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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

La starification des créateurs de jeu vidéo

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/La starification ou culte de la personnalité :

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Selon mon Petit Larousse le culte de la personnalité est une expression qui s’emploie particulièrement lorsque le peuple d’un pays adule son dirigeant politique. Par extension on pourrait considérer que cette expression peut s’appliquer à toutes personnes bénéficiant d’une visibilité médiatique la faisant sortir de la masse du peuple.
En art, le culte de la personnalité est très largement répandu et même parfois recherché car il est à la fois synonyme de reconnaissance par le grand publique et en même temps de simplification archétypale de la personnalité en question. Par exemple l’art des années 60 est souvent résumé à tord par la figure d’Andy Warhole, tandis que le cinéma de la nouvelle vague est ramené aux films de Jean-Luc Godard.
Cette notion de culte de la personnalité est caractérisée par le fait qu’il est impératif qu’elle ne concerne qu’une personne unique ou une entité à l’image unique et unilatérale car sinon elle prend le risque de ne pas être assez facilement identifiable pour la masse du peuple.
Le cinéma a complètement assimilé cette idée et, dans son image, a mis de côté la plupart des aspects du travail de groupe (le générique de fin que presque personne ne prend le temps de lire est un bon exemple). Le cinéma a même fragmenté son publique pour développer différents rapports aux personnalités qui font les films, d’un coté les acteurs, de l’autre les réalisateurs et parfois sont remarqués le compositeur ou le responsable de la photographie d’un film. C’est à peu prêt tout.

/Et où je veux en venir avec tout ça :

L’idée de cet article est parti de diverses occasions où j’ai pu écouter et lire des interviews de David Cage. Celui-ci déplorait qu’il n’existe pas d’équivalent à Godard dans le domaine du jeu vidéo et que des noms aussi illustres pour nous les nerds que Mizuguchi, Fumito Ueda, John Carmack ou encore Akira Yamaoka (dans un registre musicale) n’étaient pas suffisant, et n’étaient pas au niveau de Godard. Alors que la seule chose qui les différencient véritablement est leur renommé moindre et non la qualité de leurs œuvres.

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Ces affirmations m’ont fait dire que effectivement comprendre que les jeux vidéo sont fait par des équipes est difficile à entendre et qu’il est plus facile de croire que Sid Meier et Jordan Mechner continuent de développer leurs jeu seul dans leur garage. En tout cas comme le cinéma cela nécessite une fragmentation du publique des jeux.
Je ne jette pas le blâme sur David Cage, car j’ai bien compris qu’il ne souhaite en fait que plus de latitude de la part des éditeurs pour créer ses jeux mais les conséquences de la généralisation de l’établissement de « personnalités » comme point de référence « créatif » ne sont pas toutes belles et désirables, loin de là.
Imaginons-nous quelques secondes un monde dans lequel les « jeux d’auteurs » seraient bien reconnu. Qu’est-ce que ça voudrait dire ? Si on se base sur le cinéma on aurait donc un public dédié qui serait une tranche minuscule des joueurs (qui à dit les bobos ?) et donc une visibilité dédié, donc des budgets dédiés qui seraient bien moindre face aux blockbusters (ce qui est somme toute assez logique), et surtout un nombre de jeux plus important certes mais un nombre de bouses inintéressantes proportionnelles. J’extrapole mais c’est un phénomène qu’on peut déjà observé dans la catégorie des jeux dits Casual (pour les joueurs occasionnels).
Là où il y a dix ans la masse des joueurs était en quelque sorte unie, elle se morcelle de plus en plus. Les jeux Casuals, les jeux Hardcores, les exclues telle ou telle console, les MMORPG, les indies, les serious game, les jeux sociaux, rien à voir avec les FPS, les RTS, les Simulations, les jeux de Plate-formes, etc.
Avant nous avions des genres de jeux et maintenant nous avons des archétypes de joueurs et de personnalités tendant vers la catégorisation sociale.
Ce qui est un changement significatif de la volonté de l’industrie de transformer la masse grandissante, homogène et indistincte des joueurs en groupes socio-culturels plus facile à cerner et à cibler.

