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Un nouveau blog sur Wefrag le blog de Zorglomme.

Voir, lire, écouter : ressources

Samedi 6 février 2016 à 18:05

Les amateurs de contenus politiques/économiques/sociaux enrichissants trouveront ci-dessous ma petite sélection de trucs à voir et surtout à écouter. Des contenus de vulgarisation uniquement, mais qui ne sacrifient pas la profondeur, l’idéal pour les néophytes. N’hésitez pas à partager vos propres sources d’informations et d’anarcho-gauchisme dans les commentaires.

Vidéos :

Horizon-gull
Des vidéos centrées sur les manipulations des masses démontrées scientifiquement par des expériences de psychologie sociale. Les auteurs sont professeurs de philosophie. Très agréable à regarder ou à écouter. Le vidéo la plus connue : Le syndrome du grand méchant monde, ou comment la télévision parvient à faire augmenter le sentiment d’insécurité.

Osons causer
Sur le ton de la conversation, Osons causer explique et démonte certains phénomènes de société et d’actualité.

Mes chers contemporains
Usul a eu le courage de quitter JV.com et de refuser de nombreuses offres commerciales pour lancer son émission politique. MCC consiste à présenter des personnalités d’aujourd’hui et à vulgariser leur pensée ou à analyser leur absence de pensée.

Feminist Frequency (VO STFR pour la plupart des vidéos)
Animé par Anita Sarkeesian, le site Feminist Frenquency s’est fait connaître par ses vidéos Tropes vs Women in video games, mais propose plus généralement de passionnantes analyses du sexisme ordinaire dans la culture populaire et la vie quotidienne.

Le Parti des Indigènes de la République
Le PIR a publié quelques vidéos intéressantes, surtout pour les blancs bien d’chez nous, qui ont souvent du mal à éprouver de l’empathie pour les personnes de couleur. Histoire de l’indépendance de l’Algérie, histoire de la Palestine… De nombreuses idées reçues sont battues en brèches. Je vous conseille en priorité cette vidéo et celle-ci.

Dany Caligula
Youtuber philo, Dany Caligula s’intéresse aussi à des sujets comme la démocratie, les attentats, la peur etc…

Benjamin Bayart
Fondateur de FDN et ingénieur, Benjamin Bayart est spécialiste des questions de libertés fondamentales sur internet. Ses conférences sont passionnantes et essentielles pour comprendre les enjeux autour du net. Si vous ne devez en voir que 2, je vous suggère celle-ci et celle-là.

Autour du Monde Diplomatique
Le Monde Diplomatique dispose de sa propre chaîne Youtube, sur laquelle vous trouverez de nombreuses vidéos passionnantes des collaborateurs du Monde Diplo, notamment Serge Halimi.

Pierre Carles
Les films de ce réalisateur engagé sont disponibles sur son site ou sur Youtube. Ancien journaliste, Carles s’est spécialisé dans la démonstration de l’impact des médias sur la société.

Frédéric Lordon
Directeur de recherche au CNRS, philosophe et économiste hétérodoxe, Frédéric Lordon propose de nombreuses analyses de la crise et des solutions intéressantes. Trois vidéos à voir : celle-ci, celle-là et encore là.

Bernard Friot
Économiste d’obédience communiste, Bernard Friot est défenseur du revenu universel. Vous pouvez regarder cette vidéo, avec Frédéric Lordon, mais beaucoup d’autres permettent de saisir sa pensée.

Franck Lepage
Ancien petit soldat du ministère de la Culture, Franck Lepage est le créateur des Conférences Gesticulées : de longs spectacles à la fois informatifs et humoristiques géniaux sur la culture, l’éducation et le travail.

Pierre Bourdieu
Rares ont été les apparitions télévisuelles de feu Pierre Bourdieu, l’un des derniers intellectuels majeurs de notre pays. L’une de ses rares apparition à la télé, à voir absolument. A voir aussi le documentaire de Pierre Carles La sociologie est un sport de combat.

François Ruffin
Journaliste et fondateur du journal Fakir, François Ruffin parle essentiellement du travail et de l’Europe.

Mar_Lard
Son désormais célèbre article sur le sexisme spécifique au milieu vidéoludique l’a projetée comme figure de proue française du féminisme geek. Étant systématiquement harcelée, Mar_Lard ne fait que peu d’interventions mais celles-ci sont toujours intéressantes.

Serge Halimi
Directeur du Monde Diplomatique, peu d’interventions de Serge Halimi sont disponibles sur le net, mais elles valent le détour. Celle-ci est INDISPENSABLE.

Pour les plus jeunes :

Le Fil d’Actu, un court JT politisé.

Livres (parce que parfois, on est en panne d’internet. Ou aux chiottes.)

Enquête

Le système Soral, enquête sur un facho business, Robin d’Angelo & Mathieu Molard
Deux journalistes de l’excellent site Street Press ont fait un vrai travail d’investigation pour démonter la machine rouge-brune d’Alain Soral. Un peu cher pour peu de pages, mais bon, le vrai taf de journaliste, c’est rare donc ça se paye.

Tentative d’évasion (fiscale), Monique Pinçon-Charlot & Michel Pinçon
Les deux sociologues enquêtent sur les mécanismes de l’évasion fiscale, depuis les guichets des banques jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat. Comme souvent avec le couple de sociologue, le livre est très militant. Celui-ci manque parfois un peu de rigueur mais on apprend pas mal de choses et surtout il confirme des soupçons.

Sociologie

La misère du monde, Pierre Bourdieu, livre collectif
Bien que paru dans les années 90, La misère du monde reste un livre cruellement d’actualité qui prend parfois aux tripes. Un collectif de sociologues part à la rencontre des pauvres, les vrais pauvres. Ceux qui vivent dans une caravane sur le parking de leur entreprise. Ouvrier arabe, chômeurs, petits patrons fachos… Le livre offre une série de courtes interviews (1200 pages d’interviews tout de même) poignantes.

Le nouvel esprit du capitalisme, Eve Chiapello & Luc Boltanski
Les deux sociologues retracent les diverses mutations contemporaines du capitalimze. Attention, livre plutôt technique, pas nécessairement réservé aux universitaires mais tout de même aux lecteurs/trices averti(e)s.

La violence des riches, Monique Pinçon-Charlot & Michel Pinçon
A la fois militant et rigoureux, ce livre aurait très bien pu être titré Pierre Bourdieu, The Tribute. Les violences réelles et symboliques commises par les riches et les puissants à l’encontre des pauvres et des faibles y sont décortiquées. Ca se lit tout seul.

Politique internationale

La stratégie du chaos, Michel Collon
Le livre retrace les nombreux conflits qui jalonnent l’histoire récente des Etats-Unis. Bien que défendant régulièrement les faibles, Michel Collon tend de plus en plus vers le conspirationnisme avéré ces derniers mois, c’est pourquoi je ne vous conseille pas ses vidéos et son site, même si certaines infos sont parfois intéressantes. Le livre est cool à lire, mais le cerveau bien allumé.

Les 7 péchés d’Hugo Chavez, Michel Collon
Bien que manquant cruellement de sources et donc à prendre avec des pincettes, ce livre donne un bon aperçu de la révolution entamée par Chavez au Venezuela.

Divers

Robespierre (biographie), Hervé Leuwers
Une passionnante biographie de l’Incorruptible. La démarche du biographe est excellente : disposant de documents inédits et considérant, à juste titre, que le personnage est trop polémique pour se baser sur les nombreuses précédentes bio, il a repris tout le travail d’enquête depuis le début, comme si jamais rien n’était paru sur Robespierre. Il en résulte un livre passionnant.

Omerta sur la viande, Pierre Hinard
Aujourd’hui agriculteur, Pierre Hinard a été pendant 10 ans contrôleur qualité dans diverses sociétés d’abattage et découpe. Il raconte dans ce livre de nombreuses dérives du secteur dont certaines sont actuellement en justice : kilos d’asticots dans la viande, viande décongelée à même le sol sur le trottoir devant l’entreprise, viande vieille de deux ans et non-congelée (oui !) vendue à Flunch… Préparez les sacs à vomi.

