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Un nouveau blog sur Wefrag le blog de Zorglomme.

C’est avec appréhension que je me suis penché sur cet Alien Isolation. Appréhension car je suis particulièrement sensible aux grosses ficelles de la trouille (jumpscare, musique angoissante, bruitage de coeur qui bat, et tout simplement lieux mal éclairés). Et appréhension car depuis Alien vs Predator 2 (2001), fantastique FPS dont les serveurs sont restés peuplés jusqu’à leur débranchement il y a un ou deux ans, fut le dernier bon jeu de la fameuse saga cinématographique.

Impossible d’être passé à côté des centaines d’articles sur le jeu, vous savez donc déjà qu’il s’agit cette fois-ci non pas d’un FPS mais d’un jeu de survie/horreur à la première personne. Vous incarnez Amanda Ripley, la fille d’Ellen, 15 ans après la disparition dans l’espace du Nostromo, le fameux vaisseau du premier film de la saga. L’aventure commence alors que le vaisseau d’Amanda rejoint la station orbitale Sevastopol (traduite en français par Sébastopole… “Prochain arrêt : Réaumure-Sébastopole” T.T) pour y récupérer la boîte noire du Nostromo. Evidemment rien ne se passe comme prévu, et Amanda est séparée du reste de son équipe, tandis qu’elle découvre une Sevastopol (fondée par Seegson, une compagnie rivale de la Weyland-Yutani) en proie au chaos : androïdes tueurs, survivants agressifs et surtout… une mystérieuse créatures tueuse qui rôde dans les couloirs et les conduits d’aération.

Alien The Movie Simulator 2014

Alien Isolation est véritablement une simulation du premier et du troisième film : une seule créature pourchasse des survivants désarmés, terrorisés et violents. Dont vous faite partie. Le gameplay est assez simple et old school : vous naviguez dans la station, dont les différentes sections deviennent accessibles au fur et à mesure que vous en récupérez les codes d’accès et que vous améliorez votre fer à souder. Votre progression est parsemée de porte à pirater, d’ordinateurs à fouiller et d’objets à ramasser pour crafter des petites bombes, des fumigènes, des leurres sonores, des medkits… Le système de craft est à la fois simple et sympathique, puisque votre inventaire est très limité. Vous devrez donc faire des choix lorsque vous ramassez les ingrédients : avez-vous besoin d’un medkit, ou plutôt d’un leurre ? J’ai lu à droite et à gauche que le jeu était répétitif. Certes. Mais de la même manière que Quake III est répétitif, que Far Cry est répétitif, que FEAR est répétitif… Oui, vous faites toujours la même chose, mais vous êtes littéralement happé par le jeu.

La star du jeu, c’est l’Alien. Intelligent, rapide, mortel et invincible. Les tests et les previews se sont enflammés pour IA véritablement “intelligente”. Mettons les choses au clair, l’IA de l’alien n’a rien de révolutionnaire ni même d’incroyable. Elle est en revanche particulièrement stressante, maligne et sadique. L’erreur est presque systématiquement synonyme de mort. L’alien est sensible au bruit : marchez, et il localisera à peu près l’endroit où vous vous situez. Courrez, et il vous foncera immédiatement dessus. Renversez une poubelle en étant baissé, et il viendra jeter un oeil dans la pièce. En fait, l’IA est tout simplement aléatoire, dans le bon sens du terme : lorsque l’alien est présent dans la zone parce qu’il vous a flairé, il va errer de couloirs en pièces et de pièces en conduits pour vous trouver, de manière aléatoire. Parfois, il va se précipiter loin de vous, comme attiré par une autre cible. Et parfois, à l’inverse, il va se précipiter à quelques mètres de vous. Vous disposez heureusement du mythique radar de la saga, mais mieux vaut ne pas l’activer lorsque l’alien est trop proche, car il en détectera le son.

L’IA n’est absolument pas permissive : si l’alien vous soupçonne d’être caché dans un placard, il arrachera la porte pour vous massacrer. Si vous êtes allongé sous un meuble mais néanmoins dans son champs de vision direct, il vous arrachera la tête. Enfin, s’il vous vois vous faufiler dans les conduits d’aération, il vous poursuivra pour vous dévorer la cervelle. Pour survivre, l’alien doit tout simplement ignorer votre présence. C’est pourquoi le jeu se parcours essentiellement accroupi et dissimulé dans les placards. Vous êtes prévenu.

Lorsque cette situation se produit, il est déjà trop tard.

Lorsque cette situation se produit, il est déjà trop tard.

Affrontements à éviter

Le jeu ne comporte que quelques armes : bombe, pistolet, fusil à pompe, pistolet à clou et lance-flamme. Tous sont inefficaces contre la créature, tandis que le dernier, disponible à la moitié de l’aventure, permet seulement de repousser temporairement l’animal. Notez que si l’affrontement est possible avec les humains et les androïdes, mieux vaut l’éviter autant que possible, sous peine d’attirer l’alien. A ce sujet, notez que le jeu ne comporte presque aucun script, que certains sont évitables et surtout qu’aucun affrontement n’est obligatoire.

Il existe en gros 5 types de séquences dans Alien Isolation :

-lieu sans aucun ennemi

-lieu avec ennemis humains/androïdes

-lieu avec ennemis humains/androïdes et alien

-lieu avec alien seul déjà présent dans le niveau

-lieu avec alien présent dans les conduits, qui se montrera seulement si vous faites trop de bruit.

Chaque séquence commence et se termine généralement avec un point de sauvegarde, et éventuellement un point de sauvegarde intermédiaire si les développeurs sont sympas. Car si Alien Isolation n’est pas très difficile au sens propre du terme, préparez-vous à recommencer certaines séquences de nombreuses fois, la sauvegarde n’étant possible qu’à des points prédéfinis, généralement bien choisis, parfois (rarement) rageants.

Vous aurez généralement peu de temps pour admirer lalien, juste assez pour constater la finesse des animations.

Vous aurez généralement peu de temps pour admirer l'alien, juste assez pour constater la finesse des animations.

Ambiance : State of the Art

Passons à la grosse réussite des développeurs : l’ambiance. La putain d’ambiance qui se dégage d’Alien Isolation est tout simplement parfaite. The Creative Assembly a parfaitement reproduit l’ambiance “futur tel qu’on l’imaginait dans les années 80″ du premier film. Au revoir les space meuwines de l’espace et bienvenu aux ordinateurs “minitel staïle”, aux téléphones à cadran faussement high-tech et aux ordinateurs avec des lumières qui clignotes. Les éclairages sont hallucinants (mais nous y reviendront dans la partie technique) et surtout bien dosés. On ne se retrouve jamais dans le noir complet (coucou Doom 3), mais il fait suffisamment sombre pour instaurer la peur de l’inconnu et pour que la moindre forme devienne suspecte. Le level design est excellent : vous avez toujours plusieurs possibilités, et l’architecture de la station donne une sensation de liberté généralement factice et pourtant jamais frustrante.

La partie sonore joue pour beaucoup dans l’ambiance du titre, puisque vous devez faire attention au moindre bruit que vous faites. Tendez l’oreille pour deviner la position de l’alien : son pas se fait-il proche, lointain ? Est-il étouffé ? Si oui, il y a peut être plusieurs murs entre vous. Est-il métallique ? Si oui, il est peut-être dans les conduits d’aération. Sans parler des sons, particulièrement stressants de l’environnement ou encore des rares musiques, soit qui rendent hommage aux films, soit particulièrement flippantes (la musique lors de la première rencontre avec l’alien m’a fait mettre le jeu en pause le temps de reprendre mes esprits, mais je suis un grand sensible).

Alien Isolation atteint une perfection technique exemplaire.

Si la direction artistique du titre force le respect de par son respect du film original et par son sens du détail, elle est soutenue par une réalisation qui m’a littéralement scotché dans mon fauteuil. Au point que je n’arrive pas à comprendre comment certains sites peuvent prétendre que la réalisation est “juste correcte”. Une fois le grainfilter dégueulasse désactivé dans les options, c’est une véritable tuerie qui s’offre à vos yeux z’ébahis : fumées et lumières volumétriques savamment dosées, textures d’une finesse irréprochable, niveau de détail fantastique et juste ce qu’il faut de renouvellement des environnements. Le tout se payant le luxe de tourner à 120 images par seconde constantes sur un PC vieillissant (proco AMD 955, HD5870, 4Go de RAM). Par contre, je subis des loadings inadmissible : environ 2 minutes pour arriver au menu principal, puis à nouveau 2 minutes pour charger ma sauvegarde et entre les niveaux. Heureusement, les chargements ingame sont peu fréquents.

