Spore : un modèle d’évolution ?


L’image qui illustre les trois-quarts des articles de Spore, EA ©

Spore, s’il a fait couler pas mal d’encre numérique sur ses discutables qualités en tant que jeu et sur ses DRM n’autorisant qu’un nombre limité d’activations, il a aussi alimenté le débat entre créationnisme et évolutionnisme aux Etats-Unis, où le mouvement créationniste est étrangement fort.

En effet, pour certains illuminés il est amoral de présenter cette hérésie aux enfants, et d’un autre côté certains articles scientifiques félicitent Spore (je ne trouve plus les sources).

Les scientifiques sont donc contents de l’évolution proposée par Spore, mais elle n’est pas juste.

Il existe en fait deux théories principales de l’évolution, le Lamarckisme (selon Lamarck) et le Darwinisme (selon Darwin).

Intuitivement, vous vous doutez bien que Darwin est sorti vainqueur, et pourtant il semblerait que plus de personnes croient au Lamarckisme (souvent sans s’en rendre compte).

Je vais expliquer ces deux théories (en les vulgarisant, normalement c’est quand même bien plus complexe et précis) avec l’exemple classique des girafes, et les mettre en perspective par rapport à Spore.

Le Lamarckisme

Les êtes vivants s’adaptent à leur environnement.
Par exemple, une girafe va tenter d’attraper des feuilles plus hautes, et son cou va s’agrandir.
Cette girafe apprend un nouveau caractère, ce caractère sera transmis à sa descendance.
Ce modèle est intuitif, et c’est celui auquel pensent la plupart des gens. Même pas mal de scientifiques…
Si vous hésitez encore, imaginez que si c’était la réalité les enfants des culturistes (bodybuilders) seraient particulièrement costauds à la naissance !

C’est le modèle utilisé dans Spore, à quelques exceptions près. Mais il est au cœur de Spore. En effet, à chaque fois que vous évoluez, vous choisissez quel caractère vous gagnez. Vous pouvez passer de pacifique à une créature équipée pour l’attaque si vous le souhaitez, c’est à dire si vous estimez que votre environnement l’exige.
Les quelques dérogations à ce modèle : d’une part, le fait que votre évolution n’est accessible que pour un nouvel individu, au stade de l’œuf, alors que pour Lamarck c’est acquis directement sur l’individu. D’autre part, le fait que quand vous arrivez au stade final de l’évolution, vous ne pouvez plus retoucher votre créature, alors que selon Lamarck la créature perdrait par exemple ses acquis guerriers, remplacés par les outils.

Le Darwinisme

Tout le monde connaît cette théorie, mais peu l’ont vraiment comprise.
L’être vivant ne s’adapte pas à son environnement en choisissant la direction de son évolution. C’est une modification au hasard, qui va soit lui être profitable, soit le gêner. Mais ça ne suffit pas pour évoluer, il faut aussi que ça lui offre des chances de survies suffisamment supérieures pour que ses descendants prennent peu à peu l’avantage sur les autres, par exemple si l’environnement change et que seuls ceux qui ont un certain avantage peuvent survivre.

Dans le cas des girafes, ce sont les arbres qui ont grandit (d’après les fossiles nous avons pu être témoins de cette évolution coordonnée). La plupart des girafes, ne pouvant plus atteindre les feuilles, sont mortes. Mais certaines, par hasard, avaient le cou plus long. Ça aurait pu tomber sur une capacité à sauter haut par exemple, mais le hasard a fait que certaines girafes avaient le cou plus long. Ça aurait pu ne pas arriver et elles seraient toutes mortes. Mais, certaines ont survécu en ayant un cou plus long et ont refondé la population.

C’est ça la théorie selon Darwin : l’évolution, ce sont des mutations par hasard, qui rendent les individus un peu différents. Soit c’est mauvais et ça les tue directement, soit c’est positif/neutre et ça ne reste qu’un caractère comme un autre (couleur différente par exemple), dans ce cas ça ne change rien. Mais si d’un coup l’environnement se durcit sur un certain caractère, seuls ceux qui par hasard seront avantagés pourront mieux survivre.