“Militer sur internet, ça sert à rien.”

Lundi 18 janvier 2016 à 7:17

C’est bien connu.

Shiro Ishii, le Mengele japonais

Mardi 29 décembre 2015 à 15:40

Général Shiro Ishii

Général Shiro Ishii

On a beaucoup lu, vu et entendu sur Josef Mengele, le tortionnaire allemand amateur d’expérimentations atroces pratiquées en grande partie sur des jumeaux à Auschwitz. Mais connaissez-vous Shiro Ishii, son pendant japonais à côté duquel Mengele passerait pour un enfant de coeur ? Retour en 1932 dans l’actuelle Mandchourie.

Un véritable musée des horreurs

De 1932 au 14 août 1945, le général Shiro Ishii fut le directeur de l’Unité 731, un centre recherche inauguré en Mandchourie occupée après deux ans de travaux. Bien qu’étant officiellement un simple centre de recherche, l’Unité 731 est en réalité une véritable base secrète dans laquelle scientifiques et médecins japonais vont se livrer durant plus de 13 ans, sur des prisonniers chinois et coréens, à des expériences dont l’atrocité dépasse l’entendement :

- Prisonniers laissés dans le froid par -40° puis réchauffés et disséqués vivants pour étude de leurs nécroses
- Prisonniers victimes de vivisections. Les “scientifiques” japonais commençaient d’abord par leur couper les mains, puis les bras, les pieds et et enfin les jambes, tout en maintenant le supplicié en vie.
- Toutes les formes de supplices bactériologiques sont infligés aux prisonniers sous prétexte d’étude : gangrène, typhus, peste bubonique… Ces expériences, d’abord menées au sein de 731, donneront naissance à des bombes bactériologiques qui seront larguées sur des prisonniers enchaînés dans les plaines alentours. Certains de ces prisonniers parviendront à s’échapper, avant d’être rattrapés par des soldats japonais et achevés à coup de camions leur roulant dessus.
- Des greffes de membres d’animaux sur des prisonniers auraient été tentées.
- Certains prisonniers étaient enfermés dans des centrifugeuses jusqu’à ce que leurs poumons explosent.
- D’autres étaient littéralement bouillis vivants dans de grandes marmites portées à ébullition.
- D’autres encore furent exposés à de grosses doses de rayons X, toujours pour en observer l’effet (pourtant déjà bien connu à l’époque) sur le corps humain.
- Les japonais tentèrent des transfusions sanguines complètement folles (comme les allemands le feront pendant la seconde GM) : injection de sang de cheval et d’eau de mer dans le sang de prisonniers conscients.
- Des prisonniers servirent de cibles de test pour des lance-flammes.
- D’autres furent affamés et privés d’eau jusqu’à leur décès dans d’atroces souffrances.

Sans compter ce que l’on ne saura peut-être jamais, étant donné que suite à la reddition du Japon le 14 août 1945, l’Unité 731, qui pouvait accueillir jusqu’à 200 cobayes simultanément, fut évacuée de son personnel et presque totalement détruite. Les prisonniers restants furent gazés dans leur cellule puis brûlés. Aucun ne survivra pour témoigner. Sur ordre de ses supérieurs, Shiro Ishii fait détruire toutes les photos et vidéos qui permettraient de prouver l’existence de l’Unité 731. Existence qui ne fut d’ailleurs pas reconnue officiellement par le Japon, toujours très nationaliste et au sein duquel les historiens révisionnistes ont pignon sur rue, avant 1982.

Qui étaient les cobayes de l’Unité 731 ?

Les “prisonniers” internés à l’Unité 731 ne bénéficiaient pas du statut de prisonniers de guerre (un statut que le Japon ne reconnais d’ailleurs que rarement, comme en témoigne l’effroyable carnage de Nankin qui aura lieu en 1937 au cours duquel près de 400 000 civils et militaires désarmés seront massacrés en 6 semaines). Certains étaient des combattants chinois, coréens et les historiens soupçonnent la présence de captifs américains. Les civils que le régime de Tokyo soupçonnent d’être des espions soviétiques sont expédiés directement à l’Unité 731. Mais on retrouve aussi au sein de ce “laboratoire” de nombreux “sujets” internés sans autre raison que de correspondre à un profil bien particulier réclamé par les “scientifiques” pour mener leurs “recherches” : tel sexe, tel âge, tel poids… Les arrestations arbitraires se multiplient aux abords de l’Unité 731.

Contrairement aux goulags soviétiques ou aux camps de concentration allemands, AUCUN prisonnier n’a survécu à l’Unité 731, les seuls témoignages provenant d’anciens bourreaux japonais, généralement recrutés très jeunes (parfois 14 ans !). A noter que les bourreaux eux-mêmes étaient sur la sellette : si l’un d’eux contractait une maladie, il passait directement du statut de tortionnaire à celui de cobaye.

Combien de morts ?

Même si les débats font rage entre experts chinois et experts japonais, les historiens estiment à 10 000 le nombre de cobayes décédés à l’Unité 731. A ce chiffre, il faut rajouter les 20 000 chinois qui seront contaminés et tués par la peste qui se répandit dans la région lorsque les japonais firent exploser le centre. Enfin, il faut compter entre 300 000 et 500 000 victimes civiles supplémentaires infectées lors des largages de bombes bactériologiques dans les plaines.

Quelle punition pour les responsables ?

Aucune ! Strictement personne, depuis les petites mains jusqu’aux plus hauts responsables (dont l’Empereur Hirohito lui-même), ne dut répondre des atrocités commises à l’Unité 731. En effet, le pays des braves offrit le pardon inconditionnel à tous les coupables en échange… des résultats de leurs expériences de bouchers. Deal with it. Il y aurait pourtant eu matières à ouvrir une instruction, puisque lors du Procès de Tokyo (comme Nuremberg, mais pour les crimes de guerre Japonais), un déserteur de l’Armée Impériale mentionna l’existence d’expériences sur des cobayes humains… sans suites.

De 1931 à 1945, l’effroyable barbarie japonaise

Il faut croire que le nationalisme exacerbé des japonais et de leurs dirigeants mais aussi de leurs historiens révisionnistes porte ses fruits : aujourd’hui, peu de japonais ont connaissance des exactions commises par l’armée impériale durant la guerre coloniale japonaise en Asie puis la 2nd GM. Il en va de même en occident. Si on raconte volontiers les atrocités commises par les soviétiques, il ne faut pas oublier que le Japon fit lui aussi preuve d’une incroyable barbarie. Outre l’Unité 731, les chinois furent allègrement massacrés durant plusieurs années, massacre dont le point culminant fut atteint lors du carnage de Nankin évoqué plus haut. Enfin, pour comparer l’URSS et le Japon, nous pouvons parler des nombreuses réquisitions de prisonniers effectuées par les deux dictatures. Par exemple, lors de la construction de 700km de voix ferrée en conditions difficiles, l’URSS mena à la mort “quelques milliers de prisonniers”, ce qui est déjà terrible. Mais ce n’est rien en comparaison de la ligne Siam-Birmanie initiée par les japonais, longue de “seulement” 450km mais qui causa la mort de pas moins de 106 000 civils et prisonniers de guerre (soit un mort pour 4 mètres de voie), non seulement chinois mais aussi américains, australiens… En résumé, la barbarie japonaise, en plus d’être similaire à celle de tout régime totalitaire, fut exacerbée par le fascisme du gouvernement, qui croyait en la supériorité du Japonais sur les blancs mais SURTOUT sur tous les autres peuples asiatiques.