Difficile de me prononcer pour l’instant sur la durée de vie, étant donné que je n’ai pas encore terminé le jeu. De ce que j’ai pu en lire, je dois approcher des deux tiers du jeu, et j’en suis déjà à 8h de jeu. La durée de vie est donc très honorable. Les amateurs d’achievement-whoring comme moi auront de bonnes raison de relancer le titre, notamment pour le finir dans jamais être détecté, sans tuer personne, et même sans sauvegarder. Un mot sur les doublages français : ils sont correctes sans être particulièrement remarquables. En dehors d’Amanda, les doubleurs des autres personnages ne montrent pas vraiment de conviction, ce qui est un peu dommage.

Conclusion

Alien Isolation est, je pense, avant tout destiné aux fans des films. Les références subtiles pullulent, l’univers original est parfaitement respecté, la bande-son est à l’avenant, même le casting des personnages (qui ont tous des gueules… de monsieur et madame tout le monde, ce que je trouve très couillu de la part des développeurs) est respectueux des films.

L’ambiance du jeu est absolument unique et terrifiante, la direction artistique hallucinante. Le jeu ne comporte ni QTE ni cutscene de merde impossible à passer. Le rythme de l’aventure est parfaitement dosé. Techniquement, le jeu est un sans-faute qui force le respect. Achetez ce jeu.

Edit : Jeu terminé en difficulté normale après 20h de jeu. Un jeu parfait, mais la fin est minable et on devine l’arrivée de DLC poursuivant l’histoire de manière honteuse.

Les 5 minutes de M. Glomme / épisode 1

Mercredi 8 octobre 2014 à 14:24

Suite à ce pilote, j’ai eu une seule malheureuse suggestion d’un sympathique nofragé (dont j’ai bien sûr tenu compte). Heureusement, j’ai eu plus de retour dans mon entourage (IRL et sur les intarweb). Voici donc le premier épisode de cette “émission”. J’espère avoir la motivation d’en sortir une par mois. Je livre donc à votre jugement celle du mois d’octobre, sur la mobilité sociale.

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J’ai conscience qu’il reste beaucoup de choses à améliorer dans l’écriture et le montage, n’hésitez pas à me donner vos conseils et vos avis.

Bonjour aux nofragés qui me lisent. J’ai décidé d’essayer de me lancer dans un petit concept de vidéos de 5mn maximum visant à faire connaître des personnages ou des idées au “grand public” (traduction : ça va vite et pas très loin). J’ai donc fait rapidement un épisode pilote, que je vous propose de visionner afin que les volontaires puissent me faire part de leurs suggestions.

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La présentation est moche, c’est un épisode pilote. Je me pose par contre beaucoup de questions sur le contenu : mon propos est-il clair ? La conclusion n’est-elle pas trop abrupte ? Le ton n’est-il pas trop monocorde/scolaire ? Faites moi savoir ce que vous, vous changeriez !

Merki !

Je vous propose ma transcription de l’interview de Mar_lard par Usul streamée il y a plus d’un an sur Twitch. D’une durée de deux heures, elle constitue une excellente entrée en matière pour les curieux en matière de féminisme, soucieux de dépasser les commentaires de caniveau qui régissent en général les débats sur le sujet. Je conseille à tous de l’écouter.

L’idée de faire cette transcription m’est venue lors de la lecture des commentaires affligeants de bêtise sur le site Factornews, sur cet article précisément. J’ai constaté que l’interview de Mar_lard répond à peu près à tous les points soulevés par les idiots commentateurs. Et que beaucoup d’internautes préfèrent lire qu’écouter. Donc j’ai décidé de transcrire cette interview en plusieurs parties.

Par soucis d’intégrité, j’ai retranscris mot pour mot (le style est donc “parlé” et non “écrit”, ce qui est plus chiant à lire mais aussi plus fidèle) l’interview. Les seules coupures sont les marmonnements et sont signalées par [...]. Les textes entre crochets remplacent certains mots lorsque la phrase était difficilement compréhensible à l’écrit. J’espère que cela intéressera certains nofragés !

Interview de Mar_Lard par Usul, 1ère partie :

Usul : Y’a des choses qui reviennent comme “oui, c’est bon, les femmes, elles ont l’égalité des droits. Le féminisme, c’était bien avant quand y’avait pas l’égalité des droits.” Qu’est-ce que ça veut dire être féministe en 2013, en somme ?

Mar_lard : Ok. Bon c’est…

Usul : [rire] Oui c’est la base.

Mar_lard : Non mais c’est très très bien parce qu’on entend énormément de choses, tout et son contraire, sur le féminisme. Être féministe, de base, c’est tout simplement considérer que les humains sont égaux, peu importe ce qu’ils ont entre les jambes, voilà, ça c’est la base, c’est une simple idéologie. Et après, bien sûr, c’est un mouvement très très vaste, vous l’avez vu l’idée est vaste, donc y’a des formes différentes, des mouvements différents, et des façons différentes de d’exprimer ou de combattre pour l’idée. Bien sûr c’est pas un mouvement fixe, on est pas un bloc. On est pas toutes des soeurs unies dans une même idée, d’ailleurs y’a plein de mecs féministes aussi, je précise parce que c’est pas toujours évident. Enfin, c’est très simple : si vous pensez que les hommes et les femmes, enfin les personnes, sont égales, peu importe ce qu’elles ont entre les jambes, vous êtes féministe, quelque part.

Usul : Oui alors je vais lire un message que j’ai mis de côté à cet égard, par rapport à l’image du féminisme. “J’aimerai maintenant faire une remarque sur le féminisme et surtout sur l’image qu’il véhicule. A chaque fois que j’en ai entendu parler, c’était dans le genre de cas contestation violente, agressive, on sent que l’auteur est tout sauf objectif par rapport au sujet qu’il traite, ce qui lui donne une image un peu hystérique, comme vous pouvez le voir dans les réactions de vos détracteurs. Vous semblez aussi promouvoir une image de la femme qui ne semble pas être acceptée par toutes les femmes, justement…”

[Mar_lard coupe] Ah tout à fait ! En fait c’est intéressant de dire qu’on promeut UNE image de la femme alors que justement je pense qu’on fait le contraire, c’est à dire qu’on essaye d’exploser les images de la femme et de l’homme aussi, d’ailleurs. On essaye d’exploser les limites genrées.

Usul : C’est ce singulier qui est gênant dans le “UNE image de la femme.”

Mar_lard : Par contre je disais tout à fait sur le fait que y’a beaucoup de femmes qui sont pas d’accord avec le féminisme et c’est… voilà évidemment, on est pas dans une guerre des sexes, et ça c’est aussi un poncif qu’il faut déconstruire. Le féminisme c’est un mouvement qui vise la libération des genres, et donc c’est un mouvement qui a vocation à être positif pour les hommes comme pour les femmes, et ça c’est quelque chose qui n’est généralement pas compris. C’est à dire que dire que y’a pas d’essence à la féminité ou à la virilité, c’est libérer les individus. L’idée c’est que chacun soit libre d’être ce qu’il est, indépendamment de ses organes sexuels.

Usul : Mais [l'auditeur qui pose la question] poursuit : “En général vous me donnez l’impression d’être très frustrées et un peu folles. C’est l’image que je perçois de vous et que beaucoup de gens perçoivent. J’irai même plus loin en disant que c’est l’image que vous renvoyez à la société. Cette image n’est pas propre à défendre une cause avec crédibilité. Vos intentions sont louables, sans aucun doute, mais je pense que vous devriez revoir votre communication. Je tiens à préciser que je vous fais cette remarque sans avoir fait de recherche sur le féminisme, [rires de Mar_lard] et en me contentant de ce que j’ai lu/entendu dans les médias les plus courants (radio, internet, presse écrite). Je suis donc, je pense, représentatif de la plupart des citoyens, je critique sans savoir et c’est à partir de ça qu’on se fait une image.” En gros, voilà comment peut être perçu le féminisme par quelqu’un qui ne s’y est pas penché plus que ça.

[...]

Mar_lard : Ok eh ben c’est une super question, parce que sur l’agressivité des féministes, c’est une question sur laquelle je voulais vraiment revenir ce soir, parce que c’est l’un des reproches qu’on a le plus fait un mon dossier, le ton agressif. Je pense que y’a un sujet intéressant à aborder, c’est la perception de l’agression. Et surtout la relativité de la perception de l’agression. [...] Je pense que mon dossier a été lu par pas mal d’auditeurs ici, donc on a vu les faits que je raconte. On voit des violences réelles et des violences symboliques. On a du harcèlement, on a des représentations, des insultes, et une misogynie ordinaire qui s’exprime de différentes façons. Donc on réagit à ça, et on est priées de le faire poliment, gentiment, sans… En fait, à chaque fois qu’on réagit ou qu’on critique quelque chose de façon féministe, on va avoir, toujours toujours toujours, des gens pour nous percevoir comme agressives. Et c’est intéressant, parce que… euh… excuse-moi je suis un peu stressée, je pense que ça s’entend.

