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septembre 2010

Vingt-quatrième jour

Lundi 27 septembre 2010 à 16:19

Je me retourne dans tous les sens dans mon sac  les lattes à nu et mon petit matelas gonflable de 50cm de large, je souffre de la jambe et je sais pas comment la mettre. Plusieurs fois dans la nuit je me reveille et me rendors fatigué par le bobo.

Je me reveille a 9h et glande un peu, je me lève a 9h30, puis je fais un peu de pc tranquillement en essayant de garder ma jambe allongée.

vers 11h30 je me dis que je vais quand meme pas rester toute la journée dans cette piaule et que le couchsurfing c’est pas non plus du squat. Je décide de sortir en ville. Le problème c’est qu’on est dimanche et que la ville est à 2h de marche.

Je me douche vite fait et m’habille. Je passe devant D’ et lui dit que je vais faire un tour en ville, je lui demande si ça le tente de sortir, il est en kimono blanc en train de lire un livre japonais sur le canapé. Il me dit que non il va rester Otakutiser chez lui, bien. Je sors pour me poster à l’arret de bus du bas de la petit pente dans la rue perpendiculaire.

Je passe devant une petite fête de dimanche dans le petit jardin d’une maison, de jeunes australiens bien bourrés à midi crient déjà comme des porcs qu’on égorge, DES PORCS.

Je m’installe près du petit stop, sur le poteau il est marqué d’envoyer un sms avec le numéro de l’arrêt au 136513. Je teste car j’ai pas envie de rester comme un con pendant 2 heures. J’envoie ce message, mais apparemment ça chie, je comprends pas trop pourquoi… Un jeune couple Australien travaille sur les plantations de leurs plates bandes en face. Je leur demande en hurlant à travers la route si le bus passe aujourd’hui. Le mec me répond en hurlant qu’il pense que oui. Je tente de faire du stop vite fait mais pas de succès.

Quelques minutes plus tard, le mec me demande en hurlant si ça m’aiderai qu’ils regardent les horaires des bus sur le net vite fait. Je travers la route pour m’approcher d’eux et leur répond qu’en effet ça serait très aimable de leur part. Je discute avec le mec qui fait des trous dans la terre pour planter un arbre. Il me demande d’où je viens, je lui dis que je suis français. Il est surpris car il pensait que j’étais Texan, la fierté m’envahit. On parle de l’alcool et les australiens, je lui dis que quand je suis bourré j’aime tout le monde, il me dit qu’apparement c’est la réaction des européens à l’alcool. Les australiens on en grande majorité l’alcool violent. Je sais pas quoi en penser, j’ai beau essayer de trouver un explication à ça, culture mettant en avant la virilité ? Compétition ?

Bref le bus passe dans 1h30… je décide d’avancer à pied en boitant. Il m’ont dit qu’il y avait un station de train vers l’est. Je marche sur le terrain de descente en montée assez difficilement. après deux kilomètres je tombe sur un mec à la trentaine qui bricole dans son jardin, je le salue par dessus la palissade en lui demandant si il y a bien une station pas trop loin. Il me répond qu’effectivement il y en a une mais que le pas trop loin était peut être exagéré. Sa femme arrive et m’explique comment y aller. Je les remercie et me remets en route. Je marche encore 2 kilomètres m’arretant de temps en temps m’asseoir dans un arrêt de bus.

Au bout d’un moment, un gros pickup blanc s’arrete sur le bord de la route devant moi et la porte s’ouvre. Un mec aux lunettes de soleil sort la tête et me demande si j’ai besoin que je l’avance. Au début je me demande comment il a fait pour deviner que j’aurai bien besoin d’un peu d’aide.

Je monte en lui disant que je vais à la gare puis je reconnais sous les lunettes le mec de tout à l’heure. Il me dit que c’est sur son chemin. Sympa, sur la route on parle football australien et ski, il n’a jamais vu de neige et il aimerai bien aller en Europe voir de vraies montagnes. Je lui dis de passer par Lyon s’il vient en Europe parce que c’est un ville cool.

Il me dépose sur le parking de la gare puis je le vois faire demi-tour et repartir. L’entrée de la gare est sous un pont autoroutier. Je passe les vitres et prend mon billet, 2.50$ pour Perth underground. Après m’être acquitté de mon droit de voyage, je monte sur le quai. 4 nanas extatiques habillées du même débardeur/short en jean font les folles. Je n’ose pas trop leur demander ce que l’enfer c’est car elles ne sont pas très à mon goût, avec du bon muffintop qui dépasse.

Le train ne tarde pas et je monte en boitant, je me dis que ma démarche me donne un petit coté classe et mystérieux, merci le gangsta rap et Hugh Laurie. Je suis assis derrière des lycéennes qui veulent se faire passer pour des femmes, le jailbait est de sortie on dirait. J’arrive vite à Perth et je descend du train d’une superbe démarche à la Pimpwalk, je me dis que pour le coup, une canne avec un 8 Ball ou une patte de lion en pommeau serait de circonstance.

Je sors de la station en galérant néanmoins comme un chien dans les escaliers. Premier arrêt, Mac Do. Les rues sont blindées. et je me fraie une chemin, je sens que les gens s’écartent légèrement avec respect. Je prends un air méchant. Je rentre dans le restaurant, une petite flaque jaune se forme sous les pieds du gros videur black. Sur ma lancée, arrivé au comptoir je commande un menu Mega Mac, celui avec les 4 steaks accompagné d’un grand frozen raspberry. La petite serveuse asiatique me les pose sur le plateau en tremblant, sans un seul eye contact.

Je mange en lisant mon guide sur Perth sur la table du fond. quand j’ai fini, tout le monde ouvre fenêtre.

Je passe devant Woolworth pour voir a quelle heure ils ferment. 5pm le dimanche, bien je ferrai attention à l’heure. Je passe un coup de fil a mon pote francais qui était sur Perth il y a deux semaines savoir si il veut boire un verre, Il bosse à la mine jusqu’a 18h. Du coup je me dis que j’irai bien sur le front de rivière au sud du centre ville, il parait qu’il y a un petit port avec une jetée et la Belltower avec ses carillons.

Je pimpwalke donc vers le sud. Un mec me demande une cigarette ou des thunes, je lui dis bouge de là, bouge bouge bouge de là. Je m’assois dans le parc et un couple de gays se font des bisous a coté d’un arbre, je fais semblant de ne pas les voir, puis continue mon chemin.

Je marche encore un peu et tombe sur un panneau marrant, je n’en comprend pas le sens mais je me dis que ca ferrait une bonne photo pour mon blog.

J’arrive au port, fais un petit tour, un petit groupe de femelles parlent allemand. Ca me fait toujours bizarre d’entendre des langues européennes parlées ici. J’ai pas encore entendu d’espagnol jusqu’ici.

Je vais m’allonger dans l’herbe à coté et je me repose tranquillou pendant une petite heure et demie. il fait chaud mais une légère brise rend l’expérience très agréable. J’obsèrve les gens prendre le bus gratuit de la ville toutes les 15 minutes.

15h30 je me lève, il va falloir que j’aille faire les courses pour ce soir avant que ca ferme. Je ne suis pas très loin de Woolworth mais j’ai la flemme, je me dirige vers l’arret de bus, il ne passe pas loin du centre commercial et le compteur affiche 11 minutes avant le prochain bus. Des petits indiens jouent a coté de moi, leurs parents les surveillent, toutes les 2 minutes ils vont appuyer sur le boutton qui fait parler l’arret de bus.

Le bus arrive et je monte difficillement dedans. Le bus est rempli et démarre, il s’engage sur une portion de voie rapide et je me dis que mine de rien il fait un putain de tour. Il passe par la gare routière ou il s’arrête 10 minutes, je serai rentré à pied en 15…

Je descend à William Street, fais mes petites courses dans le magasin plein de gens pressés. Je prends des oeufs, des steaks, des épinards, du lard en tranche et de la salade. Je passe en caisse, galère un peu avec la caissière pour me faire comprendre. Je passe ensuite au bottleshop pour prendre un Lambrusco et le vin rouge le moins cher.

Je me dis que je vais prendre le bus direct pour le retour, je boite péniblement jusqu’à l’arrêt de bus à 2km et l’attend, une jeune personne de sexe indeterminable l’attend aussi, walkman collé sur les oreilles. Un bus de ville gratuit passe et mon/ma compagnon(e) me quitte. J’attend puis ensuite, j’attend encore pour finir par partir. Je demande au conducteur d’un troisième bus si il saurait par hasard si la ligne 95 est en marche aujourd’hui; je me fais envoyer bouler.

Bien, je me rends compte que je vais encore devoir limp jusqu’au train, les haïsseurs haïront. Je marche vers la gare, traverse la rue dans la fenêtre des 10 secondes allouées pour le faire. Je monte grâce à l’escalator (normalement j’insulte les gens qui prennent l’escalator, voir la vie d’un autre point de vue c’est salutaire…) Dans un élan d’aventure, espérant moins marcher qu’à l’aller, je prend mon billet pour la gare qui se trouvait plus loin que celle que j’ai pris à l’aller, Stirling Stn.

Je cours à la Forest car le train va pas tarder, je descend de la passerelle à la surface, souffre dans des escaliers puis souffre dans d’autres pour descendre dans les souterrains. La partie souterraine ressemble beaucoup à la partie inférieure de la station Bellecour à Lyon. En fait j’avais mal regardé le train arrive dans 10 minutes. Je m’assois tranquille et prend un air mauvais cul. Il arrive et je le prend. Rapidement, on sort de la ville et le train se déplace maintenant sur la voie au milieu des deux voies rapides.

Après deux arrêts, me voilà à Stirling Station, je descend, cherche mon billet dans ma poche et le présente au controleur à la sortie. Je me demande ce que je vais foutre à partir de là…

La gare ferroviaire est adossée à la gare routière, le tout en un pont suspendu au dessus de l’autoroute. Je parcours les différents arrêts du bus, étudiant leur itinéraires, voire si il yen aurait un qui passerai pas loin de la plage, près de chez D’. L’un des bus semble être pratique, je décide de test. De plus, il est déjà là. Je demande confirmation à la conductrice qui me répond avec tact et gentillesse. Je traverse la ville tandis que le soleil se couche. Me croyant arrivé je décide de descendre, erreur. Ayant cru reconnaître des indices de proximité, je me suis trompé, un petit kilomètre de marche plus tard.

J’arrive à la maison, X est là est attend dehors, apparemment D’ est sorti. On décide d’aller faire des petites courses car X à organisé un picnic pour demain avec amis. Il y a un petit supermarché sur la colline d’à coté. J’ y achète des chips, je prendrai de la bière demain.

