Ma vie elle est fraîche, frérot. (le blog de KominAaa)
Un blog bien foutu les potes.

Rechercher

Archives

Pages

Catégories

Liens

Méta

Construisons notre avenir ensemble les petits chats.

Mardi 25 octobre 2011 à 21:32

SALUT A TOUSSE.

Aujourd’hui j’ai un peu trop joué à Civilization5 et j’ai fait un rêve mon fils.
En cette période de troubles politiques mondiaux, et en l’absence prétendue d’alternative possible c’est le moment pour chacun de réflechir à son niveau et concrètement au système politique et économique dans lequel il souhaite vivre pour chercher un remplaçant au notre qui se casse la gueule depuis 150 ans et ne fais plus vraiment rêver une grande partie d’entre nous.

Doctrine politique de ma civilisation à moi, je vous cache pas qu’elle est bien coco:

Maximiser les libertés, la diversité et le bonheur de l’individu au sein d’une société profondément égalitaire et juste.
Retour à une vie en communauté et technologiquement efficiente pour protéger la nature et assurer un progrès sociétal humain digne de son progrès technologique.

Petite digression introductive et romancée;

Prophétie autoréalisatrice, l’année 2012 aura été l’excuse dont se seront emparés les peuples du monde pour le changer. La fin de la préhistoire humaine.

Mai 2012

Après une année de faillites économiques d’entreprises et d’états, l’incapacité ou d’absence de volonté de la part des instances gouvernementales mondiales d’apporter une réponse à la nouvelle crise systémique d’un capitalisme moribond, les peuples du monde, dont le peuple français sont à bout de souffle.
Le spectacle de l’élection présidentielle n’a cette année pas suffit a redonner espoir dans l’avenir à la très grande majorité de la population.

Septembre 2012

En continuité aux mouvements revendicatifs pacifiques de la part d’une classe moyenne pauvre éclairée qui eurent lieu l’année passée dont ils étaient les signes avant coureurs, une vague mondiale de protestations anarchiques violentes trouve un écho en France où le pays est au bord de l’effondrement.

Des groupes fascistes tentent de s’assurer le soutien de la classe moyenne et des forces de l’ordre en leur promettant la défense à tout prix de leur propriété et jouant sur la peur du changement, des chasses aux immigrés et aux “désignés” ont lieu sous l’oeil impuissant ou approbateur du gouvernement.

Malgré cela, la réflexion politique va bon train dans la population grâce a l’activité de militants, du partage des informations et du brassage des idées en ligne.
L’idée d’une remise en cause catégorique du système commence à envisageable par le nombre. La connaissance des erreurs du passé aux mêmes problèmes conjugué au flux constant d’informations venant des autres pays montrant des conditions et des combats similaires pèsent de tout leur poids.

Octobre 2012

Certaines occupations d’usine et d’entreprises en faillite se transforment en expropriations pures et simples. Avec ou sans l’appui de rares éléments de l’administration compréhensifs. Nombreuses sont celles qui reprennent la production après le vote de leur travailleurs, soutenus par les ex-cadres ou même de petits patrons qui étaient pour la première fois eux aussi promis au même destin sans perspective d’avenir économique ou même d’avenir tout court.
Les immeubles et appartements vacants sont saisis et utilisés pour loger tout le monde dans un confort décent.

Nombreux sont les individus dans les forces de l’ordre et l’armée dont les familles connaissent maintenant le même sort que ceux au bout de leur fusil.
Et dans bien des cas, désobéissent face aux injonctions devenues criminelles et apeurées de la part de leur hiérarchie.

La production est distribuée localement dans un système de troc rudimentaire qui se développe et se transforme bien vite en monnaie locale, faute d’alternative monétaire officielle crédible.

Novembre 2012

De part le monde, nombreuses sont les régions où le même processus à lieu et chaque succès local est un encouragement ou une solution à l’échelle mondiale.
Des solidarités qui auraient été considérées contre nature se développent, sur leurs exemples respectifs, des communes économiques se forment sur les cinq continents sur les ensembles industriels abandonnés.

Dans certaines régions du monde en revanche, il en va tout autrement, maintient d’une pauvreté extrême et purges éthiques, désignation d’un ennemi intérieur ou de l’étranger face à la nation et l’ordre. Tout est bon pour dévier la colère populaire en maintenant la classe possédante au pouvoir. Une partie non-négligeable des grands possédants et de ceux se sentant leur possessions menacées à tort ou a raison font le choix de partir vers ces pays ou le droit de propriété est érigé en valeur fondamentale, les communes se saisissent des biens materiels qu’ils laissent.

Décembre 2012

Les instances représentatives des ensembles urbains sont des élus révocables parmi la population a bulletin non-secret, bien souvent des militants anciens élus de terrain et les travailleurs des entreprises communales, tout le monde peut y être élu sans restriction de nationalité officielle a condition de résider présentement dans la commune.

Instauration par les communes de la République des Communes de France.
Crée parallèlement à l‘état et non reconnu par lui, il coordonne l’action et les échanges entre les communes.
Dans un premier temps crée pour permettre un panel plus large de biens a échanger entre communes. Il crée et standardise des infrastructures intra-communales et inter-communales pour assurer une transition politique après le gouvernement national.

-

Chaque commune est organisée de la façon suivante:

Dans la campagne, une commune peut regrouper plusieurs cantons tandis que dans une grande ville comme Paris, Lyon ou Marseille chaque quartier en être une, l’ensemble de ces communes-quartiers étant appelé administrativement une cité.

Idéalement, chaque ensemble communal ne comporte pas plus de 10 000 personnes majeures pour permettre la vie démocratique locale et matérialiser la responsabilité de chacun envers ses voisins.
Sont considérés comme résidents ceux qui habitent présentement dans la commune.

La vie de la communale est organisée autour d’un tableau sur lequel figurent les annonces publiques.
Sur ce tableau figurent les décisions prises lors des réunions publiques ayant lieu chaque semaine. Ouvrages a effectuer, places vacantes dans les usines et entreprises ou besoins de la communauté.

Création de banques communales pour l’allocation de ressources aux projets ayant été votés d’utilité publique.
Il est certes difficile de s’organiser à l’échelle locale face à un état qui refuse l’existence d’une alternative à lui même mais, malgré la pénurie de certains produits de luxe et d’electronique de dernière génération il est crucial pour ses participant de faire tenir cette auto-organisation, l’alternative étant simplement le chômage et la misère générés par la crise.

Après des mois d’existence, et de maintes tentatives de déstabilisation, les états nationaux plient sous le poids des initiatives communales, les anciennes administrations ayant été rendues obsolètes ou prises en main par la population.

