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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

Archive pour janvier 2013

Test en fusion de Dishonored et de Far Cry 3: Des FPS aux allures d’oeuvres d’art

Dishonored et Far Cry 3 sont deux FPS (First Person Shooter) sorties fin 2012, ils sont aussi considérés comme les deux meilleurs FPS solo de cette année.


Pourtant ils sont bien différents, Far Cry 3 nous présente une paire d’îles du pacifique contemporaines dont les indigènes sont en guerre contre des pirates dans une ambiance foutraque entre Just Cause 2 et Far Cry (premier du nom).
Dishonored est situé dans la ville steampunk (huile de baleine powaaa) de Dunwall à l’architecture grandiose et surtout pourvut d’une direction artistique totalement à tomber par terre. Un petit air de cité victorienne noyée sous la peste et l’assassinat d’une impératrice et c’est parti.
L’un propose un gameplay bourrin qui permet de se la jouer en finesse si l’on veut. Comprenez par là qu’on peut enchaîner les backstabs au couteau.
L’autre possède un gameplay d’infiltration aux petits oignons et un armement à base de grenades et de mine-rasoirs vous transformant en machine de guerre sur demande.

Dit comme ça, on dirait que c’est pareil mais… Bon okay c’est pareil, les orientations marketings des deux titres ne sont pas les mêmes (l’un infiltration, l’autre plus classique) mais concrètement, passé leur habillage graphique et leur level design, ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau, tellement que s’en est flippant.

Et en fait la principale comparaison qu’on peut faire sur ces deux titres est que ce sont exactement et rigoureusement les mêmes. La raison numéro un à cela est qu’ils sont construits pour mettre en avant la liberté du joueur.
Far Cry 3 dispose d’un monde ouvert (deux îles) qu’on peut explorer librement. Il y a des camps ennemis à attaquer, du craft avec des animaux à cueillir et des plantes à chasser, des missions secondaires allant de la mini-quête fedex aux tables de poker et des missions faisant avancer l’histoire résolument bourrine et brainless, quoique porteuse d’un début de réflexion intéressante.
Dishonored c’est pareil mais en infiltration et réalisé par des français. On a ainsi une succession de missions se déroulant chacune dans 4 ou 5 maps agrémentées de quêtes annexes, de trucs à voler pour se faire de la tunes, de runes à chasser et de charmes à cueillir. Chaque map est largement ouverte pour permettre de varier les approches, et comme pour Far Cry 3, le « super-héros » que vous êtes a à sa portée un armement suffisamment lourd pour que vous puissiez gérer les situations comme ça vous chante (et aussi que vous vous rattrapiez en cas de foirage de votre plan d’attaque).
Le joueur peut donc planifier ses stratégies.

Et c’est la grande réussite de ces deux jeux, qui derrière un scénario somme toute bateau nous proposent un gameplay très réjouissant et gratifiant.
Mais Dishonored reste un jeu facile si vous usez et abusez des pouvoirs, tout comme Far Cry 3 en abusant de snipes silencieux et de sulfateuses.
Et malgré le formidable univers de Dunwall et ses personnages (ha le cœur), et malgré l’envoûtante Citra, le double discours narratif et les possibilités loufoques de Far Cry 3, le joueur lambda aura tôt fait de consommer le tout sans, quoi qu’on en dise, y réfléchir. Tandis que le joueur de FPS aguerri se mettra des petits défis pour augmenter un peu son plaisir de jeu.
Ainsi la liberté est laissée au joueur de jouer comme il l’entend, d’être créatif ou non, d’augmenter la difficulté en se passant de certains pouvoirs ou de certaines armes ou bien d’y jouer mainstream sans se poser de questions.

Les deux jeux ont une différence majeur (on compte pas la palettes de couleurs et autres fioritures) : leur héros, dans l’un Corvo est muet et on se surprend à vouloir parfois changer ses réponses. Dans l’autre Jason parle beaucoup et étrangement on a parfois le choix de ses réactions face aux situations (dans les missions secondaire). Dans les deux cas cependant l’effet sur le joueur est rigoureusement le même : on est pas Jason, on est avec Jason. Et si on se prend pour Corvo pendant les missions de Dishonored les dialogues nous ramène bien vite à la raison : nous sommes dans un jeu vidéo dont nous ne sommes pas le héros. Malgré notre manière de jouer nous ne faisons qu’y jouer.