Usul : C’est rien, c’est tout à fait compréhensible. C’est ta première tribune depuis la parution de ton dernier article…

Mar_lard : Ouais… Je suis un peu attendue au tournant. En tout cas, sur l’agressivité, on est sommées, toujours, de dénoncer les violences qu’on nous fait, de façon polie, de façon à pas trop déranger, pas trop secouer le cocotier. S’il-vous-plaît, mesdames, indignez-vous, mais en silence, si possible avec des petites fleurs etc… Et c’est intéressant [de voir que] dès qu’on parle de sexisme, les hommes se sentent attaqués. Et… c’est dommage.

Usul : C’est à dire que… on parlait de violences symboliques. On peut faire un parallèle avec la violence avec laquelle certains perçoivent l’analyse sociologique critique, par exemple, qui suscite elle aussi des réactions de réticence et d’agressivité. Dès lors qu’il s’agit de mettre à jour des trucs qui sont inconscients, des trucs qui sont de l’ordre de l’infra-conscient, de l’ordre du symbolique etc, les gens se sentent bousculés jusque, j’ai l’impression, dans leur libre-arbitre, dans leur déterminisme, dans ces choses-là. Et j’ai l’impression que c’est un point sensible, un point qui fait souvent mal, et qu’on tient là le vrai lieu de la vexation, aussi. Au delà de la question des sexes.

Mar_lard : Mais c’est tout à fait normal en fait. Parce que… alors là je vais dire un gros mot, attention ! C’est parce qu’on vit dans une société patriarcale. C’est à dire qu’on vit tous et toutes dans une société… on baigne tous dans une société qui est foncièrement sexiste. On est tous dedans, c’est pas possible de s’en détacher, on ne peut pas contrôler la façon dont on est perçu socialement. Le fait est que dans la société, un homme est perçu différemment d’une femme, y’a des perceptions différentes, des attentes différentes. Donc on est tous victimes de ça, on le subit tous et on peut pas s’en sortir. C’est une situation dans laquelle on a tous grandit, qui nous a tous nourris et donc qui est parfaitement normale

[comprendre : qui paraît normale], c’est à dire qu’on est dans un système. Et à partir du moment où on va pointer le système, on va indiquer un problème intrinsèque à ce système, c’est très inconfortable, car ça correspond vraiment à craqueler les bases sur lesquelles se construisent les individus.

[...]

Mar_lard : J’ai oublié la question, je suis partie en digression du coup [rires] !

Usul : On était sur la patriarcat, en somme. Sur les structures qui nous amènent à figurer une certaine idée du genre. Tiens, est-ce que tu peux revenir sur la distinction entre sexe et genre.

Mar_lard : [...] Alors, la distinction entre sexe et genre. Le sexe, c’est tout simplement l’organe biologique, c’est les caractères biologiques, c’est ce qu’on a entre les jambes. Les caractères vraiment sexués, biologiques. Les seins, les organes sexuels etc… Et le genre, c’est une construction sociale, c’est des attentes sociales qu’on associent à ces organes. Donc à ces organes biologiques on associe un certain nombre d’attente, c’est la féminité et la virilité. Et qui sont, et là ce n’est pas du féminisme donc je veux vraiment insister dessus, des constructions sociales. C’est à dire que c’est des choses qui varient dans le temps et dans le monde… Et la position contraire, qui consiste à dire que les femmes seraient, par exemple, intrinsèquement plus douces ou plus portées vers la littérature, ça c’est de l’essentialisme. Et donc l’étude des genres s’oppose à l’essentialisme pour expliquer que ce sont des constructions. C’est culturel. Et donc en gros, on va éduquer les petites filles à se porter plus vers le rose et les poupées, et les garçons vers les voitures et les jeux violents. Donc le féminisme c’est une position importante qui vise à expliquer que [ces comportements ne sont] pas du tout innés.

Usul : Chez nous, depuis un certain temps, il y a deux genre, le genre masculin et le genre féminin. Mais il y a des sociétés dans lesquels il y a d’autres genres. qui sont acceptés.

Mar_lard : Absolument. La binarité homme-femme c’est quelque chose qui est acquis dans notre société occidentale, mais c’est pas du tout une réalité absolue. On a des sociétés aujourd’hui dans le monde et dans l’histoire qui ont accepté le plus de genres possibles.

Dorian : Ca discute beaucoup sur le chat, beaucoup de discussion sur la sémantique, om ils trouvaient très étrange de tenir des discours anti-sexistes avec des termes très genrés comme “féminisme” et “patriarcat”.

Mar_lard : D’accord. La question c’est “pourquoi on appelle ça “féminisme”, si on est pour l’égalité ? C’est ça ?

Usul & Dorian : Oui, c’est ça.

Mar_lard : C’est un truc qui revient très souvent. Attention, là je vais dire des choses qui risquent de choquer un petit peu. Il existe quelque chose qu’on appelle le “privilège masculin”. C’est pour ça qu’on parle de “patriarcat”. Parce qu’en fait on est dans une société où, en gros, (là on parle dans en termes de classe sociale), on considère que les hommes exercent une oppression, une domination… en groupe hein, pas individuellement, en termes de classe sociale… [ils] exercent une domination sur la classe sociale des femmes. On a énormément d’exemples : les violences genrés, [qui comprennent] les violences symboliques, les représentations, l’exploitation du corps des femmes, le harcèlement, et l’éducation à la féminité comme quelque chose d’un peu doux, d’un peu soumis. Ca, c’est l’expression de ce qu’on appelle le privilège masculin.

Usul : Y’a la répartition des rôles sociaux, qui est liée aussi à la question du genre. Les professions sont pas également réparties entre les genres etc… Et il se trouve que les plus avantageuses sont en général occupées par des hommes.

Mar_lard : Oui voilà, ça se voit dans le travail… Ca se voit dans les relations sociales, tout simplement. On a… comment dire… Ah bon sang je suis vraiment stressée [rires].

Dorian : [rires] Détends-toi, y’a pas de problème, on a tout notre temps.

Usul : Alors y’a quelque chose qu’on nous a fait remarquer, c’est qu’il y a des stéréotypes de femme, mais il y a aussi des stéréotypes d’homme.

Mar_lard : Absolument ! Les stéréotypes genrés s’appliquent aux deux genres, y’a pas de problème là-dessus. Le truc, c’est qu’ils [les problèmes] se traduisent pas de la même façon, y’a pas les mêmes effets. L’exemple le plus simple, c’est ce qu’on appelle la culture du viol. C’est le fait, c’est très simple, qu’il y a un biais genré dans la violence du viol. On a pas le même nombre de femmes qui violent des hommes que d’hommes qui violent des femmes, ça je pense que c’est une évidence pour tout le monde. Donc évidemment il y a des hommes violés et c’est très grave et c’est des victimes et on en parle. Déconstruire les genres c’est aussi indiquer qu’un homme peut être une victime, on en parle aussi. MAIS il est important d’observer que le viol est un crime qui a un biais genré, et qu’on a 95% des victimes qui sont des femmes, et 99% des violeurs qui sont des hommes, donc on a un biais genré [pour ce] crime. Et c’est intéressant, parce que dès qu’on va en parler, on va avoir une levée de bouclier comme quoi ce serait stigmatiser les hommes que de dire ça. On explique qu’une femme sur cinq dans le monde vivra un viol ou une tentative de viol, on explique ça, et tout de suite les mecs se sentent stigmatisés. C’est assez intéressant.

Usul : Alors là on est sur les violences physiques, les violences sexuelles, et pour ce qui est des violences symboliques, c’est encore plus facile puisqu’il suffit de les nier. [Auditeur] nous dit “qu’il faut éviter les dérives en voyant du sexisme là où il n’y en a pas.” Y’a beaucoup de gens qui disent que tu vois, que les féministes voient du sexisme là où y’en a pas !

Mar_lard : Alors la réponse standard qu’on donne dans ce cas là c’est “le problème c’est pas que je vois du sexisme partout, c’est que toi tu ne le vois pas.” Après, tout est une question de perception.

Usul : C’est pour ça que je voulais parler un peu de cette cécité.

Mar_lard : Alors ça [cette cécité], c’est aussi un effet du patriarcat (le fait qu’on soit éduqué-e-s dans une société sexiste) et que

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normalisé. Mais en gros, y’a un moyen très très très simple de détecter le sexisme : vous prenez une situation, et vous inversez les genres ! Dans les représentations, sur la façon dont quelqu’un traite quelqu’un d’autre etc… Et si [le traitement n'est pas le même], ben c’est que y’a du sexisme. C’est tout simplement ça ! C’est un traitement différent selon le genre.

Usul : [Continuant la lecture du message de l'auditeur] “J’ai l’impression qu’il faut justifier tout élément lorsqu’on représente une femme un peu trop féminine, érotisée ou autre.” En gros, je crois que ce qu’il veut dire, c’est que vous blâmiez systématiquement qu’il y ait des traits caractéristiques pour les femmes.