Une réinstauration de la planification économique dans un premier temps à l’échelle nationale, prenant en compte les besoins de la population après un grand recensement des besoins à travers un cahier de doléances rédigé chaque mois pour chaque commune. Le tout mis en commun et accessible par chacun sous forme d’une sorte de wiki consultable et modifiable.
Recréation d’un tissu industriel national à l’échelle locale à l’issue de la prise en compte des besoins de la population a travers le plan.

Officialisation des communes et mise en place d’un système d’échange standardisé avec toutes les communes volontaires du monde. Création de portails internet citoyens avec accès a toutes les informations communales, régionales et continentales permettant les démarches de consultation, proposition et vote.

Création d’un bureau des activités succédant au tableaux communaux pour rendre compte des besoins materiels locaux, régionaux et continentaux en main d’oeuvre.
Instauration d’un revenu minimum inconditionel par personne à la hauteur des besoins nécessaires pour se loger, se vêtir et manger.

Transition mondiale.

Mise en commun mondiale des ressources scientifiques et brevets des entreprises ayant été expropriées pour permettre le partage de connaissance et l’application des solutions.
Création de banques régionales et continentales sur le modèle des banques communales pour financer les projets publics de plus vaste envergure.

Mécanisation des travaux pénibles, automatisation des transports et des métiers rendus redondants orchestrant une baisse de besoin de main d’oeuvre nécessaire.
Production en légère surabondance des besoins nécessaires à la consommation. Système de commande rapide pour les besoins annexes (comme pour les Trabant en RDA mais qui marche)

Ouverture d’universités gratuites libres d’accès. Développement de lieux de loisirs, d’art, d’apprentissage et de recherche en libres accès pour meubler ce temps libéré du travail.
Réorganisation territoriale de l’espace autour des lieux d’activité pour l’ensemble activité industrielle et vie culturelle qui à été segmentée lors de la spécialisation territoriale de la révolution industrielle.

Suppression du concept d’héritage financier, rendu obsolète par la fin de la société de survie où était organisée la scarcité des biens.
La suppression du concept d’héritage financier (qui n’est pas l’héritage culturel ou l’héritage affectif, une maison familliale est souvent un héritage affectif) rendra possible une meilleure allocation des ressources dans la société, supprimant l’accumulation maladive de ressources par une poignée de familles.

Chaque membre apte de la société doit s’acquiter d’un volume d’heure de travail productif, de l’ordre d’une dizaine d’heure mensuelles dans l’idéal.
Lors de ces heures ont lieu les activités de production et de maintenance de la société.

A l’issue du remplissage de ces heures, le travailleur se voit remettre un salaire correspondant a deux fois le revenu minimal inconditionnel. Un surplus d’investissement personnel dans le travail productif, une activité dangereuse ou qualifiée sera recompensée par une augmentation ponctuelle de revenus à hauteur maximale de quatre fois le revenu minimal.

Une retribution exeptionnelle peut-être potentiellement offerte une fois soumise au vote pour toute activité non productive significative (artistes majeurs, scientifiques et actions de bienfaisance)

L’activité politique n’est pas considérée comme un travail et est effectuée bénévolement sans avantages.

Le temps libéré et le passage d’une concurence économique entre les individus et les structures à une concurrence coopérative des savoirs prenant comme appui la curiosité humaine libérée des impératifs de survie immédiate permettra des découvertes bien plus rapides et une mise en application raisonnée décidée démocratiquement par les collectivités.

TLDR; Vers l’univers de Star Trek Next Generation.

Je vous invite à me cracher constructivement à la gueule pour chercher des solutions ou creuser les problèmes que ma construction théorique soulève (sans rentrer dans l’antienne classique “pas possible dude, c’est la nature humaine”).
Sinon vous pouvez vous aussi exposer votre idéal de société avec ou sans période de transition. Bisous.

PUNG! a physics infused Pong.

Jeudi 21 juillet 2011 à 17:33

Mon pote Guigui et moi avons pondu un ptit jeu pour se dérouiller les doigts.

PUNG! est un petit mélange entre Pong et Blobby Volley.

Il y a un petit mode dans lequel on peut jouer contre le CPU mais le jeu est fait pour etre joué contre un adversaire humain.
Les controles pour le joueur 1 sont ESDF tandis que le joueur 2 utilisera les fleches.

Vous pouvez get le jeu ici

L’installation est bien reloue comme il faut (pardon) et le jeu utilise XNA 4.0, Farseer Physics Engine 3.3.1 pour XNA ( le tout est inclus dans l’archive) et donc ne tourne que sous Windows.

Voila testez et postez moi vos petits feedbacks s’il vous plait je kifferai bien.

Trois-cent-trente-Quatrième jour

Mercredi 6 juillet 2011 à 1:43

Comme j’ai bien quiffet faire ce ptit mix hier, j’en ai fait un autre de 15 minutes avec du bon son revival 80’s, les morceaux sont écourtés pour en caser le plus possible :D

Si ça plait je continuerai avec d’autres petits sons encore plus fromagers.

http://soundcloud.com/komilol/mullets-neonlights

Trois-cent-trente-Troisième jour

Mardi 5 juillet 2011 à 1:28

Je suis rentré en France ya un bout de temps et j’avais zappé que j’avais un blog :l

Voila un p’tit mix pour me faire pardonner d’avoir simulé ma mort.

http://soundcloud.com/komilol/sunsetsession1

Quatre-vingthuitième jour

Mardi 30 novembre 2010 à 16:55

Salut les ptits chats, Aujourd’hui c’est le jour d’Adolf Hitler alors j’hésitais à poster mais tant pis je me lance.

Je suis toujours a Denmark en Australie Occidentale, tout au sud.

J’ai fait du surf cet après midi, c’était pas prévu car on devait en faire au cours de la semaine mais finalement le moniteur nous a un peu forcé la main, je le regrette pas. Un soleil de plomb sur Ocean Beach, après un petit cours théorique sur comment penser comme un surfer quand on arrive à la plage; en accéleré ca donne;

- Hauteur de la vague = hauteur distance de la surface par rapport au fond.

- Vagues rythmiques, les vagues arrivent de l’océan par sets à un rythme régulier, il faut juste repérer le rythme et le nombre de vagues pour savoir si la journée sera bonne.

- Faire du surf c’est comme le vélo, un équilibre a trouver.

Le cours à vite pris fin car au loin des petits ailerons se pointent. On prend nos planches et on fonce sur le coté de la plage ou le courant nous porte un peu plus loin des cotes. J’essaie tant bien que mal de rester sur ma planche allongé sur le ventre en faisant un gros crawl avec les bras mais putain qu’est  ce que c’est fatiguant. En déviant un peu on se retrouve vers les vagues et la je vois des dauphins pour la première fois de ma vie, à quelques mètres, ils font des petits sauts pour souffler avec leur évent, on dirait un groupe de gamins qui se mouchent.

