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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

La valeur de l’art

Avec le débat récent sur l’imposition des œuvres d’art s’ouvre à nouveau, pour moi, la remise en question de la nature pécuniaire de l’art.

Si l’on considère les œuvres d’art comme un tout homogène alors le fait d’appliquer une réglementation pour toutes les œuvres sans exception semble logique (en l’occurrence l’imposition liée à la possession de l’œuvre).

Prenons les domaines artistiques : Sculpture, Musique, Peinture, Cinéma, Bande Dessinée, Photographie et Littérature (il en existe d’autres mais contentons-nous de ceux-ci pour l’instant).

Une œuvre picturale est par définition unique, sa possession est donc elle aussi unique (elle ne peut être la propriété que d’une seule personne) et donc les principes de sa monétisation semblent découler de source : l’œuvre à une valeur et cette valeur peut éventuellement être source d’imposition. Effectivement c’est la logique même.
Imaginons qu’on applique le même raisonnement à un autre domaine que celui de la peinture. Prenons une œuvre musicale qui n’est pas unique (hors interprétations).
L’œuvre à donc une valeur et cette valeur peut être soumise à l’imposition.
Ainsi nous pourrions être imposer sur tous les enregistrements que nous possédons.

Bien sûr cette histoire d’imposition de l’œuvre d’art n’est pas destinée aux œuvres d’art (qui est un terme « générique », pouvant être diversement interprété), mais aux œuvres présentent dans le marché de l’art.
Il n’empêche qu’il y a les prémisses d’une création d’un impôt sur la culture, car c’est finalement exactement ce que c’est.

J’en reviens au débat sur l’imposition des œuvres dont la principal utilité est de taxer les personnes qui ce servent des œuvres pour placer leur argent.
La situation est simplement résolu car finalement le problème n’est pas de taxer ces personnes pour qu’ils aient moins de richesses (ce qui ne fonctionne pas) mais bien de les empêcher de ne pas déclarer leurs richesses grâce à l’achat d’œuvre d’art issues du marché de l’art.
En prenant le problème à l’envers, on pourrait dire que le soucis n’est pas d’acheter des œuvres d’art dans un but fiscal mais bien que le prix élevé des œuvres permettent aux riches d’en profiter de cette manière.

Un début de solution peut être apporté par le mouvement Art Libre ainsi que par la notion qu’une œuvre d’art n’ait pas de prix (c’est-à-dire qu’on ne puisse pas objectivement donner de valeur à celle-ci, le marché de l’art se basant à la fois sur la cote de l’artiste et sur le ratio popularité/rareté est loin de juger de l’œuvre elle-même) ou à l’inverse, de par son apport culturel, ait trop de valeur pour être vendu.

Ce texte n’a pas pour vocation de glisser vers l’éternel débat de comment doit vivre un artiste (la pente est proche). Il attire l’attention sur le peu de décisions que nous avons, sur nos propres visions de l’œuvre d’art et de comment elles impactent le monde.

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4 commentaires pour “La valeur de l’art”

  1. MidiMightyMoe dit :

    Encore un débat qui nous va nous pourrir les oreilles d’inépties économiques … Il n’y a qu’une question à traiter dans tout ça : quelle proportion veut-on donner à l’initiative privée dans la conservation des œuvres et combien l’état est-il prêt à investir là dedans.
    Tout le reste c’est du bullshit métaphysique sur le statut cosmique et supra-intellectuel de l’art, et des conneries sur “la défiscalisation ça fait que les riches ils payent pas”.

    Personnellement je suis plutôt contre que ce capital soit taxée et je trouve que c’est une bonne niche, ça a permis à beaucoup d’artiste d’être révélés, et ça permet surtout a beaucoup de gens de voir des œuvres, souvent gratuitement et puis dans des collections différentes de celles des conservateurs de musée, ce qui pour moi justifie le statut “utilité publique” ou “économie solidaire” suivant les cas.
    Et puis si on doit vraiment se mettre à taxer le capital, c’est pas par là qu’il faut commencer. (On remarquera d’ailleurs que ceux qui veulent taxer le capital ne veulent pas taxer l’art et vice et versa).

    Enfin plus ça va, plus je suis content de ne pas lire rue89 : Les possesseurs de ces tableaux sont souvent des spéculateurs : les vrais passionnés d’art sont moins nombreux qu’on ne le pense. Si c’était des gentils on leur ferait pas payer d’impôt, mais comme ils sont méchants, on va leur faire payer quand même.

  2. Choum dit :

    S’il taxe les objets d’arts, de nombreux collectionneurs privés feront partir leurs collections à l’étranger, Paris reste une grande capitale de l’art (tableaux, art primitif…) resteront les petits collectionneurs qui eux n’auront pas les moyens (qui revendront leur collection ?). Sans compter la mort de nombreuses expositions ou les objets sont généreusement prêté par des particuliers.

    Bon courage pour mettre une valeur sur chaque objet d’art (unique).
    De toute façon nos “élites” sont pour la plupart des amateurs d’art, je les voient mal se taxer eux mêmes.

  3. Nomys_Tempar dit :

    Choum a dit :
    S’il taxe les objets d’arts, de nombreux collectionneurs privés feront partir leurs collections à l’étranger, Paris reste une grande capitale de l’art (tableaux, art primitif…) resteront les petits collectionneurs qui eux n’auront pas les moyens (qui revendront leur collection ?). Sans compter la mort de nombreuses expositions ou les objets sont généreusement prêté par des particuliers.
    Bon courage pour mettre une valeur sur chaque objet d’art (unique).
    De toute façon nos “élites” sont pour la plupart des amateurs d’art, je les voient mal se taxer eux mêmes.

    Méfie-toi, la plupart des objets d’art ont une valeur bien précise. Mais oui faire partir sa collection reste une l’option numéro 1 j’imagine.

  4. Aliocha dit :

    Une peinture ou une sculpture (en fait on ne parle que de ça il me semble) ne valent pas que pour leur objet unique, mais ils ont aussi une valeur de reproduction. Une photo de la Joconde n’est pas gratuite, il faut payer des droits au Louvre pour la reproduire, je suppose que c’est pareil pour la reproduction du tableau d’un artiste inconnu.

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