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le trou du cul du néophyte le blog de Nomys_Tempar.

Tentative de définition du film interactif

Mercredi 10 février 2016 à 14:28

Avec la sortie de Firewatch, je me suis dit que j’allais relire l’un de mes anciens papier incomplet qui parle du film interactif. Je vous le rebalance légèrement enrichit de corrections.


Depuis quelques années l’industrie du jeu vidéo à vu se développer des jeux atypiques dans lesquels le gameplay est réduit à son plus simple appareil (non ça n’est pas sale). Ce sont des jeux dont on dit qu’ils ne sont pas vraiment des jeux vidéo mais plutôt des films interactifs car ils ont plus de rapport avec le cinéma ou avec un film.

Des jeux comme Proteus ou Heavy Rain, The Walking Dead, The Graveyard, sans oublier l’ancien Dragon’s Lair.

Ma réflexion est de me dire que personne n’a l’air d’être tout à fait sûr que ces œuvres soient des films interactifs (sans parler du sous-entendu péjoratif du terme). Donc je vous propose ma petite tentative d’explication du pourquoi du comment.

Et là Wikipédia arrive à ma rescousse en me disant que le film interactif est un type de jeu vidéo, sous-genre du jeu d’aventure.

Problème résolut : toutes ces œuvres font donc partie du genre des films interactifs et leur médium est le jeu vidéo.

Non mais si c’était aussi simple personne ne douterait, personne ne ponctuerait ses phrases de pas vraiment et de plutôt évasifs. Les phrases d’introduction des tests du monde entier ressembleraient à : « Voici le dernier jeu vidéo film interactif du studio Machin… ».

Mais c’est pas le cas, voyez.

Reprenons la phrase typique : Le jeu X n’est pas vraiment un jeu vidéo mais plutôt un film interactif, vu ses liens évident avec le Cinéma (vous reconnaîtrez ici une caricature de moultes tests d’Heavy Rain de Quantic Dream). Hola ! Doucement ! Alors on a le jeu vidéo, qui est un médium, ou un canal d’expression. Ensuite on a le film interactif, qui est un sous-genre de jeu vidéo. Et on a le Cinéma qui est un Art (un autre médium d’expression si vous préférez).

Si je retraduis la phrase elle devient : Cette œuvre ne fait pas partie du médium jeu vidéo, mais plutôt du genre film interactif (?) étant donné ses ressemblances avec l’Art cinématographique.

Il y a là une confirmation de notre confusion dans les termes.

Le film c’est quoi ? Selon mon Larousse, le film est un déroulement continu d’événements.

Qu’en est-il lorsque le déroulement d’événements est interrompu ? Lorsqu’il est en pause ? Et que c’est le spectateur qui décide de quand il l’est ?

On a un dispositif permettant d’interagir avec le film, le film devient donc littéralement interactif. En tout cas il devient possiblement interactif.

Le film interactif serait donc le dispositif qui nous permet de regarder un film « à la maison » car dans les lieux fait pour visionner des films on ne peut pas mettre pause ou éteindre la diffusion avant la fin (cinéma ou exposition pour la vidéo).

L’art vidéo serait celui disponible sur Youtube et formaté dans les expositions et les festivals. L’art cinématographe est, lui, limité à la salle de cinéma.

Le jeu vidéo (en tant que médium ou Art) est autre, car lié au « gameplay » mais c’est un méta-médium (c’est-à-dire qu’il est une agrégation de médiums). Et il autorise donc l’utilisation d’autres médiums comme le film (cinématiques) ou la photographie (dans les point’n click par exemple), combinés au gameplay. Le gameplay sous-tend une obligation d’interactivité. Cette obligation est en réalité ce qui différencie un film d’un jeux vidéo aujourd’hui, ni plus ni moins.

En conclusion soit on suit Wikipédia et on considère que tous ceux qui opposent Dragon’s Lair et jeu vidéo ont tort car Dragon’s Lair est juste un jeu vidéo du genre film interactif. Soit on considère qu’ils ont tort car Dragon’s Lair est un représentant du médium jeu vidéo (ou Art Vidéo-ludique), et n’a donc rien à voir avec un film (même si les codes de l’un peuvent servir à l’autre). Et cela au sens premier de ce qu’est un jeu vidéo.