Je les observe passer sous la planche un peu incrédule et je me lance sur les vagues. Avec le hollandais on s’étais achetés une paire de bodyboards en mousse un peu péraves pour test, du coup on avait déjà travaillé un peu le timing pour prendre les vagues. Je me rate deux ou trois fois, le planche se plantant dans l’eau ou la vague me dépassant parce que j’ai pas pris assez de vitesse initiale, hm plus dur qu’il n’y parait… Puis je commence a gérer un peu je prends la vague et je me mets rapidement accroupi puis debout vacillant a droite et a gauche, c’est vraiment classe comme sensations.

J’arrive a faire deux petits trajets d’une 50aine de mètres debout sur la planche je suis content, quelques dauphins surfent dans les vagues pas très loin. Ca doit être excellent quand on maitrise le surf, mais la je suis épuisé a force de lutter pour revenir sur les vagues toutes les deux minutes. 2h dans l’eau ca suffira pour cette fois. On rend nos combinaisons.

J’ai passé l’après midi avec le hollandais, sa soeur (mon ex maintenant) une autre hollandaise sur la fin de trentaine et un allemand dans les mêmes eaux. On retourne au backpacker dans le gros 4×4, torse poil, serviette sur les sièges. Le temps s’est couvert en fin d’après midi, de ciel bleu et soleil étouffant on est passé a gris couvert et chaud, ca sent l’orage. On passe vite fait chercher un petit poulet frit et des frittes.

Ce soir le hollandais part du backpacker pour habiter chez un collègue devenu son pote, ça lui fera économiser des thunes en loyer. Sa soeur préfère rester rester ici, pour discuter avec les gens qui passent. Coté coeur donc, je suis de nouveau célibataire, cette fois je me suis fait larguer mais ça s’essoufflait un peu malheureusement. C’est bizarre de se faire larguer, ça faisait longtemps, peut-être que c’est ça le karma.

Tant pis c’est la vie j’ai été un peu dég 2 jours et je suis parti me ballader avec une hippie un peu agée, on parlé du secret de la vie et de choses qu’on voit quand on prend des champi tandis qu’on se perdait dans la forêt, ca allait mieux après. Elle va m’accuponcturer quand elle repassera sur Denmark la semaine prochaine parce que c’est son métier et que je suis curieux de voir si ça fait mal. Elle me révèle que beaucoup de gens se sentent coincés dans leur vie depuis la fin juillet autour du monde que c’est lié à l’activité solaire… Ummites et conspirations ou pas, c’est vrai que je me sentais coincé depuis un bout de temps. Apparement d’après ma pote Elizabeth Tessier, les choses vont s’arranger en début d’année car l’Astrologie est une grande science après tout, c’est toujours interessant de comprendre la vision du monde d’autrui, je lui pose plein de questions sur la vie, la mort, l’univers.

Au fur et à mesure que j’écris ce post je me rends compte que mon récit est completement décousu, commençons par la base de l’équipe RED de Team Fortress. J’y travaille le week end, généralement de 5.30pm à 12pm, hors extras (évenements ou il faut réserver). Je bosse avec une allemande, la trentaine, des australiennes, des anglais en cuisine et un chilien qui à bossé sur des bateaux de croisière.

Au début et pendant un bout de temps j’étais très anxieux, j’ai jamais bossé dans l’hospitalité et c’est quelque chose de pas du tout naturel pour moi, d’autant plus dans une langue étrangère. Mais avec le temps (j’en suis à mon 8ème shift) la confiance vient peu à peu, bientôt je ferrai des plaisanterie sur les juifs avec des inconnus qui payent 75dollars leur repas, ça sera bien. Je commence à gérer le polissage de verres a pied et le transport de plateaux blindés de cocktails. Je sers le vin comme à la vieille école et les gens ne grillent pas souvent que je suis français quand je leur parle, bien qu’on m’aie encouragé à garder un accent prononcé…

Le plus dur c’est de trouver les mots exacts, quand j’ai envie de dire “Could I suggest you this wine?” il faut que mon cerveau filtre pour pas que je dise “Could I propose you this wine” parce que je ne compte demander en marriage ni le vin, ni la femme de 70 ans assise à la table. Bref un bon paquet de faux amis linguistiques à éviter, c’est fatiguant mais ca me fait du 350 euros par semaine sachant que j’ai pas de loyer a payer parce que je fais le ménage dans le backpacker c’est plutot confortable.

Dans quelques semaines j’aurais du taf 5j/semaine je pense. je vais blinder mon compte pour la suite du voyage.

Je me suis mis a Blender sur mon temps libre, mon EeePc étant en train de lâcher et voulant me mettre à fond sur le rendu, les shaders et la sculpture, j’ai commendé un gros XPS de chez Dell 3kg qui font mal au dos avec un i7, 6Gb de Ram et 2Gb de mémoire sur la carte vidéo. Je vais me faire un peu plaise, d’autant que pour la première fois de ma vie je me sens capable de m’atteler à une tache et a l’apprentissage régulier. Le trucs que je repoussait d’une main sur les tutorials parce que ça me faisait chier, je trouve maintenant le courage de les affronter, c’est pas trop tôt à 27ans.

Bref

J’ai aussi pas mal appris niveau jardinage, je suis content, à travailler sur les potagers des gens et à transporter la merde des porcs ça m’a donné envie de cultiver des légumes. J’aimerai bien monter un potager pour ma maman, ça lui fera des légumes pas chers. D’autre part il y aurait surement moyen de monter un jardin à légumes en pots sur le toit de mon bro en centre ville à Lyon, une grosse étendue de gravier au dessus du 5ème étage qui sert à rien, y a moyen de s’amuser je pense, j’essaierai d’y camper l’été prochain.

Pour le futur immédiat je me sens un peu coincé ici, je suis resté dans le coin parce que la hollande m’offrait des perspectives fromagères intéressantes mais maintenant que les frontières se sont refermées j’ai pas envie de rester bloqué à la douane indéfiniment, d’autant que j’ai fait le tour de la ville et de ses environs.

Mon coeur veut faire du stop et ne pas savoir où je vais dormir le soir, la raison me dit que de toute façon je dois rester pour la livraison de mon portable et qu’il ya de quoi se faire un peu de ronds si je reste jusqu’à début/mi-janvier. Denmark y est envahi par des hordes de citadins qui roulent en Peugeot. Je pense donc partir faire du stop vers Esperance puis Adélaïde début janvier pour visiter le plus possible d’endroits et vivre l’aventure et non pas me poser trop longtemps comme je l’ai fait ici.