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David Cage soulève aussi la notion d’auteur, selon lui il n’y pas ou trop peu d’auteurs de jeu vidéo. Finalement il ne fait lui-même ni plus ni moins que du « jeu vidéo d’auteur » (en tout cas c’est ce qui ressort de sa démarche). Revenant plus ou moins à dire que ce qui est appelé aujourd’hui les « jeux indés » (ou indies games) ne sont pas des jeux d’auteurs. Alors que des studios comme Valve ou Blizzard ou moins connu les Running With Scissors sont incontestablement Auteurs et bénéficient du statut que cela implique (sans parler des créateurs de Braid, Flowerz, The Path ou Limbo), même si ce statut n’est ni reconnu ni assumé. Leurs noms signent véritablement leurs œuvres au même titre qu’un Carpenter ou qu’un Terry Gilliam.
Je crois que David Cage œuvre ici pour que ce statut soit surtout assumé et revendiqué par les studios et les personnes qui créent les jeux vidéo.

La revendication de ce statut peut être une bonne chose pour le développement de nouvelles manières de jouer et de faire des jeux. Mais on en revient aux défauts de la starification et du Star System, les créateurs sont mit en boîtes et leurs jeux destinés à un publique si restreint que personne d’autre ne les voit et surtout que personne d’autre n’a envie de voir car : vous comprenez, ça c’est du Grand jeu vidéo et je n’ai pas les connaissances artistico-philosophique pour y jouer.
Un média populaire (quoique à destination d’une population assez aisée) qui, sous couvert de s’épanouir et de « passer à l’âge adulte », va progressivement accentuer les inégalités culturelles entre les gens sans retenir les leçons de ses ainés.

Les créateurs ont bien conscience des enjeux qui entourent la prise de position, ouvertement artistique de leurs médias.
Ne peut-on pas voir leur silence comme l’application d’un précepte vieux comme les grecs : Pour vivre heureux, vivons cachés, qui leur permettraient de travailler sous les contraintes industrielles plutôt que sous les contraintes toutes aussi fortes des marchés artistiques ?
Ou ne peut-on pas tout simplement considérer qu’un characher designer, pour un jeu lambda, tout seul ne fait strictement rien d’artistique ? Tout comme le game designer et le lead programer, plus encore le producteur et le chef de projet qui finalement sont au service d’une équipe, d’un groupe. Et que c’est la combinaison de ces talents qui fait un jeu réussi et donc qui montre bien que la fabrication d’un jeu vidéo ne peut pas être créditée qu’à une personne (hormis dans le cas où le jeu est entièrement développé par une seule personne).

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/Parce qu’il faut bien conclure :

En attendant que les directeurs artistiques soit prit pour des dieux et que les jeux d’art et d’essai écrasent les serious games et les hardcore gamers pour les transformer en « adulte ». En attendant que les bobos adeptes du bon goût décident des bons jeux et des mauvais jeux, nous pouvons continuer à jouer en nous posant des questions sans que ça soit préétabli par le jeu lui-même. Sans que la pression sociale nous exclu de certains jeux sous prétexte de notre inculture.
A toi David Cage je déclare que les gamers sont capables de penser sans que les jeux soit estampiller « jeux fait pour penser autrement, fait par des artistes ».

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21 commentaires pour “La starification des créateurs de jeu vidéo”

  1. Thermostat dit :

    J’ai l’impression que tu ne sais pas vraiment de quoi tu parles et que tu mélanges un peu tout en prenant des raccourcis assez étriqués.

  2. Khraya dit :

    En fait on peut remplacer “JV” par “film” que ton texte fonctionne aussi bien.

  3. monsieurcrescen dit :

    Assez d’accord avec les autres commentaires.
    Tu vas très vite sur certains points, et tu oublies le plus important, la question juridique. Au cinéma, face à un tribunal, on sait qui est l’auteur d’un film (de mémoire : le réalisateur, le scénariste, le dialoguiste et le compositeur). Pour les jeux vidéo, tant que la question “qu’est ce qu’un jeu vidéo ?” (sous entendu, un logiciel ou une œuvre audiovisuelle de collaboration ?) n’est pas tranchée, la problématique que tu soulèves est bien vaine. Je vais très vite sur ce point, mais tu as pas mal d’articles sur le site de l’AFJV pour avoir plus de renseignements.