C’est la guerre, ça arrive

Certains historiens et hommes politiques n’hésitent pas à affirmer que les exactions japonaises à l’encontre des prisonniers de guerre et surtout des populations civiles chinoises, sont inévitables en temps de guerre, car les soldats ont peur, sont fatigués, subissent beaucoup de pression, sont en état de choc etc… Les massacres ne seraient donc que des “dérapages” dû à l’état de guerre. Cette vision est pourtant remise en cause par de nombreux faits, dont les plus probants sont ceux-ci :
- Si les exactions sont des “dérapages”, alors pourquoi, lors du massacre de Nankin, les “soldats terrifiés et sous pression” de l’Armée Impériale n’ont violé que des femmes et des enfants chinois, et exécuté des centaines de milliers de chinois… et AUCUN occidental présent sur place ? Des dérapages fort sélectifs…
- Si les exactions sont des “dérapages”, alors pourquoi l’Ordre 575, dit des “Trois tout” (”Tue tout, brûle tout, pille tout”), fut-il rédigé et appliqué en Chine du Nord, entraînant la mort de 2,7 millions de civils ?

Les massacres n’étaient donc pas le fruit du hasard ou d’une “perte de contrôle” des officiers sur leurs troupes (d’ailleurs, il était courant que les officiers participent eux-mêmes aux viols collectifs et aux massacres, à l’image de ce terrible concours de décapitations, et les punitions envers les soldats massacreurs étaient rare, tandis que les punitions envers les soldats manquant de respect à l’étiquette militaire étaient, eux, sévèrement punis) mais d’une stratégie de terreur et de terre brûlée. Toutefois, les travaux des historiens semblent montrer que l’Empereur n’avait aucune velléité de génocide. Les chinois étaient simplement considérés comme des “choses”, du “bétail” qui barrait le chemin vers les richesses de la Mandchourie. D’ailleurs, les internés de l’Unité 731 étaient nommés… les “bûches”.

Killing Floor 2, le FPS tel qu’il doit être

Vendredi 18 décembre 2015 à 18:00

Cet article a auparavant été publié sur Mindgame.

Après une preview enthousiaste, voici à présent le test de Killing Floor 2, toujours en early access mais à présent doté de plus de contenu que son illustre aîné.

Killing Floor 2 : la simplicité au service du fun

Pour celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas joué au premier épisode sorti en 2009 et dont la qualité n’est plus à démontrer, Killing Floor est un FPS coopératif proposant à six joueurs de lutter contre dix vagues de zombies (les Zeds) de plus en plus puissants et vicieux, la partie se concluant par un combat de boss nécessitant endurance et teamplay sans faille.

Comme nous le signalions dans la preview, le jeu comporte à présent sept classes de personnages, offrant autant de façons de jouer radicalement différentes :

- Support, le spécialiste des fusils à pompe et du soudage de portes
- Berserker, l’as du corps à corps, rapide et résistant
- Medic, celui qui sauve la vie de toute l’équipe en soignant les blessures à distance
- Firebug, le maître du lance-flamme, idéal pour infliger des dégâts à long terme aux plus gros zeds
- Demolition, le fou furieux qui déblai le passage à coup de grenades et autres roquettes
- Commando, le spécialiste des fusils d’assaut qui tue les plus petits zeds pour faciliter la vie de ses coéquipiers
- Gunslinger, le cowbow qui maîtrise le dual-wielding

Grosse nouveauté par rapport au premier Killing Floor, le jeu compte désormais 25 niveaux par personnage, et chaque palier de 5 niveau débloque une capacité (à choisir entre deux et interchangeable entre chaque vague d’assaut)) permettant d’orienter réellement la manière de jouer. Généralement, le choix est à faire entre une capacité égoïste (recharger plus vite) ou communautaire (permettre à vos coéquipiers de recharger plus vite… mais pas vous). Dans les faits, cela fonctionne très bien, et c’est en grimpant en difficulté que l’on s’aperçoit de la nécessité de partager ces compétences.

Aucune concession

Cela paraît incroyable à notre époque, mais les développeurs de Tripwire n’ont fait aucune concession quant à la difficulté de leur titre. Si l’accessibilité est maximum (on se contente de bouger, tirer et soigner) en mode de difficulté Normal, le jeu devient rapidement d’une difficulté abominable (4 niveaux de sadisme sont proposés). Le teamplay est plus que jamais de mise et même le meilleur des joueurs n’a aucune chance de survie s’il se déplace seul, ne serait-ce que parce que les zeds ont dorénavant une vitesse de déplacement bien supérieure à celle des héros. De plus, les zeds spéciaux sont désormais bien plus agressifs et même les zombies les plus basiques sont à présent redoutables (voir encadré ci-dessous). Le résultat ? Du plaisir à foison durant les parties et un sentiment de satisfaction rarement atteint dans un jeu lorsque l’on parvient à battre le boss final. N’est-ce pas là ce que l’on attend en priorité d’un jeu vidéo ? Et le tout sans afficher de “mega-kill-master-sergent-shooter” au milieu de l’écran à chaque frag, s’il-vous-plaît.

Zeds : du neuf avec du vieux

Les habitués ne seront pas déboussolés par les zeds de Killing Floor 2 : on retrouve exactement les mêmes monstruosités que dans KF premier du nom. A savoir plusieurs “petits” zeds médiocres et de grosses brutes sanguinaires. Le Scrake et sa tronçonneuse ainsi que le Fleshpound et sa fureur font leur grand retour. Néanmoins, les joueurs chevronnés de Killing Floor auront une petite surprise : il n’est désormais plus possible de fuir ces horreurs plus de quelques secondes. Même sans leur tirer dessus, le Scrake et le Fleshpound se mettront à vous poursuivre en hurlant. Ce simple détail suffit à rendre le jeu encore plus difficile. Notez aussi que les Stalkers, ces femmes invisibles, sont désormais plus rapides et surtout réellement invisibles, ce qui les rend particulièrement pénible à éliminer.

Avalanche de contenu… passée et à venir

Comme indiqué en préambule, bien que toujours en early access, Killing Floor 2 propose aujourd’hui plus de contenu que son aîné à sa sortie. Vous pouvez compter sur une trentaine d’armes pour vous étriper sur les sept maps disponibles, toutes plus variées les unes que les autres. Par ailleurs, le jeu est Steamworks, ce qui permet aux mappeurs de s’en livrer à coeur joie : on compte déjà des centaines de maps disponibles, et nombreuses sont celles de qualité. Les maps officielles sont toute de grande qualité, généralement gigantesques et grouillant de détails savoureux. A ce propos, le jeu est techniquement une bonne baffe, malgré l’utilisation du vieux moteur UE3. La primeur en revient à des effets de lumière saisissants et à des effets de gore particulièrement hardcore et bien réalisés (sang permanent qui recouvre le niveau, démembrement ultra-poussé). Par ailleurs, le son a bénéficié d’une attention particulière, et même si la spatialisation laisse pour le moment à désirer, le bruitage des armes est particulièrement réussi. Il en va de même pour les animations des alliés, des zeds et des rechargements, poussées à un niveau de détail confinant à la maniaquerie. D’ailleurs, cela ne va pas sans poser problème puisqu’il arrive parfois que certaines animations des zeds, sans doute trop complexes, “sautent” à l’occasion d’un petit coup de lag, ce est parfois rageant lors que cela le fait sortir de notre ligne de mire. Enfin, n’oublions pas que jusqu’à aujourd’hui, le premier Killing Floor a fait l’objet de constantes mises à jour gratuites de contenu, jusqu’à atteindre aujourd’hui la somme délirante de 26 maps officielles et 50 pétoires en tout genre. Une politique qui permet au jeu de connaître toujours le succès aujourd’hui (1200 joueurs en soirée sur KF premier du nom, soit ), gageons donc que Tripwire poursuivra ce business model avec son Killing Floor 2.

Le FPS tel qui devrait être

Killing Floor 2 constitue le FPS tel qu’il devrait toujours être : à la fois rapide et satisfaisant pour le néophyte (une partie en Normal se temrine 30 minutes), jouissif et haletant pour les joueurs confirmés (les parties les plus hardcores peuvent durer jusqu’à 2 heures !). Il est même possible de régler le niveau de gore ou de le désactiver. Les classes se jouent de manières réellement différentes, chacun trouvera donc botte à son pied (d’ailleurs, les parties sont TOUJOURS équilibrée, il est rarissime qu’une équipe ne compote pas de médic ou de berserker, deux classes vitales). Le contenu est déjà au rendez-vous et continuera à l’être gratuitement. Le jeu est techniquement magnifique et artistiquement varié et soigné. Les développeurs sont réglos, le jeu propose un serveur browser au poil. Bref, Killing Floor 2, c’est la perfection même.