Et si en isolant deux populations, elles finissent par accumuler des différences chacune de leur côté et ne plus pouvoir se reproduire, une nouvelle espèce s’est formée.

Ce n’est donc pas le cas dans Spore. Si Spore respectait le Darwinisme, on aurait la situation suivante :

Certaines des créatures mutent par hasard. Il n’y a que si cela donne un avantage contre l’environnement, alors que les autres sont en mauvaise posture, que la nouvelle direction prendra le pas sur les anciennes créatures. Par exemple, le joueur a plusieurs créatures similaires avec quelques différences par ci par là. Une horde de prédateurs attaque les créatures. Et c’est le massacre. Mais peut-être que certaines auront un avantage qui leur permettra de survivre, par exemple une qui court vite parvient à s’enfuir. Une qui produit du poison et empoisonnera ceux qui la mordent. Une qui se défend suffisamment bien pour vaincre son agresseur. Une qui a une carapace suffisamment épaisse pour ne pas se faire manger.
Et cette créature qui s’en sort recréera une population, définissant la nouvelle direction prise par l’évolution de cette espèce.

Pour une évolution, il faut donc des variations entre les individus, sélectionnées par une pression de l’environnement.

En conclusion

Non, Spore ne respecte pas la théorie de l’évolution selon Darwin. Si des scientifiques soutiennent Spore, ça peut par contre s’expliquer par la prise de position dans le débat contre le créationnisme (qui est une hérésie de la science, on a suffisamment de preuves et de datations rigoureuses). Aussi, même si Spore fait plus l’apologie du Lamarckisme, on ne peut pas tellement lui en vouloir.
Après tout, Darwin s’est basé sur les travaux précurseurs de Lamarck avant lui, et même maintenant, la théorie de l’évolution selon Darwin reste très difficile à saisir. Déjà croire en Lamarck c’est un bon pas. Mais le problème pour saisir Darwin, c’est surtout que l’homme a du mal à imaginer ça car il se focalise sur une période courte, et qu’il faut pas mal de générations voir des centaines ou des milliers d’années pour que l’évolution se fasse (pour l’apparition d’une mutation, puis pour qu’une pression de l’environnement la sélectionne).
Et puis de toute façon, Spore est un jeu, il ne faut pas perdre l’aspect ludique, et ça reste plus amusant de personnaliser sa créature suivant ses désirs que se les faire imposer par hasard, même si ça pourrait donner un jeu intéressant en soi.

40 commentaires pour “Spore : un modèle d’évolution ?”

  1. Xav.H dit :

    La religion ça rend con.

  2. divide dit :

    Article intéressant, ca m’avait effectivement "dérangé" qu’on puisse choisir ses caractéristiques dans Spore (alors que Darwin toussa)…

  3. Hysterxxx dit :

    BS

    M’enfin tout était écrit dans le coran, ils avaient tout prévu, c’était joué d’avance…

    Si si, je l’ai vu sur dailymotion l’autre fois.

  4. MrCarton dit :

    En effet, intéressant, merci.

  5. wata dit :

    "il semblerait que plus de personnes croient au Lamarckisme"
    ca m’étonne, ca parait bien fumeux comme théorie ; en tout cas on apprend que le darwinisme au lycée -du moins c’est l’éducation que j’ai eu à l’époque

  6. Anonyme dit :

    super les petits dessins pour bien expliquer les 2 théories en 3 images.

    sinon le pire dans ce débat c’est les partisans du "design intelligent" qui se parent de tous les atours scientifiques possibles pour essayer de démontrer l’indémontrable et le religieux ce qui est contraire à toute démarche scientifique

  7. Wild_Monkey dit :

    C’est des conneries tout ça. C’est Noé qui a sauvé les girafes du déluge.