    Au final, et pour le moment, savoir s’il y a un auteur derrière un jeu vidéo, c’est surtout un enjeu marketing pour les éditeurs. “Regardez mes jeux, ’sont bien parce que j’ai un super auteur ! Mais regardez pas trop, parce que j’ai aussi le pouvoir de le virer, et je veux que vous achetiez mes jeux même s’il décide de me lâcher.”

    Et laisse tranquille les serious games…

    Et laisse tranquille Godard aussi.

  4. drloser dit :

    C’est parce que les jeux ne sont pas des produits culturels, mais de simples produits de divertissements.

    Le gars le plus connu du JV, à mon avis c’est Sid Meier.

  5. Dust dit :

    Pour prendre tes exemples a contre pied t’as oublié un mec assez important dans ton texte (pas au niveau du talent mais plutôt au niveau marketing) :
    Cliffy B l’exemple de véritable starification dans le monde des jeux vidéos c’est lui !
    Programmeur inconnue avec un look passe partout les marketeux de microsoft l’ont complètement relooké (comme dans une mauvaise émission de tv réalité) l’ont propulsé sur le devant de la scène avec son Gears of War son image passe même devant le jeu vraiment dans tout les sens du terme il est devenu tel le michael bay des jeux vidéos pour reprendre l’idée répandue !

  6. Netsabes dit :

    CliffyB, il était déjà connu et grande gueule bien avant GoW.

  7. Nomys_Tempar dit :

    @ Thermostat : c’est marrant mais en une phrase tu as aussi résumé ta propre remarque : à priori tu ne sais pas de quoi tu parles (vu que tu n’ajoutes rien d’intéressant), tu prend des raccourcis (ton poste fait une phrase) et tu mélanges tout (trois idées à développer dans la même phrase)…

    @ Khraya : la différence avec le cinéma, c’est que ce que je décris est une transformation qui s’est déjà produite pour le cinéma. Alors qu’elle est en train de se produire pour le jeu vidéo (en tout cas c’est l’impression que j’ai).

    @ monsieurcrescen et drloser : La question juridique est une chose mais elle ne résout pas tout, car pour que le juridique fasse une transformation (admettons pour qu’un jeu vidéo devienne une œuvre audiovisuelle de collaboration) il faut que les mentalités aient évolué pour qu’il y ai une demande de cette transformation (comme par exemple la transformation par la considération sociale d’un jeu dit “produit de divertissement” en un jeu dit “produit culturel”). Ce que je veux dire c’est qu’à mon avis cette transformation de statut social est en train de s’opérer maintement.

    Pour en revenir au juridique, il existe aussi l’exemple inverse d’œuvres reconnu juridiquement mais assez peu socialement : les œuvres sous licence libre (ou Licences de Libre Diffusion / LLD). Si leur statut juridique est hyper clair et précis. Les œuvres sous LLD sont encore socialement peu reconnu en tant qu’œuvre d’art et sont surtout reconnu comme œuvre d’amateurs ou des œuvres mineurs(bien sur dans leur domaine respectif) alors que cette distinction n’a juridiquement pas lieu d’être. Et donc les artistes (ou auteurs) publiant sous LLD sont aussi considéré socialement comme mineurs.

    Quand au pouvoir des éditeurs et au fait qu’ils usent de l’”auteur” à des fins marketing oui et encore oui (d’ailleurs c’est toute la question de l’article, faut-il que les auteurs de jeux vidéo sorte au grand jour au risque de devenir les jouets des marketeux ou faut-il qu’ils restent dans l’ombre et continu à être des artisans de logiciels ?). Et tu ne crois pas que les films dit d’auteurs sont produit par des mecs qui savent que ça va leur rapporter de la tunes ?

    @ Dust : je connais pas ce gars (je ne joue pas à GoW) mais j’irais voir

  8. Khraya dit :

    “C’est parce que les jeux ne sont pas des produits culturels, mais de simples produits de divertissements.”

    Comme le ciné’ à ses débuts, dans les foires foraines.