Bien entendu ces deux choix ne sont pas exclusifs puisqu’ils ciblent chacun un champ différent : la question des genres et des catégories d’un médium, et la question d’appartenance à un médium plutôt qu’un autre.

Vivre de la musique libre

Mardi 10 novembre 2015 à 15:01

À chaque conférence sur la musique libre où je vais, que j’y sois intervenant ou non, la question arrive toujours invariablement. Elle est souvent posée dans des termes du genre : « Mais alors, concrètement, comment on vit de la musique libre ? ». Elle est parfois agrémentée de précisions concernant les éditeurs, les labels, les interprètes, les co-auteurs ou encore les techniciens. Quelle que soit la formulation le fond reste identique : on est pas contre la musique libre, mais on voudrait savoir comment ça marche. Comme si la musique ne pouvait marcher uniquement dans ce rapport de cause à effet pécuniaire.

Dans cet article je vous propose de répondre à cette question, posée bien souvent par les professionnels de la musique, de trois manières différentes.

La première est une version courte, celle avec laquelle je réponds la plupart du temps. La seconde est une version longue, elle prend en compte une explication relativement complète du mouvement libriste tel qu’il est à mes yeux. La dernière est une version au piment, elle tâche et laisse des traces mais c’est celle que mon cœur me hurle bien souvent.

Commençons donc par la version courte, alors comment on vit de sa musique libre ?

Quand on est un musicien, un compositeur ou un interprète qui ne publie pas sous licence libre, on confie certains de nos droits d’auteurs à un label ou a un éditeur ou encore à une société de gestion. Ces organismes se chargeront ensuite de gérer pour nous les usages de notre musique à notre place de manière plus ou moins automatique selon les cas. Ceci mis à part, on va vivre de la vente de nos disques, des recettes de nos concerts, de royalties sur des passages radios, télé, dans des publicités, des films ou des jeux, et des revenus dégagé par les plateformes de vente en ligne (Deezer, Spotify, 1DTouch, Itunes, etc). Bref, dès que notre musique sera écoutée ou utilisée (remix, sampling, etc), elle générera un revenu qui tombera de manière variablement automatique dans notre poche.

Quand on est un musicien, un compositeur ou un interprète qui publie sous licence libre, on ne confie aucun de nos droits à personne et on doit donc se charger nous-même de toute cette gestion. Ça n’est pas négligeable c’est sûr, mais c’est en théorie l’unique différence. En pratique c’est une toute autre paire de manche, car il nous faut faire alors une croix sur les diffusions radio et télé, car ces canaux sont obstrués par les sociétés de gestion. Votre travail aura l’image d’un travail amateur (image totalement fausse mais qui est quand même présente) car dans l’esprit de la plupart des professionnels du milieu, libre = amateur et libre = gratuit. Donc personne ne comprendra pourquoi nous souhaitons être rémunéré ou être dans un système qui pourrait nous rémunérer. On nous dira alors : « Vous voulez rester libre ? Ha, hé bien donc vous n’avez pas besoin de nous… », une logique tordue qui est pire qu’un aveu de désaccord. Cependant tout n’est pas perdu il nous reste les concerts, les albums, les diffusions dans des films ou sur tout autres médiums pour peu qu’on ait un accord avec l’auteur ou la société de production. Ceci pour les cas les plus courants, bien entendu certaines licences pourront conduire à des situations complexes et difficiles mais leurs fréquences seront souvent dû à la ou les licences utilisées ainsi qu’à leur souplesse. Enfin les plate-formes de musique en ligne sont bien souvent accessibles à la musique libre, il y a les spécifiques : Archive.org, Dogmazic.net, Free Music Archive ou encore Jamendo (si on est pas trop regardant). Et les mainstream : Deezer, Spotify, Itunes ou 1DTouch. Notez bien qu’à l’exception d’1DTouch ces plates-formes ne permettront pas la mention des licences libres, car leur interface ne les prend pas en compte. Une subtile manœuvre de plus pour rendre la musique libre invisible (on se demande même si la musique reste libre juridiquement parlant…).

