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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

L’Art Libre comme avant-garde artistique :

1_ Origine et Généalogie :

Il est admit que le modernisme commence à la fin du XIXème siècle, cette période est riche de bouleversements dans le monde de l’art ; il y apparaît une multitude de mouvements artistiques distincts et déterminés à changer le monde.
Issus du romantisme allemand et du symbolisme, le surréalisme est l’un des plus grand mouvement artistique du XXème, il devient en 1916 le père du dadaïsme.
Le dadaïsme est un mouvement qui poussa jusqu’au bout la pensée surréaliste, la conduisant à la fois à une ouverture pratique qui a profondément changer le monde ; et à un vide philosophique et conceptuel qui fit que Dada fut renié d’un grand nombre d’artistes surréalistes.
Ainsi l’entre-deux-guerre est une période riche de liberté artistique, d’œuvres novatrices et d’actes artistiques contestataires.
Après la seconde guerre mondial, le monde de l’art s’ouvre définitivement aux pratiques formelles dadaïstes pour devenir un moteur à avant-gardes ; l’Internationale Lettriste puis l’Internationale Situationniste seront celles qui feront la transition entre des prises de positions artistiques et des prises de positions sociales et politiques. Ces deux mouvements font de ces deux axes les points culminants de leurs pratiques et de leurs pensées artistique.
Historiquement de nombreux mouvements artistiques se sont associés avec des idéologies politiques et sociales ou les ont critiquées, par exemple le surréalisme était proche du communisme et le Novecento était proche du fascisme italien. Mais aucun d’eux n’a pratiqué l’art jusqu’à ne plus se préoccuper que de la remise en cause des fondements socio-politiques de la société en l’appliquant à tout les domaines et à toutes les pratiques.

Depuis les années 80 et les dernières avant-gardes, nous vivons, artistiquement parlant dans une période d’académisme de la nouveauté dans laquelle une avant-garde a du mal à pouvoir survivre car elle est sans cesse supplantée par de la nouvelle nouveauté. C’est ce qui est appelé la post-modernité.
Effectivement difficile d’être en rupture d’une tradition inexistante ou sans cesse renouvelée, but logique d’une avant-garde.

Grâce à internet, a émergé au milieu des années 80 un mode de pensée nouveau, moderne et qui a su depuis plus de 20 ans évoluer et se transformer. Je veux parler du Libre (Free Culture).
Aujourd’hui le Libre ne touche plus seulement le code et les logiciels mais a sa vocation dans tous les domaines de la propriété intellectuelle, la littérature, le cinéma, la vidéo, la musique et les arts plastiques. Le Libre est même, éthiquement, le descendant direct de l’International Situationniste dans lequel la pensée politique et révolutionnaire a été remplacée par une application et une expérimentation à taille réelle du démantèlement de la société du spectacle.
En effet le Libre n’est pas un mouvement confiné au virtuel ou exclusif au numérique, mais a permit (et permet encore) aux hommes de posséder et de contrôler leur moyen de production pour ne pas en être esclave. Là où les situationnistes se sont brûlés les ailes pendant mai 68 ; le Libre, complètement imbriqué dans la société du spectacle, s’est focalisé sur la propriété intellectuelle et sur les moyens de production et d’accès au savoir. Il est ainsi très exactement situé dans cette filiation puisqu’il ronge de l’intérieur, et avec ses propres outils, à la fois le capital (les principes de marchandisation et de production des œuvres), la société du spectacle et la post-modernité artistique.

2_ Libre vs Avant-garde :

Quel est le lien entre le Libre et l’avant-garde artistique ?
L’avant-garde est un mouvement qui rassemble des artistes, ayant des pratiques plus ou moins proches, et qui les fait travailler ensemble pour un idéal formel, idéologique ou l’exploitation de méthodes particulières. Plus pragmatiquement l’avant-garde est un rassemblement visant à imposer cet idéal.
C’est tout-à-fait ce à quoi prétend le Libre. Le Libre rassemble aujourd’hui des artistes parfois sur le plan formel (on peut penser à l’explosion de la musique bruitiste, noisy et électronique dans les cercles libristes) mais surtout sur le plan idéologique car le Libre poursuit un idéal : celui de la libre circulation des œuvres d’arts et des informations (utilisons un mot presque grossier : le partage).
Enfin sur le plan méthodologique le Libre est reconnaissable entre mille car les œuvres libres sont clairement identifiées par leur licence.
Mais surtout car le Libre encourage les auteurs à une réflexion sur leurs pratiques (leurs médiums, leurs outils, leurs droits et ceux de leurs créations) car cette réflexion est indispensable pour s’inscrire dans l’idéologie libriste.
Étant un rassemblement, le Libre tend à l’imposition de son idéologie et de ces icônes exactement comme Dali ou Breton ont représenté et imposé au monde le surréalisme.

