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The Hidden

Dimanche 22 juillet 2007

The Hidden Source est un mod (gratuit) pour Half-Life 2 (payant). (instructions d’installation en fin d’article)

C’est un FPS multijoueurs exigeant et très stressant/flippant dans l’esprit predator/aliens.

Le jeu se déroule sous forme de rounds, et les spectateurs peuvent suivre les caméras embarquées par les joueurs IRIS ou les caméras fixes dans quelques endroits de la map.

L’équipe d’intervention (les IRIS) doit chasser le sujet d’expérimentations qui s’est échappé. Ce personnage, seul contre tous, s’appele le hidden. On se demande finalement qui joue le rôle de la proie ou du chasseur…

Voilà un screenshot du hidden :

Vous voyez le problème ? Il est invisible, et seule une légère distorsion trahit sa présence.
Je vais l’accrocher au pointeur laser pour que vous puissiez mieux le voir :

Les IRIS ont pour eux le nombre et les armes à feu.

Mais rien n’est vraiment là pour les aider : pas de viseur, le seul moyen est de mettre un pointeur laser, ce qui permet évidement de les repérer plus facilement, et de voir où ils regardent.
Pas de grenades, tout au plus une alarme sonore qui se déclenche quand quelque chose traverse son faisceau.

Comme dans les films d’horreur, un homme qui part seul a peu de chances de survivre.

Comme dans les films de SF, une fine équipe peut se faire massacrer en quelques secondes.

D’autant plus que, comme dans le genre de films ci-dessus, le hidden dispose des moyens permettant de monter la pression.
Moteur physique Havok oblige, le hidden peut soulever et transporter des objets.
Il pourra ainsi recréer un décor macabre…

…ou jouer au Poltergeist en transportant des objets. (observez le moniteur tout à droite de l’écran)

Ca ne sert pas qu’à faire joli, puisqu’en plus le hidden peut blesser quelqu’un en lançant les objets.
Ainsi, une fois j’ai achevé le dernier IRIS en lui balançant un globe terrestre à travers le hall d’un château (cf 5 screens plus loin). Et mess adore tripoter les bidons, il a déjà écrasé pas mal de monde comme ça. Spam_One, lui, joue à trainer les corps et les accrocher un peu partout pour décorer…
L’avantage, c’est que si on voit un cadavre léviter, ça permet de repérer le hidden et de le tirer plus facilement.

Pour abattre le hidden, il faut être attentif au moindre mouvement suspect, au moindre son de couteau ou chuchottement, aux objets renversés, etc.
Par contre, il faut faire attention aux jets de vapeur ou de chaleur qui entrainent le même genre de distorsion que le hidden, ce qui est idéal pour terroriser un joueur à bouts de nerfs.

Abattre un hidden est véritablement gratifiant…

L’ambiance du côté IRIS rappele beaucoup les films Aliens ou Predator, avec des marines suréquipés mais pris au dépourvu par une menace invisible, qui tirent dans tous les sens en hurlant, stréssés, à cran…
Les répliques du jeu sont pas mals non plus : “If it bleeds, we can kill it”
“He is one ugly motherfucker!”
ou, encore pour monter la pression, les répliques du hidden : “I see you” “Look behind”

Côté hidden, les techniques de combat sont le coup de couteau, simple, rapide, mais tue en quelque coups, les grenades (ce qui est surprenant, c’est qu’une équipe d’intervention à la pointe de la technologie n’ait pas de grenades, mais qu’un rigolo en pyjama en possède), en sachant qu’en plus de blesser, les explosions troublent la vision des victimes, et il a aussi un coup de couteau spécial (le fameux pigstick), qui n’est pas instantané (le hidden doit se préparer quelques secondes), qui fait du bruit (le hidden chuchote), mais tue en un coup et explose la victime. Une sorte de fatality, considéré comme du lame lorsque peu d’IRIS sont en jeu.

Le hidden peut en outre s’accrocher temporairement aux murs par l’intermédiaire de grands sauts, ce qui permet de surprendre les IRIS en restant au plafond ou de les attaquer par un autre côté.

Pour repérer ses proies, il dispose d’une vision thermique, dont la portée n’est pas infinie, mais qui traverse les murs.

Pour parfaire le tout et rendre encore plus glauque, il peut se nourrir dans les cadavres (non pigstickés ou non grenadés) pour regagner quelques points de vie.

