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le blog de Greystoke.

Archive pour novembre 2011

Le travail c’est la santé !

Lundi 28 novembre 2011

Je viens d’attaquer ma 3ème semaine de boulot chez Wither Hills, un vignoble réputé pour son sauvignon blanc, dans la région du Marlborough.

Je bosse au vignoble de Rarangi Road, à 3mn de voiture de chez moi, ce qui est vraiment cool pour les économies d’essences. Ici, les vignobles sont totalement gigantesques. Je n’y connaît rien en vignobles en France, mais les dimensions des parcelles sont impressionnantes.

Un tout petit bout du vignoble Le boulot est dur, très dur. On fait pas mal de choses différentes dans les vignes, mais il n’y a pas de job ”facile”. Certaines taches ont l’air triviales vues de l’extérieur, mais répétées pendant 8 heures, ça leur donne une tout autre difficulté.

Le plus dur, et de loin, est le “bud rubbing”. Cela consiste à frotter les pieds de vigne pour enlever les pousses qui s’y trouvent et qui affaiblissent la plante. Pour frotter le pied, nous avons des gants en tissus dont toute la partie intérieure est recouverte d’une couche épaisse de caoutchouc (comme ça). Il faut se pencher jusqu’au sol pour bien frotter le pied et bien enlever toutes les pousses, même de micro feuilles difficilement visibles à la volée !

Et gare à vous si vous en oubliez ne serait-ce que 5 ou 6 sur une rangée comme celles qui sont sur les rangée de la photo ci-dessus, le superviseur vous demande illico de repasser dans tout la rangée, ce qui est une perte de temps assez massive (10mn allez/retour en marchant normalement), et vu que nous sommes payés au rendement, ça fait mal !

Malgré la difficulté physique du bud rubbing, c’est tout de même attrayant pour le côté monétaire ! J’ai réussis à me faire 170$ (brut) en une journée de taff.

L’autre grande tache que nous faisons en ce moment, c’est le “shoot thinning”, qui consiste à éclaircir les pieds en enlevant certaines pousses. Ce n’est pas très dur physiquement (bien que dur pour le dos à cause d’une position un peu tordue pour être efficace), mais c’est franchement abrutissant.
Ça à l’air facile à première vue, mais il faut choisir avec soin quelles branches enlever, sous les consignes du superviseur. En fonction des parcelles et des types de raisin, nous n’enlevons pas le même nombre de branches… Parfois 6, parfois 15, parfois il faut préserver la branche haute au sud… Bref, c’est en réalité très précis, et le superviseur est très tatillon, car si le travail est mal fait, les conséquences peuvent êtres assez graves sur les prochaines étapes de la culture viticole !

Un travailleur en plein wire lifting ! Nous faisons aussi dur “wire lifting”, où il faut placer des câbles d’acier sur  des clous planté dans les poteaux tout les 4 pieds. C’est très rapide, vu que nous nous arrêtons tout les 4 pieds (donc ça va 4 fois plus vite que les autres taches !), et il est possible de faire pas mal de sous en marchant super vite entre les poteaux, voire en courant.

Ma ”peut-être” tendinite au pied droit (vu que je ne suis pas allez chez le médecin, je n’en sait rien en fait, ahah) m’empêche malheureusement de courir toute la journée… Mais je me rattrape sur le reste.

Je me suis découvert des talents dans les vignes. Avec mon pote et colocataire Tangui, nous avons fait les meilleurs score lors de la première semaine de boulot. Fierté !

Pour m’occuper dans ce boulot absolument passionnant, j’écoute plein de musique, et surtout, je me passe des livres audio. Je n’avais jamais fait ça avant, c’est un peu bizarre au début, mais on s’habitue et ça devient très agréable. Je me suis téléchargé des bouquins de Dan Brown : Deception Point (sympa), Forteresse digitale (chiant), et là je vais attaquer Le Symbole Perdu.
J’écoute aussi des émissions de radio de France Inter, comme “Sur les épaules de Darwin”, “RDV avec X”…. Bref, je trouve de quoi me nourrir le crâne !

J’ai réussi à me faire 700$ net la première semaine, et mon contrat dure pour l’instant jusqu’au 16 décembre. Je verrai bien pour la suite, je n’ai pas d’autres projets que de bosser pour me mettre des sous de côté.