La différence est que le Libre est un rassemblement mais pas un groupe au sens strict, en tout cas pas au sens où une avant-garde est considérée comme un groupe (comme par exemple le groupe surréaliste, créé en 1924 et qui se termina à la mort d’André Breton en 1966).
Pas un groupe car publier sous licences libres ne signifie pas forcément travailler avec des outils libres ou travailler en ayant en tête des motifs éthiques, politiques ou sociaux. Et surtout cela ne signifie pas être en contact et être solidaire avec le reste du mouvement, il est donc plus prudent de parler du Libre comme d’un mouvement d’avant-garde (voir avant-gardiste) que comme un groupe artistique d’avant-garde.
Le fait de publier sous licence libre situe alors l’auteur dans le mouvement, sans pour autant l’aliéner au groupe et aux effets de groupes qui découlent généralement de l’adhésion à une avant-garde.

Une avant-garde artistique peut dans une certaine mesure faire école, c’est à dire que le groupe (ou mouvement) va partager ses pratiques, ses techniques, ses pensées et ses objectifs avec les artistes qui le rejoignent. Tout ce petit monde s’entraidera et bien souvent créeront des œuvres communes, des œuvres qui dérivent les unes des autres ou des reprises d’œuvres.
Le Libre fait lui aussi école dans le sens où il permet le dialogue, l’échange et la création entre plusieurs artistes/auteurs/spectateurs. Ceci grâce à deux outils : les licences, avec leurs possibilités de propagations et de dérivations des œuvres et leur valeur juridiques ; et les outils pour permettre « idéalement » à n’importe qui de créer à partir de l’existant.
Ces outils sont de diverses natures, il peuvent être logiciels, à travers des possibilités de traitement des images ou des sons (Blender ou Pure Data par exemple). Il peuvent être matériels comme les imprimantes 3D et les scanners Libre. Et ils sont pédagogique à travers des tutoriels et des aident autant sur l’utilisation d’outils pour la création que sur l’utilisation des licences et du droit d’auteur.

3_ Le Libre comme paradigme révolutionnaire :

Être un auteur/artiste Libre c’est donc faire partie d’un mouvement.
Ce mouvement se dresse contre la tradition de l’auteur créant son œuvre à partir du néant (ou inspiré par les muses), mais avance qu’il crée en référence et en s’inspirant de l’existant (œuvres ou évènements). Cela implique naturellement qu’une œuvre ne peut être que libre car sa création même ne sera jamais du qu’à un seul être.
Un artiste doit pouvoir prendre des morceaux d’une œuvre pour créer à partir d’eux sa propre œuvre (la technique du sampling est un bon exemple de cette pratique). Comme Pablo Picasso reprenant certains personnages de la toile Le Massacre des Innocents de Nicolas Poussin pour sa très connue Guernica.

Ce mouvement peut-être qualifié d’avant-garde car en 20 ans de mutations dans la société du spectacle et dans le post-modernisme artistique, c’est un élan qui n’a pas été supplanté par de la nouveauté, qui n’a été ni assimilé et digéré, ni détruit et dissout par la société du spectacle.
Ce mouvement participe aux dynamiques des précédentes avant-gardes en « changeant le monde » et en ne faisant pas de compromit avec la société.

Les artistes ne peuvent plus aujourd’hui se contenter de se dire « pour le partage et la diffusion des oeuvres » comme s’était le cas du temps de Victor Hugo (voir le « Discours d’ouverture du Congrès littéraire international » du 7 juin 1878) ou de faire des propositions et des déclarations allant dans ce sens. Car bien souvent il ne s’agit que de propos circonstanciels qui n’ont que peu ou pas de valeur au regard du droit d’auteur français et du copyright anglo-saxon. Et qui peuvent indirectement être préjudiciable et mettent en danger les utilisateurs/spectateurs des œuvres.
Les artistes doivent donc agir et se positionner vis-à-vis de l’avant-garde Libre qui n’est pas exclusivement un questionnement relatif aux œuvres et à l’art, mais bien un engagement à la fois artistique, politique et social.

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4 commentaires pour “L’Art Libre comme avant-garde artistique :”

  1. Radical dit :

    “fut renier” > ctrl+w

  2. moSk dit :

    “Les artistes doivent donc agir et se positionner vis-à-vis de l’avant-garde Libre qui n’est pas exclusivement un questionnement relatif aux œuvres et à l’art, mais bien un engagement à la fois artistique, politique et social.”

    Ils peuvent aussi s’en foutre non ? Et trouver que les gens qui écrivent sur ce que les “artistes” sont ou non et doivent faire ou non ne font que brasser du vent.

    PS, tl;dr : bla bla bla.

  3. Nomys_Tempar dit :

    @ moSK : Ha bah c’est sur qu’ils peuvent s’en foutre, d’ailleurs dans l’absolu tout le monde peut se foutre de tout hein.
    Mais en se basant là-dessus je ne vois pas pourquoi tu prends la peine d’écrire un commentaire, très cher co-brasseur de vent.

  4. retmia dit :


    (Baldessari)

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