On rentre et attendons un peu, on parle de notre voyage futur et de la logistique. D’ arrive. Je fais une salade Lyonnaise. Salade, oignons, croutons frits, lardons coupée et oeuf poché. X cuisine du poulet a la taiwanaise. On discute politique et même marxisme! X est marxiste, cool.

Je vais me coucher, la maman de D’ me file un matelas gonflable plus grand. Le gonflant, je tombe presque en syncope.

En dormant je me rend compte que le matelas se dégonfle seul et me retrouve dormant sur des lattes.

Vingt-troisième jour

Dimanche 26 septembre 2010 à 12:51

Je me réveille à 8h00, mais me lève à 9h20 car à partir d’aujourd’hui je ne bosse plus pour B, Je fais un tour aux toilettes et hésite à prendre une douche ce matin. Chez B, l’eau chaude est mal foutue, on peut pas prendre deux douches en même temps. Or c’est l’heure à laquelle ils prennent leurs douches. Je fais une toilette rapide à l’eau froide, un peu de déo et hop.

Je range mes dernières affaires dans mon sac, sors une feuille sur laquelle je marque Midland en gros au stylo puis fais un tour dans la caravane voir si je n’oublie rien. Je mets toutes les ordures dans un sac plastique que je sors jeter dans la poubelle à la sortie de leur maison. D est à coté d’un de leurs voitures. Elle me salue, je lui dis que je pars dans la matinée. Elle me propose de m’amener jusqu’à l’arrêt de bus. J’accepte en lui disant que je vais faire du stop mais de toute facon je compte me poster à l’arrêt de bus.

Elle me demande si je pars de suite; il faut que je dise au revoir à tout le monde. B est sur le palier, je le remercie pour son accueil et lui souhaite un bon rétablissement, autant qu’un bon courage pour sa baraque.

La gamine est sur le trampoline, elle chantonne horriblement en sautant. Je lui fais au revoir de la main, elle me regarde et souris. Leur garçon doit bosser et nous n’avons pas eu masse de contacts alors je laisse tomber.

Je vais chercher mes affaires et le mets dans le coffre de la voiture. Nous nous mettons en route et je sors de la voiture pour ouvrir le portail, 200m en contrebas.

D me dépose 1 km plus loin, à l’arrêt de bus où j’avais fait du stop la dernière fois. Je lui dis au revoir et elle me donne quelques conseils d’itinéraire et me souhaite un bon voyage.

Je traverse la route pour me mettre dans le bon sens et je sors mon petit papier. Quelques voitures passent, je suis un peu plus décontracté et confiant que la dernière fois, malgré le nombre de voiture qui me croisent sans passager et qui ne s’arretent pas.

Pourtant Midland doit être une destination courante par ici. Après une quinzaine de minutes d’attente, une vieille Toyota Corolla blanche met son clignotant et s’arrète sur le bas-coté.

J’ouvre la porte et un mec dégarni aux cheveux grisonnant courts et des petites lunettes rondes me dit qu’il ne va pas a Midland mais qu’il peut m’avancer jusqu’à Mundaring, à mi-chemin mais sur une route bien plus fréquentée. Je lui demande si je peux mettre ma valise dans le coffre et je le vois remuer, pensant qu’il allait sortir de sa voiture. Je marmonne que je vais le faire, qu’il ne se dérange pas. Le coffre s’ouvre et je comprends qu’il cherchait juste la commande d’ouverture…

Je place mon bordel et monte à la place du mort. On commence à discuter, le mec est vraiment sympa, on parle d’histoire du pays et de la sécheresse qui commence à être importante en ce moment, ça fait plus de 2 semaines et demi qu’il n’est pas tombé une goutte. Il me raconte qu’il est ingénieur militaire à la retraite, qu’il à bossé dans la conception de radars et de torpilles, dont 10 ans en Arabie Saoudite. Il me dit que l’Australie est un des très rares pays qui n’aie pas subit la crise financière, car selon lui les banques ici sont beaucoup plus tempérées. Il me dépose près d’une station service sur la route commerciale au centre de Mundaring, je le remercie.

Cette route est bien plus fréquentée. C’est à double tranchant, psychologiquement quand il y a plus de monde, les gens se sentent moins enclins à filer un coup de main, pensant qu’un autre le fera. J’étudie les lieux pour trouver un endroit où l’on peut décellerer en toute sécurité. J’essaie l’arret de bus, au bout de 10 minutes j’arrete, sans succès. Puis je me place à l’entrée de la station service mais comprend vite que c’est stupide. La sortie de la station service me paraît être une alternative interessante. Je m’y place et peu après une voiture qui en sortait ouvre sa fenêtre. Je m’approche, ce sont un mec brun habillé en blanc et un ado blond en passager à l’avant. J’ouvre la portière en les remerciant, la voiture est dégueulasse, ya des trucs qui traînent partout. Je place mon sac sur le siège passager à coté de moi et cherche la ceinture, le clip au niveau du siège est introuvable, je la tiens pour faire semblant.

Je conducteur se présente, B’ (B est déjà pris) se présente puis de demande mon prénom, Xxxx-Xxxxxx lui dis-je. “T’es Français?”, je lui répond par l’affirmative, “Moi aussi”. Je lui demande si il ne serait pas le B’ français du village d’a coté dont B m’avait parlé et qui devait nous rendre visite dans la semaine. En fait B’ à bossé 3 mois chez B il y a un an, interessante coincidence.

B’ me file son numéro, que je note et me propose de me filer une tente qui traîne chez lui, Je lui dis que c’est vraiment sympa mais je comptais acheter un sur-sac pour camper sauvagement incognito. Je lui dis que je l’appellerai peut-être dans la semaine histoire de faire un barbeuq avec lui et ses potes.

B’ s’arrête quelques petites minutes pour faire la pression de ses pneus, je discute avec le jeunôt qui me paraît pas très bavard, il est NZ et est arrivé il y a 10 ans. B’ est éducateur, c’est surement une petite caillera australienne sur le siège de devant.

Il me dépose à Midland sur la zone commerciale, (qui ressemblent beaucoup aux notres avec leur enchainements de St Maclous, Leroy Merlins Australiens et autres) devant un magasin de camping. Je le remercie, prend ma valise et rentre dans le magasin, je pensais tomber sur un truc bien rangé à la décathlon, ca tient plus du Lidl du camping, avec les produits entassés sur des étagères industrielles. Je laisse ma valise au vendeur a l’entrée et me met en quête de matos pour camper.

Je trouve un sac de couchage plutôt compact est fonctionnel, un matelas gonflable pliable extrèmement compact, un poncho en plastique pour la pluie et une mini tente/ sursac de couchage pliable et impérméable. Je décide de prendre un gros sac de rando, pour remplacer ma valise qui commence à s’écrouler.

Je prends un plan de la région et un guide des aires de camping en Australie. Passant à la caisse je me retrouve avec 550$ d’achats, ~430 euros. Je me dis que de toute façon ça sera moins cher et plus pratique de les backpackers de la cambrousse (si il y en a). Je me pose à l’exterieur du magasin et range mes affaires dans la sac, transvase quelques trucs pour équilibrer les poids et me mets en route vers le centre ville. Je marche sur le chemin piétonnier sur le coté, il y a un paquet de voitures qui rentrent et sortent des parkings. Une grand-mère dans sa voiture compte passer, je lui fais signe d’y aller. 20 secondes passent et elle ne s’engage pas malgré les opportunités, je décide de passer, en regardant bien ses réactions. Je m’engage et elle me roule dessus. Gros coup dans le genoux je me retrouve par terre à moitié sous le capot. Je me relève péniblement, ma valise encore plus niquée qu’avant avec une grosse douleur au genou. Après quelques secondes elle décide de sortir de la voiture pour voir si j’ai rien. Je lui fais un signe de la main, énervé, lui signifiant que ça va. Elle passe puis je traverser en boitant. Le mec dans la voiture derrière, avec une dégaine de biker me demande si j’ai rien de cassé, ça va, ça va, merci.

Je reprends ma route, la douleur est supportable, j’ai du mal à plier pleinement le genou.

11h10 En passant je rentre dans un centre commercial genre Carrouf, avec parking suspendu et tout, ça me rappelle la Porte des Alpes à Lyon. Je confie mes sacs à l’acceuil à l’hotesse qui tombe sous leur poids et vais faire des petites courses rapides.

Comme j’ai pas déjeuné je prends un lait à la banane, une bouteille d’eau, un cahier et un gros feutre (je voulais trouver un tableau Véléda pour faire du stop mais c’est introuvable).

Je passe à la caisse après avoir essayé de trouver l’équivalent de leurs sandwichs Sodébo mais sans plus de réussite. Je passe en caisse où deux petites grosse s’affairent puis je m’enfile le lait-banane assis sur un banc en face de la caisse. Un fois un peu remonté je reprends mes sacs et me remets en route. Le soleil tape toujours aussi fort. J’empreinte leurs passages piétons qui traversent des avenues où tu as 10 secondes pour traverser, 2 km plus loin je suis à la gare de Midland, qui à perdu de son coté western de la dernière fois.

Je traverse la zone des bus et me dirige vers les escaliers de la gare, achète un billet devant un guichetier qui me tape la discute. 3.70$ Je regarde dans mon porte monnaie, hm juste assez, à quelques centimes près. Je prends mon billet et vais sur le quai.

11:50 Le train arrive, peu de gens montent. Je pose mes sacs et m’assois enfin. Je sors mon pc histoire de retrouver et de noter le numero du backpacker pour lequel j’ai reservé, pour annuler la reservation si mon hôte de Couchsurfing m’acceuille bel et bien. Je lui passe d’ailleurs un coup de fil, toujours un répondeur avec une voix de nana. Laisse un message comme quoi j’arrive en ville dans 30 minutes. En trajet je rédige mon post de la veille. et je regarde quelques trucs.

Très vite je suis en centre ville, à la gare. Je me grouille de ranger mes affaires pour sortir du train et ne pas me retrouver de l’autre coté de la ligne. Je ne retrouve plus mon billet, qu’il faut montrer au mec qui est à la sortie. Je passe en lui avouant mon désarroi et il me laisse filer.

Je me dirige vers le centre commercial car je commence à avoir bien faim comme il faut, Mon hôte m’appelle enfin en me disant qu’il doit finir un truc mais qu’il me rappellera à 14h. Je me retrouve chez Hungry Jack’s ou je prends un menu avec du poulet, décu qu’ils ne fassent pas de frozen raspberry ou frozen coke. La prochaine fois j’irai au MacDo.

