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Oh, hy !

oh, hy !

Back in action, m’sieurs dames !

Après une assez longue période sans article, voici du neuf ! Je ne vais pas trop faire dans l’originalité non plus, en vous proposant une critique de la musique d’Assassin’s Creed Brotherhood. Soyez content, je vous en évite une sur Call of Duty Black Ops où j’aurais juste étalé ma bile bien acide.

Assassin’s Creed 2.5 par UbiSoft / Assassin’s Creed 3 par Jesper Kyd

Bien qu’assez bien reçu par la presse (papier et internet), Assassin’s Creed Brotherhood m’apparaît comme un modeste spin off dans la série éponyme (je n’y ai pas joué), qui est loin d’être aussi attirant que le précédent opus. La faute surement à une campagne de publicité plutôt moche, et aussi au manque de « grandes » nouveautés, puisque Brotherhood est la suite directe du second opus (j’attend le fameux épisode qui doit se dérouler pendant la révolution française !)

Pour autant, Ezio n’est plus l’adolescent d’Assassin’s Creed 2. Il est devenu un maître assassin, celui qu’on pouvait apercevoir à la fin du 2, justement. Plus proche d’Altaïr, sans pour autant être aussi antipathique (et attirant), c’est dorénavant un meneur de troupes. Autre transformation, si la némésis d’Ezio reste toujours Rodrigo Borgia, il trouve maintenant un ennemi à sa hauteur, tout aussi meurtrier que lui, Cesare Borgia (le fils du méchant susnommé). C’est assez intéressant d’intégrer ce personnage, car pour la première fois, le joueur n’est pas le plus puissant, il a son équivalent. Certes, l’ensemble est encore plus caricatural que dans le titre précédent, mais j’imagine qu’il doit y avoir quelques surprises pour mieux équilibrer le rapport bien/mal (comme dans le premier épisode par exemple).

A l’inverse, la musique de Jesper Kyd marque un changement radical, même si le compositeur reprend une partie de la thématique d’Assassin’s Creed 2. Ezio étant devenu un assassin, un vrai, le compositeur a choisi une approche plus sombre, plus complexe dans ses ambiances, qui rappelle parfois le premier opus. Cependant, la mise en scène étant, je l’imagine, beaucoup plus explosive, Jesper Kyd a opté pour une orientation plus percussive. Très violente, plus synthétique (pas d’orchestre pour un jeu 2.5, trop cher mon fils), cette BO est une petite perle qui signe le retour du compositeur dans sa période Hitman/Freedom Fighters. Avis aux amateurs !

Je vous propose une lecture des 7 premières pistes, qui sont assez exemplaires de l’ensemble de la musique. Vous pourrez ainsi découvrir vous-même le reste si les extraits vous ont plu. Et surtout, je vous évite aussi un article (encore) trop long.

Le tracklist :

01. Borgia Occupation (03:01)

02. Master Assassin (03:18)

03. Cesare Borgia (02:59)

04. Infiltrating The Borgia Castle (02:33)

05. City Of Rome (05:31)

06. The Brotherhood Escapes (02:01)

07. Brotherhood Of The Assassins (03:01)

08. The Pantheon (03:03)

09. Villa Under Attack (02:11)

10. Echoes Of The Roman Ruins (02:50)

11. Rome Countryside (02:59)

12. Borgia Tower (02:11)

13. Roman Underworld (03:43)

14. Countdown (03:32)

15. Borgia / The Rules Of Rome (03:58)

16. Ezio Confronts Lucrezia (02:56)

17. Legacy Of The Borgia Family (02:29)

18. Battle In Spain (01:34)

19. Fight Of The Assassins (02:35)

20. Desmond Miles (04:45)

21. VR Room (02:47)

22. End Fight (ACII Bonus Track)

Allez ! En voiture Simone !

Master Assassin

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Première piste de l’album, qui donne clairement le ton, assez hispanique d’ailleurs (le jeu finit en Espagne d’après les tests) qui me rappelle l’ouverture de Mask of Zorro de James Horner. On retrouve des sonorités d’Assassin’s Creed 2, notamment le travail de la guitare basse, mais en plus lent et plus sec, tout en alternant avec un jeu de percussion qui n’existait pas dans la BO précédente. La piste est très inquiétante, renforcée par un jeu de cordes intéressant, qui va servir de leitmotiv à cet épisode. Les voix féminines n’ont pas la même légèreté qu’avant, et sont modifiées électroniquement pour là aussi, insister sur le caractère alarmant de la piste. Ce qui frappe aussi par rapport à Assassin’s Creed 2, en dehors de l’absence de thématique, c’est la construction même de la piste. Elle ne « démarre » pas, n’a pas de paroxysme, ne brille pas par un caractère épique, loin de là. J’ai eu du mal à saisir l’orientation musicale que Jesper Kyd voulait donner à cet opus, qui certes s’inspire plus de l’épisode 1 que du 2, mais qui pourtant reste très originale. Il y a un côté sinistre, sombre, voire déconstruit que l’on trouvait dans la musique d’Hitman Contracts (qui était lui aussi un épisode 2.5) et qui dérange lors des premières écoutes. Mais par la suite, cette piste surprend par son utilisation de l’électronique, beaucoup plus poussé que dans les autres épisodes, et aussi bien mieux intégré. D’autres pistes vont mieux développer cette tendance, à peine introduite par Master Assassin.

