Amnesia - The Dark Descent : les monstres + mon avis après l’avoir fini

Si vous ne l’avez pas terminé, je ne vous conseille pas de lire plus loin car je risque de dévoiler beaucoup d’éléments de l’intrigue ou du mystère (ou alors vous pouvez descendre la page les yeux fermés et juste lire mes impressions dans le dernier paragraphe). Si vous l’avez terminé ou que vous ne comptez de toute manière pas aller jusqu’au bout, vous pouvez lire la suite.

Pour chacune des trois fins apparait un code en bas de l’écran. En combinant les trois codes, on obtient “lke271tyr299odn314″, le mot de passe permettant d’ouvrir l’archive super_secret.rar dans le dossier du jeu.
S’y trouvent par exemple des concept arts sur les étapes progressives avant la version finale des monstres, des vidéos des premières versions du jeu, et surtout des premières présentations de game design, alors que le jeu semblait totalement différent : des éléments de conspiration en plus, d’autres types de monstres qui se comportent chacun de manière différente et qu’on doit appréhender de plusieurs manières différentes (il est possible d’en tuer certains notamment avec des pièges). Les monstres étaient alors principalement issus d’expériences dans le château et semblaient croisés avec des plantes.

Pour les monstres définitifs :

The Grunt, qui vous voit dans la lumière. Cachez-vous dans l’obscurité.

The Brute, qui vous entend. Ne courrez pas et restez immobile dans un coin.

The Shadow, de la biomasse rouge qui blesse et qui ne s’étend que sur ordre des scripts du jeu…

The water dwelling Kaernk, le monstre invisible qui ne peut vous atteindre que dans l’eau.

Maintenant, mes impressions sur le jeu…
J’ai surtout trouvé l’histoire très confuse et mal racontée. Je n’ai jamais vu aussi peu crédible que ces récits du héros éparpillés page par page dans les niveaux. Si au moins à la fin Alexander avait dit qu’il avait fait ça lui-même pour forcer Daniel à se souvenir, mais Alexander n’était même pas certain que Daniel avait bu la potion d’oubli, l’Amnesia. Il y a trop de storyline différentes racontées bout par bout dans tous les sens. Par exemple les écrans de chargement où il n’est pas évident de savoir à qui et à quel évènement la phrase se réfère. Difficile de différencier les flashback d’Alexander qui parlait au héros lors de la visite, ou le Alexander actuel qui parle au héros par télépathie ??? Et se rajoutent les flashbacks d’autres gens quand le héros arrive dans certains endroits. Les voix ne sont pas toujours très crédibles, notamment les prisonniers qui se font torturer et qui parlent comme si rien ne s’était passé. Et malgré toutes ces voix, les lieux sont désespérément vides d’humains.
En bref, une assez mauvaise narration.

Je ne me suis pas du tout impliqué dans la “nouvelle vie” du héros comme le voulaient les développeurs. Pour moi, on jouait Daniel, point barre. Les flashback et Alexander étaient là bien assez souvent pour me le rappeler.

Il manque aussi énormément d’explications. On n’apprend pas ce que sont les monstres ni ce qu’ils font là. La Brute et le Grunt semblent être des Gatherers qui enlèvent des gens pour les expériences d’Alexander, mais on apprend aussi qu’il avait chargé des gens pour le faire (ceux qu’il tue avec du vin empoisonné) ou qu’éventuellement il avait récupéré des gens lui-même avec l’aide de Daniel. Aussi, qui déplace les cadavres ?
The Shadow semble garder l’orbe, mais d’ici la fin que je comprenne que c’était juste la biomasse, j’avais d’abord crû que c’était un des autres monstres du jeu.
Le Kaernk, lui, m’a totalement convenu : une créature d’un autre monde, qui pour moi rentrait plus que les autres dans un univers à la Lovecraft. Il mettait bien la pression, et le divertir en lançant des restes d’humains était malsain à souhait. Dommage qu’on le rencontre si peu, LE passage où on le rencontre (qui comprend encore quelques scènes après la démo) représente le point culminant de la terreur et mon expérience de jeu la plus intense. Après, chaque passage avec un peu d’eau me rendait très reluctant à avancer…
Le Grunt et la Brute, au début ils sont bien, mais à force ils ne font plus d’effet. Il aurait fallu d’autres monstres nouveaux avec des mécaniques de jeu différentes (comme le Kaernk), et le problème étant qu’après le Kaernk qui arrive assez tôt dans le jeu, il n’y a plus rien de vraiment intense.

En autres explications manquantes, Agrippa et Weyer arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe. Ils correspondent bien à l’imaginaire Lovecraftien de personnages voyageant dans les autres mondes, mais je trouve qu’ils ont été introduits très tard dans le jeu. Et quand Agrippa est en face du joueur, ça manque de beaucoup d’explications sur les éléments plus dans l’environnement quotidien du joueur.
Et ne parlons pas d’Alexander. Pourquoi veut-il aller dans l’autre monde ? Comment est-il immortel et télépathe ? Comment a-t-il conçu et commande-t-il les Brute et les Grunt ?
Pour comparer avec un jeu raconté de la même manière, je trouve que F.E.A.R. se débrouillait bien mieux, avec beaucoup d’éléments et d’indices qui étaient donnés et que le joueur devait raccorder ensemble pour comprendre ce qu’il s’est passé.