C’est donc une belle petite saloperie, à mi-chemin entre l’alien et le predator, dont les avantages (énormes) ne sont compensés que par sa fragilité et les joueurs attentifs qui ont l’œil.

En fait, c’est presque aussi stressant de jouer hidden que de jouer IRIS. Il faut se cacher, progresser doucement à l’aide de la vision thermique, sprinter quand on est repéré, faire attention à ne pas se faire surprendre à découvert ou au détour d’un couloir, etc.

Encore plus dans l’ambiance, avec d’autres crétins de NF qui aiment jouer ensemble en multi sur pas mals de bons jeux/mods, le soir on se rejoint sur le chan, on lance TeamSpeak et nos micros, et c’est parti pour plusieures heures de fun.
Mais comme le jeu est très stressant, parfois pour se détendre il se passe des choses bizarres…

…ou des réglements de comptes entre “coéquipiers”…

…ou BalrogAlastor qui arrive quand il n’y a plus de skins de visages IRIS disponibles

(Pour la “pyramide”, a première vue ça peu être très efficace puisque ça couvre tous les alentours et que c’est lourdement armé, mais en fait on était tellement occupés à se marrer qu’on s’est fait massacrer avant même de comprendre ce qu’il s’était passé. Do not try at home.)

Pour installer le jeu :
Déjà, il faut HL² et steam. Apparement, ça marche avec HL² DM acheté sans HL².
Ensuite, il faut télécharger le Beta Client Installer, le lancer et installer les fichiers là où il le demande (merci steam…).
Il faut alors lancer steam, et si on essaye de lancer Hidden, il va installer le Source SDK.
Une fois terminé, il ne reste plus qu’a lancer le jeu, régler à sa guise les touches/options video (sans oublier le menu Advanced), quitter le jeu et steam, puis relancer (parfois ça buggue sinon), et c’est bon.

(Edit : maintenant il y a la demo
Et pour intéresser vite fait ceux qui n’aiment pas les RTS en général, dans celui ci il n’y a pas de bases, pas de build order, pas de ressources à collecter, etc)

Malgré mon absence, je constate que personne n’a profité de la fin de la bêta et du nda pour parler un peu plus de ce jeu.

Pourquoi je vais le faire, moi ? Parce que la plupart des articles professionels décrivent les graphismes puis à peu près le système de jeu dans les grandes lignes, sans vraiment que ça ne traduise l’expérience du joueur.
Ensuite, parce que je milite pour les RTS sans construction de base, je veux être concentré sur la bataille, la micro, et non sur la macrogestion d’une base.

Bon par contre ma dernière partie remonte à longtemps, alors je ne me souviens plus forcément des termes exacts ni de pas mal de détails précis si vous me posez des questions.

Tout commence par une vue aérienne du théatre des opérations.

On choisit alors sa zone de larguage (respawn) dans la bordure du terrain allouée à notre équipe, on choisis les unités à acheminer, et on lance sa petite commande. Une communication radio confirme l’envoi, puis un petit moment après l’avion de transport signale le larguage des colis à l’endroit indiqué. Il faudra attendre que l’avion soit retourné de là où il vient pour pouvoir demander de nouveaux renforts, ce qui ne prend heureusement pas trop de temps.

Ah mais je ne vous ai même pas encore parlé du mode de jeu… et des particularités orientées action immédiate !

En fait, les parties sont souvent limitées à 8 ou 16 joueurs, soit plus que ce qu’on rencontre habituellement dans les RTS (4 ou 8 max). Ca correspond même à la limite maximum des FPS consoles héhé (this is a troll).

Niveau modes de jeu, n’ayant pas eu le temps de jouer quotidiennement à la bêta (les maps étaient souvent changées, mais chaque jour seulement 2 étaient jouables), je n’en ai remarqué que deux : une sorte de mode “conquest” où chaque équipe doit contrôler les points de contrôle sur la carte, et un mode “assault” où une équipe défend quelques points de contrôle, et l’autre équipe doit capturer les points le plus vite possible, puis les rôles changent.
Edit : vu dans le manuel, il y a aussi un mode de jeu avec une seule ligne de front étendue en longueur.

C’est un affrontement entre deux équipes, et les joueurs se répartissent dans les deux équipes. Tant qu’il reste de la place, même si la partie à déjà commencé, de nouveaux joueurs peuvent rejoindre l’affrontement en cours.

