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Archive pour juillet 2009

Analyse filmique : Secret Story

Lundi 27 juillet 2009

Comme je replonge petit à petit dans le Cinéma ces derniers temps, je me suis dis que ce serait une bonne idée de parler d’analyse filmique et de vous proposer l’analyse d’une séquence d’anthologie. Mais je vous vois venir : vous voyez la vidéo en dessous et vous vous dites “mais il est fou de nous parler de Secret Story” ! Oui, je suis un peu fou, mais si vous continuez à lire cet article vous comprendrez (peut-être) pourquoi je le fais.

Analyse filmique : Secret Story

Allez zou, suivez-moi si vous avez encore quelques neurones après avoir vu cet extrait vidéo.

Bien, tout d’abord, pour bien comprendre les tenants et les aboutissants de la séquence, il faut rappeler son contexte.
- Martin et Cindy sont à table : un diner en tête à tête ? On ne sait pas bien qui ils sont l’un pour l’autre.
- Une musique d’ambiance, douce et lancinante, baigne le jardin au milieu duquel est dressée la table, et créé une atmosphère romantique.
- Autour d’eux, on semble entendre les voix d’autres personnes également attablées.
Et à vrai dire, on n’en sait pas beaucoup plus. Alors voyons plus en détail le déroulement de cette séquence.

- Un premier signe vient nous donner un indice concernant l’état de la relation entre les deux protagonistes : Cindy regarde son bracelet et son bras, semble ne pas prêter attention à Martin.
- A 00:10 elle lève les yeux sur son partenaire, et lâche un profond soupir. Est-ce de l’ennui ? De l’exaspération ? Dur à dire.
- Cindy remet ses cheveux en place en se regardant dans un miroir (qu’on devine hors-champ), pendant que Martin reste, et c’est étonnant, complètement figé sur son siège. Il ne bouge pas d’un pouce et fixe Cindy du regard. Au fond, on distingue une autre table de convives.
- Tout en prenant son verre, très naturellement, Cindy entame la discussion : “T’es adorable comme garçon, en tout cas.”
- Changement de plan : on passe sur le visage de Martin qui, enfin, se met à bouger. Il lève les yeux au ciel, la bouche entrouverte, prêt à mordre. Ce qu’il va faire.

- A cet instant, on comprend qu’il y a un malaise, mais on n’en connait pas encore exactement la profondeur.
- Martin se replace sur sa chaise et lâche un “Ouais…” désabusé qui, associé à son regard vide lorsqu’il redresse la tête, signifie qu’il n’a pour l’instant rien à répondre. Il réfléchit.
- Un moment de flottement. “Just an illusion” continue de bercer le jardin, mais la musique a déjà une autre signification : elle semble directement adressée aux deux personnages.
- Martin et Cindy se regardent en face tous deux, elle n’hésitant pas à regarder ses ongles, comme si elle était seule, et lui restant figé, en proie à la réflexion.

- Le mouvement de l’un entraine celui de l’autre. Martin commence : “Toi aussi…”. La phrase reste en suspension, mais Cindy ne le laisse pas finir : “C’est gentil.” Un moment, puis elle continue sur sa lancée : “Tu vois que ça va nous…”
- Ils prennent chacun leur verre et s’apprêtent à trinquer. Une réconciliation est-elle possible ?
- C’est sans compter sur Martin, qui finit enfin sa phrase : “(Toi aussi…) tu es adorable comme garçon.”
- L’entrechoquement des verres résonne comme le début des hostilités, un premier coup de poignard.

- “Comme garçon… Ouais, si tu veux”. Cindy semble perplexe. Elle détourne un instant le regard, puis décide de croiser à nouveau celui de Martin. Ils se regardent droit dans les yeux. Un premier voile vient de tomber.
- “J’dis rien, franchement, je rentre pas dans le conflit avec toi. Ce serait trop facile.” Cindy parle ouvertement et ne cache pas son irritation.
- A ces mots, Martin tourne la tête en direction d’une autre table, l’air de ne pas écouter. Il fait comme si Cindy n’existait pas.
- Cependant, il se ressaisit rapidement et fait part de son sentiment : “Non mais de toute façon, on va être bons copains, hein. Je me fais pas de soucis.”
- La dernière phrase est difficilement audible car on entend, au même moment, un bruit de couverts qui s’entrechoquent. Ce bruit, brutal et désordonné, parle à la place de Martin : il ne pense pas vraiment ce qu’il dit.

