[Test] Grille 2 / Il me taquine avec ses “wabro wabro”
Samedi 15 juin 2013 à 15:17
Je ne suis pas du tout spécialiste en jeux de course, mon expérience se limitant plus ou moins à Burnout Paradise, Split/second, Blur… bref des trucs pas trop vieux, sur PC, et globalement je n’aime pas trop les jeux de caisse. Ne parlons pas de ceux qui s’éloignent de l’arcade. Par exemple il faudrait me payer pour jouer à un jeu de F1. Vous me pardonnerez donc si je dis de la merde dans les lignes qui suivent, bien cordialement.
Le premier Grid était une bonne surprise pour moi puisque c’était la première fois que je mettais les pattes sur un jeu de course à licences mais avec un pilotage globalement très arcade selon les réglages. Le déroulement de la campagne était plutôt bien foutu (on gère une écurie que l’on doit emmener au sommet, c’est plutôt sommaire mais sympa, avec gestion des sponsors, des équipiers…) et celle-ci durait une quinzaine d’heure en difficuté Hard. La conduite était très naturelle et agréable. Bref, j’ai passé d’excellents moments sur Grid premier du nom, mais… les graphismes n’étaient pas forcément bons, certaines épreuves étaient vraiment très chiantes, l’essentiel des pistes étaient sur circuit (j’aime pas), et il y avait globalement peu de tracés. Alors, Grid 2, more of the same ?

Les courses sur la côte d'Azur demandent du sang froid et de la maîtrise.
Eh bien contre toute attente, non. La première baffe est graphique : le jeu est magnifique. Codemasters a utilisé son moteur habituel (dont j’ai oublié le nom) sans abuser des effets de post-process et autres conneries, ce qui n’empêche pas le jeu d’être magnifique, simplement grâce à ses environnements, ses textures et ses éclairages. Deuxième constat : la maniabilité est un putain de pieds de chaque instant. Habile mélange entre simu et arcade, n’espérez pas franchir le moindre virage sans freiner correctement ou voir un choc pardonné. Mais les voitures se manient comme si vous les aviez faites, et on prend un pied monstre. Dommage que le nombre de véhicule soit si faible (une cinquantaine au total il me semble, divisées en 5 tiers. Oui, c’est peu.).
Niveau contenu, c’est un sans-faute. La quantité est là, il m’a fallut plus de 20h pour boucler le jeu en difficile, sachant que les dernières courses sont particulièrement retorses. On traverse une dizaine de lieux différents (Paris, côte d’Azur, Barcelone, Hong Kong, Japon, Arabie Saoudite, Californie, Chicago…) et autant de tracés radicalement différents. Ce qui étonne rapidement, c’est la qualité des dits tracés : c’est bien simple, AUCUNE piste n’est à jeter dans Grid 2. Tous les tracés oscillent entre en bon et l’excellentissime, chose rare dans un jeu de course. Idem pour les modes de jeu, à l’exception de Dépassements (un mode merdique dans lequel il faut dépasser des pick-up, heureusement ces épreuves sont facultatives) : course avec tours, course sur un seul run, drift, touge, face à face, élimination, checkpoint, time attack sont les modes qui vous attendent dans la campagne, et franchement, on ne se fait jamais chier. Remarquable.

Le feeling pendant les dérapages est excellent : ça crisse, ça fume et ça tremble mais sans gêner la lisibilité.
Le jeu est aussi doté d’une bonne ambiance : vous incarnez le pilote chargé par un riche magnat de promouvoir un nouveau tournoi, le World Series Racing. Pour cela, il va falloir humilier les meilleurs pilotes de la planète pour les forcer à participer au tournoi. Vous verrez ainsi votre garage s’améliorer et votre nombre de fans augmenter sur Youtube jusqu’à voir votre championnat promu sur ESPN (dans des vidéos bien cheap, mais quand même). Concrètement, cela signifie que chaque saison (5 au total), vous devez asséner défaites sur défaites aux autres pilotes, jusqu’à avoir assez de fans pour organiser le championnat WSR de la saison. Ca fonctionne bien, mais il est frustrant de ne pas pouvoir refaire certaines épreuves une fois la campagne terminée. Par exemple, si vous ne débloquez pas certains véhicules durant la campagne, eh bien vous devrez recommencer de 0 pour les avoir !
Le solo de Grid 2 est donc globalement un sans-faute. En revanche, il en va tout autrement pour le multi, qui est un ratage complet. Le jeu fonctionne avec un matchmaking pourrave, qui n’hésitera pas à vous mettre avec des joueurs dotés de voitures plus puissantes que la vôtre et donc contre lesquels vous ne pourrez pas lutter. Le matchmaking se fait un malin plaisir de vous faire rejoindre des parties déjà commencées, afin que vous puissiez prendre votre pied à patienter 5mn dans le menu pour pouvoir jouer. Notez que vous ne pouvez pas désactiver le VoIP dans les options du jeu mais uniquement en partie, ce qui vous forcera à muter tous les kévins manuellement à chaque fois que vous rejoignez un lobby. Mais le pire est encore à venir : les dev’ ont intégré un système de rangs à la CoD, dont la montée est affreusement lente et conditionne l’achat de nouveaux véhicules. C’est royalement débile, frustrant et bloquant. Pire idée jamais.
Une fois en course, ce n’est pas mieux : même s’il est possible de désactiver les collisions, la plupart des hosts ne vous feront pas se plaisir, et les courses se transforment généralement en stock car dont le gagnant sera celui qui sortira vivant du premier virage. Ne parlons même pas des teubés qui, voyant la victoire leur échapper voire simplement pour le plaisir, vous fonce volontairement dessus dans les virages pour vous envoyer dans le décor. Pour parachever le tout, sachez que vous passerez à peu près autant de temps à attendre qu’à jouer, dans le multi de Grid 2 : attendre dans le lobby de pouvoir rejoindre, attendre que la partie commence, attendre que tous les joueurs soient sur la piste, attendre que tous les joueurs aient fini la course, loading, à nouveau attendre les joueurs pour la course suivante… Je veux jouer bordel !

Les courses sur circuit sont minoritaires.
Grid 2 est donc avant tout un excellent jeu solo sur lequel j’ai passé plus de 40h pour débloquer presque tous les succès et finir le jeu à 100%. Ca vaut donc largement ses 24€, et encore plus si vous pensez avoir les nerfs assez solides pour supporter le multijoueur le moins bien pensé de la Terre.






