Mar_lard : Oui, c’est l’idée classique que les féministes seraient puritaines, qu’on aimerait pas le sexy etc… Donc on va déconstruire tout de suite : non, au contraire, le sexy c’est super cool, on est comme tout le monde ,l’érotisme c’est super chouette. Le truc, c’est que y’a trois problèmes à ce niveau là : le 1er, c’est le côté systématique, qui se voit très bien chez les gamers… C’est que c’est à peu près la SEULE représentation possible des femmes. Et qu’on aimerait bien avoir un peu autre chose. Le problème c’est pas foncièrement que les femmes soient sexys ou représentées de façon sexy, c’est qu’on voit à peu près QUE CA. C’est l’unique représentation disponible dans les jeux vidéo notamment. Et ça se retrouve beaucoup dans la fiction. C’est un rôle très très volontiers donné au femme [la bombe sexy]. Le deuxième problème, c’est que c’est unilatéral. C’est à dire que ça touche de façon unilatérale les femmes. Les hommes sont généralement très peu sexualisés, très peu érotisés. Or, quelque part c’est dommage parce que… y’a cette notion que l’érotisme, la sensualité, c’est pas du tout masculin, or c’est faux ! [rire] Et beaucoup de femmes vous le diront ! Y’a une vraie reconstruction à faire de ce qu’est la sensualité et le sexy au masculin. Et le troisième truc sur “le sexy c’est chouette”… c’est que la sexualisation… des fois. Enfin, souvent… Elle va au point d’objectifier la personne. C’est à dire qu’on a plus une personne, on a plus un être humain, on a un objet. Et ça, ça se voit très bien dans la publicité pour la PS Vita.

Usul : J’ai eu des réactions par rapport à cette publicité, que vous avez peut-être pu voir sur l’article de Mar_lard. Il s’agit d’une publicité où on voit une femme qui a une paire de seins devant et dans le dos, qui n’a pas de tête, et qui est censée représenter la PS Vita avec ses nouvelles gâchettes ou je sais pas quoi. Et donc y’a [un auditeur] qui me disait “c’est pragmatique de la part des éditeurs de faire une pub comme ça, qui en appelle au plaisir masculin, à l’imaginaire type masculin, une femme sans tête, une double-poitrine etc…

Mar_lard : Ca implique vraiment un imaginaire masculin une femme sans tête ? Tu me permettra d’émettre un doute.

Usul : Ouais ouais ouais ! [Tout à fait d'accord]

Mar_lard : On a là un bon exemple : c’est même plus une femme, c’est un buste, c’est un objet, c’est la PS Vita. C’est vraiment dommage parce que… l’être humain c’est quelque chose de sexy, c’est plus sexy qu’un bout de viande avec quatre seins ! Y’a moyen de construire des personnages… Ce qui est dommage en fait, c’est que dans les jeux vidéo on va construire des personnages féminins qui sont là que pour ça ! Dont l’unique utilité est de faire plaisir au joueur qui est supposé être un homme hétéro, à qui c’est censé plaire d’avoir cette femme qui n’est pas une personne, c’est à dire qui n’a pas de personnalité, qui est entièrement dédiée à son plaisir et qui n’est là que pour ça. Et l’argument marketing, comme quoi ça serait “pragmatique”… Alors là dessus y’a plusieurs choses. Déjà, c’est l’idée qu’il n’y a que les hommes hétéros qui jouent aux jeux vidéo, ou dans n’importe quel cadre où on a des publicités comme ça, très répandues. Je vais rester sur les jeux vidéo ici puisque c’est ce que je connais le mieux. Donc déjà c’est faux, évidemment. Et ensuite, c’est un peu le serpent qui se mord la queue, comme argument. C’est à dire que évidemment, si on cherche à attirer que les hommes hétéros, et après qu’on va pleurer qu’il n’y a pas de femmes… C’est intéressant, comme position. Et enfin, c’est aussi présumer, et c’est un peu insultant pour le public masculin, que les hommes sont des queutards assez cons pour être complètement en chien devant une pub avec une femme qui a quatre seins. Et ça, c’est carrément insultant pour les mecs hétéros ! C’est ça qui est extraordinaire ! On accuse sans arrêt les féministes…

Usul : [Coupe] Je vais lire un message qu’on a reçu qui va dans ce sens d’ailleurs : “Je voulais m’adresser particulièrement à ces joueurs qui ne sont pas touchés par ces notions de respect mutuel. J’espère au moins qu’ils auront réfléchi à ceci : comment pensez-vous que les éditeurs, commerciaux, producteurs etc… vous considèrent-ils ? On vous a gavés d’image sexuelles dans les jeux, dans les pubs, dans le seul but de vous vendre de la merde. On vous considère comme des phallus qui, lorsqu’ils sont flattés, frétillent de bonheur et achètent compulsivement, et le pire c’est que ça marche ! On s’extasie sur les seins de Lara, on débat dessus, on est gavés de photos de babes publicitaires, le sexe pour faire parler, le sexe pour faire vendre. Après tout pourquoi pas si ça ne vous dérange pas d’être considérés comme des hommes qui réfléchissent sous la ceinture. Au final les femmes sont oubliées par ces campagnes, mais les hommes sont dégradés, il n’y a rien de plus frustrant que d’être assimilé à une masse frustrée qui pense avec son pénis, vous ne pensez pas ? Vous détériorez VOTRE image en participant à ce sexisme.”

Mar_lard : Mais c’est clair ! C’est en ça que le patriarcat est limitatif pour tout le monde, pour les hommes aussi. Et c’est en ça que le féminisme se veut aussi être une libération pour les hommes. On pense justement que l’humain vaut mieux, et on veut pas réduire les hommes à des queutards obsédés. On pense vraiment que ce n’est pas une réalité, et on a cette éducation patriarcale, qui dit que les hommes seraient dirigés par leur bite, en gros… C’est l’idée qui est dans la culture du viol d’ailleurs, l’idée qu’ils seraient incapables de se retenir. Voilà, c’est beaucoup de choses comme ça, qui sont vraiment abêtissantes.

Usul : Et qui peuvent être vues comme des excuses, aussi, pour laisser libre court à ces comportements.

Mar_lard : Mais c’est ça ! Et ce qui est dramatique, c’est que c’est entretenu par les mecs eux-mêmes ! Je vois pas le chat là, mais je suis sûr que y’en a qui disent “mais si, les mecs c’est comme ça, ils sont en chien et tout !”. Les mecs sont les premiers à entretenir cette vision bestiale, parce que ça légitime des comportements comme le harcèlement etc… Et c’est triste, enfin, c’est une excuse facile pour dire “j’peux pas me retenir quoi !” Enfin, croyez un peu en vous les mecs quoi ! Vous valez mieux que ça !

A suivre…

En beta fermée depuis hier, F.E.A.R. Online est, contre toute attente, la bouffée d’oxygène que l’on attendait dans les FPS multi, un vrai retour aux racines. Pas de ranking, pas d’unlocks, pas de features inutiles, seulement la brutalité des affrontements en 8 v 8 sur les 18 maps proposées par le jeu. On y retrouve les armes classiques de la série, fusil d’assaut, lance-fléchettes Penetrator, rayon désintégrateur, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure.

Les 18 maps sont un véritable sans faute, toutes balancent entre excellence et perfection, sauf peut-être la map Asylum, trop grande pour du 8 v 8. Le level design rend les affrontements épiques, avec généralement un point chaud sur la carte et plusieurs possibilités de contournements pour surprendre l’adversaire.

Enfin, on retrouve le gameplay nerveux du premier épisode : trois attaques de corps à corps (coup de crosse, glissade et coup de pied sauté), la possibilité de se baisser EN L’AIR afin de ressembler à une petite boule crachant les balles, et bien sûr de marcher afin d’améliorer sa précision. Mais, là encore comme dans le 1er épisode, l’iron sight est absent du jeu, inespéré en 2014 ! Enfin, la possibilité de ramasser automatiquement un injecteur de santé sur les cadavres ennemis va transformer votre partie en une véritable danse de mort de cadavre en cadavre afin de rester toujours la santé au maximum.

OK, JE DECONNE

Vous avez marché ? Vous y avez cru ? Non ? Tant mieux pour vous alors, la redescente sera moins brutale. Si comme moi vous pensez que le multijoueur de F.E.A.R. premier du nom était un chef-d’œuvre, alors remballez vos espoirs, car F.E.A.R. Online ne correspond en rien à la brève description faite plus haut du multi de l’épisode fondateur. FEAR Online se résume en une phrase : similaire à tous les autres FPS F2P, mais avec une petite personnalité.

C’est le seul élément qui permet de distinguer ce FEAR de la masse des FPS F2P : ici, pas d’ambiance moyenne orientale merdique ou de hangars nuls, mais l’ambiance visuelle de FEAR, à savoir zones indus ensanglantées jusqu’à l’absurde, bureaux et hôpitaux recouverts d’hémoglobines. Le moteur utilisé semble être le même que FEAR 2 (en moins beau, pour que le Pentium II des parents de Kévin et sa GeForce Voodoo 2 3DFX ne galèrent pas trop à faire tourner le jeu), ce qui rend le jeu bien plus beau que la majorité des FPS F2P mais moins beau que le premier F.E.A.R., qui date tout de même de 2005.