- S’en suit un échange très convenu sur le bien que chacun pense de l’autre. Et fait très important, on n’apprend que si ils s’entendront bien plus tard, cela ne pourra pas se faire au travers d’une relation de “couple”. “Ca le fait pas”, et tous les deux sont d’accord sur ce point. On en sait donc plus sur leur passé de “couple” qui n’a vraisemblablement pas fonctionné.
- Nouveau moment de flottement. Martin et Cindy se dévisagent copieusement. Le contre-champ sur Martin nous fait penser qu’il va s’exprimer en premier, mais non.
- C’est Cindy qui attaque à nouveau : “Tu sais, les gamins, c’est pas trop ma tasse de thé non plus.” Martin répond d’un timide “Ca ,c’est facile”. Tout comme le spectateur, Martin n’a pas vu le coup venir. La caméra reste sur Cindy pour montrer son visage qui exprime la satisfaction du coup qui a été porté, et qui a touché sa cible

- Cindy poursuit sur sa lancée en parlant d’une certaine “mission” qu’elle aurait préféré faire avec “Romain”. Est-il possible qu’il s’agisse d’une mission visant à feindre le couple ?
- Cindy lève son verre, puis le repose sans raison. Avec ce geste, elle essaie d’asseoir sa position. Elle remonte son décolleté en signe de victoire, et regarde fixement Martin dans les yeux, sûre que c’est à présent elle qui mène le jeu. En se raclant la gorge, elle ponctue son intervention et laisse la parole à Martin.
- Beau joueur, mais bien décidé à battre le fer pendant qu’il est encore chaud, Martin pousse Cindy à la faute, devant les caméras : “Je t’en veux pas, hein. J’ai dis que t’étais un garçon sympa, c’est normal que tu t’énerves. Vas-y, lance-toi. Pas de soucis” Son regard furtif en direction de la caméra trahie malheureusement son intention.
- Mais Cindy ne se laisse pas prendre au piège “Non mais (…) si tu veux, je suis un garçon très sympa”.

- Encore un mouvement de flottement. La bataille n’est semble-t-il pas terminée. La caméra se focalise sur Cindy, pour mieux laisser Martin préparer sa nouvelle entre en scène.
- Martin se lance et capte à nouveau l’attention de Cindy et du spectateur : “Par contre, question : point de vue “éthique”, ils peuvent pas mettre (il bégueille et trahie une nouvelle fois ses réelles intentions), mettre dans les secrets “Prostituée” ?”
- Cindy, du tac-au-tac “Non”. Et Martin, l’air innocent, de reprendre son verre : “Ok… Je me demande où sont (il bégueille à nouveau) où sont les limites.”
- A cet instant précis, alors que les limites viennent d’être atteintes et que l’insulte franche a été lancée, la musique s’arrête nette et laisse place à un silence pesant.
- Cindy porte son verre à sa bouche et souries, prenant conscience des paroles de Martin qui la visait directement. Elle s’essuie la bouche. A-t-elle du mal à avaler une attaque aussi brutale ?
- Mais Cindy a plus d’un tour dans son sac, et ries en répondant “Fils de pute, ils peuvent pas non plus, j’imagine, non ?” L’absence de musique donne plus de poids à ses mots, qui concluent la séquence.

On aurait pu en rester là, mais le réalisateur / monteur décide de finir sur une sortie de table de Cindy, riant par nervosité, pour finir sur une bonne note peut-être plus légère. Martin se retrouve alors seul à table, et le regard qu’il porte droit devant lui montre toute la rage qui l’habite. Finalement, il tourne la tête (et est à présent dos à la caméra). Sans adversaire, il n’a plus d’intérêt pour la caméra et sait qu’il a finit de jouer son rôle dans cette soirée.

Voilà, j’en ai fini de cette analyse linéaire. J’aurai du mettre plus de référence au temps précis de tel ou tel plan, pour montrer que je n’ai pas tout perdu de mes cours de Cinéma-Audiovisuel. J’espère aussi que vous comprendrez maintenant mieux pourquoi j’aime regarder certaines merdes à la télé : il y a toujours quelque chose à y apprendre en terme de mise en scène. En Game Design aussi d’ailleurs, mais ça c’est une autre histoire.

Briser la routine

Lundi 6 juillet 2009

Parmi les ennemis que je me suis créés, il en est un qu’il me sera difficile de combattre. Je joues son jeu depuis le début de l’année, et continues de le faire en écrivant cette phrase. Cet ennemi, je le partage avec de nombreuses personnes, de la blonde peroxydée qui s’est fait ravalée la cinquantaine en surface jusqu’au poète qui fixe son regard sur les aiguilles de l’horloge et se laisse mourir en comptant les tic et les tac.
Cet ennemi, c’est le Temps.

5 ou 6 mois de bilans, c’est bien. Mais je n’en ferai pas 6 de plus.
Ca ne signifie pas que je n’ai plus d’objectifs, ils restent les mêmes, seulement je préfère travailler pour les atteindre, concentrer mes efforts, plutôt que de m’arrêter pour faire le point toutes les deux minutes. La route sera longue : si je commence déjà à faire du Temps un ennemi, je risque de le combattre encore longtemps. Et de perdre.
D’autres obstacles surgiront sur le chemin, alors laissons le temps au temps. Ca fera déjà ça de moins à s’occuper.

Soit dit en passant, j’ai signé tout ce qu’il fallait, et dans un mois et demi je serais indépendant. Bien que je le sois déjà un peu.
Pendant un week-end de juin, mon associé et moi-même avons beaucoup avancé sur notre projet commun. A Paris, Valenciennes et Montpellier, nous avons rencontré de nombreuses personnes qui nous ont conseillés et continuent de le faire.
L’indépendance passe définitivement par l’entraide.

http://www.dailymotion.com/videox5036n