Work in progress

Le jeu étant toujours en développement, les développeurs ajustent régulièrement le gameplay. Par exemple, à l’heure où ce test est rédigé, la difficulté est totalement pétée, et même une équipe constituée de six joueurs au niveau maximum parvient difficilement à terminer une map au troisième niveau de difficulté, et le quatrième niveau est tout simplement impossible à terminer.

Parce qu’il faut bien souffler entre deux parties de KF2 en suicidal foutues en l’air par un lvl 0 qui arrive à la vague 10, et parce que j’en avais marre de me faire bourrer le mou sur Robespierre (”buveur de sang !”), j’ai jeté mon dévolu sur la dernière biographie en date de l’Incorruptible, par Hervé Leuwers.

L’ouvrage vaut chaque euro des 25 qu’il coûte. Il se lit presque comme un roman et s’avère être un véritable travail d’historien, et non une prose militante pour/contre Robespierre, buveur de sang pour les uns, ami du peuple pour les autres. Comme il l’explique dans son livre et plus en détail dans cette passionnante interview, Hervé Leuwers a non seulement découvert de nombreux nouveaux documents d’époque, mais a aussi repris de zéro les recherches concernant Robespierre. En effet, le biographe s’est rapidement rendu compte que les nombreuses biographies du Constituant souffraient soit d’un manque de preuves factuelles (et ce dès 1795, date de la parution de la première biographie de Robespierre), soit reprenaient toutes des éléments cités dans de précédentes biographies, alors que ceux-ci étaient démentis par les documents d’époque, des erreurs de date ou d’interprétations obscurcies par une analyse basée uniquement sur la Terreur…

C’est d’ailleurs sur ce dernier point que le livre de Leuwers se distingue de nombreux ouvrages concernant les personnalités “sensibles” : l’auteur se concentre sur les FAITS et uniquement sur les FAITS. Il ne se livre à aucune interprétation ou supposition et ne tire aucune conclusion qui ne soit appuyée d’un document d’époque. Il en résulte un vrai plaisir de lecture, car c’est au lecteur de se livrer à ses propres suppositions : Robespierre était-il un carriériste calculateur et opportuniste ? Son parcours d’avocat à Arras le laisse supposer, mais de nombreux autres points de sa vie peuvent permettre d’en douter. Etait-il progressiste vis-à-vis des femmes ? Oui et non, car s’il prônait l’intégration de celles-ci dans les cercles intellectuels et académiques, il défendit le suffrage universel uniquement pour les hommes. Et en même temps, se prononcer pour l’intégration des femmes suffit à lui attirer les foudres de ses collègues avocats. Bref, la biographie d’Hervé Leuwers permet de se plonger facilement dans l’ambiance de cette époque et de laisser à chacun la libre interprétation des évènements, l’auteur se contentant de pointer le doigt dans la bonne direction lorsqu’il s’agit de démolir un mythe ou une idée reçue sur l’époque comme sur le personnage.

Seul petit regret à mon sens, les (nombreuses) notes et références figurent à la fin du bouquin, ce qui a le dont de me gonfler (c’est tellement plus simple de se reporter en bas de page), et lesdites notes sont généralement détaillées au minimum, évitant d’avoir à se procurer les ouvrages cités mais trop incomplètes à mon goût (j’aime bien les notes qui citent carrément tout le passage du bouquin de référence, par exemple). Enfin, c’est toujours mieux que le bouquin Les mythes de la 2nd Guerre Mondiale, un sombre torchon dont les références sont si faibles qu’on se demande si les auteurs ne se moquent pas de nous.

Bref, lisez ce bouquin.

Comment lire un article de presse ?

Lundi 30 novembre 2015 à 14:50

Je me rends régulièrement compte que beaucoup de personnes, parfois même grosses consommatrices “d’info”, ne savent pas réellement lire un article de presse et n’ont pas conscience de l’importance des mots employés, qui ne sont pas le fruit du hasard (surtout de la part de journalistes, dont le métier est justement l’écriture). C’est pourquoi je vais ici procéder au décorticage d’un court article du Point, paru aujourd’hui (30/11/2015). L’article concerne le controversé Tariq Ramadan. Il ne s’agit pas ici de critiquer ou non le personnage (d’ailleurs, je ne l’aime pas particulièrement, c’est dit), mais d’analyser cet article de Baudouin Eschapasse, que j’ai choisi car il est particulièrement blindé de sous-entendus peu flatteurs mais habilement dissimulés pour l’oeil non-averti. Notons au passage que ce M. Eschapasse est membre de la rédaction du magazine de la LICRA, ce qui ravira les complotistes amateurs de complot judéo-maçonnique qui a remplacé les saucisses de la cantine du petit Dylan par de la viande casher.

“Il a attendu quatre jours avant de réagir. S’imposant une inhabituelle cure de silence, Tariq Ramadan n’a enregistré une première vidéo concernant les attaques contre Paris que le 17 novembre. Condamnant les actes terroristes et exprimant son empathie avec les blessés et familles de tués, le directeur du centre qatari de recherche sur la législation islamique avait vite dévié sur son sujet de prédilection : la dénonciation d’un discours islamophobe qui se nourrit des événements récents. Cette vidéo, vue plus d’un million de fois en quelques heures, a été suivie par de nombreuses autres depuis. Le président du think tank European Muslim Network a, de fait, repris le rythme habituel de ses publications sur les réseaux sociaux : entre deux et trois interventions par jour.”

L’introduction de cet article contient son pesant de sous-entendus méprisants à l’encontre de Tariq Ramadan. Baudoin Eschapasse se permet-il de parler de “cure de silence” à propos de Manuel Valls, par exemple ? Pourtant, celui-ci ne se lasse pas de multiplier les déclarations tonitruantes depuis les attentats du 13 novembre. On note donc déjà ici une hiérarchisation entre les personnes qui s’expriment (je souligne à nouveau que le but ici n’est pas de savoir si cette hiérarchisation est juste ou non, mais simplement de la constater). Le journaliste, après avoir annoncé la condamnation des actes terroristes par M. Ramadan, énonce un jugement de valeur : il considère que dénoncer l’islamophobie “qui se nourrit des évènements récents” est… une déviance (”le directeur du centre qatari de recherche sur la législation islamique avait vite dévié sur son sujet de prédilection)” ! Enfin, un esprit mal tourné pourrait voir dans la suite du paragraphe une moquerie concernant le nombre de vidéo publiées par Tariq Ramadan, mais gageons que M. Eschapasse en aurait fait de même à l’encontre des partisans du tout-sécuritaire s’il en avait eu connaissance.

“Il y approfondit le discours ébauché les 17 et 18 novembre. Justifiant son silence par un refus de céder à des “réactions émotives”, mais aussi aux “injonctions des médias” qui pousseraient, selon lui, à un discours binaire, confinant les musulmans à deux positions : soit celle de “l’altérité absolue”, soit celle d’une “dissolution totale” de leur identité. L’universitaire suisse y répète que la principale clef de lecture, à ses yeux, des attaques du 13 novembre serait la politique étrangère de la France. “On a dit que c’est un acte de guerre contre des civils innocents, mais la France est en guerre en Syrie et au Mali. Elle y bombarde aussi des civils innocents”, explique-t-il.”