La miss m’a dit hier que lorsqu’on voyage, on voyage pour soi et pas pour se conformer à l’idée qu’on se fait d’un voyage. Lyon avec ses coins sympas me manque beaucoup, tout autant que les tordus avec qui je traine qui y habitent. J’échangerai bien un peu de mon soleil contre une soirée au Berthom, au Beers, à la Passagère ou au St Andrews avec tout le monde et une virée à la plage contre un tour de cabrio en kéké sur la place Bellecour.

Je vais essayer de reprendre l’habitude des photos, bisous à vous tous.

YouTube Preview Image

Soixante-sixième jour

Lundi 8 novembre 2010 à 2:29

Ca fait un bail que j’ai rien posté.

J’avais envie de vivre ma vie tranquillement sans avoir à lancer mon pc tous les jours. Ma famille s’étant habituée à lire mes posts commencait à s’inquiéter selon ma mère à qui j’envoie des mails de temps en temps.

J’ai un peu perdu le relexe de prendre des photos de ce que je fais. C’est dommage parce que j’ai fait des trucs marrants ces derniers temps.

Depuis la dernière fois, j’ai bossé dans une ferme à ramasser les asperges, en faisant du offroad en 4×4 et debout à l’arrière comme un seigneur de guerre.

Je suis sorti avec une Suisse, j’ai vu des phoques j’ai marché 70 bornes sur 5 jours avec le sac sur le dos. Fait du body board d’enfant et nagé dans des grosse vagues, vu des kangourous sauvages à moins de 10 metres a 4h du matin. Ai été harcellé par des nuées de mouches pendant 17km sous un soleil de plomb sans une goutte d’eau dans la gourde pour les 10km de montée qui restent.

Je suis maintenant a Denmark, une petite bourgade au sud de la Western Australia. Ca devait être une petite étape lors de la marche de 700 bornes (le Bibulmun track) qu’on s’était mis en tête de faire avec mon ex Suisse mais finalement le village nous plaisait tellement qu’on est restés.

Les choses du coeur c’est compliqué… Au backpacker ou je suis, il y a une hollandaise et un hollandais la petite vingtaine passée tous les deux. Au début je les croyais en couple. Aimant bien la langue de Dave je suis tombé sous le charme. Peu après je comprends qu’en fait ils sont frère et soeur.

Hmm, étant déjà accompagné c’est tendu… je décide de laisser passer le temps. C’est peut-être un petit caprice, je vais pas retourner les choses pour un bête coup de tête. Les jours passent et je me dis que cette fille me plait beaucoup, qu’on passe des moments forts en chocolat quand elle est guitare à la main et qu’on improvise des chansons. Bref j’ai pas envie que cette histoire me passe à coté.

La suisse est ok pour qu’on arrête de se voir de cette façon, on était pas “vraiment” ensemble mais j’ai pas envie de me moquer d’elle. Elle est courageuse et prend ça de façon philosophique.

Je trouve un taf de serveur dans le restaurant d’un vignoble chicos qui ressemble à une base de TF2, logo à l’entrée compris où je me fais draguer par des MILFs lors des mariages à cause des mes santiags qui claquent.

Je profite aussi du calme pour me remettre au game design sur papier et je ponds une adaptation qui ressemble au jungle speed pour deux joueurs et plus avec un jeu de cartes basique. Je posterai les règles c’est pas mal comme jeu. Je suis en train de concevoir un jeu de société, une chasse au trésor des pirates sur une base de bataille navale. J’hésite à trouver un graphiste une fois les règles précisement définies. J’ai aucune idée de comment se passe l’édition d’un jeu de société.

On passe nos soirées au pub ou a mater des DVD, j’ai vu Moon qui est bien classe malgré une fin un peu en dessous de mes espérances.

Bref je suis heureux, la belle m’encourage à sortir dessiner parce qu’elle y a pris goût et je sens que ma tête s’aére. Son frère me fait marrer, c’est un PGM à la Nooky qui était dans de grands clans de MW2 avant son départ. On cherche d’ailleurs des trucs auxquels jouer sur nos EeePcs en réseau…

J’espère que vos vies vont bien, je vous fais des bisous.

Trente-quatrième jour

Dimanche 17 octobre 2010 à 15:33

Je me lève très tot, j’ai envie d’être le premier, journal en main, à appeller les annonces de taf. Pas question qu’un travail super sympa me passe sous le nez.

6h40 je suis debout. J’essaie de pas faire trop de bordel en m’habillant pour pas réveiller les estoniens qui dorment. D est déjà parti bosser, H se lève aussi. Y dort encore.

Je m’enfile un lait-banane et me prépare à sortir, il fait froid et je me les pèle bien. Je compte aller m’inscrire à l’agence de taf par laquelle H a trouvé du travail.

Je sors donc par la porte à l’arrière du backpacker et me dirige vers le centre de la bourgade. Je cherche ou sont les journaux, dans le coin que le mec de la pizzeria m’avait pointé du doigt la veille. Un peu galérien, je me retourne sans indices, en face de moi une petite pile plastifiée de journaux ‘Times”, trouvé.

Je me dis qu’il est juste 7h, personne dans les rues, les trucs n’ouvriront pas avant bien 9h.  Je décide de me rentrer et de lire les annonces tranquillement dans me coin. Il fait un froid à geler dans le salon, je décide de revenir dans la chambre au chaud.

Je tourne les pages, sur une quarantaine de pages, des annonces de bagnoles et des pubs, les 3 dernières comportent des annonces de boulot et autres trucs. Que des trucs pas très funky, nettoyeur, serveuse au restaurant chinois et autres trucs, véhicules indispensables. Je me dis que bon mine de rien le coin me déprime. Je sors ma carte de la région et me dis que je partirai bien a Albany, la saison des fraises et des cerises va y commencer bientôt.

A vue d’oeil c’est un peu plus que la distance Margaret River/ Perth mais ca reste faisable, j’estime ca à deux jours de stop.

Un des estoniens se reveille, je lui file le journal pour les annonces de taf car j’ai pris ma décision.

Je file prendre ma douche, Y prépare ses affaires, il part à Perth car ce soir il a un vol vers Bali pour deux semaines. Après une bonne douche, je me sens motivé et je me prépare à partir, je vais mes courses tout de suite histoire de pas avoir à les faire avec le sac sur le dos.

Je passe en centre-ville, une nenette joue du violon, je lui fais un petit sourire en passant, qu’elle me rend. Bon on va voir ce que donne cette journée.

Toujours la même chose, du spam, à boire et du thon, camping en vue. Je rentre et finis de préparer mon sac. Marque Augusta sur mon petit cahier, salue les estoniens et souhaite un bon voyage a Y, je rend mes clés et mes draps à l’accueil et en avant l’aventure.

Je passe la porte et me voilà encore sdf.

