In Tenebris Cadere

It’s not just a blog, it’s an infection. le blog de Toriel.

J-272: SHENZEN I/O

Si quelqu’un lit ceci, envoyez-moi de l’aide! j’ai accepté un poste pour une compagnie chinoise d’électronique mais j’enchaine les heures supplémentaires non-payés depuis des semaines. J’ai quitté ma famille et mon pays pour me retrouver dans un camp de rééducation par le travail ou je ne peux rien faire d’autre que de programmer des composants chinois daubés sans salaire! Je dois toutefois admettre que compléter les taches assignés (allant composants de matériels a usage militaire en passant par la manette de jeu) , recevoir les louanges de mes N+2 sur mon travail exemplaire et voir l’évolution de mes performances sur le graph est très motivant. J’aimerais juste qu’on m’autorise a quitter mon poste pour aller en pause et…pourquoi pas une augmentation? Alors si un bon samaritain pouvait contacter l’ambassade du Canada et trouver un fonctionnaire capable de m’aider, ca serait SU-PER. Sinooon…Oh, j’ai entendu dire que mourir des suites d’un effort physique et mental intense dans la réalisation d’une boite a musique électronique n’est pas du tout une agonie honteuse. Parce que ce job, c’est l’éclate.

SHENZEN I/O est la quintessence de Zachtronics, le studio a fait du concept du jeu sa signature, Se déroulant dans la ville connue pour avoir était la première S.E.Z pendant la reforme économique du vieux Deng et pour sa bouffe noyé dans l’huile industrielle, on y incarne un jeune prodige de l’informatique. Toute la progression se fait sous forme d’échange par e-mails avec ses collègues, le tout sous une interface accueillante et qui fait plaisir a la retine, la bande-son est du même calibre.  Quand au travail..C’est comme d’assembler un odroid mais sans dépenser des milliers de  ‎₩.

A chaque assemblage, tu as un certain nombres d’inputs/outputs et ta tache est de faire fonctionner à coup de code, écrit par tes soins avec le composant que tu auras sélectionner pour produit l’output désiré. Les développeurs ont eu le tact d’inclure un PDF sous forme de manuel de l’entreprise.

A ce propos, autant j’apprécie le soin apporte au respect de l’univers, autant je critique l’utilité relative du manuel “T’as pas un master dégrée en ingénierie informatique ? C’est balot” ou alors le cas opposé “Tu touches un peu à la prog ? Devine qui vient de gagner un presse-papier de 40 pages ?”

Cela dit, cette attention trahit de la part des développeurs un désir de renforcer l’aspect scénaristique de leur jeux jusque la anecdotique. Je sais, scenario/graphisme, même combat, les uns disent que c’est accessoire tant que le gameplay est solide. Il n’empêche que c’est une qualité supplémentaire et même si il ne transcende pas le joueur, le plot est sympathique à découvrir. Et à l’instar du dernier DOOM, il ne vient jamais s’imposer au joueur.

Il n’y a pas besoin de finir tout les tableaux pour progresser  mais si le jeu n’indique pas clairement ce qui est optionnel de ce qui ne l’est pas et finir les puzzles veut dire débloquer de nouveaux composants pour progresser, on ne fait pas mieux pour plonger le joueur dans la confusion, est-ce que je suis trop bête pour résoudre ce puzzle où est ce que j’ai besoin d’un composant mieux adapté ? Au final, il est plus prudent de faire toutes les missions.

Parlons du principal défaut, les solutions aux tableaux sont limités tant par les lignes de codes, ridiculement réduites, par le format en décimal et l’espace alloué souvent plus petit que la majorité des composants. Un bel exemple de simplification qui complique la solution quand elle ne la restreint pas.

Il y a aussi le mini-jeu du solitaire, ça ferait une bonne pause entre deux assemblages si ce n’était pas une telle purge à jouer. Pas très judicieux pour un programme qui ne tolère que la perfection mathématique. Le Shanghai solitaire aurait été un choix parfait.

En conclusion…Le jeu s’adresse aux programmeurs du dimanche ou simplement à des joueurs obstinés qui veulent un challenge corsé.  Mais les vétérans se tourneront vers TIS-100, qui offre plus de possibilités ou seront trop occuper à jouer avec Aduirno.. ou se rendre fou sur le projet Euler.

Sub Rosa C’est simple, la niche visée est celle des programmeurs, quand ca compile, ils jouent et ils ont de l’argent à dépenser contrairement aux artistes. Mais Infinifactory était trop cher (25 $) et TIS-100 trop peu (7$), SHENZEN se veut être un juste milieu avec des améliorations au niveau de l’interface et  du scenario. Le studio brille en donnant une expérience du travail idéal, pense-y, qui veut d’un job interrompu par la lecture de courriels ineptes, la participation à des réunions aussi hypocrites qu’un repas de famille, où tu es obligé de serrer la patte à des collègues que tu hais en silence ? Tu n’as pas besoin de te préoccuper des ventes du produit ou d’obéir a des ordres contradictoires, c’est un jeu.

C’est dans le jeu lui-même que son ambition est décrite, à travers les e-mails, tu te rappelles ? Via un petit indice, on a un lien direct avec The Second Golden Age, un puzzle en open-world imaginé par les développeurs mais qui n’a jamais vu le jour, victime de sa propre gourmandise. Un élément clé du concept c’est que le joueur incarne un expatrié un pays inconnu et doit résoudre des puzzles pour construire des trucs, ces choses sont des artefacts capables de révéler au joueur des indices sur le monde dans lequel il évolue.

SHENZEN est le jeu de la transition, il te met dans les nikes contrefaites d’un expat’ et un des personnages originellement pense pour TSGA est un des clients de l’entreprise.  Mais le joueur ne rencontre jamais ce client, il ne communique jamais directement avec lui, le seul moyen d’en savoir plus sur lui (et seulement si le joueur en a vraiment quelque chose a faire) est d’assembler le puzzle et de se demander pourquoi il en a besoin.
Que The Second Golden Age n’ai pas vu le jour est une bonne chose pour le studio, je crois pouvoir sentir qu’ils cherchent encore l’équilibre gameplay/histoire/interface. C’est bon que Zachtronics ne se précipite pas avec leur concept, SHENZEN n’est pas parfait mais il fait l’unanimité chez les joueurs..Il manque juste ça de pression pour jouer un jeu unique en son genre. Je croise les doigts.

2 commentaires pour “J-272: SHENZEN I/O”

  1. Jej dit :

    “le plot est sympathique à découvrir. Et à l’instar du dernier DOOM, il ne vient jamais s’imposer au joueur.”
    Parallèle osé :D

    SHENZEN I/O est vraiment génial; c’est l’équivalent du “kit du petit chimiste” qu’on avait gamin, mais pour l’éléctronique. Les habitués auront de quoi faire aussi, il y a assez de matos pour faire des trucs vraiment phénoménaux : https://www.youtube.com/watch?v=geT2uP7MYGc par exemple. Et évidmment, un mec a recréé Darude - Sandstorm : https://www.youtube.com/watch?v=DNXxHCwqXF8&feature=youtu.be ( as is tradition ).

  2. Toriel dit :

    Je maitrise très mal tout ce qui est analogie. Tu peux très bien finir DOOM sans lire les logs, d’ou mon raccourcis.
    Merci pour le lien, je n’osais pas le mettre. Mon prefere reste Never Gonna Give You Up, même si la prouesse technique est inférieure.

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