Là encore, on note une différence de traitement entre Tariq Ramadan et les personnalités en vue du monde politique. Prenons par exemple cet article, qui se contente de rapporter les propos de Jean-Vincent Placé, député UDE, tout comme ce paragraphe le fait avec Ramadan. Etrangement, le journaliste ayant rédigé la brève concernant M. Placé ne se distancie par du tout des propos tenus : pas d’usage du conditionnel et citations plus longues. Dans le paragraphe ci-dessus, le conditionnel est présent (”qui pousseraient, selon lui“) et le journaliste marque plus loin à nouveau la distance avec les propos de Ramadan (”la principale clef de lecture, à ses yeux“). S’il est normal qu’un journaliste prenne de la distance avec l’auteur des propos et les propos eux-mêmes, il est regrettable que cela ne soit pas le cas systématiquement, quel que soit l’auteur des propos et le journaliste qui les retranscrits.

“Invitant ses coreligionnaires à un “djihad” de la conscience (cette notion coranique étant avant tout, selon lui, un ”combat” intérieur), il les appelle depuis plusieurs jours à une manifestation silencieuse dénonçant ce qui se passe “ici et là-bas” : comprenez en France comme au Proche-Orient.”

On note à nouveau une distanciation (un “selon lui” qui en plus pourrait laisser entendre que Tariq Ramadan prône “le djihad tout court” plutôt que “le djihad des consciences”) et des propos retranscrits de façon de plus en plus hachée, au point que le journaliste doit lui-même expliciter ce que Ramadan a voulu dire.

“Ces paroles d’apaisement ont vite buté sur d’autres formules. Comme cette prise de position, sans équivoque, sur sa page Facebook, dimanche 29 novembre. Ni Charlie, ni Paris, Tariq Ramadan s’y définit comme “perquisitionnable”, allusion à la multiplication des perquisitions contre des individus considérés comme “radicalisés” et qui ont donné lieu à quelques bavures.”

L’emploie du mot “buté” vise ici à annuler tous les propos précédemment cités de M. Ramadan, en laissant à penser que le fait de ne pas se sentir Charlie ou Paris mais Perquisitionnable empêche aussi de ressentir de la peine et de l’empathie pour les victimes des terroristes. Notons que le journaliste effectue à nouveau un jugement de valeur en estimant que les centaines de bavures liées à l’état d’urgence ne sont que “quelques bavures”, alors qu’on ne note que 143 GAV pour près de 2000 perquisitions effectuées sans l’autorisation d’un juge à ce jour. Soit un taux de réussite de 7% environs. Pour 93% de bavures ?

“Une publication qui rappelle ses prises de position ambiguës après l’attentat contre Charlie.”

Écrire cela revient à discréditer Tariq Ramadan en le faisant passer, en gros, pour un méchant. Pourquoi ne pas rappeler les propos tenus sur Charlie, plutôt que de dire qu’ils étaient “ambiguës” ? Les lecteurs se feront ainsi leur propre opinion. Et d’ailleurs, les propos étaient “ambiguës” par rapport à qui, à quoi ?

_____________________________________________________________________________

Vous l’aurez compris, il est important de faire attention à l’usage des mots employés dans un article de presse, quel que soit le journaliste et quel que soit son sujet. Car les mots renvoient systématiquement à des sous-entendus, des on-dits, des non-dits ancrés dans l’imaginaire collectif et qu’il convient souvent de combattre. Je vous laisse vous régaler avec ces quelques détournements.

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Les deux précédentes vidéos de cette série sont ici :
- La mobilité sociale
- Pierre Bourdieu

Jurassic World, le film qui fait mâle (1/2)

Jeudi 23 juillet 2015 à 15:11

JurrassicWorldUnderwater

Cet article a initialement été publié sur www.lecinemaestpolitique.fr le 6 juin 2015 ainsi que sur Mindgame.

Jurassic World prend place 20 ans après la fin des évènements du premier film, sorti en 1993 et réalisé par Steven Spielberg. Le fameux parc à dinosaures rêvé par John Hammond, décédé, a enfin ouvert ses portes. Sa gestion est confiée à Claire Dearing par Simon Masrani, exécuteur testamentaire d’Hammond. Ce dernier souhaitait que le maximum de personnes, sans condition de revenus, puissent contempler de leurs yeux des dinosaures vivants. Si Masrani tente tant bien que mal de rester fidèle à la philosophie du créateur, Claire Dearing est quant à elle uniquement préoccupée par le profit. Sous sa direction, un dinosaure extrêmement dangereux va être créé, l’Indominus Rex. Évidemment, celui-ci va rapidement s’échapper de son enclot et semer la terreur dans le parc.

Le film propose au spectateur de suivre deux histoires parallèles qui s’interconnectent parfois : d’un côté, les péripéties de Claire Dearing et d’Owen Grady, dresseur de raptors, qui vont tenter d’endiguer le carnage; de l’autre les aventures de Zach et Gray Mitchell, les jeunes neveux de Claire, égarés dans le parc. Deux storylines si ouvertement virilistes et sexistes que ma copine, pourtant pas du tout sensibilisée au féminisme, a passé le film à s’insurger devant les insultes que le film lui crachait au visage en tant que « faible femme ». Qu’on se le dise, les dinos, c’est pas pour les femmelettes, et le film va s’attacher à nous le prouver en usant de tous les poncifs possibles et imaginables avec un premier degré confondant : femmes en pleurs, femmes hystériques, femmes désemparées, femme qui-n’a-pas-d’enfant-donc-forcément-c’est-louche, femme-sans-cœur-parce-qu’elle-fait-carrière et homme au regard d’acier qui n’a peur de rien. En avant pour le train fantôme.

Attention, toute l’intrigue du film est spoilée dans cet article.

Jurassic World, un film profondément sexiste

Le traitement des femmes dans Jurassic World – Claire Dearing

Claire Dearing, la dirigeante du parc, est une femme ayant privilégié sa carrière plutôt que sa vie familiale : comprenez par là qu’elle n’a pas d’enfant (ni même de mari, c’est louche !). Une entorse à son rôle de femme que le film va mettre à soin particulier à corriger, d’abord en présentant Claire comme un mauvais modèle de féminité en la faisant paraître :
- hésitante (elle ne sait quoi faire lorsque l’Indominus s’échappe),
- ignorante (il lui est reproché d’avoir maintenu l’Indominus isolée)
- désagréable (elle se montre dominatrice avec ses employés)
- peu affectueuse (elle est mal à l’aise lorsque son neveu Gray lui fait un câlin)
- irresponsable (elle ne s’occupe pas de ses neveux et s’est écartée du chemin désiré par Hammond)

Dearing est présentée d’emblée comme une femme antipathique et peu spontanée (en opposition avec la spontanéité d’une bonne vieille crise d’hystérie typiquement féminine, n’est-ce pas ?). Sa première apparition la met en scène en train de répéter un discours marketing dans un ascenseur, juste avant d’afficher un sourire de façade devant de potentiels investisseurs pour le parc, ce qui fait de Claire un personnage immédiatement désagréable. Lors de la scène suivante, Claire accueille ses neveux Zach et Gray en étant AU TELEPHONE et manifeste à leur égard une certaine gêne : elle hésite à serrer Gray dans ses bras et ses premières paroles sont « oh ! Mais… euh… Dis dont tu es mignon comme tout. Et toi [Zach], la dernière fois que je t’ai vu tu étais… [petit]. Ça va faire quoi, 3,4 ans ? ». Le film montre ainsi que Claire est mal à l’aise avec les enfants, que cela fait fort longtemps qu’elle n’a pas vu ses neveux et donc qu’elle se fiche de les connaître. Deux points que Jurassic World présente comme des tares à corriger, ce que Zach s’empresse immédiatement de souligner en corrigeant sa tante… qui s’écrase : « 7 ans, tante Claire, ça fait 7 ans. Mais t’étais pas loin. » Cette scène a pour effet d’induire chez le spectateur le fait que Claire est égocentrique et carriériste au point de n’avoir que faire sa famille.

Claire s’empresse alors de les confier à Zara Young, son assistante. La scène s’achève sur une Claire à nouveau focalisée sur son téléphone et incapable de savoir à quelle heure se couchent de jeunes garçons, une méconnaissance présentée là encore par le film comme condamnable.