Je pète la forme, car 8h de marche tout les jours, ça entretient ! Je vais essayer de faire quelques photos dans les vignes histoire de vous montrer à quoi ça ressemble. À la prochaine !

Ça y est, je vit dans mon palace sur Rarangi beach, à 15mn en voiture de Blenheim. C’est le méga pied. En parlant de pied, je suis en train de me fumer les tendons d’achille, et c’est un poil la galère car je risque de commencer le boulot dans quelques jours tout au plus. Et le boulot, c’est courir de pied en pied dans les vignes pour arracher les bourgeons et lever les fils.

Avant hier, je suis monté avec Tanguy à Abel Tasman retrouver Clémence, pour faire une petite rando dans ce parc réputé comme un des plus beau de Nouvelle Zélande. C’était sympa de retrouver ma randonneuse infatigable pour une jolie rando. Nous avons bien marchés, genre 8h, c’était crevant, mais la bière à la fin est tellement bonne, que ça vaut trop le coup !

Pour les nofragé, RDV par ici pour les photos !

Wwoofing foireux à French Pass

Mercredi 2 novembre 2011

Je vous écrit depuis Blenheim, je suis actuellement en collocation chez un couple (un kiwi et une japonaise), qui louent une piaule.

Je me suis retrouvé ici un petit peu par hasard. Mercredi dernier (il y a une semaine), j’était parti faire un wwoofing, dans les Marlborough sounds, à French Pass, mais finalement ça s’est révélé un plan super foireux.

Le jour où je suis parti, il pleuvait des cordes, et French Pass est à 2h de route de Picton (c’est la ville où l’on arrive quand on prend le bateau entre l’île du Nord et l’île du Sud). La première heure de conduite se fait dans une ambiance plutôt  civilisée, jusqu’à Rai Valley. À partir de Rai Valley, c’est la solitude !

Quelques maisons par-ci, par-là (c’est à dire une tout les 10km environ), des virages pas possible, une route dans un état à faire peur à un Land Rover Defender, et surtout, cette foutue pluie et ce brouillard à couper au couteau sur les crête. Je me marrait pas trop.

Petit intermède pour vous décrire comment était mon humeur aussi le jour de mon départ :

J’ai passé 3 semaines de roadtrip avec Clémence, avec qui je me suis éclaté. On a vu plein de super trucs, des paysages à couper le souffle, des ambiances fantastiques, on a rencontré des gens supers, on s’est marrés, c’était vachement intense. J’en suis même un peu tombé amoureux, mais c’était visiblement pas réciproque, snif.

Je peux dire que ces 3 semaines sont parmi les meilleurs moments que j’ai jamais vécus.

Donc ce fameux mercredi, quand j’ai laissé Clémence au backpacker, pour aller à mon wwoofing, que la pluie s’est mise à tomber, et que j’était tout seul dans mon van après 1 mois de cohabitation avec Clémence, personne sur le siège passager, j’ai le moral qui m’est tombé tout droit dans les chaussettes. Mais genre profond dans les chaussettes, j’avais presque les larmes aux yeux (et j’ai les larmes aux yeux que quand je regarde le roi lion !)

Petit bonus, pour classer définitivement cette journée comme officiellement merdique, j’ai crevé sur la gravel road qui menait à mon wwoof, et je n’avais jamais changé une roue auparavant ! Je suis donc sorti de mon van, sous la pluie battante, avec pas de réseau, et pas de maisons avant 10km, et j’ai regardé l’air dépité mon pauvre pneu avant gauche tout plat.

Pour changer un pneu sur un van comme le mien, il y a un système antivol astucieux, qui consiste en un crochet qui retient le berceau de la roue de secours. Il suffit de dévisser un écrou, situé sur le pare-choc arrière, visible une fois qu’on a ouvert le coffre.

J’ai jeté un coup d’oeil dans les quelques outils présents dans la voiture, et là… Pas de clé pour cet écrou !

Merde (un vrai merde, un profond qui vient du coeur, bien authentique).

Mais heureusement, j’avais l’outils indispensable à tout baroudeur : LA PINCE LEATHERMAN.