    Très intéressant l’article.

  8. Lapinbleu dit :

    Il y a eut pas mal d’expériences qui, à une époque, apportaient des "preuves" au Lamarckisme. Evidemment, les détracteurs darwinistes ont bien craché sur ces idées.

    Finalement Spore, c’est vraiment un jeu créationniste. Aucune évolution. On ne fait que choisir du début à la fin ce que deviendra notre espèce.

  9. rgk dit :

    Il y a eu une expérience toute simple pour démonter le Lamarckisme.

    Ils ont coupé la queue de souris, générations après générations.

    Et au final, la queue repoussait toujours.

    C’est normal : ce sont les gènes qui guident notre développement, pas de modifications dans les gènes, pas de programmation différente. Mais à l’époque ils pensaient aussi que le support de l’information génétique ce sont les protéines (= le phénotype, ce qui est visible) et non l’ADN (= le génotype).

    De toute façon, si on veut, on aura beau essayer de se concentrer très fort, on arrivera pas à allonger nos bras de un mètre. Et le fils d’un culturiste ne naîtra pas avec de gros muscles déjà formés.

  10. ShootingStar dit :

    Allonger le bras, quelle idée saugrenue.

  11. rgk dit :

    Pareil pour la girafe qui a allongé son cou !

  12. moSk dit :

    "Déjà croire en Lamarck c’est un bon pas"

    Comprendre ce serait quand même mieux, surtout que qu’en comprenant tu peux aussi comprendre pourquoi Lamarck a tort et Darwin raison. Croire en une théorie scientifique ça revient au même que de croire en dieu (et que dire de croire en une mauvais théorie)…

  13. MrFoufouyou dit :

    Vous avez lu le blog anti-spore de l’autre cinglée ?

    Ça me fait gerber, réellement, comment DE NOS JOURS, peut on garder des croyances aussi primitives, c’est flippant.

  14. SethDeNod dit :

    Oui mais les nazis dans tout ça hein?

    Et sinon une persistance phénotypique peut pas à terme s’exprimer sous forme de mutation génétique?
    (Soit sympa avec moi si je dis une grosse connerie, j’ai arrété la bio en première et ça date.)

  15. rgk dit :

    @moSk >> Bonne remarque, mais j’ai un peu du mal avec quand même. On (=les non initiés; le commun des mortels) n’arrive pas forcément à comprendre bon nombre de théories scientifiques (surtout en physique), et pourtant on y croit. Ce qui laisse des pistes pour être intuitivement dans le vrai. Comprendre, c’est plus aux scientifiques de faire ça… et ensuite croire quelque chose de prouvé.
    Enfin on part dans le domaine du lexique, et ce n’est pas trop ma tasse de thé !

  16. rgk dit :

    @SethDeNod >> Une persistance dans le phénotype oui ça s’explique par une différence génétique (si j’ai bien compris ce que tu penses derrière persistance dans le phénotype). Ce que tu appelles mutations s’apparente alors à un allèle différent d’un même gène. Une version différente (issue d’une mutation oui). Il y a alors plusieures versions/allèles qui se baladent dans la population.

  17. divide dit :

    @MrFoufouyou/RGK: en fait le blog de l’illuminé est un fake.

  18. rgk dit :

    Aha sympa le rickroll.

    Enfin je pense que si il voulait tourner en dérision les créationnistes, il a plutôt rajouté de l’eau à leur moulin…

  19. LeGreg dit :

    Spore n’explique ni n’est un argument pour/contre aucune théorie. C’est un jeu.

    Dans AD&D on tire ses persos au dé. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne dans la réalité. Incroyable.

  20. rgk dit :

    Cf la dernière ligne de ma conclusion \o/

    C’était plus pour aborder l’évolution/des idées préconçues, et un peu les enjeux que ça prend, que pour critiquer Spore.

  21. Mawwic dit :

    Sympa l’article.