Il est intéressant de noter que Claire Dearing est un personnage similaire à John Hammond (au sens où elle est la directrice du parc et que ses actions conduisent plus ou moins directement à la catastrophe) à ceci près :
1) qu’elle est vénale alors que lui se fiche du profit (voir plus bas)
2) qu’elle ne s’occupe pas de ses neveux alors que dans le premier film, Hammond est représenté comme très proche de ses petits-enfants et très affectueux dès leur première apparition.

Du coup, sur ce point aussi, on note la différence de traitement entre ces deux personnages : à situation égale (deux enfants livrés à eux-mêmes dont chacun était censé s’occuper), monsieur est tout de même un type sympathique et inquiet pour les enfants, un grand maladroit qui suscite de la compassion, alors que madame est d’emblée présentée comme détestable et irresponsable.

"Les enfants !"

“Les enfants !”

JW_Hammond2

Par ailleurs, Claire est présentée comme vénale (encore un trait ordinairement attribué aux femmes !). En effet, l’exécuteur testamentaire de John Hammond, Simon Masrani, est présent dans le film pour « cadrer » Claire Dearing qui, en femme carriériste, oublie que « John Hammond n’a pas une fois parlé de profits » : « N’oubliez pas le principal Claire, Jurassic World existe pour nous rappeler combien nous sommes tout petit. Cela n’a pas de prix. » Avant de lui asséner, au cours d’un vol en hélicoptère : « Maintenant s’il-vous-plaît… Là on vole ! », un « ta gueule » à peine voilé. Une consigne que Claire n’a pas respectée car elle a créé l’Indominus pour augmenter les profits.

Durant toute la première moitié du film, Claire Dearing est donc présentée comme une femme carriériste et irresponsable, puisque c’est elle qui a supervisé la création de l’Indominus Rex, le dangereux dinosaure, sans même consulter Owen Grady qui, pour une raison mystérieuse (il n’est que dresseur de raptors et pas spécialiste en sécurité) semble être habilité à valider ou non la sécurisation d’un enclot. Probablement parce que ce type de compétence est inné chez l’Homme. Suite à l’évasion de l’Indominus, Claire passe son temps à donner des ordres au téléphone et garde plus ou moins son sang-froid, ce qui pourrait en faire un excellent personnage féminin. Mais ce n’est pas là l’objectif de Jurassic World. Car au milieu du film, en compagnie du viril Owen, Claire va enfin se décider à PLEURER comme toute femme digne de ce nom se doit de le faire en découvrant que l’Indominus a massacré tous les diplodocus du parc. Ce versement de larmes n’a rien d’anodin, car c’est le début du processus de « remise à sa place » de la femme. En effet, Claire, qui était jusque-là indépendante et détentrice de l’autorité, va se transformer en side-kick d’Owen Grady. Et c’est clairement annoncé par l’homme en question après une remarque sur les talons de la jeune femme : « t’es prévenue, ici c’est moi qui donne les ordres, tu fais tout c’que j’dis comme j’le dis. » Avec la petite précision nécessaire pour empêcher toute hystérie féminine : « on reste zens. »

Tu la sens ma grosse autorité, tu la sens ?

Tu la sens ma grosse autorité, tu la sens ?

Deux idées foncièrement sexistes sont à l’œuvre ici : premièrement, il s’agit de ramener la femme à ses émotions, à sa sensibilité, parce que c’est ça la « nature de la fâme » (l’homme c’est l’intelligence/la raison/la pensée/le cerveau, la femme c’est les sentiments/l’émotion/le cœur), et Claire s’en était coupée en étant trop carriériste. Deuxièmement, c’est à l’homme qu’il incombe de guider la femme, de la révéler à sa féminité. D’abord en lui montrant ce qui est censé faire pleurer une femme (des diplodocus morts), après en devenant son mâle alpha (leur union hétérosexuelle s’impose comme naturelle à la fin du film, car une « vraie femme », si elle est vraiment féminine, elle est attiré par l’homme viril et fini dans ses bras).

JW_Redemption

Le début de la rédemption pour Claire-la-carriériste : se laisser aller à ses émotions. A moins qu’elle souffre d’une Jean-François-Copédite aigue et soit simplement profondément choquée.

Dès lors, Claire n’est plus bonne qu’à suivre Owen dans ses péripéties pour ramener l’ordre, et à s’inquiéter pour ses neveux (enfin une attitude sensée pour une fâme !). La perte de pouvoir de Claire est pourtant présentée comme positive en fin de film, car c’est elle qui va risquer sa vie pour libérer le T-Rex afin de celui-ci puisse détourner l’attention de l’Indominus, une attitude qu’elle n’a pas eu au début du film, lorsqu’elle était encore femme de pouvoir, se contentant alors d’aboyer au téléphone et sur ses employés. Autrement dit : n’aie pas peur de t’abandonner aux hommes, femme, ils te rendront émotive et secourable mais aussi forte et courageuse. C’est un bon deal non ? Non. Car :

1/ L’évolution du personnage de Claire prend d’abord la forme d’une féminisation. En effet, elle est clairement ramenée à sa féminité, d’abord dans la scène où elle verse une larme pour les diplodocus morts et s’ouvre ainsi à ses émotions, puis dans toutes les scènes où elle veille sur ses deux neveux (et retrouve ainsi un rôle maternel qu’elle fuyait au début du film). Parallèlement, elle passe sous la domination de l’homme viril, alors qu’elle était au départ sa supérieure hiérarchique.

2/ Le personnage peut sembler acquérir un rôle positif dans la deuxième partie en partageant l’action avec le personnage masculin principal (elle tue un dino volant qui attaquait Owen, conduit la voiture poursuivie par des raptors, libère le T-Rex à la fin du film, etc.). Or on peut tout de même avoir de gros doutes sur le potentiel féministe de ce personnage. En effet, la figure de la femme d’action n’a rien de féministe en soi, mais peut très bien correspondre avant tout à un fantasme masculin (surtout lorsqu’elles sont sexy et peu vêtues). Typiquement, le fait que Claire parviennent à courir presque aussi vite qu’un T-Rex avec des talons aiguilles est un indice parmi d’autres du fait que cette figure féminine qui est forte et sexy à la fois est un pur fantasme masculin qui nie la réalité de l’oppression féminine (la réduction de la liberté de mouvement qu’imposent les tenues imposées aux femmes, ici les talons). Le film l’objectifie d’ailleurs à plusieurs reprises, notamment lorsqu’elle se retrouve à terre, en position de vulnérabilité (cf image ci-dessous).

JW_Vulnerable

Une femme à quatre-patte, en sueur et bouche ouverte, ça ne peut qu’être un hasard. Un hasard très hétéro.

A noter que si Claire fait preuve d’un héroïsme que l’on pourrait penser typiquement masculin en libérant le T-Rex, il n’est est rien : alors qu’Owen affronte sans cesse les dinosaures face à face, voire en donnant des ordres à ses raptors, Claire ne sert que d’appât.

Bref, Claire Dearing est présentée comme un contre-modèle de féminité, un repoussoir que les personnages masculins vont tenter de remettre dans le droit chemin lors de la seconde moitié du film. Comment ? En la « féminisant » selon les critères de la société machiste (laisse couler tes larmes, femme), enfin en lui faisant suivre une sorte de rédemption visant à faire comprendre au spectateur que quand même, le rôle principal d’une femme, c’est de faire des enfants et d’avoir un mari (cf. la fin du film et les regards plein d’envie que Claire lance à ses neveux lorsqu’ils tombent dans les bras de leurs parents, avant de regarder Owen, son nouveau mâle. La dernière réplique du film est d’ailleurs :
Claire : « Et nous maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »
Owen : « On se quitte plus. » Le mariage et les enfants ne sont pas loin, vu les valeurs réactionnaires véhiculées par le film, comme nous allons le voir tout au long de cet article.