Après cette longue introduction, je peux en venir à mon propos. Je ne vais pas vous dire en quoi ces FPS sont des œuvres d’art, mais je vais vous expliquer pourquoi Dishonored et Far Cry 3 n’en sont pas.
Graphismes, gameplay, scénario (pas révolutionnaire mais plutôt bien raconté et compréhensible), mon fun-o-mètre qui oscille entre 8 et 10 sur 10, la présence du réglage du FOV et des éléments de HUD. Tout cela montre que ces deux jeux sont bien fait à tout les niveaux.
Si la souplesse des options de configuration est effectivement une bonne chose car signe d’un portage pc moins bâclé que d’habitude, le reste nous laisse un arrière-goût de vide dans la bouche.
Finalement ce sont de bons jeux, ils m’ont captivé pendant une trentaine d’heures chacun mais ils ne sont pas des œuvres d’art. Remarquez qu’ils ne prétendent pas en être.

Dishonored et Far Cry 3 nous donnent tout, ce sont des jeux généreux, ils nous donnent tout pour ne qu’on s’ennuie pas. Ils nous donnent tout (beetlejuice, beetlejuice, beetlejuice) pour nous conforter dans ce qu’on connaît et ce qu’on aime.
Le scénario de Far Cry 3 aurait pu aller plus loin, notamment en explorant le personnage de Vaas et menant plus loin la lecture du joueur jouant au jeu plutôt que de s’arrêter en chemin.
Dishonored lui aurait pu tout simplement faire des choix de gameplay (concernant certains pouvoirs et certaines conséquences d’actions par exemple) plutôt que de se sabrer de la sorte.
Ainsi ils sont parfaitement exécutés, c’est clairement suffisant pour les acheter et en profiter, non pour y réfléchir.

Bien entendu vous allez me dire : « Mais on s’en fout de ce que tu nous dis, il y en a des dizaines de jeux qui sont bien réalisés, brainless et qu’on oublie dans la seconde ! Hein ?! Voyons… ».
Bah non, en tout cas pas dans le genre du FPS solo, en fait le dernier qui me vient en tête est Modern Warfare 2 et avant ça les chef d’œuvre vidéo-ludique que sont Modern Warfare et Mirror’s Edge (qui peuvent pour le coup prétendre à être des œuvres d’art).
Car la plupart des derniers FPS solo sont couverts de défauts, parfois on est passé outre et parfois non. Rage, Portal 2, Crysis 2, E.Y.E, The Darkness 2, Serious Sam 3, Hard Reset en sont des bons exemples, et je ne parle pas des moultes Call Of Duty et Medal of Honor sans intérêts et mal réalisés.
Là on a affaire à FPS solo irréprochables, deux bons représentants de la société du spectacle, ils ont la bonne dose de subversion, juste comme il faut, sont adultes, ont des bons gameplay à la fois accessibles et précis, sont des bons portages (ce qui est pour moi la vrai avancée de ces deux AAA) qui flatte le joueur de FPS pc. Alors pourquoi s’en plaindre ?
Et bien car contrairement aux autres jeux moins bien réalisés, moins calibrés, certains d’entre eux nous ont marqués, ont suscités du débat et de la prise de position (comme le montre ce test mythique de Unreal 2 chez Factornews ou encore un jeu comme Bioshock).
Ici point d’anicroche tout est parfait.
Un bout de débat sur la liberté du joueur est lancé pour finalement se perdre dans le vide interstellaire car si les libertés laissés au joueur renvoient aux personnages principaux de ces deux jeux (ce qui donne plus d’identification que tout le reste d’ailleurs), elles renvoient surtout aux propres limites des jeux eux-même, ce qui n’est pas un propos profond mais un pléonasme. Le virtuel étant virtuellement sans limite et le jeu étant un espace circoncit qui du même coup limite les libertés du joueur.
Mais ne vous inquiétez pas tout est parfait qu’on vous dit.

Enfin il ne s’agit pas de cracher dans la soupe, Dishonored et Far Cry 3 sont, je le répète, d’excellents jeux qui seront sûrement des références de FPS solo. Ils sont tout de même de grands « Entertainers » qui ont réussit à noyer le poisson entre leurs buts, leurs propos et leurs partis-pris.
Ils seront dans l’ombre de leurs aînés : Far Cry, Stalker, Thief et Just Cause entre autres car, non comptant d’être très très proche l’un de l’autre, ils ne sont que ce qu’ils sont : des jeux fait pour nous faire passer un bon moment. Et qu’on ne s’y trompe pas, ils nous donnent de la liberté car c’est ce que nous demandons et rien de plus.