A ce stade du texte, vous vous demandez peut-être pourquoi un F2P dans l’univers de FEAR et pas dans un univers original ? Pour capitaliser sur la licence ? Peut-être. Mais aussi et surtout pour réutiliser sans scrupule la quasi-totalité des éléments graphiques des épisodes précédents : skins des armes, des ennemis, caisses, murs, bureaux, textures des environnements… FEAR Online est 100% écologique : tout est recyclé, surtout les props de FEAR 2. Le tutorial est même un copier collé d’une portion du 1er niveau de F.E.A.R. 2.

Niveau gameplay, c’est comme les autres FPS F2P : des personnages lourds mais pas agréables à manier (contrairement à Crysis par exemple, qui proposait un maniement à la fois lourd ET cool), des défauts agaçants (il faut saisir sa grenade en main pour la lancer, sauf que l’arsenal ne défile pas en boucle. Donc si vous avez votre fusil d’assaut en main, il vous faudra 3 secondes pour saisir votre grenade). Les armes sont pour l’instant peu nombreuses et aucune ne semble chitay. Il faut plusieurs balles pour mourir, ce qui n’avantage pas la camp, un bon point donc. Par contre, impossible de récupérer de la santé. Vous êtes donc condamné à mourir à plus ou moins court terme. D’autant que le level design favorise les affrontements rapprochés.

Le level design est lui aussi sans inspiration et similaire à celui des autres F2P (Blackshot, A.V.A., Warface…). Les maps sont donc plates, sans surprises et assez réduites. En plus, le jeu comporte la même tare de respawn qu’une grande majorité de F2P : chaque camp ne dispose que d’un seul point de respawn. L’équipe dominée se fera donc largement spawnkiller. Si un insider bien informé peut m’expliquer pourquoi les FPS F2P sont les derniers FPS à proposer des spawns uniques en 2014, je suis preneur. Ah, et pour conclure, les temps de chargement sont inexplicablement longs en regard de la qualité visuelle du jeu.

Le jeu propose aussi du coopératif, mais je n’ai pas essayé, car je ne vois pas l’intérêt de jouer à plusieurs à un sous-FEAR (dont l’essence se savoure en solo) moche au feeling nul. Si vous voulez jouer à 2, achetez FEAR 3 à 2€ sur Steam, au moins le jeu est pensé pour ça.

Ma conclusion : éditeurs, laissez Alma tranquille. Joueurs, retournez faire F.E.A.R. premier du nom en difficulté Extreme.

Sorti il y a 15 jours, Titanfall est-il finalement le FPS de l’année par défaut comme je le supposais lors de la beta ? Eh bien peut être pas tant que ça. Non pas que le jeu soit mauvais, bien au contraire, il est même suffisamment pour tenir la dragée haute face à d’éventuels concurrents. Il sera donc peut-être le GOTY pas par défaut mais grâce à ses qualités.

Si vous avez loupé le train, Titanfall offre des combats en 6 v 6 sur des grandes maps (15) peuplées de bots idiots. Le jeu se distingue de la concurrence grâce à plusieurs particularité qui le rende très, très cool : wallrun, double-saut et combats en putains de mechs de l’espace en plus des combats à pieds. Pour la suite, je m’auto-quote de mon précédent billet sur le jeu :

Titan Fall est une jeu rapide et nerveux. Les déplacements sont rapides, la prise en main immédiate, et on se retrouve rapidement à bondir en tout sens pour se rendre le plus rapidement sur les points à capturer (le TDM n’a aucun intérêt pour une raison que nous verrons plus loin). La construction des maps tend à favoriser les déplacements perpétuels. Par exemple, le point B de la map Angel City se situe à deuxième étage d’un immeuble, avec pas moins d’une quinzaine de points d’accès directs à la zone de capture (fenêtres, escaliers, toit) ! Il est donc nécessaire de courir dans tous les sens et de savoir par où s’enfuir en cas de soucis. Notez que si le teamplay est nécessaire pour l’emporter, il est tout à fait possible de s’amuser même en étant dans une équipe de merde. En effet, l’auto-regen (hélas) associé à la létalité toute relative des armes permet d’avoir le temps de réagir face à une embuscade, il est donc tout à fait possible d’être une one man army. Les combats sont assez bourrins, les armes de l’infanterie ont un bon punch. Afin de proposer quelques “subtilités”, Respawn Entertainment a ajouté quelques features à son jeu : par exemple la capacité de se rendre invisible durant quelques secondes, pratique pour locker un mécha sans risque de se manger une roquette. Le fait de marquer des points vous rapportera aussi des “burn cards” : des atouts utilisable une seule fois (ils se détruisent après utilisation). Par exemple, une burn card vous offre une fusil d’assaut légèrement plus puissant jusqu’à votre prochaine mort, ou accélère la vitesse de fabrication de votre mécha.

La maîtrise des titans est immédiate puisqu’un titan se manie exactement comme votre avatar à pieds. La courbe de progression est donc très limitée. Sachez toutefois que la bonne gestion d’un titan peut suffire à faire gagner votre équipe : parvenez à tenir un point de capture avec votre machine et votre team pourra se concentrer sur les autres.

Le jeu est un fast-FPS. On court et on saute dans tous les sens, l’utilisation de l’iron-sight est tout à fait facultatif pour la plupart des armes. Pour accélérer encore les déplacements, la plupart des maps sont parsemées de tyroliennes. Il se dégage d’une partie de Titanfall un sentiment de surpuissance et de classe que l’on a rarement vu ces dernières années, notamment grâce aux déplacements de fou furieux et  à l’absence de trucs débiles genre “Dernière chance” ou mines claymore de CoD (malgré la présence de mines mais non fatales).

En jeu, cela donne des gunfights généralement rapides et nerveux, mais où l’avantage est à celui qui vise bien et qui a de bons réflexes, pas à celui qui tire le premier (en gros, les campeurs ne gagnent jamais car les armes ne sont pas assez létale pour que leur victime n’est pas le temps de réagir). Les parties de Domination sont ultra-dynamiques, les points sont capturés, perdus, recapturés en permanence, je n’ai rien d’autre à dire que : c’est génial.

Les vrais font gagner leur équipe. Le gameplay du jeu permet, comme le permettait Black Ops, aux meilleurs joueurs de faire gagner leur équipe à eux tout seul. Ce que j’adore. Inutile d’avoir une bonne équipe pour gagner, si vous êtes très bon, vous pouvez faire le travail tout seul. Pour l’instant, cela est je pense aussi dû en partie au niveau lamentable des joueurs en général (moi et les CPC avec qui je joue avons globalement un ratio de victoire supérieur à 80%, alors que nous jouons la plupart du temps seuls !). Pour moi ce facteur de “no teamplay” est une qualité car il m’est insupportable de devoir espérer tomber sur une bonne équipe pour m’amuser.

Les maps sont réussies. Les 15 maps du jeu sont une réussite. Aucune n’est mauvaise. Certaines sont moins bonnes que d’autres. On peut applaudir le travail de Respawn pour avoir réussi le challenge de construire de grandes maps jouables et intéressantes à la fois à pieds et en titan. Les décors, s’ils sont presque exclusivement industriels, sont toutefois variés : base militaire de nuit, côte maritime, base en pleine jungle… Chaque carte dispose d’une ambiance unique.

Les bots ne sont finalement pas un problème. C’était ma grande inquiétude après la beta. En effet, le risque de confondre joueur et bot aurait pu pourrir l’expérience de jeu. Il n’en n’est rien, car on différencie parfaitement les skins de joueur des bots après la première heure de jeu. A noter que les bots ont leur utilité : lorsqu’un point est capturé durant trop longtemps par la même équipe, les bots adverses finissent par pouvoir (très lentement) capturer le point eux-même, afin de redynamiser la partie.

A noter, petit détail idiot mais que personnellement j’aime bien : chaque partie commence par notre largage sur la map au son d’une musique épique (ça dure 5 secondes) et chaque fin de partie se solde par un overtime façon TF² durant lequel les perdants doivent rejoindre un vaisseau d’évacuation là encore au son d’une musique épique. Après 80h de jeu je ne m’en lasse toujours pas, c’est clâsse.

Titanfall est donc extrêmement jouissif. Le gameplay est très proche, pour moi, du premier Black Ops, avec des déplacement plus rapides, du wallrun, du double-saut et des gros robots sur des grandes cartes. Si c’est votre truc, foncez, sinon, oubliez. Parce que maintenant, on passe aux défaut.

Optimisation de merde. Titanfall souffre d’une optimisation absolument abominable. Si votre config est inférieure à 2000€, vous devrez jouer en Low (le jeu devient alors assez moche et cela ne vous protégera pas de quelques chutes de framerate). Quant aux mode Insane, il sera réservé aux configs ayant une CG de 3Go et plus. Fantastique.