Jurassic World s’acharne à rendre une femme de pouvoir plus féminine en lui attribuant les traits de caractère d’ordinaire dévolus au « sexe faible » : désintérêt pour la carrière professionnelle, intérêt pour les enfants, émotivité, besoin de se reposer sur un homme (le film est évidemment hétéro-centré au possible), etc…

Le traitement des femmes dans Jurassic World – Karen Mitchell

La mère de Zach et Gray, Karen Mitchell n’a qu’un tout petit rôle dans Jurassic World, mais il est extrêmement significatif car il représente en quelque sorte la mère de famille telle qu’elle devrait être : elle pense sans cesse à ses enfants, pleure à chacune de ses apparitions (au sujet de ses enfants, ce qui montre à quel point elle les aime) et travaille néanmoins. Au début du film, Karen fait la valise de son plus jeune fils (Gray) et accompagne ses enfants à l’aéroport avant de lâcher une larme devant eux, tandis que son mari ET Gray lèvent les yeux au ciel. Avant évidemment de s’inquiéter de voir sa progéniture s’envoler si loin. Heureusement, son homme lui assure que « c’est rien du tout. »

Par la suite, Karen n’apparaîtra qu’à deux reprises mais à chaque fois pour faire travailler ses glandes lacrymales :
- Une première fois en pleine réunion avec ses collègues masculins lorsqu’elle apprend que ses enfants chéris ne sont pas avec leur tante mais avec une nounou.
- Une seconde fois à la fin du film lorsqu’elle retrouve ses enfants sains et saufs, en se noyant dans la chevelure de Gray tandis que son mari enlace virilement Zach.

Karen Mitchell est donc un personnage féminin typique de fiction : elle est émotive et hystérique.

Mes enfants aux mains d’une nounou ? Enfer et damnation !

Mes enfants aux mains d’une nounou ? Enfer et damnation !

Le traitement des femmes dans Jurassic World – Zara Young

Zara Young est en charge de faire visiter le parc aux neveux de Claire, dont elle est pourtant l’assistante, car elle vient « du pays des nounous, ils sont doués pour ça ». On ne peut pas être plus clair.

Bien qu’étant un personnage tertiaire, le film réserve un traitement très particulier à Zara Young. En effet, celle-ci faillit clairement à sa mission de surveiller les enfants : elle passe son temps au téléphone entre conversations privées et professionnelles, au point que Zach et Gray parviennent à lui fausser compagnie. Zara sera donc punie à la hauteur de son crime de lèse-morveux vers le milieu du film au cours d’une scène particulièrement violente et gratuite.

En effet, le film propose une séquence où les ptérodactyles s’échappent de leur serre et fondent sur Jurassic World. Les amateurs de Jurassic Park pourraient s’attendre à une boucherie, mais il n’en est rien. Curieusement, AUCUN touriste présent ne se fait tuer ou même blesser par les centaines de dinosaures qui envahissent le ciel. Aucun, sauf Zara Young, dont le châtiment divin venu du ciel va s’avérer particulièrement sadique. Alors que les mises à mort du film duraient jusqu’à présent une fraction de seconde, celle de Young va durer pas moins de 40 secondes et sera d’un sadisme qui mérite d’être décrit tant il est évident que cette scène a pour seul but de la sanctionner pour son manque d’esprit maternel : devant les enfants, Zara Young va se fait happer par un ptérodactyle, puis par un autre une fois en l’air, avant d’être jetée dans un bassin de spectacle aquatique. Une fois sous l’eau, elle se fait à nouveau attraper à deux reprises par les oiseaux avant d’être finalement dévorée par un dinosaure marin, le tout sans provoquer aucune réaction chez les enfants. A titre de comparaison, l’exécution du Grand Méchant du film par un raptor ne durera que 4 secondes.

L’exécution de Zara Young est bien plus longue et bien plus sadique que celle du méchant du film.

L’exécution de Zara Young est bien plus longue et bien plus sadique que celle du méchant du film.

En résumé, les femmes dans Jurassic World, c’est soit :

  • Des mères qui chialent tout le temps et pensent à leur enfants sans arrêt (même quand elles sont au boulot) (Karen), une attitude présentée comme positive.
  • Des carriéristes qui peuvent découvrir qu’elles se sont trompées et renouer avec leur féminité et leurs émotions grâce à un homme viril (Claire), et ça c’est présenté comme positif aussi.
  • Des carriéristes qui s’en foutent des enfants, et qui peuvent donc crever (Zara), et c’est bien fait pour elles.

***

Réaffirmation de l’autorité et de la virilité de l’homme – Owen Grady, le mâle alpha

Owen Grady est le héros du film, et qu’on se le dise, ce n’est pas une tapette. Sa première apparition le montre en train de réparer une moto, mettant ainsi en avant deux clichés sur les mâles : ils aiment la moto, symbole de liberté, et ils aiment bricoler, parce que c’est un truc de mec et pis c’est tout. Avant même la sortie du film, cette scène d’une brutalité sexiste peu commune a fait l’objet de réactions sur le web.

Si Owen Grady se comporte de façon extrêmement grossière et choquante avec sa PATRONNE (tutoiement, allusions sexuelles, sous-entendu graveleux comme quoi elle serait « mal-baisée »…), il est d’emblée excusé car c’est un « ancien US Navy », information visant à faire comprendre au spectateur que lui il a vu la guerre, il connaît le « vrai » monde et ne reste pas le cul dans son fauteuil, donc il peut parler « cash ». Cette scène est aussi l’occasion pour Owen d’accuser à mots couverts sa patronne d’être une control-freak, un trait de caractère généralement négatif lorsqu’associé à une femme (forcément hystérique, maniaque et bien entendu dominatrice lorsque l’on parle d’une femme de pouvoir) et positif pour les hommes (soucieux d’éviter les accidents, puisque Claire vient chercher Owen pour justement qu’il contrôle minutieusement l’enclot de l’Indominus).

Owen Grady n’est pas la moitié d’un mâle, car il faut en avoir pour devenir « dresseur de raptors » ! Heureusement, il est aidé par l’atout naturel que sont des testicules pour contrôler des femelles (tous les dinosaures du parc sont des femelles, comme dans les précédents épisodes de la franchise) : selon ses propres termes, il est leur « mâle alpha ». Rien de moins. Il faudra néanmoins se contenter de cette explication des plus scientifique pour expliquer comment Grady parvient à domestiquer le prédateur le plus dangereux des trois films précédents.

Grady est le personnage masculin standard de film d’action hollywoodien : il est courageux, n’a jamais peur, il sait toujours ce qu’il faut faire et il sert les dents parce que ça donne l’air viril. Son rôle principal dans le film est de transformer Claire Dearing en « vraie femme » en lui offrant une épaule réconfortante en cas de trop forte émotion (par exemple en l’embrassant par surprise, ce qui provoque un « oups » amusé chez Claire, parce que c’est amusant de se faire attraper la bouche sans consentement puisque l’Homme prend ce qu’il veut sans se préoccuper du désir de la fâme). Et enfin de lui mettre des bébés dans le tiroir comme le laisse entendre la fin du film avec une lourdeur que ne renierait pas un élève en première année d’école de cinéma.

Le mâle alpha protège sa meute.

Le mâle alpha protège sa meute.

Le statut de « mâle alpha » d’Owen Grady est pourtant contesté par l’Indominus Rex à la fin du film, puisque les raptors préfèrent se rallier à elle, trahissant leur gentil maître qui croyait jusqu’à présent que le dressage, « c’est juste une affaire de respect. » Une situation des plus anormale (des raptors femelles obéissants à une autre femelle ?! Quelle idée !) rapidement corrigée puisque la scène finale verra les raptors changer à nouveau de camp pour défendre leur mâle alpha contre l’Indominus. Ouf, l’ordre patriarcal est sauf !

Par rapport au premier Jurassic Park, on peut à nouveau noter une régression : en plus de la jeune Lex qui aide à rétablir le courant (voir plus bas), la chercheuse Elie Sattler court dehors pour actionner le disjoncteur cerné par des raptors, occasionnant au passage une petite remarque sexiste d’Hammond, qui se fait remettre à sa place par la jeune femme.