Je marche vers le sud, à la sortie de la ville, passe le rond-point et attend. Je suis encore un peu trop en ville pour que ca marche on dirait, après une dizaine de minutes, un mec en pickup s’arrête. Je lui demande de me déposer au carrefour avec l’autoroute qui part vers l’est. On parle en chemin, je lui apprend des insultes en Francais, Il bosse dans la construction, la discution est brève car le trajet l’est aussi. Il me laisse sur le carrefour, je le remercie et sors mon cahier, marquer Nannup dessus, 6 ou 7 voitures plus tard, il cinquantenaire rondouillard me dit qu’il peut m’avancer d’une cinquantaine de de kilomètres.

J’accepte et en route, il est fermier et on parle de choses et d’autres, il me dit que l’Australie Occidentale pourrait faire sécession de l’Australie si elle voulait, car elle est en quasi autarcie, quasi auto-suffisance et ses ressources sont immenses. Hmm, il me dépose a un autre carrefour. J’attend et je m’emmerde un peu, peu de voitures passent.

Après quinze minutes, seules une dizaine de voitures sont passées, un gros 4×4 file a toute vitesse et me passe devant, fais demi tour un peu plus loin, je commence à m’approcher puis estime que c’est juste que le conducteur avant raté la sortie. Je cours vite fait vers voiture sans trop le sentir. Il s’approche et refait demi tour, s’arrêtant pour me laisser monter.

Je m’approche, une nana au volant, visiblement la trentaine, une tresse à la Lara Croft et des fringues d’aventurière est au volant. Elle descend de la voiture et m’ouvre le coffre en me demandant si je suis allemand, je la remercie bien que n’étant pas allemand. Je m’installe, un gros appareil photo est accroché à l’appuie tête du siège. Hm ce doit être un artiste! Elle roule, elle s’appelle T, elle est allemande, elle roule vers Albany.

Parfait! On se raconte plein de choses intéressantes et on accroche bien, T se balade en Australie et prend des photos.

Tandis que nous nous exposons notre vision du monde tout au long du voyage. S’arrêtant de temps à autres pour prendre des photos. Je profite de chaque seconde, rencontrer des gens desquels on peut apprendre autant est rare.

En chemin on s’égare et après un long cul de sac, on arrive dans un champ blindé de kangourous, quelques emus se la ramènent.

On arrive sur Albany, il est pas loin de 16h. Je suis 1 jour et demi en avance sur mon planning, bien joué. J’appelle ma pote, qui devrait être en ville pour lui demander où sont les bons backpackers sur la ville. Il y en a un près de la côte. Albany’s Backpackers. T se gare et je lui propose de lui payer la moitié de l’essence. Elle refuse, par peur de me ruiner. Elle prefererai un diner indien. On se retrouvera devant l’église a 19h, après tout je lui dois bien ça et j’ai beaucoup aimé notre discution tout au long de la journée.

Je retrouve ma pote et nous mettons en route pour que je réserve une chambre pour les 2 nuits qui viennent, histoire de de test.

On part boire un verre dans le bar de l’hôtel où T à pris une chambre, à Albany, pas 50 choix, la ville n’est pas énorme et les pubs/bars ne sont pas légion.

On se raconte les nouvelles autour d’un pichet de bière quelconque. Faisons quelques petits projets et viennent les 19h. Mon amie me quitte pour dîner et T arrive, ayant troqué l’attirail de baroudeuse contre une tenue décontractée classe pour la circonstance. Je me sens fier, accompagné d’une jolie femme. Il n’y a pas d’indien dans la ville et on se rabat sur un chinois. Pendant le repas, elle me révèle qu’elle est une Trekkie et fan de SF en général, on parle de nos goûts culturels.

Nous sommes les derniers à sortir du restaurant, il n’est que 21h car ici, tout finit très tôt… Je propose à T de venir boire un verre avec les amis de ma pote, elle à les yeux qui faiblissent, après un tour en ville, je la raccompagne à l’hôtel. Je lui souhaite une bonne nuit à l’entrée de l’hotel en lui donnant mes coordonnées, lui disant que je l’accueillerai à Lyon avec plaisir. Je me dis que c’est pas tout les jours qu’on accroche autant avec des inconnues, je pars vers le bar en souriant. Commande une pinte et les amis de mon amie arrivent, Il y a un couple d’italiens, mon amie française et son homme canadien.

Je m’emmerde un peu, joue au billard avec des mecs et prend ma raclée, tant pis ca fait progresser. Je me rentre un peu claqué, un autre mec dans la chambre dort déjà.

1h, au lit.

PS: je pars à l’aventure, j’essaierai de poster des messages quand j’aurai la connection qu’il faut.

Trente-troisième jour

Vendredi 8 octobre 2010 à 5:16

Ce matin, je traîne au pieu et comme il pleut, je ne culpabilise pas.

D joue de la guitare, car il n’y a pas de taf pour lui aujourd’hui. On discute musique pendant que je traîne sur le net. La journée se passe lentement et je sors faire quelques courses. Vite fait de quoi manger.

Je passe près d’une petite pizzeria et me dis qu’une pizza serait super bien calée dans mon estomac. Je commande, demande au mec quels sont les jours de parution des journaux avec les annonces de taf. Mercredi et Samedi.

Je rentre manger ma pizza dans la salle télé du backpacker, D regarde Black Books, une série anglaise.

On regarde ensuite un épisode de South Park. Je me fais chier. En rentrant vers la chambre je décide de voir les options pour peut-être filer directement à Albany.

Je décide d’aller voir la dernière agence de travail à l’extérieur de la ville, casque sur les oreilles. Le temps est assez merdique, couvert est pleuviotant de temps à autres.

Après une longue marche, je sors de Margaret River. Passant par des petits chemins de merde, je comprends pas trop les rues. J’aime pas ne pas me retrouver sur un plan, ça m’énerve.

Après avoir tourné comme une fille perdue dans une cave, je me retrouve enfin sur la bonne route et comprend que j’aurais du tourner mon plan a 90° dans le sens trigonométrique dès le début.

Je rentre dans l’agence Down To Earth, même topo, pas de taf avant 2 semaines. Bon ok, je repars.

Je passe la fin d’après midi dans la chambre sur le pc. D joue encore de la guitare, c’est cool. H revient peu après et ils jouent en duo. On décide de se faire une petite pizza.

C’est le jour des pizzas en solde. Du coup ca aura été pizza midi et soir.

Le mec au comptoir essaie de faire épeler son nom à H pour la commande, mauvaise idée… Y n’as pas trop de problème car il porte un nom de dinosaure de chez Nintendo.

On mange tranquillement nos pains couverts de bouts d’animaux morts cuits dans des légumes écrasés et c’est bon. On s’échange des parts, bière à la main.

La française arrive et je lui demande comment s’est passé son baleine spotting. Pas mal, même si elle s’est pris de la brume dans la gueule et paradoxalement un coup de soleil en même temps. Le soir nous accueillons de nouveaux roomates, 3 estoniens qui viennent d’arriver en Australie. L’un d’eux est une putain de masse à la Koubiak. Je finis ma soirée tranquillement, réfléchissant au lendemain.