  9. monsieurcrescen dit :

    @Nomys_Tempar
    Évidemment elle ne résout pas tout, mais la problématique soulevée par la question juridique est pourtant le pivot. Le jeu vidéo est croisement de plusieurs médias, et comme pour le cinéma (même si le parallèle est, il me semble, un poil foireux) en son temps, avant de parler d’auteurs, il faut le définir (j’en reviens à mon post : qu’est ce qu’un jeu vidéo ?)
    La question de l’auteur est totalement annexe, et finalement, peu intéressante (je trouve, pour le moment). Tiens, t’as l’air d’aimer le ciné, tu serai capable de me définir un auteur (autrement que juridiquement, puisque tu sembles y tenir) ? Regarde Godard par exemple, et la Nouvelle Vague plus généralement. La notion d’auteur y est extrêmement vague, très imprécise, et existe uniquement par un mouvement médiatique du à l’époque (et pas seulement au cinéma) qui cherchait un renouvellement des personnalités scientifiques, artistiques et politiques. Les Cahiers du cinéma, à ce moment-là, suivait l’emballement, clamant haut et fort qu’Hitchcock était un auteur, Welles aussi, etc. Ils ont crée des auteurs, par leurs définitions. Ces définitions sont-elles toujours valables aujourd’hui (avec les transformations de la diffusion du cinéma, les productions transmédia, etc.) ? Je ne pense pas.
    La notion d’auteur est très très relative, surtout au cinéma. Donc dans les jeux vidéo, n’en parlons pas… Wait. What ?

  10. Aliocha dit :

    drloser a dit :
    C’est parce que les jeux ne sont pas des produits culturels, mais de simples produits de divertissements.
    Le gars le plus connu du JV, à mon avis c’est Sid Meier.

    Je me suis posé la question, et j’en suis arrivé à la même conclusion, c’est sûrement parce qu’il colle son nom dans les titres de jeux et que les Civilization ça plaît assez aux darons.

  11. Nomys_Tempar dit :

    L’auteur s’est celui qui signe une œuvre (quelque chose d’assez pratique finalement). Qu’il soit légitime ou pas.
    En se qui me concerne quand cod4 est signé Infinite Ward, ça me suffit. Mais justement un marketeu préfèrera qu’on ai Sid Meier, Peter Molynieux et consort en tête car c’est plus simple à retenir.
    Sur les définitions de l’auteur selon les Cahiers du cinéma, je ne pense pas qu’elles soient toujours d’actualité, mais c’est pas pour ça qu’elles n’ont pas d’importance ou que le mot auteur doit être banni du vocabulaire, parce que “tu comprends aujourd’hui on fait des œuvres audiovisuelles de collaboration et la notion d’auteur c’est juridiquement plus d’actualité”… Heu non.

    Le truc c’est que quand David Cage dit qu’il n’y pas d’auteurs en jeux vidéo, personnellement je lui répond si il y en a (il y a des exemples dans l’article). Ce qui m’amène à penser que pour tout une frange de la population les jeux vidéo ne sont pas issus d’auteurs. Donc je me pose la question du pourquoi de cette situation et surtout de quel manière celle-ci évoluera…
    Car si c’est pour arrivé à la situation dans la quel sont la BD, le cinéma et l’art en générale (la pire étant celle de l’art comtemporain), je préfère que les studio restent à la botte des éditeurs et n’ai les moyens de faire de nouvelles choses que petits à petits (même si ça n’es déjà plus le cas bien sur), car c’est aussi synonyme de fracture sociale (un fractionnement de population dont tout le monde se fout tu me diras mais quand même…).

  12. monsieurcrescen dit :

    “L’auteur s’est celui qui signe une œuvre (quelque chose d’assez pratique finalement). Qu’il soit légitime ou pas.”

    Ok.
    Donc exit tous les débats juridiques autour d’oeuvres non reconnues, de plagiats, de droits d’auteurs, etc. Tiens, un autre exemple pratique ; quand Godard (pour en finir avec lui) signe “A Bout de souffle”, il se présente comme auteur du film (enjeux de la Nouvelle Vague). Que faire du scénariste (qui n’est pas Godard mais Truffaut) et surtout, du monteur (qui est une monteuse, dont personne ne retient le nom) ? Le film est connu pour sa narration et son montage si particulier, mais impossible de savoir si Godard en est vraiment responsable. D’où le doute, encore une fois, sur la notion d’auteur. Ça n’enlève rien au travail de Godard (qui a confirmé ses qualités par la suite, sur des objets où il était seul), mais cela relativise, encore, la désignation.