Conclusion, la musique libre ça fonctionne sur le papier comme la musique non-libre, avec les mêmes déboires et les mêmes difficultés. Dans la pratique s’ajoute simplement le verrouillage de notre industrie culturelle qui rejette tout ce qui ne lui ressemble pas. Rien d’insurmontable en somme.

Voyons maintenant la réponse longue à : comment vit-on de la musique libre ?

Il convient tout d’abord de bien comprendre de quoi on parle. C’est quoi la musique libre ? À très petite échelle c’est la musique diffusée par son ou ses auteurs sous licence libre. À plus large échelle c’est une petite partie d’un grand mouvement planétaire : le Libre. Ce mouvement milite depuis le milieu des années 80 pour la diffusion libre du code source des logiciels. Il a depuis évolué et grossi pour maintenant concerner toutes les œuvres de l’esprit et les savoirs (ce qui est parfois appelé « propriété intellectuelle »).

Avec le temps « diffuser », c’est-à-dire mettre les savoirs et les œuvres à disposition de ceux qui en ont besoin n’a plus suffit car pour qu’un savoir soit utile il ne faut pas simplement qu’il soit diffusé, il faut aussi qu’il soit accessible et compréhensible. En termes logiciels cela s’exprime, par exemple, par le fait qu’un code libre c’est bien mais qu’un code libre, documenté et commenté c’est mieux, car de cette manière un autre développeur peut le reprendre et s’en servir ou l’augmenter sans avoir à le démonter avant. Ce qui est une perte de temps pour tous.

Il y a donc un glissement qui s’est opéré, d’une manière de diffuser vers une manière nouvelle de faire les choses pour qu’elles soient utiles lorsqu’elles soient diffusées. Ainsi à l’heure d’internet et de la diffusion massive (voire incontrôlable) des informations, le libre n’est pas mieux que le non-libre, mais c’est une meilleur manière de faire les choses car, dans l’idéal, cela suppose avoir anticipé ce qu’on fait, pourquoi on le fait, pour qui on le fait. En ce sens choisir une licence pour son travail oriente déjà les conditions de diffusions et d’usages du travail.

Aujourd’hui le Libre est sorti du numérique pour toucher toutes les applications de la propriété intellectuelle, par exemple les brevets sur les semences ou le partage des découvertes scientifiques, mais participe aussi à un élan politique mettant la fraternité et l’égalité entre les humains au premier plan. Un élan relativement flou porté en grande partie par internet mais qui s’est cristallisé dans le Libre en une forme concrète, pourvue de défaut (rien n’est parfait), mais porteuse d’un idéal.

Les coopératives, les associations citoyennes, la résurgence de l’éducation populaire, l’écologie, des questions de sociétés économiques ou politiques (le revenu de base, les communs, les économies de proximité, etc) ; tous ces aspects, ces questionnements, ces formes trouvent des échos dans la culture Libre, sans que le Libre ne les ait pourtant phagocytés. Le mouvement Libre a ainsi pioché dans tous les domaines des éléments pour « faire les mieux les choses » et pour « mieux partager les savoirs et les informations ». Derrière les débats sur le droit d’auteurs qu’il suscite, le Libre porte un projet de société neuf, plus respectueux et égalitaire.

Enfin le Libre est à l’origine un moyen pour l’informaticien de récupérer le contrôle sur son outil de travail : son code. Car celui-ci est souvent déposé et rendu inaccessible par son propriétaire. D’où la nécessité d’avoir un code libre, avec un créateur bien identifié (et valorisé) mais pas de propriétaire. Ce sont donc des pratiques qui se rapprochent très fortement du marxisme et de sa volonté que les travailleurs se réapproprient leurs moyens de production. En fait s’en est même une mise en pratique assez littérale.

Une fois cela en tête on peut en revenir à la musique. Quel est le rapport ? Hé bien la musique libre c’est donc, bien sur, une licence libre (car sans ça votre musique ne peut pas être écouté légalement). La licence libre peut entraîner l’usage de logiciels libres (pour l’enregistrement ou les maquettes), le partage avec d’autres musiciens libres (ou pas), mais aussi la constitution en association ou en collectifs ou encore en sociétés genre scop (après tout pourquoi pas?).