Couché assez tôt car je vais essayer de voir si le journal du mercredi contient des annonces de taf.

Trente-deuxième jour

Mercredi 6 octobre 2010 à 3:04

Je suis reveillé tot car le soleil se lève vers 5h50 par ici, je suis vraiment content de ce sac de couchage, c’est un sac de guerre.

Il est 7h30 je me dis qu’il faut que je reste à l’intérieur tant qu’il fait trop froid dehors, que j’attende un peu de soleil pour sécher la rosée sur ma tente.

La buée s’est accumulée à l’intérieur et ça sent bien le pied. Le trafic est continu à l’extérieur, tout le monde se rend au boulot en ce lundi matin.

Vers 8h je me motive et me dis que malgré l’inertie qui m’entoure il faudra bien se lever et replier tout ca. Je commence donc par trier un peu les petits objets qui trainent à droite a gauche, à les remettre dans leurs sacs respectifs.

Puis vient le moment d’ouvrir la porte, je m’étire deux secondes et jette le reste d’huile de mon thon. Je finis la bouteille de citron qui à perdu toutes ses bulles mais je suis bien content d’avoir une gorgée de truc à boire.

Je sors et roule mon sac de couchage. Comme d’habitude j’en chie pour le faire rentrer dans son étui. Je dégonfle mon matelas en le Hulk-Hoganisant et je range tout ca sur mon sac.

Place toutes mes affaires à l’extérieur et démonte l’armature de la tente avant de la plier. Une fois le check up-complet effectué je me lance sur le chemin, traverse l’autoroute quand une fenetre de lancement décente se présente à moi, je vais longer le mur anti-bruit.

Au bout de quelques centaines de mètres une occasion se présente, il ya quelques lattes d’arrachées qui donnent sur un cul de sac dans un lotissement, je profite de cette oeuvre de vandalisme et la remercie. Je marche dans le lotissement au matin, quelques voitures passent ici ou là, tournant autour des petits rond-points. Je marche vers le sud-ouest. Deux kilomètres plus tard j’arrive sur un parking de supermarché. Cool je vais me faire un petit dèj et un stock pour la journée. J’entre et confie mes sacs à l’acceuil.

Je prends un peu de thon, une boite de jambon en conserve, des tartelettes au citron, un lait-banane et une bouteille d’eau minérale. Je paye le tout et prend mon petit déjeuner sous l’oeil de la sécurité et des nettoyeuses qui se sentent bien seuls sans autres clients.

Une fois ma petit collation finie, je retourne prendre mon sac, organise mes provisions et me remet en route. Je tente le stop le long de la route mais une fois encore mes craintes se vérifient, plus il y de monde qui passe, moins tu est susceptible d’être pris en stop. Je marche et je m’arrête par alternance, j’attend une bonne demi-heure mais personne ne daigne me filer un coup de main.

Les femmes n’osent même pas me rendre le regard que je leur porte, quelques hommes un peu désolés me font des signes comme quoi ils ne vont pas dans ma destination. Mais je pense juste que la plupart s’en fout simplement.

Je suis devant un arrêt de bus et un Bus s’approche, il va vers Mandurah, je me dis tant pis, il faut que j’avance et j’ai bien mal aux jambes. Je prend mon ticket a 6h et en avant pour 40 bornes. Le bus longe la mer sans jamais l’apercevoir. Des gens montent puis descendent 2 arrets plus loin, mais tout est bien vide. Je pousse mon gros sac a terre pour laisser passer une maman et sa pouponmobile.

Une petite cinquantaine de minutes plus tard, Mandurah Station. La gare où devait arriver le train si je l’avais pris la veille. Tant pis. Je descend du bus et me diriger vers le point d’information, savoir à peu près où me placer pour avoir le plus de chance d’être pris. Une femme s’avance et rentre dans l’office, je m’engouffre. Elle se retourne et me dit qu’ils ne sont pas encore ouverts, ils ouvrent a 10h. Je lui demande juste dans quelle direction générale est le centre ville. Elle me pointe du doigt la direction par laquelle je suis arrivé.

Je dois être de l’autre coté alors. Je regarde vite fait sur ma boussole ou se trouve le sud et suis une artère fréquentée jusqu’à trouver un panneau Bunbury. Je marche le long de la route, encore une fois pas de trottoir, je marche sur l’herbe.

Je m’installe juste après un feu rouge, les gens ne seront pas encore lancés mais tous iront dans la bonne direction et auront l’occasion de s’arreter, il ya de la place sur le bas coté.

J’écris Bunbury sur mon petit panneau (ce doit vouloir dire Bonne Bourre en australien) 30 minutes et quedalle, cette fois j’ai pas vraiment le choix il faut que je trouve un truc. Je change de panneau, j’écris BunBury avec une petite pompe à essence $ /2, ce qui n’est pas très parlant quand on le décrit mais je juge que c’est compréhensible par un conducteur qui démarre. Toujours rien.

Une quinzaine de minutes plus tard, un campervan s’arrête sur le bord de la route. Je prend mon sac et je cavale vers eux. Un mec m’ouvre la porte laterale et me dis qu’ils passent par Bunbury, Au volant, une minette avec un accent très fort. Je fous mes sacs sur le sol du van et m’assois à l’arrière. Je me présente et les remercie. O a 30 ans et vient de Melbourne, B en a 24 et est italienne, il me disent qu’il comprennent que je suis français de part mon accent. Hm quand je suis en galère je gère moins où quoi ?

Ils me disent qu’ils vont à Margaret River faire du picking, je leur dit que c’est nickel! O est un peu rustre je pense qu’il aimait bien être le mâle alpha du van et que l’arrivée d’un autre mec le perturbe, je sens qu’ils sont en couple mais pas vraiment, je décide de les laisser vivre leur vie.

B me parle un peu, elle veut être graphiste dans la pub. O propose qu’on écoute un peu de zik, il me demande si j’ai une préference en particulier. De la Trance? Il nous met de la Goa, 15 ans d’age. Marrant. On headbang légèrement en roulant. B prend des libertés avec le tracé des lignes au sol, elle conduit en se retournant et fait des embardées, heureusement le van ne dépasse pas les 80km/h. Ils me disent qu’ils sont désolés pour l’odeur de transpi mais il cherchent une douche après plusieurs jours de camping. Je leur dit pareil.

Je leur suggère de s’arrêter en route à Bunbury histoire de voir s’il n’y a pas des douches publiques. Après un petit périple, on y arrive et a l’office du tourisme je demande des infos sur les douches, il y en a des gratuites mais elles sont froides, celles payantes sont à 5$ la douche. Je lui demande où sont les backpackers dans le coin. Elle m’en note 3. Je retourne vers mes acolytes, leur propose d’aller négocier une douche là bas.