Je mange en regardant la télé dans un coin de la pièce, c’est la finale du sport national (le foot australien) aujourd’hui et ils cassent les couilles de tout le monde avec leurs reportages sportifs. Une fois rassasié je vais me poser sur la place du centre commercial. Je jette au coup d’oeil aux cartes que j’ai acheté et passe un coup de fil à l’une des Francaises qui est restée sur la ville.

Elle à trouvé un taf, cool. On bavarde et peu, se dit qu’on pourrait se capter pour un verre si j’ai le temps et je raccroche. La nana assise a coté de moi recoit un appel et répond en français. Tiens une autre. Je lui laisse finir sa conversation et par désoeuvrement, engage une petite discution, Elle est Reunionaise et vient d’arriver, elle a trouvé un taf par piston très rapidement dans une boulangerie/patisserie pour mecs en Peugeots. Me donnant un bout de muffin aux baies, elle me dit qu’elle fête un anniversaire ce soir, qu’elle m’y inviterai peut-être, je lui file mon numéro et elle me dit qu’elle m’enverra un message dans la journée, elle file.

14h, pas de news, un vieux mec avec un chapeau australien et un short vient m’alpaguer en me demandant si je savais où j’irai après ma mort, “je sais pas mais je m’en fous”. Si j’étais à deux doigts de mourrir est-ce que ca serait different? “Peut-être mais bon, les histoires de mecs à barbe dans le ciel, personnellement j’y crois pas.” Il essaie de me convaincre, que je crois pourtant bien en la gravité. Je le wtfe et lui dit clairement avec respect et fermeté que toute son argumentation prend pour postulat de départ qu’il y à un barbu dans le ciel qui raisonne comme un humain, que je trouve cette idée très improbable. Après quelques minutes il abandonne, je lui souhaite une bonne journée et lui dit que je rejetterai un coup d’oeil à la bible quand j’aurai que ca à faire.

14h50, coup de fil, mon hôte arrive, il me dit de l’attendre près de la pierre rond en rotation, je suis juste à coté. Je m’amuse un peu avec la pierre, elle est soulevée par un jet d’eau et l’absence totale de friction avec la base conjuguée à la pression de l’eau la fait tourner perpetuellement.

Le mec arrive, D’ (D étant déjà pris), il doit avoir 25 ans, il a un t-shirt avec une banane dessus. Je lui propose d’aller boire une bière, on se met en route. Une fois posé, ma petite pote Francaise de tout à l’heure au téléphone me dit qu’elle est en ville, je l’invite à venir dans le coin. Elle ne tarde pas.

D’ est space, je le trouve extrêmement arrogant, il tire de ses références culturelles larges un sentiment de superiorité assez étouffant. Je suis plutot facile à vivre alors je laisse courir et essaie de trouver un terrain d’entente. Genre mec passionné par le Japon et l’Asie qui trouve que son pays est un pays de blaireau, et que l’héritage européen est un fardeau. Bon, on discute, j’essaie de relativiser ses positions et de creuser un peu. Ce mec doit pas mal compenser son manque de confiance en soi.

J’accepte le personnage, après notre discution, la francaise part bosser et nous nous dirigeons vers chez lui. Je vois qu’il faut prendre le bus, ca me fait un peu chier, je pensais qu’il était en centre-ville, mais bon passons. On parle de virilité par l’arme à feu, feu à volonté. Le bus arrive, je souleve ma valise et la poignée craque. Fais chier.

Après une vingtaine de minutes en bus, on descend, traversant la route on arrive chez lui. Après tant de grand discours sur la responsabilité et l’autonomie je m’aperçois qu’il vit chez ses parents. Héhé j’en étais sur, le mythe s’éffondre, maintenant que je comprends le personnage, je le trouve beaucoup plus sympathique. Sa mère (ou belle mère) est sur le canapé, je la salue en passant.

Je lui demande ou je peux poser mes affaires, il me dirige vers une chambre, un cadre de lit mais pas de matelas, je testerai mon matelas gonflable, tant pis.

Je retourne dans le salon, la madame me dit que je peux monter, qu’elle n’est pas en train de dormir. Je monte et me pose sur un fauteuil devant la télé. On commence à discuter. Intéressante la maman, nous avons très vite une conversation politique, j’essaie de calculer ses idées, très vague. On parle économie. Elle me demande pourquoi je boite, je lui dis ce qui m’est arrivé dans la journée et elle me propose d’appeller une amie infirmière. Je lui dit que c’est gentil mais que ca ira bien, elle appèlle, mais celle ci étant occupée, elle ne pourra pas passer.

D’ attend un deuxième guest, un taiwanais. Je propose a D’ d’aller faire un tour à la mer, à coté, avec une guitare. En route on joue et on chante des chansons. On se pose sur le sable et il me demande quels groupes de rock/pop français je trouve cool. Aucuns; c’est tout de la merde sauf les Daft Punk et Alan Stivell.

Il commence à faire bien sombre, on se rentre. D’ me propose un thé vert. Ca frappe à la vitre d’entrée. D’ descend, le taiwanais vient d’arriver, je continue de discuter avec la maman. Ils s’installent sur la terrasse et je les rejoins peu après, bonne première impression, il est cool ce taiwanais, il s’appelle X. on parle de comment sont organisés les claviers chinois/taiwanais et comment on envoie des sms en chinois/taiwanais. On s’installe dedans car le froid s’effondre sur nos gueules.

D’ refait du thé vert et nos ramène des prunes au vinaigre. bizarre tout ca. Il ramène ensuite des choux vinaigrés au paprika puis du thé au whisky.

Je leur dis que je leur cuisinerai un truc français demain (et pas du poulet au citron), X est chaud pour nous préparer un truc aussi. Puis il nous propose de partir mardi faire un tour de camping quelques jours vers le nord avec le groupe de nanas asiatiques qu’il à rencontré. On louerai deux bagnoles et ça le dépanne bien parce que les filles ont pas le permis (enfin une l’avait mais a eu un accident). Bon plan. X nous sort de l’encornet séché et fumé, ça sent la femme pas fraîche et ça en as aussi un peu le goût…

On parle relations diplomatiques chine/taiwan et la madame appelle D’ pour qu’il vienne manger car c’est prêt. Elle nous dit de venir si on veut aussi car il y a largement de quoi manger.

A table, elle sort une bouteille de rouge italien, et on se sert du poulet au wok avec le riz basmati qu’elle a préparé. On parle économie et éthique individuelle, puis on dérive sur les expériences de mort imminente pour partir vers les OVNIs. Bonne petite soirée. On finit la bouteille, je débarasse la table avec X et je file dans ma piaule reposer mon genou qui commence à bien me faire mal, il est tout gonflé.

Je dors mal je sais pas comment me mettre car mon matelas est minuscule.

Vingt-deuxième jour

Samedi 25 septembre 2010 à 6:25

Dernière journée chez B et D, je me lève a 8h40, sors voir ce que B a à me faire faire, il veut que je débroussaille la rue des duels pour cowboys en bas de chez lui. Ok ça roule, je la débroussaille tant bien que mal; la tête de rotation est toute niquée le fil part en sucette toutes les 10 minutes, il faut que j’arrête tout pour le remettre.

Après une petite heure et demi j’ai fini. Petite pause, je propose à B*** de lui expliquer Blender pour avoir une preview de sa maison. Ca l’intéresse, il va chercher son pc et on se pose sur la table du salon.

Sa fille peinturelure de l’autre coté en sucant les pinceaux de temps à autre tout en tartinant la table.

Après des merdes avec l’antivirus, on installe la 2.54 beta et j’essaie de lui expliquer le concept, il est perdu. Pourtant il est pas analphabète niveau pc, il me raconte à midi les progs en Basic et en Pascal qu’il écrivait et qu’il fait du Flash de temps à autre.

Bref, je lui dit que je vais plutôt faire sa maison, il va chercher les plans et je me met à l’ouvrage, Je galère parce que même si je me débrouille à peu près il y a beaucoup de fonctions que j’ai du mal à utiliser niveau materials et unités de mesure. Enfin j’arrive en fin de journée à un résultat intéressant qui soulève des problématiques dans sa construction. Il me dit qu’il est bien content de les rencontrer maintenant et pas pendant la réalisation.

Vers 18h je laisse le pc de coté, il est un peu blase car il voulait continuer, je lui laisse des tutos dans les favoris.

20h, on mange, D est absente car elle à une réunion de classe. B a fait des spaghettis bolognaise, j’aime pas trop la viande et les tomates en même temps alors mouaif, on va pas faire le difficile non plus.

A table je leur raconte mes projets pour la suite. Dans ma tête je me dis que je vais bien être content de plus revoir cette gamine insupportable. Je passerai peut être à la fin de mon tour de 9 mois si j’en ai l’occasion, B me dit qu ‘il m’acceuillerai avec plaisir. Je fais un calin au chien, lui par contre il va bien me manquer. Good Dog *pat pat*.

Je rentre et cherche des infos sur le camping sauvage. Je tombe sur le blog d’un petit belge de 19 ans qui me remonte le moral, il a fait l’année dernière ce que je souhaite faire et en a retiré une bonne expérience. Le tour de l’Australie en stop en campant. Merci Greg !

Je m’endors un peu rassuré, j’ai un plan pour du couchsurfing demain et j’ai reservé dans un backpacker (sans avance) au cas où ça chie. On verra.

Je m’endors a 01:30 pendant Monsters vs Aliens.

Pas de photos aujourdhui désolé il n’y avait rien de bien magique pour mettre des étoiles dans vos yeux.

PS: Je vous écris du train de banlieue qui remonte sur Perth.

Vingt-et-unième jour

Vendredi 24 septembre 2010 à 11:52

Aujourd’hui j’ai encore pas fait masse de trucs, je pars donc samedi et je galère a trouver des places en couchsurfing. J’attend encore des réponses.

Ce matin, toujours débroussailleuse et l’après midi tour de vélo pour aller chercher des merde à grignoter.

Le soir je suis tombé sur un superbe ciel. J’ai essayé de prendre 50 photos, voici la meilleure.

Après manger je me suis matté le retour du Jedi, je flippe pour Samedi, j’espère trouver ou dormir, je vais acheter une tente et du matos, au pire je sortirai à la campagne et je camperai dans un champ.

