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Des pixels frais qui sortent du four le blog de MrHelmut.

Il ne faut pas avoir peur d’une Game Jam

Les Game Jam font beaucoup parler d’elles ces temps-ci. Entre la Global Game Jam, l’Adventure Time Jam, la Fuck This Jam, le Ludum Dare, l’initiative de Game Dev Party, la 0h Jam et j’en passe des plus farfelus comme la Jean-Claude Van Damme Jam, on peut dire qu’on est servi.

Mais en tant qu’organisateur local de la Global Game Jam et ayant participé à certaines d’entre elles, il y a un point particulier que j’aimerais clarifier au mieux : il ne faut pas avoir peur de participer.

Je m’explique, en faisant ma pub à droite et à gauche, auprès des passionnés de jeux vidéo qui ont un brin de compétence en programmation, dessin, game design ou qui touche un peu d’un instrument, j’ai typiquement une réaction à effet kiss-cool.

1) “Ça a l’air génial !”

2) “Mais je n’ai jamais créé de jeux… Ce n’est pas pour moi !”

Une réaction tout à fait compréhensible fasse à l’inconnu. Mais à ces gens la, j’aimerais leur dire une simple chose : vous avez une raison d’autant plus grande de venir participer à une Game Jam !

Pourquoi ? Clarifions quelques points.

“Je n’ai jamais participé à la création d’un jeu vidéo. Ai-je ma place dans une Game Jam ?”

Vous avez même plus que quiconque votre place dans une Game Jam ! C’est justement le moment d’essayer et de se bloquer du temps pour le faire. Tout le monde est passé par une première fois.

Un Game Jam est un lieu de partage et d’apprentissage. Ce n’est pas une compétition, et la majorité des autres participants sont très curieux de voir ce que les autres sont en train de faire. Les gens n’hésites pas à parler avec vous, à vous donner des conseils, à vous demander pourquoi vous faites tel ou tel choix, à rigoler devant les idées loufoques des autres, etc. C’est un véritable échange entre passionnés, et certains de vos interlocuteurs seront des professionnels qui se feront une joie de vous conseiller alors qu’en temps normal ils sont parfois difficiles d’atteinte.

Une Game Jam est une école, on y ressort toujours plus grand. Quoi qu’il arrive à la fin des 48h, vous aurez forcément appris quelque chose. Sous la contrainte du temps, vous aurez appris à mieux travailler avec vos outils, à mieux gérer votre temps et des situations de crises, et vous aurez surement appris beaucoup des autres.

Et plus que tout, vous vous serez amusé.

Besoin d’exemples ? J’en ai plusieurs de l’année dernière à la GGJ de l’Est.

Plus de la moitié des participants n’avait jamais créé de jeux avant. Ils ont tous, sans exception, terminé leur jeu.

Un professionnel n’a pas hésité à faire le tour de la salle entre deux cafés, et à aider les gens quand ils étaient embourbés. Il a notamment conseillé des musiciens sur leur musique, il a montrer des outils spécialisés à des graphistes qui ne connaissaient pas les méthodes associées à la création de jeux, etc.

Une équipe a littéralement appris à faire des jeux iPad. Ils sont arrivés les mains dans les poches (ou presque), et après le pitch de départ, ils ont décidé de faire un jeu iPad alors qu’aucun des membres de leur équipe n’avait ne serait-ce que touché à de l’Objective-C… Ça leur a valu le nom de l’Agence Tous Risques mais voila, ils ont terminé leur jeu ET ils ont appris à faire des jeux pour iOS. Deux d’entre eux sont même en passe d’en faire une activité professionnelle.

Une autre équipe s’est composée de 7 développeurs et d’un seul graphiste/game designer ! Ils ont appris à leur dépend que sur un petit projet de 48h, se répartir un travail à 7 sur une techno pas toujours adaptées est couteux. Mais avec cette expérience, ils savent que cette année il vaut mieux répartir les équipes et bosser sur une techno avec un prototypage plus rapide.

Et même dans l’échec vous apprendrez. Prenons l’exemple d’une équipe qui au bout de 12h de travail, se rend compte que leur prototype est beaucoup trop ambitieux et que les outils qu’ils utilisent ne leur sont pas adaptés. Ils n’ont pas hésité à tout mettre à la poubelle et à quand même terminer un jeu dans les temps, même si ce n’était qu’un Snake++ ! Ils auront appris à mieux gérer l’ampleur d’un projet et ont très bien géré la situation de crise.

Le résultat n’est pas important, la participation l’est ! On peut tirer un enseignement de chaque participation.

“Mais, je suis graphiste/développeur/musicien, je ne sais pas faire un jeu de A à Z !”

Justement ! Une Game Jam est l’endroit idéal pour rencontrer des gens qui vous complètent.

Une Game Jam se fait essentiellement en équipe, et vous trouverez toujours quelqu’un sur place pour bosser avec vous.

N’est-il pas intéressant d’enfin pouvoir se lancer dans la création d’un jeu alors que vous ne pouviez pas le faire seul ?

Mieux encore, bosser ensemble lors d’une Game Jam peut créer des affinités. Pourquoi ne pas se lancer dans un projet après le Jam ? Je dirais que bien 50% des jeux créés ont une vie après une Game Jam.

“Mes amis ne sont pas vraiment branchés sur la création, je n’ai pas envie de venir seul.”