Sur mon PC, le jeu tourne donc en Low et est obligatoirement capé à 60 FPS. Malgré tout, certaines zones de certaines maps occasionnent de brutales chutes de framerate totalement injustifiées, même si Respawn semble travailler là-dessus.

Ergonomie de merde. Les menus sont… passables, et le temps d’attente dans les lobbies est toujours de 90 PUTAINS DE SECONDES INUTILES.

Modes de jeu de merde. Le jeu propose 5 malheureux modes de jeu : 2 sortes de TDM, CTF, Domination et Last Titan Standing. Seul le mode domination est à sauver ainsi que le CTF. Les développeurs viennent toutefois d’annoncer que de nouveaux modes de jeu sont en préparation et qu’ils seront tous gratuits.

Courbe de progression de merde. En dehors ses features de déplacement, qui impliquent aussi de découvrir quelques “routes” sur les cartes, le gameplay de Titanfall est extrêmement basique, presque trop. La courbe de progression pour les vieux routards des FPS que nous sommes est donc bien mince. C’est ce qui fait que certains se lasseront rapidement, d’autant que la risible quantité de modes de jeu n’encourage pas à rester.

Donc voilà, Titanfall n’est sans doute pas le FPS du siècle, mais c’est un excellent divertissement qui vous réserve quelques moments épiques et des morceaux de bravoure à foison. A 30€, il vaut largement son prix.

Suite à ce billet écrit sous le coup de la colère et qui m’a donc valu pas mal de  reproches, j’ai décidé de faire un article un peu plus posé. Plutôt que de faire une comparaison entre les deux médias que sont internet et la télévision, je vais faire un bilan de ce que propose la télévision. Des faits, rien que des faits. Libre à chacun d’en tirer les conclusions qu’il voudra. Si j’ai le courage, je ferais le même type de billet avec les journaux papiers et internet.

1 - La télévision est verticale dans tous les sens du terme.

Elle est verticale d’abord par son mode de diffusion : un point d’émission émet, tandis que les points de réception se contentent de recevoir le message (les téléviseurs).

Elle est aussi verticale de par l’échelle sociale de”qui s’adresse à qui”. Les grands journalistes et les présentateurs gagnent beaucoup plus d’argent que vous ou moi* (mais ils le mérite !), ne fréquentent pas les mêmes cercles et n’ont pas les mêmes intérêts que vous**. Ils sont “au-dessus” de nous dans l’échelle sociale. Et ils nous fournissent du contenu audiovisuel. Chacun connaît aujourd’hui la force d’attraction et de captation de l’attention qu’a l’image sur notre cerveau.

2 - Les contenus de la télévision sont sous influence.

Les influences sur le contenu de la télévision sont nombreuses. Il y a d’abord l’influence du propriétaire de la chaîne en question (ça marche aussi pour les journaux), démontrée très clairement par le documentaire Les nouveaux chiens de garde (que ce soit par TF1 qui passe sous silence les problème de construction du réacteur EPR made in Bouygues tandis que tous les autres médias en parle, ou Franz-Olivier Giesbert qui confesse “Excusez-moi mais mon devoir de journaliste, c’est un vaste rigolade. Le vrai pouvoir, c’est le pouvoir du capital. Et il est normal que le pouvoir s’exerce.” Cette influence est par ailleurs renforcée lorsque ladite chaîne fait partie d’un concentré de médias et bien évidemment lorsque leurs dirigeants côtoient régulièrement nos dirigeants politiques, comme cela est démontré dans le vieux mais néanmoins toujours d’actualité documentaire de Pierre Carles Pas vu pas pris.

L’autre influence sur les programmes est infligée par la publicité. Cela va bien au delà des simples pressions auxquelles on pourrait d’abord penser. S’il est évident qu’une chaîne va s’auto-censurer pour ne pas déplaire à ses principaux annonceurs (de la même façon que vous ou moi n’allons pas dire à notre patron d’aller se faire enculer, parce que c’est lui qui nous donne à manger), il faut aussi se rappeler que la télévision doit fourguer ses espaces publicitaires. Et pour les fourguer cher, il faut que la pub soit efficace. Et pour quelle soit efficace, il faut que le cerveau du spectateur soit préparé. J’imagine que là encore, peu d’entre vous ont encore de doute sur le fait que les émissions débiles sont là pour préparer votre cerveau à recevoir le message publicitaire qui arrive. Je me sens néanmoins obligé de sortir la fameuse phrase de l’ancien PDG de TF1, Patrick Lelay, que chacun devrait afficher en gros au dessus de sa télévision :

Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.

Néanmoins, pourquoi ce lavage de cerveau avoué ne serait-il cantonné qu’aux émissions débiles (qui occupe l’essentiel de l’antenne) ? Pourquoi le journal télévisé du matin puis celui du soir ne seraient-ils pas conçus dans le même but ? Par altruisme ? Par bonté d’âme ? Par la sacro-sainte volonté d’informer, qui prendrait, pendant 30mn le soir, le pas sur la volonté de vendre du temps de cerveau disponible ?***

Il y a aussi la censure face aux pressions extérieures de lobbies, d’associations… Oui, même sur Arte. Beaucoup de gens admettent que la télévision produit un sacré paquet de programmes minables, mais tentent toutefois de la sauver en arguant qu’Arte propose des contenus de qualité. Certes. Néanmoins, il ne faut pas compter sur Arte pour faire une critique du milieu journalistique, la chaîne en est pleine. Il ne faut pas compter sur Arte pour remettre question les fondements de notre société libérale, puisque la chaîne est financée par la France et l’Allemagne. De ce fait, il ne faudra pas non plus compter sur Arte pour vous informer de la réalité de la société allemande, par exemple.

Enfin, il y a l’auto-censure plus ou moins inconsciente de ce que l’on pourrait appeler les médiacrates, qu’Acrimed explique bien mieux que moi :

Paradoxalement, les journalistes qui se plaignaient, dans les années 60 de la censure (politique) qui pesait sur eux, vont à leur tour devenir des censeurs qui s’ignorent. En effet, avec le développement des médias audiovisuels, une nouvelle catégorie va se constituer, puissante avec ses puissants - les « vedettes » de télévision (animateurs, journalistes, éditorialistes, etc.) - qui, à son tour, va défendre ses intérêts spécifiques et décider de ce qu’elle estime bon, ou non, de faire passer sur leurs chaînes. [...] Est-ce à dire que la censure proprement politique ait totalement disparue ? En fait non, mais celle-ci a pris une forme plus cachée qui s’exerce avec la complicité objective de la nomenklatura médiatique : il existe aujourd’hui, dans les médias, une sorte de « cela-va-de-soi » politique, que certains ont désigné par l’expression « pensée unique », c’est-à-dire d’une véritable union sacrée idéologique qui ne dit pas son nom et que l’on ne transgresse pas impunément.

3 - Vous n’êtes pas imperméable à la télévision.

Si vous regardez encore la télévision, vous êtes probablement dans l’un de ces deux cas de figure : “je regarde parce qu’il y a quand même des choses intéressantes, des documentaires toussa“. Outre le fait que vous pourriez les regarder ripés sur internet et ainsi ne pas être captif de votre poste, il faut rappeler qu’étant donné la quantité hallucinante de programmes, les centaines de chaînes et les centaines de millions d’euros dépensés, il est mathématiquement impossible que strictement rien de bien ne se dégage de la télévision. Et là encore, n’oubliez pas qu’un programme, même bon, a de fortes chance d’avoir été conçu pour vendre votre espace de cerveau.

Deuxième cas de figure, vous êtes de ceux qui regardent des programmes de merde type Star Ac’, The Voice, les maçons du coeur etc… : “non mais je regarde pour me moquer !” Vous faites donc exactement ce que les producteurs avaient prévu. Vous croyez qu’eux ne se moquent pas de leur propre production ? Qu’ils ne se moquent pas des familles de teubés qu’ils vont filmer dans Tellement vrai etc ? Bien sûr que si. Et ils vous invitent donc à vous moquer de gens qui, que vous le vouliez ou non, vous ressemblent plus que vous ne ressemblez aux riches qui ont produit ce programme pour vous. En résumé, vous vous moquez de vos congénères, et le programme est fait pour ça. Cela fait-il appelle à ce que nous avons de meilleur en nous ? Enfin, vous comptez dans les chiffres de l’audimat. Autrement, que vous ayez aimé ou non, vous comptez dans les chiffres qui servirons à monétiser votre propre cerveau.

Pour en revenir à ce troisième point qui est que vous n’êtes pas imperméable à la télévision, car elle utilise des moyens efficaces pour ramollir votre cerveau : sexe, violence, haine du voisin. Elle fait ainsi appel à nos plus bas instincts, ce qui prépare notre cerveau au prochain message publicitaire. On peut appeler ça la stratégie du choc, que la journaliste Naomi Klein a théorisé au niveau d’Etats entiers, mais qui pourrait tout à fait s’appliquer à la télévision : que vous le vouliez ou non, votre cerveau comme le mien fonctionne ainsi, il est ramollit par la débauche de sexe et de violence. Je compte vous linker la conférence de Michel Desmurget TV Lobotomie Les effets scientifiques de la télévision, qui fait apparemment référence en la matière (tirée de son livre), mais ne l’ayant pas encore regardée, je préfère m’abstenir.