    Pour le reste, relis bien : ce n’est pas parce que la question est relative, que le “mot doit être banni” ou qu’elle ne mérite pas d’être posée. Mais tu passes à côté de l’argument principal, la définition du jeu vidéo (et par extension: qui fait quoi dans un jeu vidéo, etc.)
    Je passe la main.

  13. Nomys_Tempar dit :

    Je passe à coté car ça me semble évident, Godard c’est celui qui fédère et qui donne les impulsions nécessaires à Truffaut et la monteuse en question et qui les fait travailler ensemble sous sa direction (le boulot d’un réalisateur quoi).

    Godard est aussi celui qui prend la responsabilité du film, de son message, de sa production, de son montage, etc… Et quand je dis que l’auteur signe l’œuvre, c’est de ça qu’il s’agit, prendre la responsabilité. La monteuse de Godard (on peut parler de celle de Scorsese aussi) prend comme responsabilité de faire le montage qui correspond à la vision du réalisateur, cela ne minimise pas son impact sur l’œuvre mais sa responsabilité vis-à-vis du film car Godard et Scorsese son des réalisateurs qui prennent la responsabilité des impacts de leurs films (et la revendique, à tord peut-être).

    Quand tu dis que ça relativise la désignation, ça la relativise du point de vue du travail factuel (ou manuel) mais surement pas de l’investissement idéologique et plastique.

    Je vois pas trop ce en quoi c’est différent de la production d’un jeu vidéo.

  14. monsieurcrescen dit :

    Dans l’ordre :

    “le boulot d’un réalisateur quoi”
    Ah. Et à Hollywood ? Le réalisateur c’est aussi celui qui “fédère” (qui fédère quoi, d’ailleurs) ? Et le producteur, que devient-il ? Même sans aller à Hollywood, lorsque Chabrol sort un film produit par Marin Karmitz (pour mêler à la fois un auteur de la Nouvelle Vague et un gros producteur), tu es sur que c’est Chabrol qui “fédère”, qui “impulse” ? Personnellement je n’en sais rien, mais je n’aurai pas la prétention de dire que Chabrol est le seul maître à bord (si je suis ta définition).

    “Godard est aussi celui qui prend la responsabilité du film, de son message, de sa production, de son montage, etc…”
    Là, j’ai du mal à saisir. Le film a besoin d’un responsable ? Le film est une personne ?
    Godard est responsable, mais vis-à-vis de qui ? Du public ? Du producteur ? De son équipe ?
    Si le réalisateur est “le responsable”, le reste de l’équipe n’est qu’une bande “d’irresponsables” ?
    Et depuis quand les artistes doivent rendre compte de leurs oeuvres ? Beaucoup défendent l’inverse.
    Ils sont aussi responsables de toutes les lectures possibles de leurs oeuvres ?
    Lorsque leur oeuvre est détournée, en sont-ils encore responsables ? Si oui, ils ne maîtrisent pas le discours et perdent donc “leur responsabilité”. Si non, ils ne sont pas auteurs comme tu sembles le souligner (car irresponsables de ne pas avoir conservé la charge de leur oeuvre).

    Bon, soit, disons qu’ils sont “responsables” (je vais jusqu’au bout de ta proposition). Prenons l’exemple où le film se vautre. Crois-tu vraiment que c’est le réalisateur qu’on pointe du doigt quand le film est mauvais ? Encore heureux que nous sommes des spectateurs qui faisons la part des choses, et que nous sommes capables de dire que c’est la photo qui est foireuse, le montage raté, la musique chiante, ou autre. Cela implique que nous soyons aptes à analyser un film comme une oeuvre de collaboration, même si on a tendance à oublier le reste de l’équipe quand un film fonctionne. Cela s’explique facilement, il faut une personnalité à mettre en avant, mais uniquement d’un point de vue médiatique.

    Je croyais que tu avais compris ça dans ton article, mais visiblement tu ne fais pas le lien entre la nécessité de créer des personnalités pour une société occidentale et la complexité réelle de la question de l’auteur (dans tous les arts).
    Ton dernier post est très étrange, et je ne crois pas qu’on puisse finalement discuter (ou débattre). La où j’essaie de te montrer que, concrètement, savoir qui est l’auteur, savoir ce qu’est qu’un auteur, est extrêmement compliqué, et qu’au final, par rapport aux enjeux de société (créer des personnalités), c’est un peu vain de rétablir l’ordre (si ordre il y a) ; tu me rétorques par des définitions toutes faites de l’auteur (”il fédère”, “il est responsable”, etc. ou mieux, il y a une séparation entre le geste -travail manuel- et “l’investissement idéologique et plastique” ; les deux ne sont-ils pas liés ?) Tu simplifies sans cesse, et le débat ne s’élève pas. Ce sont les critiques qui t’ont été rétorqué en amont, et je prend aussi ces critiques à mon égard, puisqu’après tout, c’est aussi mon boulot de t’amener à penser autrement (je suis l’opposion).

