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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

Archive pour février 2016

Avec la sortie de Firewatch, je me suis dit que j’allais relire l’un de mes anciens papier incomplet qui parle du film interactif. Je vous le rebalance légèrement enrichit de corrections.


Depuis quelques années l’industrie du jeu vidéo à vu se développer des jeux atypiques dans lesquels le gameplay est réduit à son plus simple appareil (non ça n’est pas sale). Ce sont des jeux dont on dit qu’ils ne sont pas vraiment des jeux vidéo mais plutôt des films interactifs car ils ont plus de rapport avec le cinéma ou avec un film.

Des jeux comme Proteus ou Heavy Rain, The Walking Dead, The Graveyard, sans oublier l’ancien Dragon’s Lair.

Ma réflexion est de me dire que personne n’a l’air d’être tout à fait sûr que ces œuvres soient des films interactifs (sans parler du sous-entendu péjoratif du terme). Donc je vous propose ma petite tentative d’explication du pourquoi du comment.

Et là Wikipédia arrive à ma rescousse en me disant que le film interactif est un type de jeu vidéo, sous-genre du jeu d’aventure.

Problème résolut : toutes ces œuvres font donc partie du genre des films interactifs et leur médium est le jeu vidéo.

Non mais si c’était aussi simple personne ne douterait, personne ne ponctuerait ses phrases de pas vraiment et de plutôt évasifs. Les phrases d’introduction des tests du monde entier ressembleraient à : « Voici le dernier jeu vidéo film interactif du studio Machin… ».

Mais c’est pas le cas, voyez.

Reprenons la phrase typique : Le jeu X n’est pas vraiment un jeu vidéo mais plutôt un film interactif, vu ses liens évident avec le Cinéma (vous reconnaîtrez ici une caricature de moultes tests d’Heavy Rain de Quantic Dream). Hola ! Doucement ! Alors on a le jeu vidéo, qui est un médium, ou un canal d’expression. Ensuite on a le film interactif, qui est un sous-genre de jeu vidéo. Et on a le Cinéma qui est un Art (un autre médium d’expression si vous préférez).

Si je retraduis la phrase elle devient : Cette œuvre ne fait pas partie du médium jeu vidéo, mais plutôt du genre film interactif (?) étant donné ses ressemblances avec l’Art cinématographique.

Il y a là une confirmation de notre confusion dans les termes.

Le film c’est quoi ? Selon mon Larousse, le film est un déroulement continu d’événements.

Qu’en est-il lorsque le déroulement d’événements est interrompu ? Lorsqu’il est en pause ? Et que c’est le spectateur qui décide de quand il l’est ?

On a un dispositif permettant d’interagir avec le film, le film devient donc littéralement interactif. En tout cas il devient possiblement interactif.

Le film interactif serait donc le dispositif qui nous permet de regarder un film « à la maison » car dans les lieux fait pour visionner des films on ne peut pas mettre pause ou éteindre la diffusion avant la fin (cinéma ou exposition pour la vidéo).

L’art vidéo serait celui disponible sur Youtube et formaté dans les expositions et les festivals. L’art cinématographe est, lui, limité à la salle de cinéma.

Le jeu vidéo (en tant que médium ou Art) est autre, car lié au « gameplay » mais c’est un méta-médium (c’est-à-dire qu’il est une agrégation de médiums). Et il autorise donc l’utilisation d’autres médiums comme le film (cinématiques) ou la photographie (dans les point’n click par exemple), combinés au gameplay. Le gameplay sous-tend une obligation d’interactivité. Cette obligation est en réalité ce qui différencie un film d’un jeux vidéo aujourd’hui, ni plus ni moins.

En conclusion soit on suit Wikipédia et on considère que tous ceux qui opposent Dragon’s Lair et jeu vidéo ont tort car Dragon’s Lair est juste un jeu vidéo du genre film interactif. Soit on considère qu’ils ont tort car Dragon’s Lair est un représentant du médium jeu vidéo (ou Art Vidéo-ludique), et n’a donc rien à voir avec un film (même si les codes de l’un peuvent servir à l’autre). Et cela au sens premier de ce qu’est un jeu vidéo.

Bien entendu ces deux choix ne sont pas exclusifs puisqu’ils ciblent chacun un champ différent : la question des genres et des catégories d’un médium, et la question d’appartenance à un médium plutôt qu’un autre.