Cette croyance en notre possible détachement d’un outil aussi puissant que la télévision n’est pas sans rapport avec l’idéologie libérale (ce qui amène souvent la cocasse situation de voir des soc-dem ou des gens d’extrême gauche défendre leur libre-arbitre face à la télé, alors que le libre arbitre est une valeur libérale). Comme il est difficile de parler de libre-arbitre et de déterminisme sans prendre position, je vais mettre des astérisques et vous inviter à vous rendre en bas de page pour savoir de quoi il retourne.****

Voilà. S’il doit y avoir une chose à retenir de ce billet, c’est que quel que soit votre usage de la TV, pour votre propre bien, arrêtez de la regarder ou affichez une grande banderole au dessus : “La télévision m’influence que je le veuille ou non, et ceux qui en produise le contenu ne veulent pas mon bien.”

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*Je me souviens avoir lu en 2008 dans un Alternative Economique que le salaire moyen de l’époque, quelque chose comme 1400€, passait à 1700€ si on incluait les 1% les plus riches. Autrement dit, 1% de la population qui travaille gagne tellement d’argent que cela arrive à faire augmenter une moyenne sur plusieurs millions d’habitants. J’dis ça, j’dis rien.

**Je trouve l’article de Wikipédia pour le moins incomplet voire erroné. La lutte des classes est présentée comme une “théorie” alors que, de fait, elle a lieu. Les classes les plus pauvres sont en permanences maltraitées dans les médias (il n’y a qu’à voir comment étaient médiatiquement traités les ouvriers qui séquestraient leur patron). La tournure de certains paragraphes laisse entendre que la lutte des classes est un concept accepté uniquement par les gens de gauche, or on peut fortement supposer que ce n’est pas le cas, les riches ayant une conscience de classe bien plus important que les pauvres, que vous ou moi.

Pour prouver que la lutte de classe existe bien, je vais reprendre l’exemple donné dans Les nouveaux chiens de garde. Lorsque les ouvriers séquestrent leurs patrons, leur démarche est présentée par les journalistes comme illégitime. Pourtant, les ouvriers considèrent cette violence légitime par rapport à la violence illégitime que les patrons leur font subir. La ligne de démarcation entre ce qui apparaît comme légitime ou illégitime se fait donc en fonction de… sa classe.

*** Vous vous doutez évidemment de ce que je pense sur le sujet (et vous vous en foutez sûrement). Par contre j’ai un exemple qui m’a marqué et qui remonte à mes tendres années. Lorsque j’ai commencé à regarder le JT de 20h, je devais avoir dans les 10-11 ans. Lorsque des sujets un peu hardcores allaient être montrés à l’image, le présentateur prenait toujours le temps de préciser “attention, certaines images peuvent choquer, s’il y a des enfants à côté de vous blablabla…” Et puis un jour, je me suis pris dans la gueule des images de charnier filmé en gros plan pendant de longues secondes. Comme ça, à sec, sans avertissement préalable. Autant vous dire que mon cerveau a dû être ensuite bien perméable à la page de pub. Et depuis ce moment, j’ai remarqué une fluctuation des avertissements (le présentateur précise juste “des images peuvent choquer”, ce qui tient plus du sensationnalisme que de l’avertissement) voire une disparition complète. Je ne regarde plus la télévision depuis 5 ans donc je ne peux pas me prononcer sur l’état actuel, mais tel été le cas lorsque j’ai déconnecté du poste.

**** Le libre-arbitre est à mon sens une illusion, puisqu’il suffit de s’analyser soi-même pour constater que nous sommes le résultat de nombreux déterminismes (origine sociale de vos parents, études, là où vous habitez…). Par contre, il n’y a rien de plus manipulable que quelqu’un qui croit très fort à son libre-arbitre : il va refuser d’entendre voire même d’écouter les pensées alternatives “pour pas se laisser influencer”, par contre il est influencé en permanence par les journaux, la télé, l’air du temps. C’est cette même pensée du libre-arbitre qui mène à l’idéologie débile de droite : “les chômeurs ils ont pas d’excuse, ils avaient les mêmes chance que moi de trouver un taf !” Eh bien non, pas toujours. Ont-ils eu le même accès aux études ? Peut-être que non, si leurs parents étaient fauchés. Et s’ils ont eu accès aux études, les ont-ils réussies ? Peut-être que non, car ils avaient une mauvaise orthographe et écrivaient mal parce que leurs parents ne lisaient pas donc aucun livre ou journal à la maison. Nous sommes déterminés par beaucoup d’éléments sur lesquels nous n’avons pas ou peu d’influence, et beaucoup de gens ne supportent pas cette idée.

Pourquoi la télé doit mourir

Jeudi 27 février 2014 à 11:50

C’est en tombant sur ce torchon, que l’on pourrait résumer à “Cliquez ! Cliquez bande de salopes !” “Regardez ! Regardez bande de salopes !”, que j’ai décidé d’écrire ce billet, car il illustre parfaitement l’un des centaines milliers de problèmes de la télévision, nous y reviendrons plus bas. La liste étant interminable, je me contenterai d’aborder ici ceux que je considère comme les plus graves, surtout actuellement, où un combat presque invisible fait rage entre la télévision et internet.

La télévision est un média vertical

Un seul point d’émission, plusieurs points de réception, information à sens unique. C’est d’abord en cela que la TV est radicalement opposée, dans son modèle, à internet. C’est aussi pour cette raison qu’elle a vocation à éloigner, isoler les gens, plutôt que de les rapprocher comme le fait internet. Rien que ce point pourrait faire l’objet d’une thèse de 300 pages, mais je m’arrêterai sur ce détail : les contenus télé sont produits par des parisiens dont le mode de vie est RA-DI-CA-LE-MENT différent du nôtre. Ils sont donc complètement déconnectés du monde dans lequel ils vivent, et cela transparaît nettement dans les programmes.

La télévision vous crache à la gueule (en langage poli : elle vous envoie de la violence symbolique)

S’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de faire la démonstration que la publicité vous crache à la gueule en permanence (”wahou, comme tu es un homme on va mettre une femme dans la pub, comme ça tu vas acheter ou te rappeler de nous, vu que tu penses avec ton pénis !”), il est bon de rappeler que la télé toute entière vous crache à la gueule.

Le plus évident, c’est dans les programmes de merde genre Pascal le grand frère, vis ma vie etc… où l’ont met en scène de pauvres gens un peu limités (et castés !) afin que l’ont se moque d’eux. Sauf que nous sommes beaucoup plus proche de ces gens là que des enculés aux dents blanches qui travaillent à la télévision. Et qui nous poussent donc à nous moquer de nos congénères. Et à ceux qui disent “oui non mais je regarde en me moquant”, vous vous croyez plus malin que toute cette clique ? Ils s’en moque aussi et ils ont conçu le programme pour que vous le regardiez en vous moquant.

Moins évident mais tout aussi important, le crachat au visage passe par la condescendance. Vous avez déjà vu de la vulgarisation, de la vraie, à la télévision ? Personnellement, jamais. Enfin, une fois, par Jean-Luc Mélenchon. C’est un peu triste. Il y a plusieurs raisons à ce mépris du public, en plus de l’évidente différence de classe sociale : la durée des programmes (comment voulez vous expliquer en détail et malgré tout de manière compréhensible les mécanismes de la dette dans un docu de 52 minutes ? C’est pour cette raison que Arte vous crache à la gueule aussi.) et le fait qu’ils prennent les gens pour des cons. Il faut donc leur donner des programmes cons, simples, facilement recevables. Du moins c’est ce que pensent les producteurs, bien qu’internet démontre le contraire. Ce qui m’amène au point suivant.

La télévision n’est pas connectée à son public

L’article linké en intro est directement lié à ce point : la télévision n’a STRICTEMENT rien à battre de votre avis. Alors que sur internet, vous pouvez regarder puis poster un commentaire, donner un pouce vert ou un pouce rouge (ce qui va jouer sur le référencement) et même à votre tour publier un article ou une vidéo pour répondre. A la télévision, seuls comptent les chiffres. 50% des gens qui ont regardés le Loft pensent que c’est de la grosse merde et que les producteurs devraient être massacrés à coup de batte de baseball ? Ils ne le sauront jamais, ils s’en branlent, ils peuvent monétiser leur audimat.

Alors que sur internet, outre le fait qu’Adblock peut être utiliser pour financer les youtubers que vous aimez, lesdits youtubers voient les commentaires et les “pouces”. Et même s’ils peuvent parfois donner l’impression de s’en branler, ce n’est pas le cas, comme en témoignent Usul, Karim Debbache, Antoine Daniel, Diablox9, 10mn à perdre… Prenons d’ailleurs ces deux derniers cas pour illustrer la différence entre la TV et internet.