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Comment on devient un homme, un vrai - Zach & Gray Mitchell

Zach (environ 16 ans) et Gray (environ huit ans) sont envoyés à Jurassic World par leurs parents pour passer des vacances. Le départ semble difficile pour Zach car il doit laisser derrière lui sa copine. Le spectateur constatera rapidement qu’il ne s’agissait que d’une façade, car le jeune garçon passera toute la partie pré-chaos du film à mater les filles sans gêne aucune, aussi bien à l’extérieur que dans le tramway, une attitude qui rappellera de bons souvenirs à toutes les femmes habituées des transports en commun. Loin de critiquer cette attitude, le réalisateur du film porte sur elle un regard complaisant en faisant glousser les filles victimes de ce harcèlement, comme si c’était « cool » de se faire dévisager avec insistance par un illustre inconnu. Par ailleurs, Zach est présenté comme légèrement antipathique car rabrouant sans cesse son petit frère pour un oui ou pour un non. Mais la suite du film montrera qu’il avait raison, car son objectif était en fait de faire de Gray un homme, un vrai. En effet au début du film, Gray a toutes les caractéristiques, que l’on attribut dans notre société patriarcale, aux « intellos » : il est curieux, il s’y connaît en science, on soupçonne même qu’il LIT DES LIVRES, rendez-vous compte ! En gros, c’est une copie conforme de Tim, le petit garçon du premier Jurassic Park. Et à l’époque, si Tim n’avait déjà pas le plus beau des rôles, au moins son personnage était-il présenté tel quel au spectateur sans fard. Mais ici, il semble intolérable de laisser Gray réfléchir avec son cerveau plutôt qu’avec sa bite.

C’est pourquoi Zach va entreprendre (ce n’est pas affirmé dans le film mais c’est clairement visible) de faire de son frère un vrai mec, un mec qui mate les seins des filles plutôt que de regarder un PUNAISE DE DINOSAURE (d’ailleurs, le seul moment où Zach est émerveillé devant un dinosaure, c’est lorsqu’un monstre marin croque un requin dans une grande gerbe de sang. Parce que c’est trop d4rk.). L’aîné va donc entraîner son frère hors des limites prévues pour les visites, pour le simple plaisir d’enfreindre les règles. Pas de chance, cet accès de rébellion intervient au même moment que l’évasion de l’Indominus Rex. Heureusement, les enfants parviennent à échapper de justesse au monstre, malgré que Claire ait manqué tout juste de les faire tuer en les appelants sur leur portable. Cesse d’importuner ces jeunes gens, femme, ils savent très bien se débrouiller sans toi.

Dans leur fuite, les enfants trouvent un 4×4 en panne. Zach va donc mettre Gray à contribution pour réparer l’engin et achève ainsi de faire de son frère un homme, un vrai, qui met les mains dans le cambouis et que rien ne réjouit plus que de se mettre au volant d’une bonne grosse voiture américaine qui pollue la jungle.

Vroum vroum, je sens déjà la virilité monter en moi !

Vroum vroum, je sens déjà la virilité monter en moi !

Cet évènement marque la dernière étape de la transformation de Gray en homme, car à partir de ce moment, il suivra partout son frère sans jamais se plaindre, jusqu’à ce dialogue débordant de fraternité qui montre bien que Gray doit « devenir un homme » car il ne pourra pas toujours se reposer sur les autres hommes pour lui sauver la mise.

Zach : « Tu vois, tant que je suis là y’a rien qui te fera du mal. »
Gray : « Oui mais bon tu seras pas toujours là. »
Zach : « Ouais bon, t’es mon frère, tu seras toujours mon frère et y’en aura toujours un pour aider l’autre. »

Ouf, heureusement qu’ils n’ont pas de sœur, sinon sur qui auraient-il pu compter ? Là encore le film marque un certain recul par rapport à Jurassic Park premier du nom, dans lequel la jeune Lex Murphy sauvait tous les adultes en rétablissant l’électricité dans le parc grâce à un piratage informatique, soit deux éléments assez rares au cinéma : une enfant qui sauve tous les adultes, et une fille non-caricaturale qui pirate un système informatique.

En résumé, les héros masculins dans Jurassic World, c’est soit :

  • Un mec viril qui sauve tout le monde et qui trouve le temps de remettre une femme carriériste dans le droit chemin (Owen Grady).
  • Un ado qui va entraîner son frère dans un road-trip ultra-dangereux pour lui faire abandonner la lecture au profit de la mécanique (Zach), ce qui est présenté comme positif.

Jurassic World ne se contente pas de proposer des représentations profondément sexistes de ses personnages masculins et féminins, mais il s’avère aussi raciste et spéciste, entre autres joyeusetés qui seront décortiquées dans la seconde partie de cet article, qui sera publiée prochainement.

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Mindgame continue son petit bonhomme de chemin, la page d’accueil a légèrement évoluée et le site ne sera bientôt plus en “beta”.

Voici donc les articles parus ces deux dernières semaines :

- [Test] Broken Age, in Double Fine deceptio

- [Eco/business] Chute de fréquentation des sites de JV français : les chiffres en détails. La suite de cet article paru il y a trois semaines.

- [Test] Life is strange, chronique à mi-parcours

- [Test] Hyperdimension Neptunia Re;Birth 1, un JRPG Vita porté sur PC

- [Preview] Killing Floor 2, la suite du meilleur FPS multijoueur de 2009

- [Eco/business] Comment Splatoon révèle les travers de la presse JV française. Ou comment la sortie d’un jeu très marketé montre les principales faiblesses d’une presse aux abois.

- [Humeur] « Pourquoi les lecteurs sont-ils si méchants ? » L’éternelle excuse des médias. C’est bien connu, c’est toujours la faute des lecteurs, c’est eux qui cliquent.

- [Eco/business] Presse généraliste et presse spécialisée : des problèmes similaires. La presse spécialisée a beaucoup en commun avec la presse généraliste : centralisation, croyances, corporatisme…

Si les articles vous plaisent, n’hésitez pas à commenter et à suivre Mindgame sur FB ou Twitter afin de n’en louper aucun ! Merci :)

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Mindgame : les articles du 17 au 23 mai

Dimanche 24 mai 2015 à 10:25

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Une semaine de plus au compteur pour Mindgame, dont les chiffres de visite sont encourageants même si la lenteur d’accès au site semble décourager beaucoup de visiteurs, et je les comprends. A côté de ça, le nombre de followers sur les réseaux sociaux ne grimpe pas beaucoup donc le site a du mal à se faire connaître hors de quelques tweets malheureusement légèrement putassiers. Rassurez-vous, pas de Top 10 ou de fille nue, simplement des tournures douteuses, ce qui m’a d’ailleurs été justement reproché par un nofragé. Si j’arrive à fédérer une petite communauté autour du site, c’est promis, plus de tweets douteux.

L’autre minuscule évènement de la semaine c’est que suite à mon article sur la Wootbox de jv.com et le sexisme de son accroche marketing, ledit site a retiré la phrase incriminée. Je mentirais en disant que je ne suis pas tout content au fond de dedans moi.

Voici donc les articles parus sur Mindgame du 17 au 23 mai 20115 :

-[Humeur] Konami explique le sexisme aux joueurs avec sa figurine de Quiet. Ou comment insulter les hommes et les femmes avec un seul produit.

-[Eco/business] Désactivation de clés CD par les éditeurs : la mondialisation à deux vitesses. Quand les gros écrasent (encore) les petits.

-[News] Pour le PDG de jeuxvideo.com, « le site est quasi-mort ». Des constats, de la rancoeur et du bullshit.

-[Humeur] Humanoïde, le magazine tech des trentenaires barbus. “Du potentiel mais encore des lacunes.”

-[Eco/business] L’érosion de l’audience des sites JV français en chiffres. Première partie d’un article en deux temps. La seconde partie comprendra les chiffres exacts, la répartition des visiteur selon l’âge etc…

-[News] Wootbox.fr (JV.com) et le sexisme comme argument marketing.

Bisous.