Mais c’est surtout l’appartenance à ce mouvement qui est importante. Avoir conscience qu’un musicien c’est pas juste un type qui fait de la musique ou qui fait vivre des techniciens (sons, lumières, etc) et des artisans ou des entreprises (pour les instruments par exemple), mais que c’est un rouage de l ’économie au même titre qu’un vendeur de chaussures. Avoir conscience qu’aujourd’hui les problématiques du musicien moyen (qui est à la sacem et qui est intermittent du spectacle) sont les mêmes que celle de l’ouvrier moyen ou du jeune finissant ses études et cherchant du travail. Une certaine sécurité du travail, avoir ses heures payées ou payer moins de taxes. En même temps faire un métier épanouissant, dans des bonnes conditions et sans risquer le burn-out. Ne pas gaspiller l’argent ou les ressources. Ces notions, qui ont traits au politique ou à l’économique, sont réellement mises en pratiques par les initiatives libres.

Ainsi le choix des licences libres pour un musicien (ou n’importe quel artiste) n’est pas innocent car il suggère un engagement (voire un militantisme) qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Souvenons-nous que le Libre n’est pas un parti politique, mais que ce mouvement soutient les listes électorale participatives ; que le Libre n’est pas un syndicat mais que par ses modes de fonctionnements il encourage la prise en main des choses par ceux qui les font. Ce militantisme rappelle cependant des mouvements comme les altermondialistes ou certains partis français de gauche, mais il permet, en quelque sorte, d’agir à peu de frais. D’agir seul dans son coin ou à plusieurs. D’agir à notre échelle d’être humain, sans sacrifier notre profession ou notre vocation mais juste en la pratiquant différemment.

Plus pratiquement le musicien libre se heurte à plus de difficultés qu’un musiciens non-libre. Pourquoi ça ? Car il doit faire face à tout un système, tout un réseau de professionnels, qui nie l’existence des licences libres (radio, télé, plate formes comme Itunes ou Deezer).

Mais ces difficultés sont en réalité relativement négligeables face aux difficultés que rencontre TOUS les musiciens à vivre correctement de leur art.

Le Libre répond à cette question monétaire de diverses manières, je vais en citer deux à titre d’exemples : la première est le revenu de base, qui est un mouvement en lui-même, visant à soulager les musiciens d’une grosse partie de la pression que l’argent génère (et qui ne s’appliquerait pas qu’aux musiciens mais à tous). La seconde est la reconnaissance des licences libres par les sociétés de gestion de droits d’auteurs, ce qui permettait aux musiciens de ne plus craindre que leur musique ne soit plus « protégée » et ainsi de sortir de l’étau dans lequel ils sont (étau assez bien matérialisé par l’incapacité de la plupart des musiciens à prendre position clairement sur le piratage).

Comme on peut le voir la réponse à la question : « comment vit-on de la musique libre ? » est assez complexe, elle est dur à entendre quand on a 40 ans, deux enfants et un prêt immobilier sur le dos et qu’en plus on est un musicien en situation précaire.

Si je résume les paragraphes précédents, pour vivre de la musique libre, je commence par ne plus me contenter de ne faire que de la musique mais j’inscris ma musique dans un mouvement plus large de changement du monde. La plupart des artistes le font déjà en réalité, en s’investissant localement dans de l’associatif ou du culturel (ou les deux), en acceptant souvent d’être rémunéré une misère par rapport au temps passé, mais ils sont mystérieusement tout d’un coup méfiant devant le Libre qui promet, à leurs yeux, monts et merveilles alors qu’il ne propose que de généraliser partages et collaborations dans tous les domaines.

Cette méfiance n’a pas lieu d’être, car elle présuppose des « petites lignes dans le contrat », comme si les libristes cherchaient à se faire de l’argent sur le dos des musiciens ou à les arnaquer. C’est vrai aussi que parler de liberté, d’éthique, de responsabilité et de mettre tout cela sur le même plan que la commodité pratique peut aussi susciter de la méfiance, car ce sont bien souvent des notions qu’on préférerait passer sous silence plutôt que d’en parler. C’est tout à fait compréhensible, ça fait peur quand on nous dit que notre musique peut toucher le politique et l’économique concrètement par la manière dont elle va être reçu par les gens. Et qu’avoir des textes revendicatifs c’est bien, mais qu’aujourd’hui nous y sommes tous anesthésiés. Avec le Libre il n’y a pas besoin d’avoir des textes engagés pour être engagé.