Vingtième jour

Jeudi 23 septembre 2010 à 10:43

Salut les petits chats, j’ai décidé d’abréger mes articles parce que ça prenait trop de temps à mon gout de les écrire, dorénavant je vais essayer de poster tous les jours, mais en bien plus concis. Un résumé de la journée en quelque sorte. Ceci étant dit;

Aujourd’hui j’ai encore pas foutu grand chose, B à toujours mal au bras. J’ai passé la débroussailleuse autour de la maison et du chantier. J’avais l’impression d’être un heavy qui moissonne de tout petits scouts verts. Mon medic ramassait l’herbe fraîche entre deux übercharges pour se protéger du soleil qui tape bien.

*YOU ARE SO SMALL*

J’ai envoyé des demandes pour du couchsurf à Perth pour tester ce week-end, visiblement il faut s’y prendre beaucoup à l’avance. Les trois qui m’ont répondu m’on dit qu’ils avaient déjà un habitant. Comme je répond toujours par un “merci quand même”, l’un d’eux m’a filé son numéro au cas ou j’ai une grosse galère.

La fille de B et de D m’a bien fait chier aujourd’hui, pourtant je comprends pas je suis sympa et tout, chaque fois qu’il y a besoin de quelque chose je lui file un coup de main. J’étais à la porte dans ma caravane en train de faire du pc peinard quand elle se met à vouloir m’enfermer dedans, elle a beau pousser avec ses jambons, je retiens la porte et je lui demande ce qu’elle à, elle me dis “voilà c’est fini tu pars maintenant”. Je lui fais “ok cheffe on va voir ce qu’en pense ton père”. B l’appelle et l’engueule.

Comme à son habitude a chaque fois qu’elle s’est faite engueuler, elle repasse pour s’excuser avec son refrain appris par coeur. J’espère que tu vas grandir un jour et pas continuer à te laisser aller petite, il va t’arriver des bricoles dans la vie sinon…

Sinon voilà, ca m’a donné l’occaz de trier mes affaires et de les ranger un peu. J’ai décidé de partir Samedi.

B est retourné a l’hosto voir pour son bras car il pense que ca s’infecte, du coup j’ai fait à manger pour 3 le soir en regardant un reality show sur la sécurité aux aeroports australiens, bien space le truc. C’est comme l’emission avec les flics aux US suivis par des équipes TV, sauf que là c’est sur les gens qui immigrent. Ca sent pas très bon pour la plupart des cas.

J’y ai un peu repensé et j’ai l’impression que c’est la mentalité typique des gens qui pensent avoir réussi quelque chose uniquement que grace à eux mêmes, ils se réjouissent que les autres n’y arrivent pas car ça les conforte dans l’idée supérieure qu’il se font d’eux même. Les plus opposés à l’immigration clandestine mexicaine par exemple, sont les mexicains légaux des états unis.

Je suis ensuite rentré tranquille me matter The Empire Strikes Back en buvant mes canettes de soda gay.

Dixneuvième jour

Mercredi 22 septembre 2010 à 9:15

Réveillé à 6h30 je suis carrément soulagé de voir que je peux dormir 2h de plus.

8h20 le réveil sonne je le mets pour 8h40 et je me lève à 38

Je sais pas à quoi m’attendre ce matin, B ne peut pas bosser pendant 2 semaines. Je sors à 9h de la caravane et l’anglaise aussi.

Nous faisons le tour du chantier car on ose pas aller réveiller l’ogre qui dort. On jauge le taux de poussière dans le chantier et on se dit qu’on va nettoyer tout ça.

B arrive, il boite un peu et son bras porte le niqab, peut-être pour pas qu’en tant qu’homme je perde l’esprit devant la sensualité si démesurée des bras en général. Quels impudents ces bras. Il veut qu’on prenne l’escabeau pété d’hier et qu’on le mette dans la remorque des objets à punir, je collabore.

Il nous dit ensuite que notre première initiative etait cool et retourne se reposer, tel un capitaliste.

L’esprit d’équiiiiipe nous anime; elle armée d’un petit balai, et moi du grand et d’un grattoir. Je gratte les restes de mortier séchés tombés au sol. Elle ne supporte pas ce bruit d’ongles qui grincent contre l’ardoise, alors que moi j’adore presque autant que d’avoir des aiguilles chaudes plantées dans les yeux.

Avec son petit balai, elle balaie les petits coins. Je récupère les petits tas de poussière qu’elle fait avec mon grand balais pour leur mettre des grands coups de pied au cul. Tel un Eric Besson de l’entretien, j’expulse ces microscopiques voleurs de poule minéraux du homeland en construction.

Notre coopération est totale, plusieurs fois je la soigne, tandis qu’elle me file des pills. On nettoie le dessous de la scie à commencer par le petit temple d’anarchistes Maya formé des chutes de briques recouvertes de poussière beige. Je charge une brouette de poussière et file vers le tas de déchets minéraux à l’autre bout du jardin. Vent de face, si je choppe pas 2 silicoses 3 cancers des poumons et une reconnaissance de maladie professionnelle liée à l’amiante avec ça…

Nous nous apercevons aussi que plusieurs oiseaux ont tenté d’apporter leur pièce a l’édifice, tant en fournissant le solide que le ciment. Ça s’étale, c’est dégueulasse.

Bientôt le sol reluit et le sentiment du devoir accompli m’envahit, une fois les finissions faites, nous appelons B qui constate avec beaucoup d’admiration le travail effectué.

10h40, pause, la gamine de B exerce son activité favorite, sauter sur le trampoline, mp3 des Beach Boys au casque Lansay sur les oreilles tout en mangeant une tartine et en chantant très approximativement. On parle calmants pour les douleur, nous en exigeons. Je prends des photos du chien ainsi que deux vidéos sur lesquelles il agit comme un chien. B nous dit que comme il n’a pas grand chose à nous faire faire aujourd’hui, ça l’arrangerai qu’on dispose de l’escabeau. Il veut récupérer le métal pour construire un socle au prompteur bricolé que D veut faire pour le projet audiovisuel de ses élèves.

B nous file des forets pour métaux d’un diamètre de 5mm. Pour virer un rivet, c’est facile il faut percer au milieu. Avec tout les piercings que je lui fais, l’escabeau devient un Suicide Escabeau, mais pas le temps de prendre des photos. Il avait déjà été rafistolé une fois avec des vis qui sont maintenant rouillées, je sors la disqueuse pour les couper. Je me pince, me brûle, manque de m’éborgner de peu mais il fait vite moins son malin.

On bouge du métal, c’est lourd ca fait mal au pied.

B appelle sa fille dans le jardin, elle ne répond pas. il fait le tour, je lui propose d’aller au lac en vélo vite fait pour voir si elle n’aurait pas encore été s’y perdre. J’enfourche donc le vélo de femme et marche à travers la foret jusqu’à la piste. Une fois dessus je prends une longue descente, weeeeeee. Pour l’instant je profite avec deux doigts sur le frein droit, slalom entre les pierres, j’essaie d’attraper les accelérateurs et quelques bonus mais je tombe toujours sur les mines… Je passe la barrière en levant mon vélo car la route n’est pas assez large.

J’essaie de me rappeller le chemin qu’on avait pris la dernière fois quand on avait fait le tour car il y a pas mal d’embranchements.

Une petite dizaine de minutes plus tard je me retrouve au point de départ, bon c’est sur, elle n’y est pas. Je rentre en galèrant bien comme un pire avec la montée et les cailloux. En fait elle était dans le jardin mais ne répondait pas… L’ayant trouvée, leur fils était parti à ma recherche en vélo, Il rentre bien vite.

B à préparé des burritos avec oeufs brouillés, légumes et sauce chilli. J’effrite les oeufs, je me roule un gros burrito et je le mange, bien joué, B.

J’aide à ranger et j’essuie deux ou trois trucs puis je continue de remplir mon profil de couchsurfing

On s’emmerde, on décide d’aller faire un tour de vélo vers l’est, plus loin que la ou j’avais été il ya quelques jours. L’ado me donne son accord pour que j’emprunte son vélo. On pédale bien comme il faut en chemin et on se retrouve au petit parc du centre ville avec les jeux pour enfants. La première fois j’avais pas trop fait gaffe mais il y a des bancs d’exercice physique en plein air. Je les teste tous, il sont plutôt bien conçus. Il n’y a pas de poids dans la construction, le poids a soulever dans la plupart des cas est le poids de celui qui l’utilise.

Nous discutons de son taf dans les foires, qu’il y aurait peut etre dans plans taf pour moi. J’hésite un peu, mais repense qu’il faut de toute facon que je reste dans le coin de Perth encore une semaine. Je sens que je vais partir vendredi ou samedi. Si j’ai des réponses de couchsurfing.

D rentre du travail, elle appelle sa fille qui est encore introuvable, on lui demande si ca arrive souvent, en ce moment oui, elle voudrait devenir independante mais elle est completement inconsciente, bon aller c’est reparti pour un tour de lac, ca me ferra encore faire un tour de vélo.

Arrivé au portail, j’appelle histoire de pas me taper encore un tour entier, pas de news. A la moitié du lac je recois un coup de fil, c’est bon ils l’ont trouvée. Je rentre en galèrant comme un con encore une fois.

Elle était partie de l’autre coté et avait traversé la route pour aller chez des voisins.

D et B ouvrent une bouteille de Jacques Shiraz, j’en prend un verre. On se pose des questions de Trivial Pursuit pendant que D fait mariner des gros steaks. Je formule une blague sur les nazis en mettant en rapport la dureté des steaks avec la resistance du béton allemand le long du mur de l’Atlantique et son incidence sur l’issue de la guerre. Gros bide puis hilarité générale, on se lève, marche au pas et chante des champs de guerre allemands.

Tandis que nous faisons la vaisselle, finis de laver une assiette pédophile et rentres dans mes peinâtes.

La soirée se passe en regardant Dragons sur le pc, c’est mieux que ce que j’attendais alors je suis content. Puis vient l’heure du pyjama et du dodo.

En pleine nuit je sors aux toilettes et j’entends *thump thump thump* qui s’éloigne, whoo un kangourou était a 4 mètres de moi, flippant.

Dixhuitième jour

Mardi 21 septembre 2010 à 1:50

Je me reveille a 8h20 et me lève à contre coeur a 8h40 parce que j’ai fait plein de rêves coquins c’était cool mais je m’en souviens plus.

J’allume le pc, j’enfile mes habits de travail. Je sors de la caravane, il faut beau ouaiiiis mais ya une petite tramontane que me souffle.

Je tourne la tête et je tombe sur l’anglaise, surprise! Je pensais qu’elle rentrerai ce soir. Je passe au toilettes et reviens préparer quelques trucs avant de partir vers le chantier à 9h05. Sur place, on passe un petit coup de balai, il y a du mortier séché partout au sol, comme si l’endroit était infesté de mouettes de béton. Grattage avec la tete du balai et poussage hors de la pièce.