    La principale faille dans le raisonnement de Lamarck, c’est que pour être transmis à la descendance, la mutation doit effectivement se traduire dans les gènes, et notamment, si je ne m’abuse, dans ceux présents dans les cellules sexuelles nécessaires à la reproduction. Sinon, ça reste un cas isolé qui ne se transmettra pas à la génération suivante.

    Bon, forcément, comme on ne connaissait pas vraiment l’ADN à l’époque, on peut pas trop en vouloir à Lamarck de s’être planté…

    Sinon, je pense que l’amalgame qui est fait en général entre darwinisme et lamarckisme vient en grande partie de la trop faible insistance sur le rôle prépondérant du milieu, lors de l’enseignement des théories de Darwin.
    C’est ce milieu qui fait que la mutation que possède machin - qui pourrait tout à fait être un désavantage dans un autre environnement - va constituer un avantage comparatif qui facilitera sa survie ainsi que celle de ses semblables dans un milieu donné.
    La mutation elle-même, au final, n’apporte qu’un avantage relatif; contrairement au milieu, qui lui donne tout son sens.

    En d’autres termes: il serait bon de rappeler que la théorie de l’évolution ne parle pas que d’évolution des caractéristiques génétiques, mais articule au contraire cette dernière avec l’évolution, tout aussi essentielle, du milieu, qui est loin d’être figée.
    Dès lors, l’évolution n’apparaît plus comme quelque chose d’absolu, un progrès prenant la forme d’une courbe linéaire vers une forme de vie toujours plus évoluée; mais plutôt comme un réajustement constant de l’espèce aux paramètres changeants du milieu dans lequel elle évolue.

  22. JiHeM dit :

    "il faut pas mal de générations voir des centaines ou des milliers d’années pour que l’évolution se fasse (pour l’apparition d’une mutation, puis pour qu’une pression de l’environnement la sélectionne"

    Ça peut aussi être beaucoup plus rapide si la pression de l’environnement est très forte non ? Cf l’exemple scolaire classique du phalène du bouleau qui "noircit" (en réalité qui devient prédominant par rapport à la version blanche) à grande vitesse avec la révolution industrielle.

  23. rgk dit :

    Ce que je voulais dire par évolution lente, c’est que ce genre de perturbations de l’environnement ne sont pas si courantes, et qu’il faut qu’une mutation soit déjà présente dans la population pour que ça marche. Et qu’obtenir une mutation qui pourrait donner un avantage dans des conditions très précises, ça prend énormément de temps.

    Par exemple, si tous les phalènes étaient blancs, ils n’auraient pas noircit lors de la révolution industrielle. C’est parce que leur population présentait déjà des modèles noirs, adaptés au camouflage industriel (et moins nombreux avant ils se faisaient repérer plus facilement par les oiseaux).

    En faisant l’hypothèse qu’ils sont tous blancs et que la révolution industrielle arrive (cad, ils ne sont pas adaptés), il faut un temps énorme avant que par hasard il y en ait un qui se décide à devenir noir et soit adapté au nouvel environnement.

    Mais si la mutation est déjà présente, et que soudainement un changement écologique la sélectionne, c’est plus rapide oui.

    (Attention plus compliqué :

    à savoir aussi que dans le cas des phalènes, il n’y a pas eu de création d’une nouvelle espèce. Le blanc réapparaît de temps en temps, et les populations sont toujours interfécondes. Ça n’est qu’un allèle différent, et ça n’a jamais posé de problème.