Cette authentique merveille, m’a vraiment sorti d’une bonne galère. Grace à ce cadeau offert par ma maman (à qui j’ai bien pensé quand j’était en galère sous la pluie), j’ai réussis à dévisser l’écrou et à libérer ma roue de secours (lisse, mais fonctionnelle).

Le tout m’a pris 45mn, car j’ai commencé naturellement par lever la voiture avec le cric, sans penser que la roue allait tourner quand je tenterai de dévisser les écrous de roue.

Maintenant, je sait faire ! Mais c’est quand même pas marrant.

J’ai ensuite roulé pendant 15 minutes avant d’arriver à Cissy Bay, le coin où je devait faire le wwoof. J’ai tourné pendant 10 minutes ,car les proprio n’ont pas trouvé bon d’indiquer le nom de la ferme devant le portail, ni leur nom, ni même de numéro !

Pour abréger un peu, car je me sens un poil volubile ce soir, le couple chez qui j’était était carrément chiant. J’était venu pour apprendre sur le boulot dans les fermes bio, m’occuper d’animaux, faire un peu de jardinage, le tout 4h par jour en l’échange du toit et de la nourriture.

Et bien je me suis retrouvé à bosser tout la journée, avec un couple qui ne parle pas, n’écoute pas de musique, ne lit pas, et se couche à 8h30 pour se lever 12h plus tard (ben oui, dormir aide à passer le temps !)

Quand le vendredi matin, après 4h de boulot tout seul dans un champ en pente, à arracher des plantes piquantes, urticantes et anesthésiantes, je me suis mis à copieusement broyer du noir.

J’ai envoyé un message à un autre wwoofing qui avait l’air cool dans les Marlborough Sounds, et quand j’ai reçu une réponse, j’ai remercié mes hôtes et j’ai pris mes jambes à mon coup (en priant que je ne crève pas une deuxième fois, n’ayant plus de roue de secours !).

Je me suis retrouvé à Picton, à attendre à 17h30, que mes nouveaux hôtes arrivent pour m’emmener chez eux (un endroit accessible uniquement par bateau). Mais finalement… Personne !

Là je me suis demandé ce que j’allait faire : presque plus de sous, aucun projet, et la saison qui était censée commencer la semaine suivante. Bref, la déprime, tout seul perdu au bout du monde. Là mes parents m’ont franchement manqués !

Je me suis rappelé d’un gars super sympa rencontré au Brown Kiwi, Tanguy, un breton, qui m’avait dit qu’il allait à une coloc super sympa près de Blenheim (20mn de Picton). J’avais pris son numéro, je lui ai donc passé un coup de fil.

Le 5 Bay End, Rarangi Beach

Ce fût une très bonne idée, car Tanguy est un gars super sympa, et la coloc dans laquelle il vit est carrément géniale ! C’est une très grande maison, à 50m de la plage, très moderne, et ses colocs sont tous chouettes.

J’ai donc maintenant des potes sur Blenheim, et c’est le pied !

Le seul truc encore chiant, c’est que le travail saisonnier dans les vignes tarde à débuter, et j’ai besoins de sous pour continuer mon voyage. Chaque jours où je ne bosse pas représente des pertes sèches dans mon budget, et c’est chiant ! Rien de dramatique, mais c’est toujours pénible. Je suis un poil en flottement, le temps de trouver un boulot, mais je sent que ça arrive.

Nous avons fait aujourd’hui le tour des grands vignobles, pour laisser nos coordonnées. Maintenant, il n’y a plus qu’a attendre que le travail commence.

La solution en cas de grosse galère consiste à travailler pour les contractors, des sous traitants qui travaillent dans les vignes, et qui sont réputé pour arnaquer les voyageurs (tout les kiwis à qui nous en avons parlés nous ont dit de nous en méfier comme de la peste).

Mon moral est donc a nouveau dans le vert, même si mes parents et ma petite soeur me manquent. J’ai très hâte de commencer à bosser pour gagner du pognon et faire de nouveaux projets !

Je vais essayer de faire quelques photos de Blenheim, mais il n’y a franchement pas grand chose à voir. Les environs sont sympas par contre.

Aller, à la prochaine pour de nouvelles aventures, et surtout plus de photos !

En bonus, une photo d’un phoque au travail :

Un phoque au travail