On lance un double volume de mortier à mélanger, je bouge le chariot jaune car on a pas mal avancé sur notre tache et il faut aller un peu plus loin.

Coupons et posons masses briques, rien de bien neuf.

On a tombé beaucoup de taf aujourd’hui, cool. Vers 14h, B essaie de remettre les bâches qui protègent les poutres de façon propre, aujourd’hui, c’est très venteux, ça serait con qu’elles s’envolent.

Il va chercher un escabeau et avec celui que j’ai sous la main je vais de l’autre coté pour faire pareil. Scotch en main j’attache les bâches un peu plus proprement. D’un coup on entend un gros bruit de chute, je descend à la hâte en sautant de mon escabeau.

B est par terre, son escabeau est complètement voilé. Je me précipite voir si il s’est frappé la tête au sol. Je lui demande de me répondre, quelques petites secondes passent et là je commence à flipper, il se tient le crane. Très fort heureusement, il me répond, çà va, sa tête n’a rien, je lui demande si il sent qu’il s’est cassé quelque chose, apparemment non.

A son age ça commence à être bien tendu les chutes, il s’est éclaté comme une merde au sol de plus d’un mètre de haut. Il a peut être pris comme un défi mon backflip de l’autre jour, c’est pas raisonnable mon gros.

On lui propose d’appeller un hosto, il nous dit que ca va mais qu’il veut rester au sol deux secondes pour reprendre ses esprits. On le surveille quand même.

Je fous l’escabeau de coté, bien conne idée de monter la dessus, il était déjà à moitié tordu. Je monte scotcher vite fait le merdier qu’il restait et range le reste. Nous aidons B à se relever et l’amenons s’asseoir au salon. Je mets des trucs a manger sur la table et des toats a griller. Nous allons nous installer à table sur la terrasse.

Je vais chercher mes toasts et je me fais engueuler par la gamine de B car elle à un rencart imaginaire dans le salon avec Jake, le gamin dans Two and Half Men.

Je lui dit putain laisse moi au moins récupérer mes toasts; elle grogne comme à son habitude. Sale bête, sois au moins polie sinon je brise tes lunettes avec mes dents. Je me casse manger ma tartine.

Nous rangeons tout le bordel, B a l’air d’aller mieux mais il a une bosse sur le coude, on le choppe et l’attache à la table, encore un parasite, cette fois je me laisserai pas avoir. Il nous wtfe mais on tiens bon, safety first. L’anglaise est claquée, elle file se pieuter.

Je me dis qu’il faut que je me mette à l’auto-stop pour ce voyage. J’ai lu des témoignage sur le net qui disaient que malgré tout le battage autour des affaires, çà restait un moyen sur et agréable de rencontrer et de parler à beaucoup de monde en Australie.

Faut que je test. Après ma douche, j’enfile des fringues neutres, prend mes papiers et me mets en route vers la route, je me dis qu’il faut que je trouve un coin ou une voiture à une bonne visibilité et peut facilement s’arrêter sans gêner, je vais aller vers Chidlow, la route est plus large. Pour me donner un objectif et une contenance je vais aller me prendre à boire au IGA de Mount Helena.

J’avance sur le chemin vers la petite ville et traverse la route et continue sur une petite centaine de mètres.

Un bus scolaire passe dans l’autre sens, je me dis aller il faut bien commencer quelque part.

Je marche vers la route aucune voiture à l’horizon. Je suis sur le coté de la route, le sol est en terre battue, quelques traces de pneus y apparaissent; c’est un arrêt de bus. j’ai de la visibilité sur 200m environ ca devrait suffire pour que je puisse flasher mes pectoraux pour que les gens puissent prendre une décision et se mettre sur le bas coté.

Je m’arrête et reste statique. Au loin, je vois poindre une voiture blanche, une berline. Je souris regarde la conductrice droit dans les yeux eeeeeet….. je baisse le bras quand elle arrive a moins de 20m sans ralentir. Déçu, je pensais que le stop était un monde merveilleux où ca marchait à chaque fois.

C’est space de lever son pouce comme ca devant les gens, on dirait que tu leur fait signe que c’est super cool de rouler devant toi avec 4 places vides sans s’arrêter.

Une seconde voiture arrive, un pickup, hm si il s’arrete je vais faire le voyage avec Chuck Norris, cool il m’apprendra des coups spéciaux que je connais pas encore, enfin ca c’est si il s’arrête…. mais il passe et j’ai l’air d’un con avec mon pouce en l’air. Je décide d’exercer une légère rotation vers l’arrière, çà fais moins “t’es ok, t’es bat” et plus “c’est par ici que je vais”.

Une troisième, même topo. Je décide de changer ma méthode. Je vais faire le mec actif, je marche lentement à l’opposé de la direction dans laquelle je vais et quand une voiture arrive je fais semblant d’avancer vers ma direction. Peut être que ça montrera la volonté et la détermination du winner, peut-etre que ça emmènera direct à la COGIP.

Je test, les deux premières voitures ne s’arrête pas, une femme d’age mûr répond a mon sourire mais me met un gros vent, je hausse les épaules devant elle, incrédule. Je me dis que peut être j’ai l’air patibulaire, ou que l’absence de panneau indiquant où je vais est très perturbante.

Je me maudis, un carton et un feutre pour le test n’auraient pas été de trop.

Les voitures passent les unes après les autres, bizarrement, beaucoup moins de trafic dans mon sens que dans l’autre, je dois puer de la route.

Je tente sur une voiture rouge,une Toyota récente qui s’approche, je vois un mec au volant, il a des lunettes noires et je le sens ralentir. C’est ça ! Il se déporte sur le bord de la route. J’entame une légère course pour arriver a sa hauteur et j’attend qu’il descende la vitre pour lui dire que je vais a Mount Helena. Il ne descend pas la fenêtre, il me fait signe d’ouvrir la porte. Je galère je rate la poignée car je cherchais un truc plus stylé qu’une poignée de Lada sur un modèle comme ca. Finalement je parviens à l’ouvrir.

Il me demande où je vais, Mount Helena. Où çà? la superette IGA. Il me dit que ca tombe bien lui aussi. Je monte et attache ma ceinture.

Et la je me fais une reflexion, j’ai travaillé mon crochet du droit pour frapper rapidement le conducteur en cas de menace, mais je suis con en fait, c’est le bras gauche que je vais devoir envoyer. Hm c’est plus compliqué que ce que je pensais. Tandis qu’on discute aimablement, je réfléchis à la façon optimale de krav-maguer son bras si il sort un gun et de lui casser la gueule à coup de doigts. Après tout il y en a pour 5 ou 6 minutes de trajet en caisse. Il me dit qu’il pensait que c’était illégal de faire du stop en Australie. Je lui répond que je me suis renseigné, les autorités veulent le faire croire. En fait c’est légal mais pas du tout encouragé.

Je lui dit que j’aide un pote qui construit sa maison et d’autres trucs tout en imaginant comment contrer un coup de katana qu’il sortirai de derrière le frein à main.

On arrive à l’IGA il se gare sur le parking, je le remercie et lui serre la main, tout en imaginant comment je pourrait contrer un son attaque si il portait une bague électrique de combat.

Je rentre m’acheter un pack de 18 cannettes, la dernière fois j’avais pris du Solo mais la j’ai l’impression que le stock se vide. Il reste du CreamSoda, du Kirk’s Original. Le carton est rose, couleur des pédés, mais je le prends j’ai rien contre les pédés. Je prends aussi encore un peu de vache morte (Nooky, chetare, apprends à les faire, c’est pas dur http://www.ecole-vie-nature.com/forum/la-viande-sechee-compagnon-du-randonneur-t52.html )

Je passe à la caisse et le mec devant moi avec son caddie plein voyant que j’avais que deux trucs dont un rose, me laisse passer. Je le remercie et mets mon bordel sur le tapis. Le caissier, un jeunot, se goure et compte un article du client d’après avec les miens, il l’enlève mais j’ai l’impression que le prix est resté le même. Je regarde vite fait sur son écran et j’y percute que dalle. Hm bizarre, passons.

Je paye et je sors, descend du parking, vais vers Chidlow et dépasse le petit rond point pour etre sur que toutes les caisses qui passent vont vers ma destination. En route deux ados passent, un regarde mon carton avec gourmandise, serait-ce le rose? Il me baragouine un truc genre “mec tu voudrais pas nous filer une canette?” je le fais répéter car il a un accent de caniche, puis je lui fais après tout pourquoi pas. j’ouvre le truc et je lui file une canette, il me remercie comme si je lui ai redonné foi en l’humanité après une période d’errance.

Je me prends 4 ou 5 vents de voitures qui passent et décide de les stopper moi même, je me place au centre de tel un étudiant réactionnaire au printemps de Tian’anmen et empèche les voitures d’avancer.Après une courts attente, un kit tuning genre fuego noire se stoppe sur le bas coté. R’n'B australien et un wesh caucasien aux lunettes noires au volant, je lui dis que je descend juste avant Chidlow. Il me dit pas de problème. Sympa le mec, conduite un peu sportive et freinages au dernier moment, je suis obligé de sortir ma carte et de lui indiquer les virages en criant avec une voix très monotone. On se raconte la surface de nos vies pendant 5 minutes, il est électricien en apprentissage, il revient de s’acheter du matos. Ca me fait marrer il à les expressions du sniper de TF2 mais avec une voix qui à fini de muer ya pas longtemps. Je lui dit de s’arrêter dans une centaine de mètres. “Cheers mate, cya”.

Je traverse le petit bois qui sépare la route de la piste a vélo d’hier et marche un peu, hm je suis descendu un peu trop tôt. Pas grave, 200m de marche et je pars dans la foret, j’aimerai bien trouver du miel dans un arbre. Je fais un petit crochet pour rentrer dans le jardin par l’endroit ou la clôture est abaissée.

La gamine est en train de jouer toute seule dans le chantier, j’essaie de pas me faire voir pour pas qu’elle me demande des trucs à manger. Accroupi dans le carton je galère pour avancer mais j’arrive au niveau de la caravane. Un point d’exclamation apparait sur sa tête, je me dépèche de rentrer mettre mes boissons au frigo.

Puis je check des trucs sur le pc.

16h30, D passe me voir en me disant qu’ils vont aller voir à l’hosto pour voir si il n’y a rien de grave. Elle va passer chercher des oeufs chez la voisine histoire que je puisse faire à manger pour moi, l’anglaise et leur fils. Ce qu’elle fit, puis ils partirent.