    Fail pour ma part.

  15. Nomys_Tempar dit :

    je te répond un peu dans le désordre désoler :

    - Godard est responsable vis-à-vis du public mais aussi vis-à-vis de lui-même.

    Autre exemple : Pour un film, il y a signé une musique qui désert le film (bonne ou mauvaise) et signé une musique qui convient au film (bonne ou mauvaise aussi).
    C’est de la responsabilité du compositeur d’assumer sa part dans le film, mais c’est à la personne (ou collectif nommé, ou duo ou trio, je précise au cas ou je serais encore prit stricto sensus) qui porte le film d’assumer le fait d’avoir donner la responsabilité de la musique à ce compositeur précisément. Cette “personne” pouvant être le réalisateur, le producteur, le scénariste ou le compositeur parfois, etc…

    - Les artistes doivent prendre position sur la responsabilité qu’ils ont sur leurs œuvre oui. Prendre la responsabilité de dire haut et fort qu’on se dégage de toutes responsabilités, c’est pas la même chose que de laisser tout faire et tout dire juste par flemme ou par ignorance (et oui je suis très exigent envers l’artiste et l’auteur :o).

    - Faut savoir, tu me demande une définition : je te la donne ;)

    - Le cinéma en tant qu’art et en tant que produit à choisit, en occident, de mettre en avant les personnalités pour représenter les films.
    Quand tu dis : “Prenons l’exemple où le film se vautre. Crois-tu vraiment que c’est le réalisateur qu’on pointe du doigt quand le film est mauvais ? Encore heureux que nous sommes des spectateurs qui faisons la part des choses, et que nous sommes capables de dire que c’est la photo qui est foireuse, le montage raté, la musique chiante, ou autre. Cela implique que nous soyons aptes à analyser un film comme une oeuvre de collaboration, même si on a tendance à oublier le reste de l’équipe quand un film fonctionne. Cela s’explique facilement, il faut une personnalité à mettre en avant, mais uniquement d’un point de vue médiatique.”

    Je suis tout à fait d’accord, toute ma question est de se dire si on (toi, moi, David Cage, nos futurs enfants, le public, etc..) veut que dans les jeux vidéos ça fonctionne pareil (sachant comme tu le dit qu’on sait faire la part des choses) et dans l’article je me demande à quel point c’est logique et enviable, et même normal de penser comme ça.

    - Cela dit, par expérience, je peux te dire que travail de groupe ou pas, la construction d’une œuvre collective est toujours mener par une ou peu de personnes, même si le bénéfice du travail va au groupe. Pour moi c’est deux choses qui peuvent cohabiter : la notion d’auteurs d’une œuvre et la notion d’œuvre collective.
    Encore une fois pour le jeu vidéo c’est en train de se produire…

    - Pour la séparation entre “le geste -travail manuel- et “l’investissement idéologique et plastique””, tu vois une séparation à un endroit où je n’en fais à aucun moment, je répond à ta relativisation j’aurais pu dire : que cela relativisait peut-être le travail manuel ou factuel (encore que), mais surement pas le travail idéologique et plastique (qui a besoin d’être alimenter par le factuel et le manuel mais pas uniquement).
    Peut-être que j’aurais du mettre plus de nuances dans le propos (ou de pincettes au choix).