    Pour créer une nouvelle espèce, il faut en réalité qu’elle ne soit plus interféconde avec la précédente, et en général ça se fait parce que le caractère qui a procuré un avantage était présent sur un génome "déformé" par rapport à la population normale. Donc avant de bénéficier de son avantage, ça donnait un défaut de fécondité. Mais ensuite, l’avantage arrive à compenser le défaut de fécondité et le sélectionne, et petit à petit la population prend ce nouveau génome car l’individu survit mieux et donne plus de descendance. En général, l’interfécondité est toujours possible mais pas dans tous les cas. Il faut une 2e grosse mutation sur le génome de la nouvelle population pour que l’interfécondité devienne impossible, et qu’on ait deux espèces. (Autres possibilités existent, par exemple différence mécanique de taille, différence moléculaire de l’interaction spermatozoïde-ovule, etc)
    On va pas demander à tout le monde de comprendre ça en plus de l’évolution :)

  24. Anonyme dit :

    la vitesse de l’évolution dépend aussi de quel gène/facteur on parle.

    Pour le phalène, le changement de couleur doit être codé sur un gène, l’une des couleurs étant sans doute issu d’un gène récessif. De cette manière, quelle que soit la couleur dominante des individus (mettons blanc), le caractère génétique pour le "noir" est toujours relativement fréquent dans la population.
    On doit donc avoir, fréquemment, des papillons noirs, mais le caractère particulièrement discriminant de cette couleur vis à vis du milieu (i.e. Neuilly…dsl trop facile) fait qu’ils sont normalement directement bouffer.

    Donc le moindre changement du milieu qui donnerai l’avantage au phénotype noir permettrait à celui ci de s’imposer en quelques générations.

    Alors que, par exemple, pour qu’un humain développe des branchies, il faut un lourd remaniement du code génétique. Et qui dit lourd dit dangereux et impossible en une seule génération (sauf avec Kevin Costner).

  25. ap0 dit :

    Sympa l’article.

  26. FredoxNF dit :

    Sympa en effet mais je me demande si les devs de Spore se sont inspirés d’un quelconque modèle/théorie pour créer leur gameplay. Il y a eu des interviews à ce sujet ou tout le monde s’excite un peu pour rien ?

  27. ShootingStar dit :

    Tu n’as pas compris mon allusion >_>

  28. DwayneHicks dit :

    J’ai un peu de mal à comprendre comment l’animal fait pour s’adapter "physiquement", en gros dans l’exemple comment la girafe fait pour se dire "Il faut que je chope un cou plus long"…

    De plus l’aspect génétique n’arrange pas le théorie de Lamark, on fait presque complétement disparaitre le rôle des mutations dans l’évolution.

    Ensuite un exemple encore plus con: En Angleterre dans je ne sais plus quelle région il y avait 2 type de papillons (clairs et sombres), au moment de l’industrialisation les arbres de la région ont changé de couleur du fait des rejets des industries, les papillons sombres se sont retrouvé avantagé du fait de leur camouflage qui les cache de leurs predateur.
    Les deux espèces existaient mais il y a eu une inversion dans l’espèce selectionnée.
    Si on admettait le lamarckisme on aurait une espèce de papillon (clairs) qui devient sombre pour s’adapter or on avait les deux.

    J’irai quand même poser la question à mes profs, à mon avis les deux peuvent très bien avoir raison.

  29. Anonyme dit :

    c’est la mer qui prend l’homme, ou la mère qui prend l’homme
    Moi la mer elle ma pas prise

  30. moSk dit :

    Y plusieurs niveau de compréhension. Je comprend globalement comment fonctionne un PC mais je ne suis pas informaticien, de même je peux comprendre les implications générales d’une théorie de l’évolution où l’adaptions au milieu sélectionne les indiv sans pour autant avoir des connaissances en bio très étendues etc

  31. Syla dit :

    A noter que l’on pourrait très bien créer un jeu parfaitement darwiniste, mais il faudrait pour cela agir sur l’environnement, et non les bestioles. Et posséder un très grand nombre de celles-ci, histoire d’avoir un potentiel génétique suffisamment grand.

    On augmente la taille des arbres, et hop: seuls les plus grands survivent. On attend un peu que ça se reproduise et on change un autre critère, etc… Le truc marrant, c’est qu’il y a de grandes chances de ne jamais obtenir une espèce intelligente.