City of Rome

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Seconde piste, plus classique, qui réutilise le thème des cités développé dans Assassin’s Creed 2 (Home in Florence par exemple). Mais là aussi, la musique est moins lumineuse, plus percussive, et Jesper Kyd y ajoute des chœurs (inexistants dans la version originale). On note aussi le retour du synthétiseur qui prend la place des cordes, synthé qu’il utilisait dans Freedom Fighters, rappelant les musiques de Vangélis.

Casera Borgia

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Même si la piste porte le nom de l’opposant principal d’Ezio, il n’y a aucune thématique. A l’inverse, Kyd a façonné une musique extrêmement froide, sèche (percussions et chœurs), violente, presque arythmique, qui rappelle les grands instants d’Hitman Blood Money. C’est l’une de mes pistes favorites, qui reflète bien le changement de style amorcé par le compositeur.

Flags of Rome

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Cette piste reprend les percussions et le travail des cordes de Master Assassin (sons très aigus, retravaillés électroniquement pour donner un aspect presque maladif). Là aussi, difficile de trouver un esprit épique à cette musique, et pourtant il y a musicalement un travail particulier. L’intensité de la piste monte crescendo pour se dissoudre rapidement, sans exploser. Mais il y a une réelle violence (grâce aux percussions évidemment) qui donne l’impression d’une « colère contenu » musicale. A noter que les percussions sont clairement empruntées à une banque de sons déjà utilisée, mais je n’arrive pas encore à savoir où et par qui (en musique de film je crois).

The Brotherhood Escapes

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Il n’y a pas que des bonnes pistes dans Assassin’s Creed Brotherhood, et celle-ci est l’une des plus décevantes. C’est LA piste d’action de l’album (dans le sens où elle joue sur une sur-utilisation des instruments : percussions, plus guitare au rythme rapide, plus chœurs, plus cordes, etc.), et c’est la moins bien écrite. Elle fait penser aux musiques de trailers (Two Step from Hell par exemple), c’est-à-dire purement fonctionnelles mais plutôt creuses.

Brotherhood of the Assassins

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Autre reprise d’un thème de la série, celle de la guilde des assassins mais qui est transfigurée par un jeu de cordes torturé et des chœurs plus sombres (et des cuivres synthétiques qui sonnent à la Inception de Hans Zimmer). Là aussi, on a l’impression d’entendre les morceaux d’ambiances d’Hitman Contracts.

The Pantheon

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Ma piste favorite, qui poursuit l’aspect musical introduit sur Master Assassin et Flags of Rome, à savoir un travail d’ambiance et de tension d’une rare maîtrise. A noter mon son favori, ce petit jeu sur des cordes, qu’on entendait déjà sur la piste précédente, et qui revient ici comme pour signifier musicalement un détail angoissant. Je ne sais pas comment c’est utilisé dans le jeu, mais ça peut vraiment donner quelque chose de simpa, qui en terme d’expérience sonore peut être de l’ordre de celle d’Amon Tobin pour Splinter Cell Chaos Theory, à savoir très en phase avec les actions du joueur, dirigeant l’attention par une construction progressive du suspense. La citation n’est pas hasardeuse, puisque Jesper Kyd utilise un sample que Tobin utilisait déjà sur Chaos Theory, puis repris pour Conviction. D’autres pistes laissent à penser que chez UbiSoft, les compositeurs mettent à disposition une partie de leur matériel (comme dans la piste Countdown, qui là aussi, trahie une écriture proche de celle de Tobin sur les cordes).

Vendez le jeu, achetez la BO !

L’album continu sur cette lancée, et tend vers une explosion finale assez sidérante, à la fois en considérant la série Assassin’s Creed, mais aussi en matière de musique de jeu vidéo. Jesper Kyd a signé une musique de haute volée, nerveuse, inquiétante, très violente, sans pour autant être massive, lourde et surtout déjà entendue. S’éloignant du côté aérien et lumineux d’Assassin’s Creed 2, le compositeur, délaissant l’orchestre au profit du tout électronique et synthétique, propose une expérience sonore très travaillée, complexe sans être trop étouffante. Un véritable retour à la noirceur de la série Hitman, où les chœurs, les cordes et les percussions sont assemblés avec une rare maîtrise. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’en bonus, la musique de la confrontation finale d’Assassin’s Creed 2 est offerte (End Fight). Passer d’une piste d’action de Brotherhood (comme la superbe Battle in Spain ou encore la très Tobin-esque Ezio Confronts Lucrezia) à celle d’Assassin’s Creed 2 permet de bien comprendre toute la mutation musicale de la saga. Là où UbiSoft ne propose qu’un épisode 2.5, Jesper Kyd a déjà un temps d’avance.

N’hésitez donc pas à écouter l’ensemble de la BO, de préférence au casque.

Pour la prochaine fois, j’aimerais bien m’atteler à la confrontation David Arnold sur GoldenEye Wii et Richard Jacques sur BloodStone, histoire de revenir aux classiques. Faut juste que j’arrive à mettre la main sur la musique d’Arnold (autrement que via les extraits pourris sur YouTube).

Allez, as usual, un bonus :

Ezio Confronts Lucrezia

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