    L’enjeu de société c’est de savoir si il y a des auteurs de jeux vidéo ou non, ou plutôt de savoir si nous voulons qu’il y ait des auteurs ou non dans le jeu vidéo, et comment seront-ils présent publiquement (par et pour le marketing ou non).
    Car quand le statut du jeu vidéo changera passant du produit de divertissement au produit culturel (comme le disait drloser) ses “auteurs” seront imposer par le marketing (ce qui est déjà plus ou moins le cas, comme tu l’as dit).
    Et en cela les créateurs de jeux seront exposer à prendre leurs responsabilités ou non, ou à trouver d’autres voies. Dans l’article je me demande si les gens qui font les jeux vidéos (et par extension le public) pensent à ces questions et s’ils ont la même réponse que David Cage ou s’ils ont d’autres envies…

    - Tu essais de montrer que discuter du statut de l’auteur de jeux vidéo est vain car très relatif et tu t’appuie sur le cinéma. Pour moi notre discutions tend à montrer que c’est une situation qui n’est pas clarifié (je suis d’accord) mais qui le sera par la force des choses (comme ça l’a plus ou moins été pour le cinéma vis-à-vis de son public).
    En se qui me concerne le statut de l’auteur est assez clair et simple comme tu as pu t’en rendre compte (je galère pas mal pour expliquer un truc simple quand même ;o) mais il ne me parait pas pour autant inintéressant de se poser les questions avant d’avoir le fait accomplie.
    Quand à croire que le statut de l’auteur est flou : c’est sur que si tout le monde le croit, il le restera…

    - Aux critiques de simplicité ou de simplisme qui me sont imputés, je répondrais aussi que même si je post à un endroit qui est parcourut par des personnes intéresser par les jeux vidéo et familier de leur environnement. J’écris mes articles pour qu’ils soient compréhensible par tous sans noyer le lecteur dans les explications de ce que j’entends par Art, Artiste, Auteur, Jeux Vidéo, Jeux, Cinéma, Créatif, etc, bref du vocabulaire qui n’est pas flou pour moi, mais que j’emploie volontairement dans un sens très large.
    L’introduction de ce blog prévient que le but des articles est d’entrer dans une discutions et ne prétendent pas être parfais loin de là, donc tout le monde est prévenu.

  16. raiden dit :

    /popcorn

  17. elton dit :

    Godard a un niveau?

  18. Prezspurer dit :

    Nomys_Tempar a dit :
    @ Khraya : la différence avec le cinéma, c’est que ce que je décris est une transformation qui s’est déjà produite pour le cinéma. Alors qu’elle est en train de se produire pour le jeu vidéo (en tout cas c’est l’impression que j’ai).

    Ça a commencé il y a environ 25 ans avec Myamoto, Kojima, Carmack/Romero, Meier , etc. Je ne vois pas du tout en quoi c’est un phénomène récent…C’est même le phénomène inverse qui est en train de se produire.

  19. GrOCam dit :

    Mouais je sais pas, les noms genre Geoff Crammond, Sid Meier, Peter Molyneux, Jordan Mechner, David Braben (paix a son âme) Richard Gariott etc… on les entendait déjà un peu partout en 85-90.

    Perso on pourrait facilement nommer plus de noms de devs de l’époque que maintenant.

  20. drloser dit :

    Quand je parlais de produit de divertissement et d’oeuvre culturelle, ce n’était pas vis à vis du statut juridique…

    Un JV, tu le consommes puis tu le ranges dans un coin ou tu le revends. C’est un produit de divertissement, de consommation même. Un JV peut vite devenir obsolète et se retrouver bradé à -90% de sa valeur initiale. Rien à voir avec une oeuvre culturelle comme une peinture ou un morceau de musique (quoique certains “tubes” sont également des produits de divertissement). De plus, surtout, ça reste un jeu et non une oeuvre : qui connait le nom de l’inventeur du football ou du trivial pursuit ?

  21. Nomys_Tempar dit :

    @ GrOCam & Prezspurer : C’est un phénomène récent vis-à-vis du grand publique.

    @ drloser : je ne sais pas… quand on voit que final fantasy 7 vaux 100 euros ou un jeu comme sanitarium en version boite taper entre les 50 et 90 euros, je me pose des questions.
    Et des peintures bradées il y en a un paquets dans tout un tas d’endroits, si on mesure une œuvre culturelle au fait qu’elle prenne de la valeurs avec le temps, on peut virer une bonne partie des daubes qui pullulent dans les galeries d’art.

    ça reste un jeu, mais ça n’est pas qu’un divertissement, en tout cas ça n’est pas comme ça que je le pratique (c’est mon point de vue et j’ai pas suffisamment d’arguments à t’opposer sur ça mais j’y travail :)…

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