Il y a certaines choses que le Libre ne nous promettra jamais : le Libre ne promet pas que ça sera facile et rapide (de vivre de sa musique), le Libre ne promet pas que tout sera automatique et que les sous vont, sans effort, tomber dans notre poche ; le Libre ne promet pas qu’ « en échange » de notre musique nous aurons plus de visibilité et une audience plus large. En bref le Libre ne nous drague pas avec des slogans publicitaires bien rodés et facile à avaler.

Voilà qui conclut l’explication longue, on peut bien sûr y ajouter les points plus concrets de la réponse courte.

Voyons enfin la réponse du cœur à la question : comment vit-on de la musique libre ? Cette réponse m’est toute personnelle et je pense que de nombreux libristes seraient fortement en désaccord avec elle. Ceci étant précisé, allons-y.

Hé bien c’est assez simple : on s’en fout !

Faire de la musique n’est plus une question d’argent depuis bientôt 15 ans, et comme dans tous les domaines de la vie, l’argent ne fait pas tout mais peut seulement accélérer les choses. Ce qui signifie du point de vue de la pratique musicale que cette question n’est pas pertinente. Cette question n’est en réalité là que pour être utiliser comme excuse pour ne pas faire de la musique libre et j’y répondrai simplement en disant qu’on s’en fout. On peut même considérer, toujours du point de vue de la pratique musicale, que c’est une problématique qui est tout à fait personnelle. Au même titre que « Vais-je manger des pâtes ce soir ou aller au restaurant ? ».

Honnêtement, ça n’est pas ma responsabilité de répondre à ce genre de question pour les autres.

De la même manière, si on souhaite se focaliser sur la partie de la question concernant uniquement l’argent, alors la question est clairement à côté de la plaque, car cela ferait beaucoup plus sens de ne pas la restreindre à la musique.

En effet la question serait plutôt : Comment fait-on, dans la société d’aujourd’hui pour subvenir à ses besoins ? Car c’est tout simplement une question qui nous concerne tous. Et ça c’est une vrai question de société, elle peut remettre en cause la notion de travail et les questions économiques qui en découlent.

Le Libre signifie souvent son soutient à des initiatives citoyennes en ce sens mais pour le savoir et s’en rendre compte encore faut-il s’y intéresser. J’entends s’intéresser à ces initiatives, ne pas avoir peur de changer ses pratiques, quelles qu’elles soient, pour remettre en question le système qui nous force à « travailler » pour gagner notre précieuse subsistance, notre droit de vivre. Et enfin ne pas avoir peur de s’allier avec les autres, même s’ils ont des avis légèrement différents, pour chercher des solutions ensemble.

En sommes, ça ne sert à rien de poser cette question si c’est pour ne pas agir concrètement plus tard, cette question est grave, car elle préoccupe l’ensemble de l’humanité. Ce qui, à titre personnel, ne me paraît pas vraiment normal.

Voilà les trois manières par lesquelles je réponds à la question : comment vit-on de la musique libre ?

Notez que j’ai volontairement fait quelques raccourcis dans la réponse longue, car celle-ci nécessiterait d’être deux ou trois fois plus conséquente afin d’exprimer clairement la totalité des enjeux auxquels s’intéresse le mouvement Libre.

Enfin le mouvement Libre, en tant que mouvement est aussi sujet aux vents et aux marées, aux avis contraires et aux divergences, c’est une manière de garder son œil critique grand ouvert. Il ne faut pas l’oublier ou se sentir découragé par ça, car c’est aussi un moyen de construire de nouvelles solutions aux problèmes qui se posent.

Edit : Où trouver de la musique libre ?

Plateformes d’hébergements/écoutes/téléchargements : archive.org, dogmazic.netfreemusicarchive.org.

Autre : thinkrootrecords.comopengameart.org

Pour quels usages ?

Les usages d’un morceaux sont indiqué par la licence, il suffit de lire le texte de la licence pour savoir ce qu’on peut faire avec la musique. Certaines clause peuvent créer des situations compliqué (Partage à l’Identique ou Non-Commercial). Mais en dehors de ça, si la licence vous donne le droit de faire une utilisation commercial, bah vous avez le droit de faire une utilisation commercial, l’auteur vous en a donner le droit.