Vous passerez alors à côté de l’opportunité de rencontrer des gens qui peuvent vous aider à concrétiser vos idées ! Les autres passionnés comme vous n’ont qu’une envie : partager et avancer ensemble dans un but commun, créer votre propre jeu.

C’est une expérience que l’on peut capitaliser et peut être un premier pas dans l’industrie du jeu vidéo

Dites-vous bien que, au bout des 48h, vous aurez un produit “fini”. Ou en tout cas, vous aurez quelque chose dont vous pourrez être fier et afficher sur votre portfolio. Plus vous ferez de Game Jam, plus celui-ci sera gros.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai bien du mal à trouver du temps pour terminer un projet que j’ai commencé. Alors que dans une Game Jam, on a un résultat exploitable. C’est donc idéal pour se bloquer du temps utile.

J’ai aussi vu des participants se faire recruter en plein Game Jam. Une Game Jam aide aussi beaucoup à construire votre communauté, à vous faire connaître.

N’oubliez pas que…

…une Game Jam n’est pas une compétition, mais un moment de franche camaraderie, rigolade et de découverte autour d’une passion que l’on a tous en commun : la création de jeux.

Si vous adhérer au concept, si l’idée d’un Game Jam vous donne cette petite lueur de passion, alors vous avez votre place dans un Game Jam et rien d’autre ne doit venir vous contredire.

Venez nombreux et nombreuses !

Je vais encore vous bassiner avec ça, mais les 25-27 janvier, c’est la Global Game Jam. Si il y a une Game Jam à laquelle vous devez participer, c’est celle-ci. C’est la plus grosse au monde et le fait qu’elle se déroule en simultané dans le monde entier lui rajoute une ambiance unique.

La liste des villes de France qui y participent est disponible par ici. Et c’est maintenant qu’il faut s’inscrire ! Les places partent très vite.

Et le teaser qui résume tout

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9 commentaires pour “Il ne faut pas avoir peur d’une Game Jam”

  1. pankee dit :

    Je ne peux que confirmer ! J’ai participé à ma première GameJam à Montpellier il y a 2 semaines, et même si j’ai déjà de l’expérience en création de jeux vidéo (programmation), j’ai passé 48 heures inoubliables, grâces auxquelles j’ai pu rencontrer des personnes géniales, avec qui je travaillerai peut-être plus tard !

    Lancez-vous, c’est vraiment excellent, et vous ne le regretterez pas.

    Davantage sur le sujet, je participe à cette Global à Marseille, donc si des nofragés y seront, manifestez-vous !

  2. Hubebert dit :

    Moi qui me tâtais justement, je pense que je vais m’inscrire. N’ayant jamais assisté à une Jam, je n’ai aucune idée du déroulement, mais voilà qui est plutôt allèchant.

    Edit: fuck. Liste d’attente du coup. Sinon c’est public comme évènement? On peut aller voir les mecs suer sur leurs projet en sirotant un coca?

  3. Vahron dit :

    Damned, je suis presque acheté avec ce genre de billet… J’hésite encore.

  4. MrHelmut dit :

    @Hubebert : ça dépend de comment sont gérer les Jam en local, mais souvent non car sinon on se retrouve vite avec beaucoup de va-et-vient qui peuvent déstabiliser. Demandes à Nemo.
    A Nancy, on est public qu’à l’ouverture et à la présentation des jeux.

    @Vahron : qu’est-ce qui te fait encore hésiter ? :-)

  5. Vahron dit :

    Mes propres capacités. J’ai beau être dans le milieu maintenant, je suis encore un junior et je ne sais pas si j’arriverai à assumer plus de tâches au sein d’une équipe plus réduite. Le manque de confiance en soi, un drame terrible :)
    Edit : Ah ben, c’est déjà saturé sur Paris. Problème réglé !

  6. Hubebert dit :

    @Varhon:
    Je suis un junior programmeur aussi.(et même pas dans le milieu) Mais MrHelmut est convainquant. Met toi sur liste d’attente avec moi !

    @MrHelmut:
    D’ailleurs les listes d’attente ça marche comment? On peut savoir où on en est? On est prévenu a l’avance (pour poser son lundi/mardi pas trop tard).

  7. MrHelmut dit :

    Dites-vous bien que le public est large : étudiants, amateurs, pro, qui n’ont peut être pas fait de jeux. C’est le monde à l’envers si vous hésitez. :-)

    Pour les listes d’attentes, il faut voir directement avec le gérant de la Jam que vous visez. Chaque Jam est libre de gérer ca comme il le souhaite. Mon petit doigt me dit que les listes d’attentes vont être énormes. Les désistements sont rares.

  8. Hubebert dit :

    Bon, ce sera pour la prochaine sinon. En tout cas, c’est cool que toi et Nemo nous teniez informés des JAM en cours. Ça fait des années que je rêve d’y aller/participer, et j’en entends toujours parler quand c’est fini.

  9. Tirius dit :

    C’est vraiment sympa ce genre de challenge !
    J’ai eu l’occaz de faire un chono making, seul chez moi; et organisé dans une salle ça doit vraiment être différent !

    Par contre, je me pose une question niveau matos:
    j’imagine qu’il faut ramener sa bécane pour créer ?

    Sinon, idem que Hubebert, je vais essayer de rester au courant de ce genre d’activitée, et éventuellement voir si je trouve des bonhommes pour faire quelque chose dans ma région/ville !

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