    Y’avait un mini-jeu basé sur le jeu de la vie, où on pouvait faire vivre et sélectionner des bactéries, exactement comme ça. Moins de sucre dans le milieu: on sélectionne les bactéries les plus efficaces énergétiquement, etc… vais essayer de le retrouver.

  32. Lapinbleu dit :

    @rgk tu réduits vraiment fortement le Lamarckisme là, ça va beaucoup plus loin que ça.

    Là tu imposes quelque chose à l’animal.

  33. SPTX dit :

    c’est sympa de lire un article interessant de temps en temps.

  34. Skritz dit :

    Article très intéressant, merci. J’ai appris des trucs, ça fait du bien des fois :)

  35. KickMe dit :

    Spore n’a rien d’évolutionniste, puisque c’est le joueur-dieu qui décide de toutes les modifications.

    Un article en anglais (qui renvoie sur des posts de forum) qui cause de pourquoi Spore a été rendu plus "mignon" et moins scientifique : http://www.1up.com/do/newsStory?cId=3171021

    Un gros gâchis :(

  36. rgk dit :

    par DwayneHicks
    Mardi 25 novembre 2008 à 22 h 39
    J’ai un peu de mal à comprendre comment l’animal fait pour s’adapter "physiquement", en gros dans l’exemple comment la girafe fait pour se dire "Il faut que je chope un cou plus long"…

    Ce n’est justement pas l’animal qui s’adapte physiquement par lui-même.

    C’est par exemple une girafe qui naît avec les gènes contrôlant le développement de la taille du cou différent, et elle aura le cou un peu plus long que les autres. Par hasard, ça n’était pas du tout voulu. Seulement, comme les arbres ont poussé plus haut, les autres meurent de faim, alors qu’elle, elle arrive à manger plus haut. Le cou n’est pas encore beaucoup plus haut, mais au fur et à mesure par exemple le gène est amplifié et le cou toujours plus haut permet un avantage.

    A la base, la girafe n’a rien choisi, elle subit ses gênes. Si par hasard le cou n’avait pas augmenté, elle serait restée sur le carreau de l’évolution et aurait disparu.

    Néanmoins, l’évolution ne nécessite pas forcément la mort d’une espèce pour en devenir une autre, il arrive souvent qu’on ait plusieurs embranchements à partir d’une même espèce, par exemple isolées dans différentes régions et subissant la sélection de chaque région séparément, donnant à terme plusieures espèces issues d’une seule et unique, qui peut avoir encore survécu. Après tout, les premiers animaux existent encore (éponges, méduses).
    Et il y a quand même eu plusieures catastrophes écologiques qui ont remodelé tout le paysage des espèces à travers l’histoire des êtres vivants.

  37. Ze_PilOt dit :

    Mais heu, le darwinisme n’explique pas pourquoi les girafes ont le coup long au départ.

  38. rgk dit :

    Nope, pour ça faut voir dans la génétique. (Enfin au départ départ, elles avaient un gabarit de chevreuil il me semble. Et pas de long cou)

    En fait, si par exemple on touche un gène du développement d’une drosophile (animal modèle en génétique), on peut lui faire pousser des pattes à la place des antennes. En fait, les antennes dérivent à l’origine des pattes, mais leur gène a été (dupliqué puis) modifié. Une modification par hasard qui leur a valu des antennes, issues du gène des pattes.

  39. Anonyme dit :

    Comme ca stagne un peu et que certains semblent penser que "croire" À Lamarck c’est un peu comme croire à l’astrologie, quelques précisions qui montrent que les deux théories peuvent coexister et que l’effet "Lamarckien" est parfois le seul à pouvoir expliquer certains phénomènes :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_synthétique_de_l‘évolution
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Épigénétique
    http://en.wikipedia.org/wiki/Lamarckism

  40. Spore, un simulateur de vie | Jeux Numériques Epistémiques dit :

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