18h30, Je passe voir si il ya du monde à la maison. Personne je rentre me caler.

19h30 hmm, je vais voir ce que pense l’anglaise, je joue avec leur clébard qui est une crème sur pattes. Le bruit la réveille et elle sort. Elle a une puissante dalle et je lui expose brièvement la situation. On va voir si Monsieur Visautomate à faim lui aussi entre deux parties de MW2.

Il préfère attendre ses parents, bon elle commence à baver. Comme les anglais savent rien faire, je lui fait une petite omelette. Pour passer le temps en attendant le retour des maîtres des lieux, on se pose les questions du Trivial Pursuit australien qui traine dans le coin. Des questions d’australiens mais je gère.

Malgré le potentiel ludique hallucinant du Trivial Pursuit, on s’emmerde un peu, on se rentre et elle retourne dormir. Vers 21h30, ils arrivent, je m’enquéris de la réponse des docteurs, un petit bout d’os dans le coude a sauté, pas de travail pendant 2 semaines, hm.

Je bricole un truc à manger pour D et moi, car les deux autres en voiture se sont pris un menu graisse-gras chez Hungry Jacks. Mr 1337 n’a finalement pas faim. Elle me file un peu de céréales pour le lendemain et je rentre m’affaler.

Dixseptième jour

Lundi 20 septembre 2010 à 0:01

Ce matin je suis une grosse larve de merde, le reveil sonne à 9h30 je me lève à 11h20.

C’est la première fois depuis que je suis arrivé que je fais une grasse matinée.

Je fais du pc et je fais ma toilette en frottant ma patte derrière la tête.

11h40 je pars voir ce que font B et D. Ils ont l’air occupés à ranger des merdes, je les laisse faire leurs trucs tranquilles en leur demandant de passer me prévenir lorsqu’il voudront manger.

Je fais du pc

J’entends une voiture revenir vers 14h20, D viens m’appeller, B me propose de faire une salade. Je la fais. Des bon burgers avec du bacon, je m’habitue au sandwichs à chaque repas mais tous les soirs à la longue ça doit gaver. D m’encourage à bouffer du Vegemite, je reteste, c’est toujours aussi deg.

Après le repas, je demande à D si je peux emprunter un des vélos qu’elle à ramené hier. Elle n’y vois pas d’objections, ça fait un petit moment que je caresse l’idée d’aller faire des courses pour m’acheter des saloperies à manger le soir tranquille.

Nous sortons par la porte de la buanderie, derrière la maison. Elle débouche sur les caravanes et une partie couverte où tout leur bazar est entreposé. Les vélos sont posé contre le cabane a outil.

D me propose de prendre son vélo, un vélo de femme, car l’autre vélo est un cadeau pour son fils. Elle préférerai qu’il soit intact, je lui dit attend téouffe je vais pas faire du vélo de meuf! J’enfourche celui de son fils et je pars en lui faisant un gros doigt avec mon portable accroché au sweet qui crache un puissant Morsay.

On inspecte le vélo ensemble, les freins avants (poignée de droite) n’ont pas été montés et ceux arrières gagneraient à être un peu resserrés. Les pneus sont dégonflés mais certes il a l’air d’être praticable en jupe. Un petit coup à la pompe et un casque d’enfant sur la tête plus tard et je vais vivre une nouvelle aventure cycliste!

Ouverture du portail, puis fermeture. Derrière, la routine, devant; l’aventure à 200% à l’heure. Je pédale comme un constipé pour monter la petite pente devant la grille car je suis en vitesse 3-6. arrivé en haut, je prends la même route que l’autre jour, mais vers l’est cette fois ci.

Ca commence bien, une putain de montée, je pédale dur et quelques minutes plus tard je suis récompensé par une longue descente en pente douce. Je pédale tranquillou et j’atteins une vitesse respectable pour de terre battue caillouteuse.

Je croise deux cyclistes du dimanche, deux quarantenaires qui tapent la discute côte à côte avec tout l’équipement possible du vélo. Je les salue d’un geste discret de la main, ça va ils me respectent et continuent leur conversation de quarantenaires.

Après de nombreux coups de pédale, me voilà à un croisement. Hésitant à tourner à droite, je me ravise. J’avais regardé sur googlemaps et c’est au croisement d’après que je dois tourner à droite. Une voiture vient de la gauche et va atteindre le croisement, j’ai le temps de passer, je m’engage. Elle passe nickel, j’ai beau le savoir, j’ai toujours l’impression de rouler à l’envers avec ce trafic à gauche.

Je roule sur le goudron, je prends de la vitesse et commence un petite descente. J’aperçois de l’autre coté de la route une piste cyclable, je regarde devant et derrière, personne je vais pouvoir couper la route pour l’atteindre.

Au dernier moment, je vois que mine de rien il y a un petit dos d’âne entre la route et la piste cyclable. J’appuie tant que je peux sur le frein droit mais ayant sur-estimé la virilité de mes freins, ça ne m’empêche pas de décoller. ET et moi mangeons une petite volée de bois d’arbre en retombant, je gère, je baisse la tête, beaucoup de problèmes relatifs au cyclisme sont réglables en baissant la tête.

J’arrive au rond point de Mount Helena, je décélère tant que je peux, ayant pris pleinement conscience de la faiblesse de mes freins. C’est bon je passe tranquillou après les Chucks Norris en pickup qui s’y étaient engagés.

Je tourne a droite, monte au parking et pose mon vélo en haut des escaliers, j’ai pas d’antivol, autant qu’il à portée de vue, j’ai pas envie de me faire voler un vélo même pas à moi.

Tandis, qu’ET téléphone je sais pas trop à qui, je rentre dans l’IGA et me rue sur les Beef Jerkys. 45g, non. 50g mouais non, ils ont quoi de plus consistent ici pour ceux qui veulent manger du vieux cadavre de vache séché? 100g, bon ca fera, faute de sachet d’un kilo. Je prends un paquet de bonbons que je connaissais pas, un paquet de trucs au sésame que D m’a fait goûter hier, et une fois à la caisse je rebrousse chemin pour prendre un paquet de chips.

Je passe à la caisse, une grande rondouillette au teint gothique m’accueille, je lui donne ses 14$ et j’me sens un peu comme une bamba triste, çà fait cher pour 100g de barbak pourrie. Va vite falloir que je fasse çà moi même. Mon petit sac au bout du bras, je remet mon casque d’enfant et reprends le vélo. Je me mets debout sur les pédales pour descendre du parking, montrant qu’on peut tricker en VTC et avec un sac à la main sans pour autant perdre son sex-appeal.

Je rebrousse chemin et au rond point, croise un jeune en bmx, je le laisse passer sur la montée de trottoir ou il y a la pente faite pour, moi gamin je suis un sauvage, je jump le trottoir et, à la réception, remercie Saint Gérard d’avoir veillé sur moi. Le retour se passe sans encombre, je prends le chemin adjacent à l’aqueduc et tombe sur une partie en sable. Vélo + sable = *putaaaaainnn*.

Une fois rentré, je me pose sur un tas de briques dans la maison en construction et joue de l’harmonica, je m’entraîne à faire les altérations, j’arrive à faire le début de l’intro d’Il était une fois dans l’Ouest mais je galère comme un malade. Je vois pas comment on peut faire..

Une canette de Solo (un genre de Schweppes agrum’ local) à la main, je mange le mullet des beef jerkys (enfin des Biltongs pour être précis) en réfléchissant à la construction du séchoir à viande à ampoule 40W dont j’ai choppé le plan sur le net.

Le soir je discute un peu avec leur fils, qui est enfermé dans sa chambre toute la journée pour réviser ses exams, apparemment, au son, il faut aussi pas mal de MW2, je lui en parle le soir pour lui demander sur quoi il joue et quel est son loadout. 360 et il joue à l’Intervention.

Je lui demande si c’est un pilulle noob et si il est en laststand, il acquièce. Je prend ma chaussure et commence à le frapper IRL, ses parents interviennent et me jettent dehors, je hurle que leur fils est une grosse lame, pire, qu’il appartient fort probablement à la noblesse de tube. Que j’ai pas fait 12000 bornes pour voir des fumiers qui jouent au pad. En partant, je pisse sur leur transformateur électrique.

On mange après avoir regardé un documentaire sur la foret de Bornéo, rasée pour planter des palmiers pour l’huile. Appel mesuré à la consommation responsable de la part de leur Nicolas Hulot. Les pansements écolos sur des jambes de bois capitalistes…

Je parle avec mon Bro personnel de mes doutes, il me dit qu’il a fait 3 mois en Irlande en ne faisait que du stop, il s’est retrouvé dans des situations improbables parfois mais c’était une super expérience.

Je me demande si je vais pas faire ça, ça me sortira les doigts. Acheter une tente qui prend pas de place, une valise plus pratique que celle que j’ai, et me démerder.

Liste des trucs à considérer:

- Un nouvelle valise à roulettes, assez compacte, solide et qui ne part pas en couille à la première bosse.

- Une carte détaillée de l’Australie Occidentale pour remplacer maps.google.com

- Une tente démontable qui tient dans ma valise.

- Un compte chez Couchsurfing (vous avez des expériences ?)

Je me rentre dans la caravane et passe la soirée entre blender et facebook, pas au lit trop tard car demain, boulot à 9h, j’avoue ça m’a manqué de bosser un peu.

Bref une journée bien peu intéressante les petits chats, j’espère avoir de beaux trucs a vous raconter bientôt.

PS: Je ne suis pas payé pour le placement produit.

Seizième jour

Dimanche 19 septembre 2010 à 4:09

Je me lève à 8h50 et aujourd’hui je veux aller à Midland pour acheter une guitare.

Je pense aller dans un magasin d’articles d’occaz, je cherche pas une guitare de la trempe de celles des Georges Moustakis et autres Francis Cabrels. Seulement une bien robuste qui me permette de travailler mon faible niveau un peu tous les jours quelques minutes autour d’un papier journal allumé dans la forêt pour l’occasion.

Je mange pas de céréales, j’en ai plus il faudra que je pense à en demander un autre paquet.

Je sors et suis surpris car tout le ciel est brumeux et je suis dans une petite nappe de brouillard, on se croirait dans la chambre d’un étudiant en histoire de l’art. Ce qui paraît assez bizarre car on voit le soleil luire de façon nette derrière la couche nuageuse et ca ne sent pas l’encens.

Je sors voir si D est prête. Je rentre dans la pièce et frappe avant d’entrer dans la cuisine, passe dans le salon, B et sa fille sont là en train de regarder Bob l’éponge, je surprend B en slip. Je me mets à couvert comme dans un TPS et m’excuse puis lui demande où est sa femme. Il me dit qu’elle est partie chercher la voiture de son fils. Je ne teste pas trop les contrôles voir si on peut exploit en regardant derrière le mur.