Deliverance : Nehrim

Mercredi 4 mars 2015 à 16:27

Deliverance : Fallout 2

Mercredi 25 février 2015 à 11:09

Deliverance : Oblivion

Jeudi 19 février 2015 à 11:23

Deliverance : Fallout 3

Mercredi 11 février 2015 à 9:46

Deliverance : Fallout New Vegas

Mercredi 4 février 2015 à 11:15

Deliverance : Daggerfall

Mercredi 28 janvier 2015 à 11:44

Ludum Dare 31 : Windows Cleaner Simulator

Lundi 15 décembre 2014 à 15:12

J’ai participé à la Ludum Dare 31 et un petit jeu en est ressorti. Il a donc été développé en 72 heures par 3 personnes sur le thème : Entire Game On One Screen.

Le site (et le jeu) est par là : http://www.instantnoodlesgames.com/

Je vous publierai bientôt une petite sélection des jeux que j’ai préféré.

teaser

Et je vous copie-colle le post-mortem du week-end (en anglais) :

A PostMortem for Windows Cleaning Simulator

There 3 of us in the team
Pierre-Alexandre : dev
Léo Marius : 2d/3d artist
Me, Simon Chanson : Game Design and Musics.

It was our first Ludum Dare and we liked it, we love the game we made but everything wasn’t smooth and simple.

Pre-LD

We mostly prepared our workflow. A Trello to assign tasks and a bitbucket (git) to centralize the work and make the deploy easy.

We also tested the deploy, because we make html5 games, and because web is sometimes a pain in the ass when you tried to deploy app, so we had to test that before the LD was launched.

In retrospect, we were prepared and all this did help us to get through the LD. But not enought. We didn’t talk about methodes : how do we build a level in a game, how do we decide limits of polish in relation with half-days updates. Well we didn’t talk about all the process stuffs.

Day 1

Up at 3 am, the theme was just reveal in France, we brainstormed until 7 am, wrote about 20 ideas (3/4 okay for a game). Then we decided the first deadline for the evening : we have the main screen (the building) and it can be clean. Which was too much. Too much dev : level + cleaning anime (no implemented finally) + windows that can be clean, and too much graphics assets (because we did all 2d pixel-art with Blender).

And more the day was running less graphics and dev progress.

At the time we didn’t really understand why.

Gone to bed near midnight after a few games of Race For The Galaxy (nice card game by the way).

Day 2

At this point I have to say that I am working with Pierre-Alexandre on a bigger game so we are used to work together, but this LD was our first time working with Léo.

Pretty much the same morning but we’re up at 9h (too much sleeping was needed).

At noon we realized that the dev was not in a good way because we have not enought graphics assets to move forward. Two reasons for that : - Léo didn’t know how to produce an asset useful that match my mock-up of the level (we used tiled and .json file for processing the level). - The beauty of the graphics needed a work that take time, time that delayed all the dev.

Those things could be managed early if we knewn eatch others works habits and needs. Our inconscient way out was to go on Léo’s rythm and keep our fingers crossed.

Luckely everything was peachy during the afternoon, we switched from tilebase to heavy sprites, rewrote some parts of the code and by the end of the day the dialog box (text) system was ready. Musics were ready and all the game design and texts (from the day before).

Day 3

Up at 9, we started working near 10. The point of my personnal day was to get a playable and endable (is that a word ?) version of the game. So cleaning (without anime) and 2 endings (with actions link). Nothing fancy.

But this is the day where we payed the delayed work from day 1. We made the 0.8 version, the game was like he is right now without animes and some lower graphics assets.

At 6 pm, we’d to go to present the Ludum Dare and our game to a fablab near by (The Open Factory).

From 9 pm to 2 am, we implemented offices’s animations and made some polish on the front building.

And the game was over.

Finally

Planning (even when we failed to achieve our goals) and cutting features (Joseph’s animes, sound effects and a few dialogs cases) were things that saved us in this Ludum Dare. Most of our problems was not the engine (Phaser) or using Blender to do 2d pixels arts. But our inner communication as a team and our different understanding of the goals that we’re aimming for (the goals in the production process not on the meaning of the game).