Dogmazic 2013

Jeudi 17 janvier 2013

L’association Musique Libre ! vient de publier un article expliquant le contenu de la v3 de la plateforme/archive de musique libre Dogmazic, ça se trouve sur le blog de Dogmazic.

Diamond Trust Of London (DToL) est un jeu étonnant à bien des égards. Tout d’abord, c’est un jeu de Jason Rohrer, connu pour ses jeux aux gameplays très innovants (Passage et Sleep is Death entre autres) donc dès le début on sait que ce jeu va être étonnant.

DToL est un jeu indépendant, en disant cela on pense tout de suite à un petit jeu téléchargeable qu’on paye une misère. Et là je vous arrête tout de suite DToL est un jeu Nintendo DS uniquement disponible en version boite. Mais c’est bel et bien un jeu indépendant réalisé par un type tout seul (deux en fait, Tom Bailey s’étant chargé de la musique). Étonnant je vous dis.
Vous vous dites qu’il faut de la tune pour financer un jeu en version boite et vous avez raison. DToL est le premier jeu indé issue d’une campagne de crownd-fouding à sortir en version boite, qui plus est sur une plate-forme Nintendo (autant dire que ça a été la croix et la bannière). Ça vous la coupe ça hein ?

Pourquoi s’acharner à sortir un jeu sur Nintendo DS alors qu’on peut le distribuer autrement sans s’embêter ? Et bien car le gameplay vous le soumet et l’exige. DToL est un jeu qui nécessite deux joueurs, ni plus, ni moins.
La DS était donc le support parfait pour sortir un jeu comme celui-là, car cette console facilite le jeu à plusieurs et est plus souple que toutes les autres réunies.

Par contre c’est bien un jeu indé, il n’est achetable que sur son site officiel au prix d’une quarantaine de dollars. Il n’est donc pas facile à trouver et cher, étonnant non ? Comme un objet d’art, une édition limitée (seulement 6 000 copies sont en vente), bref une cartouche Nintendo DS qu’on pourrait soupçonner d’avoir été fabriquée à la main, avec amour, et dont le jeu chargé à l’intérieur serait comme le vin d’un petit cépage anonyme du bordelais.

C’est maintenant l’heure de l’essayer le foutu jeu : menu, petite musique, sélection du mode un joueur contre l’IA, début de la partie. OK il y a des nombres partout, je pige rien. Console éteinte, direction lire le manuel. C’est un jeu indépendant, étonnant et sans didacticiel, il fallait s’y attendre. Il FAUT lire le manuel (en anglais bien entendu).

Le jeu ce déroule en fait sur neuf tours durant lesquels vous et votre adversaire allez devoir envoyer vos agents en Angola depuis votre base de Londre, pour rafler le plus de diamants possible (le joueur en possédant le plus à la fin des neuf tours remporte la partie).
Sachant que vos agents doivent être payés et peuvent être corrompu par le joueur adverse, que les trajets coûtent de l’argent, pour aller dans les différentes régions de l’Angola (si vous payez plus que l’agent ennemi vous remporterez les diamant de la région), ainsi que pour revenir à Londre et pour éventuellement soudoyer la douane (le Uninspector).
Et que bien sur on a jamais assez d’argent pour tout faire de manière optimale.
Tout le système de jeu est donc basé sur le fait de lire le jeu de votre adversaire pour savoir où sont les faiblesses de sa stratégie et de tenter d’en profiter, pendant que lui fait pareil avec vous de son coté.

Il y a donc toute une gymnastique mentale à prendre en main avant de profiter de toutes les subtilités de DToL, ce qui veut dire dans mon cas : une bonne quinzaine de partie avant de battre l’IA.

Je vous parlais du gameplay étonnant des jeux de Jason Rohrer, on est en plein dedans et ça change des jeux indé auquel on est habitué il y a pas à dire.

Niveau esthétique le jeu ressemble à un jeu de plateau : une carte de l’Angola, les bases de Londre et des pionts pour les agents. C’est simple, sobre et ça marche bien. La musique, évolutive (je vous conseille de la laisser tourner seul un moment) accompagne très bien les parties qui se suivent et ne se ressemblent pas. Sauf pour l’étonnante déception qui assaille le joueur quand il commet l’erreur de trop.

Pour conclure, je dirais que Diamond Trust Of London c’est un peu le Far Cry 2 du jeu indé, les deux se passent en Afrique, on y chasse des diamants et le gameplay des deux n’est que frustration pour le joueur. Bien sur dans le cas de Diamond Trust Of London c’est tout à fait volontaire et c’est pour ça qu’on y joue.