On se met en route et on se gare devant l’entrée, j’étais déjà passé devant la première fois sans y faire attention.

On rentre, personne à l’acceuil, un message dit que ca ouvre à 4pm. Un mec regarde la télé sur le canap’ au fond. Je lui demande si le manager est là. Il me dit que non, je lui expose ma requête, il me dit qu’il est un pote du manager et qu’il n’y a pas de problème, je propose 2$ par douche, c’est le tarif qu’on avait trouvé acceptable avec les autres dehors. On prend nos affaires et allons prendre une bonne douche.

J’ai fini en premier alors je retourne dans la salle télé discuter un peu avec le mec, Il est chef et bosse dans un restau à coté. Le manager est a Perth et passe le soir. Il me file des tuyaux pour la pêche, apparement il ya beaucoup de bons coins sur la côte et ont peut chopper un gros saumon tous les soirs avec du matos basique. Il faudra que j’essaye.

On sort tous et mettons 6$ dans la boite en métal fermée pour les suggestions, le mec nous dis qu’il expliquera ça au patron.

On se remet en route et je m’endors bercé par Bob Marley.

Vers les 15h, nous sommes arrivés a Margaret River, ils se garent, je les remercie, leur propose de payer la moitié de l’essence mais ils refusent, O me file son numéro pour boire un coup un de ces 4. Je leur donne mes infos sur les agences pour le boulot et les campings du coin les moins chers.

Je récupère tout mon bordel et me met en quête d’infos, la madame me marque les backpackers sur ma carte. Je m’en enquiers mais l’accueil du premier est fermé, je tente d’appeler le numéro mais je n’ai plus de crédit, bizarre. Je passe au IGA acheter du credit et au Chemist pour acheter un truc contre les cloques au pieds. Je me fous sur une pelouse à l’exterieur du parking et installe mes pansements en rechargeant mon téléphone.

Je tente d’appeler le camping de la dernière fois, ils devaient tondre les moutons et ça m’intéresserai bien d’apprendre, la nana me dit qu’ils n’ont plus de place et que de toute façon ça aurait été pour regarder. Tant pis.

Je passe à la banque activer ma carte que j’ai reçu l’autre jour puis trouve un backpacker ouvert mais il est cher, j’en ai marre de trimballer mon sac alors je prends 2 nuits. Je pose mes affaires dans la chambre et sors faire un tour.

Je vais en ville m’inscrire dans les agences de fruitpicking et vois les noms d’O et de B.

Je fais des petites courses pour le soir et une française sur Albany m’appelle, on se raconte nos lifes, je lui dit que je risque de rester un petit peu sur Margaret River avant de partir sur Albany.

Le soir, je rentre au backpacker et fais la connaissance des mes roomates, deux japonais, Y et H plus un anglais, B. Ils sont sympa malgré un gros problème de compréhension de l’anglais de Y.

On parle taf, H et B bossent mais ont galéré pour trouver ça fait un bout de temps qu’ils sont là, c’est la période creuse ici. Je pars acheter un pack de Pils de l’autre jour et leur propose un petit apéro. Ça les branche, en fait on mange ensemble, je rencontre aussi une Française et sa pote Allemande. Elle est lozerienne de St Chély d’Apcher, c’est marrant les gens qui viennent se perdre ici. Elles vont voir les baleines demain, ca fait un peu cher pur moi.

Je salue tout le monde et je vais dans la chambre pour matter des trucs sur le net.

Je m’endors vers minuit.

Trente-et-unième jour

Mardi 5 octobre 2010 à 15:51

Ce matin je suis reveillé par L qui vient me dire bonjour, il doit être 9h30 par là, apparement les lesbiennes avaient prévu d’aller à Fremantle se ballader. Je check mon itinéraire pour Margaret River tant que j’ai un peu d’internet. L fait des pancakes taiwanais.

Vers 12h on décide de partir tous les deux car les filles trainent au pieu. Du coup je vérifie une dernière fois mon matos, range tout et on se met en route. Mon sac me ruine le dos puis je m’habitue un peu. On marche à pied jusqu’à la gare, ca fait bien ses 2 petits kilomètres.

On arrive à la gare et nous prenons le train pour Fremantle, L ronronne sur mon épaule. Elle n’a jamais pris cette ligne, je lui montre la mer et on admire le paysage. Un fois arrivés on se ballade en ville, passant par les endroits où je suis déjà allé. La prison et ses portes peu larges, je me cogne dans les gens, j’ai pas encore l’habitude du gabarit assez large de mon sac.

On remonte le port, c’est blindé de gens aujourd’hui, les terrasses sur les quais sont blindées et un groupe joue du free jazz sur un bateau. Je cherche la brasserie Little Creatures qu’on m’avait recommandé, aujourd’hui est un jour à Pils bien fraîche. Il y a une file d’attente pour le bar… Je prends deux bouteilles de Pils maison, le vendeur me demande si je vais les boire dehors, sans réflechir je lui dis oui. Je vois qu’il tique un peu, je lui dis que ouais je suis au courant, en même temps c’est pas avec 2x 33cl de Pils qu’on va se mettre une mine. Je sors avec mes bouteilles et ma taiwanaise.

On s’installe sur un banc dans le parc, entre ombre et soleil, parlons de nos projets futurs et de la suite du voyage. Elle va peut être repartir sur Sydney pour trouver un taf de bureau dans sa branche. Je pars tout à l’heure.

On savoure notre binouze qui s’avère un peu décevante mais pas trop non plus. Le soleil se cache, on va se mettre dans l’herbe, des mecs jouent au foot, tout le monde pratique son sport favori sauf moi… J’échange néanmoins quelques tendresses avec L qui me charme encore plus par sa gentillesse. L’heure que je m’étais fixé pour partir ne tarde pas à arriver.

J’embrasse une dernière fois L, lui dit aurevoir et lui souhaite toute la chance possible pour la suite de son voyage puis je lance mon sac sur le dos, ma sacoche avec le pc autour de l’épaule.

J’allume mon lecteur mp3 et je mets l’épisode 476. Fait chier ce casque Nokia pourri qui ne joue les basses que quand on presse le bouton du kit main libre, il faut que je retrouve l’autre casque. Je quitte le parc en centre ville de Freemantle et marche vers le sud le long de la rue. Deux kilomètres plus loin je décide de tester si le spot se prête au stop. Je pose mon sac sur un escalier de magasin fermé et sors de ma sacoche mon cahier, sur une page je marque au feutre ma première étape, Mandurah. J’espère que je serai à Margaret River avant la fin de la semaine…

Je plie ma feuille et la fais rentrer dans la pochette plastifiée de mon plan.