Après que Diablox9 ai vendu son cul à Electronic Arts, son audience s’est effondrée (passant de plusieurs millions de vues à quelques centaines de milliers dans le meilleur des cas). Il poste régulièrement de pathétiques vidéos où ils supplient les gens d’arrêter de triquiter, ou ce genre de descriptions pitoyables sous ses vidéos :

Pour cette année, je pense que tout le monde devrait faire un effort. De votre côté, j’aimerais vraiment qu’une partie de la communauté devienne plus mature et qu’on évite au maximum les commentaires inutiles (publicités, insultes, critiques et rumeurs non-fondées). Je reste évidemment à l’écoute de vos conseils et critiques structurés

Le tout suivit de plusieurs liens sponsorisés ! Drôle. En gros, Diablox9 va disparaître. Parce qu’il est devenu mauvais. Parce qu’il a rompu le lien avec sa communauté, en refusant la moindre critique et en vendant son cul. Exactement comme quelqu’un de la télé. La différence avec la télé est donc là : un journaliste peut faire de la merde et vendre son cul à une boîte privée, il peut se faire insulter, mépriser, il n’en a rien à foutre. Il est payé sur son audimat et éloigné de son public.

Quant à 10mn à perdre, ils ont carrément disparus. Après avoir vendu leur cul à Canal+ et avoir été mis au placard par la même chaîne, après avoir coupé les ponts et craché au visage de leur communauté, leur audience sur le net s’est elle aussi effondrée, conduisant à l’arrêt pur et simple du podcast.

Pour résumer, je citerais Usul et son compère Dorian sur le sujet :

“Vous avez le choix entre acheter ou ne pas acheter le journal, regarder ou ne pas regarder la télé. Sur internet vous pouvez aussi commenter,  écrire. Y’a que ça, de la confrontation sur internet. Internet, c’est démocratique. Il y a une violence salvatrice sur internet : quand on voit qu’on a plein de pouces rouges, ou qu’on se mange des “suicide toi”, c’est choses qu’on voit dans les commentaires. Contrairement aux types de la télé [il parle de Splash le grand plongeon sur TF1] qui regardent que les chiffres et qui disent “ça marche, on continue”, alors que les gens ont regardé en disant “mais qu’est-ce que c’est que cette grosse merde ?”. Mais ils ont regardé quand même, donc ils rentrent dans les chiffres !”

Et la synthèse par Karim Debbache, présentateur de l’émission Crossed sur jv.com :

J’en ai marre des détours qu’il faut prendre tout le temps : la télé, c’est les riches qui produisent de l’image pour que les pauvres achètent.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à écouter les nombreuses émissions Radio Usul, où des gens bien plus pros que moi vous expliquerons toutes ces histoires, avec des références et du Bourdieu dans le texte.

Courage.

Vendredi 21 février 2014 à 10:50

J’aimerai avoir le courage de cette nana.

YouTube Preview Image

“Lorsque je rédige un contrat avec un assureur, celui-ci ne considère JAMAIS que tout ira bien, mais que tout peut aller mal, et c’est en ces termes que le contrat est rédigé ; de la même manière, une constitution démocratique [devrait partir] du principe que les mandataires seront mécaniquement porté à abuser du pouvoir à moins qu’ils ne soient surveillés de près et sanctionnés sévèrement s’ils en abusent.” Un commentaire sur le forum du site d’Etienne Chouard.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance d’avoir accès la beta démo de Titan Fall, voici mon retour sur le seul FPS multi à gros budget intéressant de cette année. En préambule, je vais répéter des informations que vous connaissez déjà rapidement : Titan Fall oppose deux équipes de 6 joueurs, avec des méchas, du walljump et du double saut.

La beta donne accès à une arme de chaque style (fusil d’assaut, SMG, pompe, pistolet, sniper), deux maps (16 maps sont prévues au total me semble-t-il) et trois modes de jeu : TDM, domination et un last titan standing dans le quel tous les joueurs commence avec leur mécha, et la dernière équipe avec un mécha en vie l’emporte. Un contenu maigrichon mais qui donne un bon aperçu du jeu, de ses qualité mais aussi de ses défauts.

Titan Fall est une jeu rapide et nerveux. Les déplacements sont rapides, la prise en main immédiate, et on se retrouve rapidement à bondir en tout sens pour se rendre le plus rapidement sur les points à capturer (le TDM n’a aucun intérêt pour une raison que nous verrons plus loin). La construction des maps tend à favoriser les déplacements perpétuels. Par exemple, le point B de la map Angel City se situe à deuxième étage d’un immeuble, avec pas moins d’une quinzaine de points d’accès directs à la zone de capture (fenêtres, escaliers, toit) ! Il est donc nécessaire de courir dans tous les sens et de savoir par où s’enfuir en cas de soucis. Notez que si le teamplay est nécessaire pour l’emporter, il est tout à fait possible de s’amuser même en étant dans une équipe de merde. En effet, l’auto-regen (hélas) associé à la létalité toute relative des armes permet d’avoir le temps de réagir face à une embuscade, il est donc tout à fait possible d’être une one man army. Les combats sont assez bourrins, les armes de l’infanterie ont un bon punch. Afin de proposer quelques “subtilités”, Respawn Entertainment a ajouté quelques features à son jeu : par exemple la capacité de se rendre invisible durant quelques secondes, pratique pour locker un mécha sans risque de se manger une roquette. Le fait de marquer des points vous rapportera aussi des “burn cards” : des atouts utilisable une seule fois (ils se détruisent après utilisation). Par exemple, une burn card vous offre une fusil d’assaut légèrement plus puissant jusqu’à votre prochaine mort, ou accélère la vitesse de fabrication de votre mécha.

Venons-en aux fameux Titans, justement. Chaque joueur a le sien, dropé dans l’arène après quelques minutes de jeu. Cette beta a soulagé l’une de mes craintes : l’équilibrage entre titans et infanterie est bon. Les titans sont certes ultra-puissants contre l’infanterie, mais ils en sont aussi la cible principale. Il est donc rare qu’un titan survive plus d’une trentaine de secondes face au déluge de feu qu’il essuie, le rendant ainsi utile simplement pour détourner l’attention de l’infanterie.

Le gameplay permet d’enchaîner les frags et les destructions de titans sans mourir de manière vraiment classe et gratifiante, ce qui n’est plus très courant en 2014.

Jusqu’ici, Titan Fall s’annonce donc comme un sans faute : gameplay rapide et bourrin (malgré une marge de progression qui s’annonce faible étant donné l’accessibilité du gameplay), bon équilibrage, grisant et clâsse. Sauf que divers problèmes plus ou moins graves viennent obscurcir le tableau :

1 - Les bots. Oui, vous avez bien lu. Chaque partie comporte des bots. En effet, les maps sont beaucoup trop grandes pour des affrontements en 6 v 6, les développeurs ont donc eu les brillante idée d’inclure des tonnes de bots idiots et indifférenciables des vrais joueurs afin de rendre les parties plus vivantes. Mon avis personnel est que maps ont probablement été imaginées pour des affrontements à 10 v 10 ou 12 v 12 mais que l’équilibrage s’est avéré difficile et que le chaos était bien trop grand (le foutoir des parties à 6 v 6 étant déjà honorable). Cette idée est probablement la pire du siècle et, étant au coeur du jeu, ne sera jamais retirée. Concrètement, cela donne des tableaux de score ridicules : en moyenne, les joueurs tuent moins de dix autres joueurs humains par partie, mais plus d’une vingtaine de bots !

2 - Les graphismes. Autant la direction artistique est plutôt sympa sur les 2 maps de la beta, autant le côté technique oscille entre le correct et l’affreux. Certaines textures font pâles figures à côté de jeux de 2004. Malgré tout, le jeu est bloqué à 60 images par seconde. Heureusement, ça reste stable et bien optimisé. Niveau lisibilité, c’est plutôt correct, sauf évidemment au niveau des bots, impossible à différencier des vrais joueurs.

3 - L’ergonomie. Les menus affreux. Naviguer dans les loadouts est un calvaire, et il faut attendre, tenez-vous bien, 90 PUTAINS DE SECONDES ENTRE CHAQUE PUTAIN DE PARTIE !!§1 POURQUOI ? POURQUOI ? Alors qu’à côté de ça, le warm up n’est que de 5 secondes ingame. On assiste donc à la situation passionnante du matchmaking qui regroupe 12 joueurs en quelques secondes… avant de nous faire patienter les 80 secondes restantes à ne rien foutre. Sachant que les parties sont très rapide (une dizaine de minutes) et que le matchmaking, pour une fois, fonctionne bien, c’est absolument abérrant.

Bref, malgré de graves défauts, Titan Fall s’annonce indispensable pour les morts-de-faim de FPS multi en 2014, car il n’y a rien d’autre, et le gameplay reste malgré tout très, très fun. On trouve des clés en précommande à 32€.