Les parties sont assez courtes, mais intenses et très bien rythmées, pas de temps mort alloué à la gestion des ressources et de la base.

Les joueurs au sein d’une même équipe choisissent leur catégorie/classe, à la manière d’un Battlefield/Wolfen:ET.
Il y a le support, avec l’artillerie, les véhicules de réparation et la DCA, l’infanterie, avec les anti-tank, snipers, anti-infanterie,etc, les véhicules blindés, avec des tanks lourds, moyens ou légers, les transports de troupe dont celui amphibie avec une mitrailleuse anti-air, la catégorie air avec différents types d’hélicoptères et leurs missiles anti-air ou anti-tank.

On choisit sa classe au début, mais rien n’interdit de changer en cours de jeu. Je ne vous cacherai pas que la victoire est souvent remportée grâce à une bonne complémentarité des classes, et des joueurs qui comprennent rapidement où les autres ont besoin de leur spécificité.

Les cartes varient entre les espaces urbains où l’infanterie peut rentrer dans les bâtiments (destructibles…), et les espaces découverts comme la rase campagne ou un puits de pétrole.

Pour commander des unités, pas de ressources mais un nombre fixe de points. On dépense les points en demandant une unité, et les points se récupèrent petit à petit quand une unité est perdue. Vous pouvez voir cette interface dans la partie supérieure droite du screen ci-dessous.

C’est là une force et un défaut du jeu. Le défaut, c’est qu’au final on ne se retrouve qu’avec moins d’une dizaine d’unités à contrôler.

Je ne sais pas si en jouant avec une plus petite limite de joueurs (je n’ai fait que du 16), les points restant sont répartis et permettent plus de troupes.
En tout cas, on n’a que quelques unités, mais malgré le respawn facilité, mieux vaut ne pas les perdre : plus elles font de dégâts et survivent, plus elles prendront du galon et seront bien plus puissantes. Mais vraiment bien plus puissantes, c’est une différence énorme. Par contre, toujours aussi fragiles… mieux vaut ne pas les perdre bêtement, par exemple en faisant passer ses hélicos vétérans au dessus d’une formation anti-air ennemie.

En haut à gauche, on obtient des points en fonction de nos actions sur le champ de bataille. Ces points permettent différents bonus, comme des raids aériens de différents types, des unités de renforts, etc

…ou bien une frappe nucléaire…

…au moins…

Le jeu reste fluide et agréable à l’oeil (pas fluide au début de la bêta) que l’on soit au loin ou que la caméra rase le sol.

Les combats se veulent réalistes, la physique est pas mal sans être aussi specaculaire que celle de CoH, la fumée est très bien rendue ainsi que les explosions.

La différence entre les différents béligérants (URSS, USA, NATO) n’est pas fondamentale (et difficile à repérer à l’oeil nu, des fois je ne savais même plus quel camp j’avais choisi) mais se fait sur quelques subtilités, comme par exemple dans la classe support soit des frappes d’artillerie sporadiques mais larges et dévastatrices, soit des frappes plus petites mais sous un déluge de missiles plus long dans le temps. Donc dans le 1er cas excellent pour nettoyer une postion, et dans le deuxième cas excellent pour faire un barrage continu.

Au final, c’est un très bon jeu, à la fois accessible, centré sur les combats, très dynamique, mais aussi réaliste, basé sur une bonne coopération des classes où chaque joueur n’est qu’un élément constituant une partie du tout, l’équipe.
On se rapproche d’un Battlefield en RTS.

Le jeu est très bien réalisé dans les moindres détails, et je n’ai pas constaté de quelconques problèmes.

On regrettera juste le faible nombre d’unités qu’un joueur peut contrôler, mais ça renforce le côté tactique et la prise de risques.

Le système de points, regagnés quand on perd une unité, fonctionne et remplace admirablement la gestion des bases et des ressources.

Quant à moi, je ne sais pas encore si je vais l’acheter vu que je préfère la SF, mais les sensations sont bonnes, proches des FPS multi de ce style. Et marre de la construction de bases :D

Bref, pas indispensable/blockbuster/etc, mais novateur, rafraichissant, bien maitrisé, très tactique en restant fun. Que l’on gagne ou perde, on a toujours du plaisir à y jouer (pas de frustration liée à l’impuissance de la destruction de sa base, dans les autres RTS)