Je teste une dizaine de voiture, aucune ne ralentit. Je rejette mon sac sur mes épaules et continue vers le sud, je marche en gardant ma pancarte vers les voitures qui passent. J’arrive dans une zone commerciale avec le Woolworth ouvert ce dimanche jusqu’à 5pm, tant mieux, je me dis qu’il serait malin de faire de petites courses. Je marche sur le parking assez vide jusqu’à trouver l’entrée du magasin. J’y rentre et passe à l’accueil demander s’il est possible qu’ils me gardent mon sac, la nana à l’air perdue, elle me dit de le mettre dans un caddie et de le garder avec moi… Bon ca change pas grand chose, j’espère juste qu’on va pas me demander de le vider à la sortie.

Je rentre et tourne dans les rayons reflechissant à ce qui peut me permettre de passer la nuit en ayant mangé solide tout en restant peu encombrant. J’opte pour deux boites de thon, une boite de mais et 1,25l de soda au citron, le sucre ça me filera un coup de fouet.

Je paye et sors sans problème, je mets les boites dans mon sac et laisse la bouteille dans le sac plastique, à la main. Je sors du parking et continue la route au jugé d’après la boussole. Je sors peu à peu de Fremantle, toujours en marchant avec ma pancarte.

Le choix est simple, soit je reste en place et fais face au voitures, ce qui est rassurant pour les conducteurs; soit le marche, ce qui m’avance légèrement et me file des points de persévérance auprès des conducteurs.

Les routes sont vraiment pas faites pour les piétons ici, pas de trotoir, je marche sur l’herbe du bas coté. Je passe devant un camping dont les toits des bungalows rappelleront des souvenirs au gens d’Arkane et à ceux qui ont joué à Dark Messiah. J’espère qu’ils ont pas autant galéré que moi à optimiser le VIS quand ils les ont construit.

Le monte sur le bas coté herbeux et galère, un pickup s’arrete en double file, je vais vers la porte, un peu incrédule. Le mec me dit qu’il ne va pas jusqu’a Mandurah mais il peut m’avancer. Je lui dit qu’en effet ca serait sympa, je me grouille de foutre mes sacs sur les sièges arrière car une file se forme derrière mon conducteur.

On discute en route, il est Docker à Fremantle, il rentre chez lui de sa journée de taf, où il pilote une grue de déchargement. Je lui dit respect, que je suppose que ça doit demander beaucoup d’équilibre, un peu comme quand on pilote un hélicoptère. Il relativise, il y a des servomoteurs qui font tout le travail. On parle du temps où il fallait décharger les bateaux à la force du coude; il me dit qu’il a connu ça, 35 ans qu’il est docker. Il me pointe du doigt les usines navales et les raffineries, un peu dégoûte que le plus bel endroit de la coté ouest soit défiguré comme ça. Il me montre la base navale de la marine australienne au loin sur l’île en face, on voit en effet deux dômes radars énormes.

Son fils fait du backpacking en Europe et il fait aussi du stop, il me dit qu’il se sent redevable envers ceux qui lui filent un coup de main là bas. Il me dépose à l’entrée de Rockingham, à mi chemin entre Freemantle et Mandurah effectivement. Il m’indique une station de train un tout petit peu plus loin au sud, si j’ai pas de chance avec le stop.

Je le remercie et descend tout mon bordel en vitesse. Je me remet en route. marche sur un chemin piétonnier séparé de la route. quelques centaines de mètres plus loin, effectivement, la station qu’il m’avait indiqué. J’hésite, mais je me dis que l’aventure c’est l’aventure et que tant pis. J’ai le dos qui ramasse mais je me sens fier de repousser les limites en général.

Je marche sur le bas coté de ce qui devient une voie rapide, puis au bout d’un kilomètre il n’y a plus de bas coté. Je marche collé au bord du mur, la bande d’arret d’urgence est très large. Un kilomètre plus loin, je peux m’abritter derrière un rail de sécurité. C’est illusoire de faire du stop ici, l’autoroute, d’autant plus que c’est une voie d’accelération…

Au bout de 5 kilomètres de marche, une sortie d’autoroute avec une montée. Je vais pas passer sous le pont alors j’envisage de monter la sortie d’autoroute pour la traverser le sac sur le dos. Je surveille bien le passage des voiture et négocie une traversée relativement sécurisée. Je teste le stop vite fait sur la descente de l’autre coté, sans succès; compréhensible.

Je continue donc à marcher, en galère, le soleil commence de plus à être bien bas à l’horizon, il va falloir se résoudre à bivouaquer. Ce qui me fait le plus flipper c’est le manque de place, je suis coincé entre le grillage de la voix de chemin de fer sur la voie de gauche et une petite bande de verdure avec mur anti-bruit sur la voie de droite. Seul salut possible, un terre plein assez large entre les deux voies, avec un petit contrebas, couvert par les branche des arbres, je traverse la voie quand le traffic se calme un peu et y descend. Y trainent quelques déchets, j’y vois un livre déchiré mais peu de traces de passage. Il commence à faire un peu sombre, je cherche un coin à l’abri des regards de voitures et relativement plat.

J’en trouve un bien couvert mais légèrement en pente, tant pis, on ne peut pas avoir le beurre et le compte en banque du PDG de Lesieur.

Je monte ma tente et me sens soudainement un peu plus cher moi, je fous toutes mes affaires dans ma tente et la referme.

Je me suis approprié l’espace sauvage. J’entends les voitures passer à droite et à gauche, plus le train toutes les 20 minutes. Avec ma lampe torche je cherche ma boite de thon et l’ouvre, mange le thon dedans avec la lame de mon couteau/ouvre bouteille de poche. Je veux vider l’huile qui est contenue dehors mais me rate et fous la moitié de la conserve par terre. Putain ça va surement attirer les animaux sauvages ça; des dingos d’autoroute.

Je me sens un peu seul, j’allume mon pc avec la clé 3g et passe en coup de vent sur facebook et msn rassurer ma famille et partager ce moment exceptionnel avec des tierces personnes. Je jette un coup d’oeil sur googlemaps avec la vue satelite pour avoir des options pour me sortir de la demain.

Apparemment le mur antibruit donne sur une résidence de l’autre coté et il y a une route alternative en centre ville un peu plus loin. Je vais voir ça demain.

Je m’endors un peu au froid, en essayant de capter une radio avec mon téléphone portable. Mais bon les grésillements me résignent, j’ai pas besoin de me resigner. Tant pis, je m’endors. Vers 2h, il fait carrement froid, je me dis que ca serait cool que je gonfle mon matelas car le sac glisse lentement vers le bas et la terre est dure. Je gonfle les boudins un à un, la tete dans le cul dans le sac. Au moins j’entend plus les voitures.

Un camion passe.