Thanks for this Ludum Dare we really have great time making this game and we learn a lot.

2 Textes dont je ne sais que faire…

Mercredi 15 mai 2013 à 11:22

Je vous explique : ça fait plus de 6 mois que je suis sur l’écriture de 2 textes très différents. Pour les deux j’ai écrit environs une page et là je ne sais plus où aller avec. Est-ce que mes développements d’idées sont foireux ? Est-ce que j’ai juste pas assez de matière pour continuer à parler de ces sujets ? J’en sais rien…

Donc je vous les partages pour recueillir vos avis, vos idées et vos blagues vaseuses. Avec l’espoir que vos réflexions m’amèneront à savoir si je dois les laisser tomber ou bien les continuer dans une autre voie.

L’artiste, l’artisan et la propriété intellectuelle :

On le sait, la propriété intellectuelle touche les artistes et les artisans et le libre les invite tout deux à libéré cette propriété intellectuelle pour qu’elle devienne juste la « matière intellectuelle ».
Grossièrement un artiste et un artisan, ça libère son travail de la même manière : en documentant son travail, en libérant l’idée (ce que les artisans font déjà) et en mettant à disposition « ce qu’il faut pour refaire ».
Et les deux utilise aussi des « matériaux intellectuelles » libres, concepts, plans, assemblages, qu’ils soit sous forme physique (par exemple un plan de machine à écrire imprimable avec une imprimante 3D) ou sous forme d’idée (par exemple l’inspiration d’un film à partir d’une photographie).
L’artisan et l’artiste deviennent alors plus semblable qu’ils ne l’ont jamais été car ce qui leur reste à tout deux est leur savoir-faire.

En ce sens le Libre nivelle les différences entre l’art et l’artisanat, entre l’artisanat et l’amateurisme, et entre l’amateur et le professionnelle. Car il permet à tous de travailler avec des outils performants et il permet à tous d’utiliser le savoir d’autrui pour travailler le mieux possible.
Faut-il donc éliminer toutes ces catégories désuètes de notre vocabulaire car elle ne sont plus d’actualité ?

Heureusement non, mais il faut pourtant en redéfinir les paramètres et les applications.

Le Libre est souvent présenté comme ayant un point faible : l’argent. En effet la rémunération des personnes créant des contenus libre est une question qui revient souvent. Et en plus le rapport à l’argent dans le monde du Libre est ce qui caractérise les différentes catégories énoncer ci-dessus.

Je m’explique : en simplifiant un peu l’artisan est l’ancien terme pour designer, c’est-à-dire que c’est un créateur et un fabriquant d’objets (ou de services) utilitaire (entendez par là qu’ils ont une ou des fonctions précises et identifiées). L’artisan peut donc être rémunéré pour ce qu’il délivre physiquement à son spectateur (un objet, un service, etc…). Exemple : j’ai besoin d’une fourchette, je connais un gars qui fabrique des fourchettes, je lui achète une fourchette (exmple à deux balles te voilà !).
On peut établir que dans la vie d’un artisan la rémunération intervient très tôt, dés qu’il a fabriquer un objet et qu’il a un spectateur intéresser par son objet (ou l’inverse). Ensuite si l’artisan à du succès il va se diversifier (donc réinvestir) et/ou augmenter ses tarifs (profiter de sa renommé) qui sont tout à fait justifier s’ils ne l’obligent pas à « refermer » son travail.

Pour l’artiste, c’est moins évident, car il produira des objets/services pas ou peu utilitaire et donc il aura du mal à trouver un spectateur qui sera prêt à acheter son travail. Mais son travail se diffusant avec le temps (et librement) il va gagner en renommé, ce qui lui permettra d’avoir plus de facilité à vendre.

Il y a donc un système de revenu à plusieurs vitesses, qui ne sont pas très différentes des systèmes traditionnels, qui est dépendant du type de contenu produit par la personne plus que de son statut.

