage PC d’un jeu portable. Je l’espère d’ailleurs, sinon cela veut dire qu’il n’y a AUCUNE explication expliquant la putain de maniabilité pourrave de ce jeu. Celle-ci est tellement infâme qu’elle en devient indescriptible. Le meilleurs exemple : le viseur pour la smartbomb est fixé EN PERMANENCE au centre l’écran. Donc déjà, c’est très laid, et ensuite, vous ne pouvez pas le déplacer ! Vous devez pousser les limites de l’écran avec la souris pour ajuster le viseur, ce qui est d’une débilité hallucinante, surtout dans les situations d’urgence.

On passera aussi sur la difficulté assez mal dosé, les niveaux passant de ridiculement faciles à outrageusement hardcores. Par contre, autre détail agaçant : il est impossible de savoir quels critères sont pris en compte dans la notation étoilée et surtout dans le déblocage des jetons. Cela est très pénalisant, car il devient rapidement indispensable d’upgrader nos tourelles pour avancer. Enfin, le jeu est fourni avec seulement 12 pauvres succès idiots, donc faite une croix sur la motivation que pouvait donner Defense Grid et ses 87 succès qui poussaient à se surpasser. En résumé, c’est complet mais c’est mauvais, et c’est bien dommage. Defense Grid peut dormir sur ses deux oreilles.

Rust
Pris dans la spirale de l’ennui vidéoludique, j’ai aussi craqué sur Rust, croisement entre DayZ pour la survie et Minecraft pour la construction. Actuellement en alpha early-access sur Steam, le jeu est très prometteur mais ne craquez pas tout de suite, car il n’est VRAIMENT pas fini. En l’état actuel des choses, tout ce que vous pouvez faire, c’est spawner sur une carte trop petite pour des serveurs allant jusqu’à 200 slots, récolter des ressources (bois, pierre, viande, peau de bête) pour vous faire des vêtements et construire votre baraque. Et aussi un M4 pour buter les mecs qui regardent de trop près vos coffres à loot.

Le jeu s’annonce vraiment génial, avec des portes qui s’ouvrent seulement pour leur constructeur (permettant un système de sas pour protéger votre matos), un système de craft très complet et une bonne immersion (on spawn vraiment nu, la  bite à l’air). Mais c’est actuellement hyperlimité, puisqu’une fois dans une bonne baraque bien protégée et bien armé (ce qui vous prendra une dizaine d’heure), il n’y a plus rien à faire.

En résumé, on se fait bien chier en ce moment, et ça risque de durer jusqu’à la sortie de Titan Fall. J’espère que celui-ci sera à la hauteur, sinon ça sera ennui mortel jusqu’en 2015. Les jeux multis sur lesquels j’ai passé le plus d’heures sont chronologiquement Avp2, Red Faction, F.E.A.R., Killing Floor, Black Ops, Tribes Ascend. Qu’est-ce qu’on s’fait chier depuis 2 ans.

Une histoire de censure - Tristan-Edern Vaquette

Dimanche 25 août 2013 à 9:06

Tristan-Edern Vaquette

Je ne sais pas comment je suis tombé là-dessus la semaine dernière, mais toujours est-il que c’est extrêmement intéressant. Je ne connaissais pas du tout Tristan-Edern Vaquette, un artiste anarcho underground qui a touché un peu à tout. Pour avoir regardé des extraits de ses spectacles et ses chansons, je trouve ça complètement nul, mais c’est pas ça qui nous intéresse aujourd’hui. Le bonhomme est en train de publier une loooongue interview (21 vidéos de 20mn chacun jusqu’à présent, il va s’arrêter à 25 vidéos me semble-t-il) dans laquelle il raconte comment il a été confronté à la censure au cours de sa carrière. En plus d’être très drôle, cette interview nous apprends pas mal de choses sur la loi française (en tout cas à moi).

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un artiste plus ou moins raté, le propos est tout simplement passionnant. Le bonhomme a beaucoup de recul et a un indéniable talent oratoire qui rend le tout génial à suivre. L’interview est découpée en 3 parties :

- Première partie sur les ennuis qu’il a eu lorsqu’il était jeune pour avoir écrit une chanson provo’ intitulée “Mort aux juifs”.

- Deuxième partie sur le parcours du combattant pour publier son premier livre complètement barré (que j’ai commandé mais pas encore reçu). C’est super intéressant comme passage, il lit notamment le rapport de l’avocat qui a conseillé son éditeur à propos du livre.

- Troisième partie sur son éjection de Radio Libertaire.

- Conclusion (en cours de publication) dans laquelle il parle des faux provocateurs comme Dieudonné et Soral, ou encore de ce qu’il estime être un bon provo’ comme Orelsan.

En fait, Vaquette explique tout au long de l’interview comment fonctionne réellement la censure en France, et ce n’est pas du tout le bullshit que l’on peut entendre des conspirationnistes de tout poil. Elle est plutôt, comme il le dit, le résultat “d’une somme d’individuelles lâchetés”. Je n’en dit pas plus, prenez votre courage à 2 mains et regardez cette interview. La première vidéo fait office d’intro, les choses intéressantes commencent véritablement dans la 2ème.

http://www.dailymotion.com/videoxytzoq

http://www.dailymotion.com/videoxyu3vr