Au final, on dirait que le jeu devait être autrement, et que cette historie a été adaptée à la va-vite. La fin m’a vraiment laissé sur ma faim.

Pour terminer avec mes impressions générales sur le jeu :
De mes 7 heures de jeu jouées à petites doses de maximum une heure, j’ai bien apprécié l’ambiance et les premières rencontres avec les monstres. Rien que pour le Kaernk invisible je ne regrette pas mon achat. Par contre par la suite et au fur et à mesure que la fin approchait, j’ai trouvé la narration complètement confuse, les mécaniques de jeu redondantes et qui peinaient à se renouveler. J’ai aimé ce jeu, je trouve juste dommage de ne pas être allé plus loin et d’avoir eu l’impression de n’avoir pas fait ou vu grand chose de différent tout au long de ces sept heures. Et la fin, si au niveau de la torture ça montait crescendo et que le jeu présentait quelques salles bien sadiques, au niveau du reste du malsain, de l’intensité de jeu et de la montée du fantastique, c’était très décevant, avec notamment le problème des monstres qui ne se renouvelaient pas et des explications qui manquaient.
Après avoir lu les documents sur les premières versions du jeu, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que ça avait l’air mieux.

Une expérience originale avec des temps forts uniques par rapport au reste des jeux vidéo, mais une dernière partie décevante.

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8 commentaires pour “Amnesia - The Dark Descent : les monstres + mon avis après l’avoir fini”

  1. rgk dit :

    Vidéo d’un gars qui essaye de passer outre un script, avec une façon de traiter le monstre assez rigolote !

  2. Douceur dit :

    J’ai eu un peu le même ressenti que toi pour l’histoire. Il y avait du potentiel, mais le scénario est tellement haché et éparpillé qu’on est vite perdu.

    La fin m’a également déçu, mais je m’attendais beaucoup à quelque chose dans ce goût-là, donc je n’ai pas trop souffert.

    Autrement, une sacrée bonne expérience de jeu. On n’y joue qu’une fois, certes, mais tout de même !

    Edit : bien marrante, la vidéo.

  3. GrOCam dit :

    tout le contraire, vaguement intéressé au debut milieu, et totalement scotché vers la fin.. niveau histoire ambiance & immersion

  4. Austerlitz dit :

    J’ai personnellement adoré l’expérience mais c’est vrai que le jeu souffre de nombreux défauts: le château bien vide et peu crédible, la narration hachée et artificielle (Daniel qui sème son journal intime dans tout le château), les interventions des monstres perdent vite en intensité à partir du moment ou l’on comprend comment les éviter, la présence à mon sens un peu inutile d’Agrippa, le final approximatif…

    Par contre l’ambiance général est excellente, certains passage véritablement éprouvants (je vois bien ce que tu veux dire à propos du kaernek, j’ai flippé dans le réservoir juste pour trois pas dans la flotte), et le scénario très lovecraftien est relativement bon une fois qu’on dépasse la narration peu réussie du jeu.

    Je me dis surtout que le jeu aurait pu être bien meilleur en améliorant quelque détails (par exemple le flash blanc dès qu’on entend des voix qui nuit beaucoup à l’effet de surprise et ne sert à rien) mais ca reste à mon sens un excellent survival horror.

  5. crim dit :

    pour moi surement le jeu de l’année. Jamais un jeu ne m’a autant fait flipper. Aussi bien les passages dans l’eau en se demandant si le kaernk aller me tomber dessus (surement la plus grande réussite du jeu) mais aussi les lieux (la prison est sont obscurité qui donne pas envie d’avancer, la morgue, les salles de torture). Ensuite il est vrai que la narration n’est pas le point fort (entre les pages du journal intime, les flashbacks et les messages de l’écran de chargement, on est vite perdu)

  6. jewok dit :

    Entièrement d’accord avec toi, le jeu a vraiment beaucoup de potentiel, mais en l’état je l’ai vraiment trouvé assez inégale. J’ajouterais que l’ambiance, et les éléments pour la faire vivre (flashback, sons, etc …) étaient relativement classique et prévisible.
    Perso mon intérêt à décroisés au fur et à mesure du jeu. Faut dire que je l’ai fait d’une traite. Par contre le monstre de l’eau envoie du lourd, c’est vrai qu’après je flippais dès que j’avais un pied dans l’eau, monstre ou pas monstre, et ça c’est une réussite. Un bon jeu d’horreur doit faire peur même lorsqu’il n’y a “rien”, c’est là que ça deviens éprouvant pour le joueur, et de ce point de vu là, c’est une franche réussite.

  7. Austerlitz dit :

    Au fait j’ai trouver ça sur les internets:

    http://www.megaupload.com/?d=37YN44RF

    Ca éclaircit certains points de l’histoire et c’est pas trop mal foutu.

  8. T0Y dit :

    Il y a des discutions intéressantes sur les forums steam du jeu pour les anglophones. Notemment sur les origines des monstres. et sur l’histoire aussi.
    http://forums.steampowered.com/forums/showthread.php?t=1432073

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