L’amateur et le professionnel forment un débat à part, car le professionnel est souvent vue comme une référence de qualité face à l’amateur et son amateurisme (qui sous-entendent qu’il n’y connaît en fait rien). Mais le libre permet qu’un amateur travaille comme un professionnel avec les mêmes techniques et les mêmes exigences de qualités.
On pourrait se dire alors qu’il n’y a plus de professionnel, mais si il y en a toujours, par contre c’est l’amateurisme qui est en train de disparaître et là aussi le professionnel reprend son sens premier, à savoir : un professionnel est une personne qui vit de sa pratique. On peut donc être artisan professionnel ou artiste professionnel, mais si on est pas professionnel rien ne nous empêche d’être artiste ou artisan.

business-cat

Petite image de circonstance

Tentative de définition du film interactif :

Depuis quelques années l’industrie du jeu vidéo à vu se développer des jeux atypiques dans lesquels le gameplay est réduit à son plus simple appareil (non ça n’est pas sale).
Ce sont des jeux dont on dit qu’ils ne sont pas vraiment des jeux vidéo mais plutôt des films interactifs car il ont plus de rapport avec le cinéma ou avec un film.
Des jeux, que nous appelleront « oeuvres » car le mot est ici plus neutre, comme le récent Proteus ou le moins récent Heavy Rain, The Walking Dead, the Graveyard, sans oublier l’ancien Dragon’s Lair.
Ma réflexion est de me dire que personne n’a l’air d’être tout à fait sur que ces œuvres soient des films interactifs (sans parler du sous-entendu péjoratif du terme). Donc je vous propose ma petite tentative d’explication du pourquoi du comment.

Et là Wikipédia arrive à ma rescousse en me disant que le film interactif est un type de jeu vidéo, sous-genre du jeu d’aventure.
Problème résolut : toutes ces œuvres font donc partie du genre des films interactifs et leur médiums est le jeu vidéo.
Non mais si c’était aussi simple personne ne douterait, personne ne ponctuerait ses phrases de pas vraiment et de plutôt évasifs. Les phrases d’introduction des tests du monde entier ressemblerai à : « Voici le dernier jeu vidéo film interactif du studio Machin… ».
Mais c’est pas le cas voyez.

Reprenons la phrase typique : Le jeu X n’est pas vraiment un jeu vidéo mais plutôt un film interactif, vu ses liens évident avec le Cinéma (vous reconnaîtrez ici une caricature de moultes tests d’Heavy Rain de Quantic Dream). Hola ! Doucement ! Alors on a le jeu vidéo, qui est un médium, ou un canal d’expression. Ensuite on a le film interactif, qui est un sous-genre de jeu vidéo. Et on a le Cinéma qui est un Art.
Si je retraduit la phrase elle devient : Cette œuvre ne fait pas partie du médium jeu vidéo, mais plutôt du genre film interactif (?) étant donné ses ressemblance avec l’Art cinématographique.
Il y a là une confirmation de notre confusion dans les termes.

Le film c’est quoi ? Selon mon Larousse, le film est un déroulement continu d’événements.
Qu’en est-il lorsque le déroulement d’évènement est interrompu ? Lorsqu’il est en pause ? Et que c’est le spectateur qui décide de quand il l’est ?
On a un dispositif permettant de d’interagir avec le film, le film devient donc littéralement interactif.

Le film interactif serait donc le dispositif qui nous permet de regarder un film « à la maison » car dans les lieux fait pour visionner des films on ne peut pas mettre pause ou éteindre la diffusion avant la fin (cinéma ou exposition pour la vidéo).

L’art vidéo serait celui disponible sur Youtube et formater dans les expositions et les festivals, l’art cinématographe est lui limité à la salle de cinéma.

Le jeu vidéo est autre, car lié au « gameplay » mais c’est un méta-médium (c’est-à-dire qu’il est une agrégation de médiums). Et il autorise donc l’utilisation d’autres médiums comme le film (cinématiques) ou la photographie (dans les point’n click par exemple).

En conclusion soit on suit Wikipédia et on considère que tous ceux qui opposent Dragon’s Lair et jeu vidéo ont tord car Dragon’s Lair est juste un jeu vidéo du genre film interactif. Soit on considère qu’ils ont tord car Dragon’s Lair est un jeu vidéo et n’a rien à voir avec un film (même si les codes de l’un peuvent servir à l’autre).

NB : Les corrections orthographiques/conjugaisons sont les bienvenues.