Je lui demande de transmettre à D qu’elle passer me voir quand elle sera rentrée puis m’excuse en deuxième fois. Jetant un boule de ninja au sol, je me téléporte dans ma caravane en enfumant la pièce.

Une heure plus tard, D revient puis viens m’appelle, je rentre dans le salon. Elle m’a pris le journal des petites annonces du coin, Quokka, qu’elle me file; je vais le lire peinard dans ma caravane .

Arrivé à la page des annonces pour instruments, je me rend compte qu’il n’est pas fait mention du fait que la guitare est classique ou folk, c’est relou ca.

GUITAR Acoustic, blue $120 Cng Vle. 0404 040 040

GUITAR classical with case $100. Hlrys 0404 040 040

J’ai pas fini de galérer avec des annonces sous cette forme, déjà que j’en chie au téléphone en France, alors en anglais, en plus je vais devoir faire le péon Ork à leur demander quelle ville ils ont entendu par Grwhn, Srrnto ou Frsltfld.

Je regarde vite fait les autres annonces, les ventes de garage.

EDGEWATER 8 Osprey Grove, Sun 19 Sept, 7.30am-12pm, furn, tv, beds, household items,clothing, bric a brac

ELLENBROOK 58 Coniston Drive, Sun 19th Sept, household item, bric a brac

EMBLETON 12 Palmer Place, Sun 19th Sept, from 8am, clothes, office furn, elec items, bric a brac

C’est marrant il y a une vente de garage par maison et ils utilisent bric a brac comme mot. J’écris un petit LoL au stylo en bas de la page.

Je passe sur Gumtree pour voir leurs annonces mais rien de très engageant musicalement.

D passe me chercher pour qu’on regarde les annonces ensemble, je souligne une des annonces et je me force à appeller le numéro. Au bout de 5 sonnerie un mec décroche et après un long silence me dit “hello?”, hum il est 10h30 j’ai reveillé un couche-tard.

Je me rappelle en France quand je foutais des trucs à vendre sur leboncoin et que les mecs t’appelaient le dimanche matin à 7h en plein sommeil ou coït matinal, super agréable.

Je dis que j’appelle concernant l’annonce pour une guitare, il me repond “oh ya” avec une voix dont la résonance évoque une vaste caverne, sa tête est en expédition au plus profond de son cul. Quand je lui demande si sa guitare classique a des strings en steel *STRINGS OF STEEL*, il me répond “ya”, Si la ville c’est bien Hlrys, il me repond “ya”. Je lui dis je vais voir à quelle heure je peux passer et je le rappelle, “no worries” et il raccroche.

D me dit qu’elle va appeler des amis à elle qui sont musiciens pour voir si ils ont des plans guitare. Je lui dit merci, mais avant que j’ai pu lui dire que tout compte fait c’est peut-être aussi rapide de planter et de faire pousser un palissandre pour le lûther moi-même quand j’aurai fini mon CAP sur 3 ans. Son téléphone sonne.

D répond et son visage passe de calme à VnR sa race , c’est l’anglaise qui l’appelle depuis le lac, sa gamine fait la conne.

Elle me dit qu’elle doit aller la chercher, qu’elle revient. Je fais ok et je me téléporte dans ma caravane. Si vous êtes familiers avec le concept, ou que vous même pratiquez la téléportation, vous n’êtes pas sans connaître l’impact qu’elle peut avoir sur la santé à la longue. Je décide donc de ne plus me téléporter durant toute cette journée et je marche en balançant les bras, les haïsseurs haïrront.

En lisant les annonces, je me questionne sur ce que j’attend de mon voyage.

Rencontrer des gens en me forçant à faire du stop, vivre à la dure de lifts en lifts et ne pas forcement aller là où j’ai envie ? Trouver une bagnole potable et aller d’endroits en endroits comme je le veux quand je le veux?

Les rencontres, moins cher et plus risqué ou les décors, plus cher mais plus rassurant?

Je ne trouve pas de réponse à cette question, je compte sur la semaine qui vient pour la trouver.

D revient avec sa fille, l’anglaise passe me voir. Elle me raconte que la gamine a pété une crise sur la plage, qu’elle a fait semblant de se noyer et à lancé ses lunettes dans la flotte pour la beauté du geste. Je sais pas si c’est le cas avec tous les Downs mais elle m’énerve, elle est extrêmement capricieuse, impatiente et égoïste, peut-être qu’à son âge (14), elle reste coincée dans un certain stade de l’enfance. Je sais pas comment ça évolue ce genre de don de dieu. Je lui file un bocal de chloroforme et un mouchoir pour la prochaine fois.

Supputant que la matinée est perdue pour la guitare. Je rappelle Yves Duteil pour lui dire qu’il ne m’attende pas avec sa guitare à vendre, il me dit “thanks for letting me know”.

Je me dis qu’il serait quand même bien malgré tout de me trouve un break un tant soit peu aménagé avec lequel je pourrai faire de la route où bon me semble et dormir pour pas cher.

12h, préparation du repas,  on bricole une salade avec tout ce qu’on trouve dans le frigo qui sent pas la graisse. Laitue, chou chinois, oignon, poivron, tomate, chamignon, fromage et bacon.

C’est pas mauvais, bon en même temps pour rater une salade il faut vraiment le vouloir très fort… La famille me dit que c’est cool, qu’ils mangent vachement plus sain depuis que je suis là. Tant mieux, les australiens sont déjà assez fat comme ça. Après manger je lis les annonces des bagnoles, bâvant sur les annonces de bus d’occase puis on se met en route.

La famille à prévu d’aller faire un tour au nord et la gamine réclame pour aller à la Chocolate Factory.

On dépose l’anglaise à la poste de Chidlow en passant. Elle doit se faire ramasser par des amis à elle qui partent sur Kalgoorlie pour le week-end pour vendre des trucs, enfin j’ai pas trop capté mais ça sent la bidouille.

On fait de la route vers l’ouest pour se rapprocher de Perth. En descendant la route depuis la colline, les immeubles de la skyline de Perth se dessinent à l’horizon, 30 km à l’ouest. Yussuf Islam gratte et miaule en fond sonore, ça me rappelle un peu chez ma maman.

Passé Midland, la voiture file vers le nord direction Bindoon, On traverse les vignobles où les australiens aiment jouer les connoisseurs en fromages, cafés et Chardonnay.

D me désigne des fleurs bleues sur le bord de la route, ce sont des leschenaultia (d’où le nom du lac à coté), on fête leur éclosion lors des festivités du début de printemps qui auront lui le week-end prochain dans la région.

Quelques caprices plus loin, on se retrouve tous à la Chocolate Factory, j’y achete une tablette de chocolat blanc parce que ca fait bien longtemps.

Après cette courte pause, nous continuons la route, passons le long d’autres vignobles, de golfs en poneys qui broutent et autres endroits blindés de divertissements pour fins connoisseurs qui roulent Peugeots.

Au nord de la Swan Valley, nous passons devant la base de la Royal Australian Air Force de Pearce, un vieux Sea Venom rouille à coté de l’entrée, ça vole les émeus ?

La route se fait longue, au fil de notre avancée, on traverse des endroits semi-désertiques, entrecoupés d’oasis de verdure.

Le temps morne et une luminosité trop diffuse écrasent le paysage d’une lumière terne, ça pue un peu la pluie.

On arrive à Bindoon, capitale Ouest-Australienne des oranges. On se gare sur le parking central et pendant que tous sont aux toilettes j’entame et je mange mon chocolat en cachette comme un vilain. Je propose un bout de mon galak de luxe à B, je ne voulais pas en manger devant la gamine qui réclame de la graisse toutes les deux secondes pour se faire aiguiller vers les rails de leur indifférence.

On rentre dans un petit office du tourisme car ils cherchent une carte de la région, j’en profite pour prendre une carte d’Australie gratos. La gamine disparaît.

En face, de petites tentes d’où se grince la complainte d’un perroquet enrhumé, je vais voir si elle est partie dans le coin. Il y a là une présentation d’animaux sauvages organisée par la SPA locale avec des Brigittes Bardots locales en plus sympas. On peut y voir les serpents du coin (ceux du jardin) dans leurs vivariums et un petit parc où de tout jeunes kangourous sautillent.

Je prend quelques photos et quand je me retourne, je vois une femme qui berce un bébé possum, je fais une macro sur les yeux de la petite bête avec le flash à fond.

Un peu plus loin, expo de fleurs, déjà les bébés kangourous ouais, mais les fleurs c’est un truc de pédé. Je m’assois sur du petit batiment communal de style vernaculaire pour regarder ma carte. Mhh, un appel au voyage, un manifeste graphique pour l’achat d’une caisse..

On remonte en voiture et roulons encore un peu au nord/est. D veut aller voir quelque chose. Après une vingtaine de kilomètres nous arrivons devant l’entrée d’une route soulignée par deux hauts murets joints par une arche sur laquelle est écrite “Catholic School of Agriculture”, soit.

La voiture s’engage sur la route qui descend en serpentant entre les arbres dans ce coin perdu dans les collines et les bois.

Les 12 étapes de la crucifixion, sous forme de petites bornes de béton, jalonnent notre progression vers le saint des saints de l’agriculture catholique australienne. Une fois en bas, un ensemble de bâtiments en béton des années 1940 nous accueille, entre hôtel de luxe, campus anglais et hôpital roumain; surprenant. Nous en faisons lentement le tour en restant à l’interieur du véhicule, quelques ados jouent au basket dans une des cours bétonnées, la gamine gratte la porte de la voiture et pleurniche pour aller jouer.

Ils s’arretent, elle rejoint les jeunes basketteurs qui lui filent un deuxième ballon, et l’évitent, un peu génés, je me sens mal pour elle.

Alors que j’étudie les possibilités d’utiliser le lieu pour une neuvième itération de Silent Hill, D et B cherchent un endroit où leur fille pourra poursuivre sa scolarité tranquillement sans être trop loin de chez eux. L’intéressée, qui n’est pas encore au courant, commence à grimper les escaliers qui mênent vraisemblablement aux bureaux d’administrations, fermés en ce samedi. Sa mère l’appelle car il est temps de partir, il se fait tard et nous avons pas mal de kilomètres à faire défiler sous les roues pour le retour. Protestations ici encore.

