Meh

le blog de T0Y.

DOOM II [Review]

Wednesday 16 November 2011 à 4:42

Il y a quelques semaines je suis tombé par hasard sur ce jeu, DOOM II. Il s’agit d’un FPS au look et au gameplay très rétro qui offre violence extrême, gore et symboles sataniques, il ne m’en fallait pas plus pour me précipiter sur ce titre indépendant.

doom2logo

Proposé au prix de 9.99 euros sur Steam le jeu est édité par GT Interactive et développé par des codeurs de talent: John Carmack, John Romero et Dave Taylor qui composent ID Software. Et on peut dire que ces trois là ont bien révisé leurs cours de retrogaming.

Thanatopraxie

Pour palier aux budgets limités, la tendance actuelle dans le jeu indépendant est de donner dans le retro, les graphismes pixélisés, un gameplay simple (sans être simpliste), une bande son 8bit, etc. DOOM II fait très fort dans le domaine et réveille littéralement des mécanismes morts et enterrés. Développé en seulement quelques mois, le jeu affiche des graphismes 3D datés du meilleur effet lui permettant d’être parfaitement fluide sur les configs les plus modestes. Le level design, les textures et les animations semblent d’un autre âge et pourtant on se laisse entraîner dans une architecture complexe dépourvue de courbes et du moindre effet de lumière.

Les ennemis sont des sprites en 2D aux animations minimales mais qui remplissent parfaitement leur fonction, à savoir: se transformer en une bouillie de tripes fumantes. Les démons clopinent gauchement avant de nous foncer dessus sans montrer signe d’intelligence artificielle. On sent bien l’influence de titres comme Serious Sam et Painkiller ou le plaisir réside en l’extermination de masse. Le délire a été poussé jusqu’à ouvrir une fenêtre DOS au lancement du jeu. Retro jusqu’au bout.

Gameplay from the underworld

Quel décontenancement lors de la première partie! Tout d’abord les contrôles et les possibilités de mouvement sont extrêmement réduites. Le jeu autorise seulement les déplacement avant/arrière, et les pas de coté droite/gauche. On se sert de la souris de façon assez peu orthodoxe. Là où on est d’habitude libre de regarder partout autour de soit, le marine que nous incarnons et qui combat des hordes démoniaques, souffre visiblement d’un torticolis d’une gravité au moins proportionelle à son manque de charisme et de personnalité. Regardant seulement autour de nous le long d’une stricte ligne horizontale on peut se déplacer en avant ou en arrière en avançant ou reculant la souris. En fait il est même possible de ne jouer qu’avec une simple souris. Malin. Le fait de ne pas pouvoir regarder et viser ailleurs que devant soi peut sembler aberrant; un auto-aim vertical se chargera de pallier le problème. Quand à l’horizontale les hitbox se révéleront plutôt volumineuses. Ho, et le saut, le lean, la position accroupie? Oubliez tout ça, Bulletstorm est passé par là.

DOOMII gore

Spilled Guts

Coté immersion on est un peu en reste. Entre les musiques inexistantes ou presque, une ambiance qui se limite aux détonations de vos armes, de barils explosifs et les hurlement de colère puis de douleur de vos ennemis, le sound design n’offre pas grand chose à se mettre sous la dent. Exit le body awareness. A part une éventuelle main gantée qui rechargera vos inépuisables fusils, l’impression de ne pas avoir de corps vous amènera au questionnement suivant: “Suis-je bien un marine badass super-entrainé ou bien une de ces têtes de mort flottante et enflammée auxquelles j’ai déjà du me frotter?”. Petit détail sympathique, votre faciès inquiet trônant fièrement au milieux du HUD vous ramènera vite à de plus urgentes considérations lorsque vous le verrez se colorer de rouge au fur a mesure que le sang giclera de tous vos orifices sous les attaques de la vermine satanique.

Styx it to ‘em

L’arsenal (comme les autres atout du jeu) est plutôt réduit. Même pas dix armes. Entre autres, deux fusils à pompe dont un double canon, idée pompée sur le DLC de Rage, passons sur le pistolet, la mitrailleuse ou le classique lance roquette, on se réjouira tout de même de trouver une rutilante tronçonneuse qui sent bon l’essence. Le succès de cet ustensile dans Gears of wars, Killing floor, voire Resident Evil n’aura pas échappé aux développeurs qui ont eu l’idée de nous le proposer à nouveau. Cela reste tout de même suffisant pour entamer une réjouissante extermination massive en des torrents de métal brûlant, de feu et se sang.

Les ennemis son assez variés, du simple zombie au démon le plus informe et rebutant. Ils ne se présentent à vos balles que de profil ou de face, mais ne nous moquons pas il sauront souvent se montrer aussi effrayants que vindicatifs.

To hell and back

Trêve de plaisanterie, je ne vous mènerais pas en bateau plus longtemps. Le jeu est limité tant au niveau du gameplay, que de la technique, qui relève ici de l’archéologie. Mais c’est tout ce qui fait son charme. Voir en 2011 une telle pépite, codé par des programmeurs plein d’avenir, bourrée de références à des titres plus anciens et pousser aussi loin le soucis du détail dans le délire retro-gaming fait vraiment plaisir. Si les pixels, le design auntédiluvien, la maniabilité rigide et l’imagerie gore et satanique font vibrer votre corde nostalgique, vous vous devez de posséder ce titre indépendant qui gagne à être connu.

DOOguy