Le chemin du retour se fait par de petites routes à l’interieur des terres. J’y vois de nombreuses fermes typiques avec chacune sa petite éolienne en métal. Beaucoup de moutons et des champs d’avoine pour faire des céréales pour les petits déjeuners des chevaux.

Nous arrivons après une longue heure et demie de route, je les remercie pour la ballade. Une fois tranquille, je regarde sur google earth il s’avère qu’on a fait plus de 250 bornes.

Je chill un peu et les rejoins un peu plus tard pour manger, bons restes de midi/la veille. Le videogag australien passe à la télé. Bernard Montiel y est avantageusement remplacé par une potiche qui explose de rire à la fin de chaque séquence, se forcer à rire pour de l’argent j’appelle ça de la prostitution. Un film commence je fais la vaisselle et bats en retraite, souhaitant bonne nuit à l’assemblée.

Je fais un peu d’harmonica et passe une soirée pc tranquillou dans ma caravane, un petit tour sur mumble pour insulter Nooky sans trop crier parce que l’isolations sonore en caravane.. puis je finis par m’endormir.

Quinzième jour

Samedi 18 septembre 2010 à 2:05

Je me lève claqué encore, vraiment falloir que je me couche plus tôt. J’ai zombifié à remettre le réveil toutes les dix minutes  jusqu’à 8h55.

Pas le temps d’écouter ni Snap, ni Crackle, ni Pop. Les céréales, je les bouffe et je finis le lait par la même occasion.

Je me dirigeais vers la bétonneuse mais aujourd’hui, c’est pas du slime qu’on va faire. B nous dis de prendre les brouettes et les pelles qui traînent dans le coin du patio en construction. Il nous guide vers un tas recouvert de bâches noires, coincées par des vieux pneus.

Je monte sur le tas pour virer des pneus de camion. Je m’éclabousse en faisant rouler l’un d’eux car blindé de flotte croupie. Prenant de l’élan en roulant le long de la pente du tas, il se met en tête de dévaler le jardin. Je le rattrape et on s’explique.

On soulève la bâche, qui abritait une petite colonie d’araignées redback, heureusement que j’en avais pas sous les doigts ce sont les pires araignées d’Australie…

Un tas de terre argileuse; on va devoir faire passer la terre à travers une grille pour virer tout ce qui n’est pas utilisable. On galère un peu au début puis on prend le rythme.

Je me demande combien de temps je vais rester ici. Ca me fait bizarre de tenir ce blog tous les jours, j’ai l’impression de devoir faire masse de trucs nouveaux pour vous divertir. Ça me motive dans un sens, mais dans l’autre ça me rend instable. C’est pas mal ici, ils sont cool et le chantier avance, mais bon c’est un peu toujours la même chose, la marmotte sort et ne voit pas son ombre.

J’ai des doutes pour la suite de ce blog, le tenir une fois par semaine ou bouger tout le temps quitte à pas me poser longtemps quelque part?

Je pense que je vais attendre qu’un autre arrive quand l’anglaise sera partie mercredi, je lui montrerai comment gérer les trucs et je me trouverai une ferme avec des choses différentes à apprendre.

J’enverrai un mail genre:

Hi,

I’m a french helper currently in Perth,

Is your farm currently looking for some help? I’d like to learn a lot about all the techniques and skills and especially if you have a pig to kill, I’D LOVE TO LEARN HOW TO KILL A PIG.

TO KILL YOUR PIGS.

Also how old is your youngest daughter ?

Regards,

Xxxx-Xxxxxxxx


B et l’anglaise partent pour la pause. Alors que je finis ma brouette, j’entends B qui m’appelle pour que je vienne voir un truc, il me dit qu’il a trouvé un Bobtail lizard, je regarde entre les deux murets de son petit potager en pierre, un petit dinosaure gros comme mon avant bras essaie de se barrer tant bien que mal, terrorisé. Je l’emmerde deux secondes avec un baton pour qu’il ouvre sa bouche et fasse une grimace mais il veut pas, allez Denver fais pas ta mijorée.

B me dit qu’il a eu des helpers qui en ont pris un dans leurs bras une fois, je me dis mouais ça me dit bof, woké la prochaine fois si ya de la minette à impressionner, mais avec des gants alors.

Pendant la pause, j’expose mon propre projet de construction à B en lui montrant une video du processus. Je lance mon blender qui rame bien a bloc sur l’EEEpc pas branché et lui montre le modèle que j’en ai fait.

B kiffe et me dit qu’il aimerai faire la même chose pour visualiser la sienne, je lui propose de lui expliquer les bases de blender et de lui filer des liens avec des tutos ce week-end. Il en profite pour me montrer ses bouquins sur la vie en autarcie. Tout cela redouble mon envie de tuer des porcs de mes mains.

On finit la journée de travail par un petit tetris de briques histoire d’avoir quelques points en plus pour adhérer au club Nintendo.

Vient midi et ses éternels sandwichs au fromage, classiques mais il n’y a pas a chier il est bon leur bacon, et le fromage Kraft machin là, miam.

A la douche et voilà je sens l’enfant neuf. Je sens que je vais encore bien me faire chier cet après-midi, je cherche des pistes pour le passer agréablement.

Les vélos de la famille sont entreposés le long du mur de tôle de l’abri à outils, je les inspecte, sale état pour la plupart. Roues dégonflées, guidons rouillées, sur le pédalier, des chaines résistantes de la dernière heure, voire même collaborationistes affichées.

Je demande à B si je peux lui emprunter un vélo, il me dit pas de souci, juste qu’il faudra passer par la vérification de la pression des pneus. Il m’allume le compresseur à air et je gonfle les chambres au gaz.

Le vélo n’est pas rassurant, il est trop petit, le pédalier oublie des vitesses et il couvert de toiles d’araignées.

Je dois porter un de ces casques de vélo pour petits blaireaux qui vont à l’école. Ici ils rigolent pas avec les lois et ils ont surement une brigade d’intervention contre les mecs sans casques de vélo, et ils sont probablement lourdement armés.

Je me lance sur la route en gravier qui descend, décidément c’est bien de la merde ce vélo, mais ca tiendra, tant pis.

J’arrive au portail, j’en profite pour prendre les vieux batiments en photo de plus plus près. Je défais la chaine et le bébé mousqueton qui retiennent les deux battants du portail. Passe puis les referme en équilibre avec le vélo entre le jambes.

A moi l’aventure. Je suis le chemin de terre le long de l’aqueduc en repensant au fait qu’il fasse pas loin de 500 km de long, ça en fait du trajet sur ce bicloune de merde. Je décide de me restreindre a 4 ou 5 km.

Je vais vers l’est, après quelques centaines de metres je débouche sur une route qui fait le tour par l’arrière d’un batiment technique entouré de grillage, hm le budget base secrète du S.P.E.C.T.R.E ne semble pas épargné par la crise.

J’arrive au coeur d’un lotissement de basse densité, quelques voitures passent près de moi.

Je passe en third person pour voir la dégaine et c’est pas fameux, petit vélo et casque rouge, le combo qui tâche, quelques personnes le long de la route me tendent des bouteilles d’eau et les retirent au dernier moment en riant pour que je me sente seul sur cette étape. Je continue dans le lotissement tant pis, après une longue montée où tous les clébards des jardins du coin m’encouragent, eux (car ils ont du respect pour les mecs en vélos qui couinent), je me retrouve face à un cul de sac avec une route en terre qui part de chaque coté.

Je choisis la route de Droite dans l’espoir de croiser Edouard Balladur.  Le vélo devient étrangement de plus en plus dur à la roule. Je débouche alors sur la nationale, où je me place à gauche toute. la vitesse est limitée à 80 alors j’appuie pas trop sur les pédales.

En fait, c’est une putain de descente et j’ai mon appareil photo dans la main gauche. C’est pas trop gênant car le frein à gauche ne marche pas. A mi-course, mon vélo dépasse le mur du son supportable tant il grince, je me prépare à faire un wheeling à la Tonnerre Mécanique dans l’éventualité que ma roue avant se détache de la fourche. Je retire tout ce que j’ai dit de mal sur les Velo’v et supplie Saint Gérard Collomb de me protéger jusqu’en bas.

J’arrive au rond point central de Chidlow et heureusement malgré l’heure de pointe, je ne croise personne. Je m’arrête dans un long dérapage controllé au le petit parc en face de la poste, des enfants obèses jouent sous la surveillance de leurs parents obèses.

Je lis le panneau d’information relatif à la promenade de l’ancienne voie ferrée et m’aperçois que ma roue arrière est plate comme une vanne de Laurent Ruquier. Tant pis, je te le renfourche et j’enlève le casque parce que j’ai trop chaud. Cent mètres plus loin, je prend pragmatiquement la décision d’abandonner et rentre en marchant jusqu’au terrain de B, je repose le vélo à sa place, le maudissant.

Je passe par la caravane pour souffler, D vient me prévenir qu’il ya un troupeau de kangourous à l’orée du champ, cent metres devant la maison. Je rentre par la porte de derrière et on regarde doucement à travers les stores du salon, ils sont la en groupe. Apparement il s’est passé un truc dans la forêt car ils n’arretent pas de regarder plus haut vers la gauche. Peut être l’un d’en eux s’est fait roadkill sur la nationale à coté. Peut-etre quelqu’un passe t-il sur le chemin. J’ouvre lentement la porte et y glisse mon appareil photo pour les paparazziter.

B prépare un risotto pour ce soir, tandis que la famille regarde Two and a Half Men. Puis on parle de Cat Stevens, enfin de Yusuf Islam quoi.

J’expose à D le souhait d’aller à Midland m’acheter un guitare demain, elle me dit de regarder si il ny a pas une annonce sur GumTree (le leboncoin local) et qu’on ira samedi matin, en même temps qu’elle à prévu d’amèner leur fils au coiffeur.

Bon risotto, bon Sauvignon, j’ai de la chance que D aie travaillé comme commerciale dans le vin, ils ont plein de bonnes bouteilles. L’anglaise et moi finissons la vaisselle et je pars glander dans ma caravane. Je lance blender mais abandonne devant l’absence de pavé numérique sur mon laptop.

Tard, je sors excréter, sur le retour je regarde les étoiles et un hélicoptère de la police surgit avec le projecteur braqué sur la forêt à l’est. Je hurle que c’est pas ma faute que j’avais trop chaud avec le casque sur la tête.

Mon coeur bat la chamade et je hurle ma demande de pardon en implorant la pitié, l’hélico repasse dans l’autre sens sans manœuvrer pour descendre. Je pense que le pilote à compris que je ne le referai plus.

Je rentre et me couche en tremblant.

PS: hommage à toi Robert, nous continuerons ton combat camarade.