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le blog de Greystoke.

Montage de mon voyage en Nouvelle Zélande

Jeudi 21 mars 2013 à 11:16

Presque un an après la fin de mon voyage en Nouvelle Zélande, j’ai enfin fait le petit montage. J’ai pris ces images durant mon dernier road trip, 3 semaines de balade avant de rentrer :

http://www.vimeo.com/62291691

J’ai terminé mes cours à Escape Studios fin septembre, et je viens de terminer ma demoreel, orientée camera tracking.

http://www.vimeo.com/51992583

Les cours se sont très bien passés, et je recommande définitivement cette école aux gens qui veulent faire des VFX pour les films. La seule restriction selon moi, c’est que pour avoir un bon résultat, il faut avoir déjà une expérience précédente en 3D. La plupart des débutants ont du mal à sortir de belles images du premier coup, ce n’est pas un problème, car avec un peu plus de pratique ils y a arrivent très bien, mais c’est un peu plus long. Beaucoup de gens semblent s’imaginer qu’il suffit de prendre des cours dans une école comme Escape Studios pour ensuite se faire embaucher des les plus grosses boites de Londres, c’est faux. La compétition est assez rude pour les juniors, et seul les meilleurs s’en sortent rapidement.

Quelque chose que j’ai remarqué tout au long de ma formation, c’est qu’on se met progressivement la tête dans le boulot, et qu’on fini par vivre uniquement pour le boulot. Les premiers jours à l’école, je voyais les élèves plus anciens discuter technique, et je me disais “putain, quelle bande de nerds”, et je suis devenu exactement pareil sans même m’en rendre compte.
Effets secondaires positifs : Maintenant je m’éclate comme un fou quand je bosse, et fait des effets visuels, c’est vraiment cool.
Effets secondaires négatifs : j’ai arrêté de courir alors que je ne pouvais pas m’en passer auparavant, et forcément j’ai grossi à force de manger des ramens à des heures pas possible.

Je commence tout juste à postuler un peu partout, mais malheureusement, la période est très calme à Londres en ce moment pour l’embauche. La raison principale est qu’il n’y a plus le Harry Potter annuel cette année, et donc moins de projets, moins de postes à pourvoir. Les rumeurs disent que le boulot arrive en janvier, et que ça va recommencer à embauche à tour de bras pour les juniors talentueux.
Il y a quand même quelques offres d’emplois auxquelles j’ai pu répondre, notamment chez MPC London & Vancourver, ainsi que Framestore. J’ai postulé, je pense que j’ai des chances, on verra.
J’ai aussi postulé au Jedi Master Program d’ILM qui a une session camera tracking en mars 2013. C’est une formation payée, et ça permet d’entrer chez ILM pour les meilleurs.

Si vous avez des questions précises à propos de ma formation, ou de la vie à Londres, n’hésitez-pas.

Nous sommes dimanches, et à Londres, il fait gris.

Ma première semaine à Escape studios viens de se terminer, le temps est passé vraiment très vite ! Le programme de cette semaine était :

Introduction to user interface
-Introduction to 3D space and the GUI
-Introduction to NURBS, polygonal and Shell modelling
-Introduction to rendering

Vu comme ça, pour quelqu’un qui est déjà un généraliste en 3D, ça peut sonner un peu chiant. Et bien pas du tout ! J’ai été extrêmement surpris d’apprend BEAUCOUP de choses. Le formateur nous a fait chaque jour un cours sur des fonctions/outils/modes du logiciel, mais en profondeur.
Pour vous donner un exemple, il nous a expliqué à quoi correspond un node “transform”, à quoi il est connecté, comment il fonctionne, même chose pour un “bend”, et plein d’autres outils. J’ai compris des choses au niveau du système nodal de Maya que je n’avais jamais exploré avant.
Pour chaque outil présenté, nous avons eu l’explication complète, avec les raccourcis clavier qui vont bien, et surtout les interactions avec les autres outils.

Tout au long du cours, le formateur nous a donné des “protips” sur Maya, des astuces appliquées dans les studios, et des méthodes pour se simplifier la vie et surtout éviter que tout merde. Je pensais vraiment en arrivant que je n’apprendrais pas grand chose la première semaine, mais je me trompais lourdement. J’ai appris énormément sur la bonne façon de procéder qui permet d’éviter les ennuis par la suite, et surtout maintenant je sais ce qu’il se passe derrière quand j’appuis sur un bouton.
Nous avons étudiés l’hypergraph connections/hierarchy, l’hypershade, le connection editor (que je n’avais jamais utilisé auparavent), certaines options intéressantes dans les nodes des objects… Que des choses simples, mais abordées avec une approche efficace  et compréhensible. Le rythme est du cour est en fait assez rapide, et il faut être très attentif. En parlant de ça, mes 12 camarades sont très sage ! Il faut dire qu’a 10000£ les 3 mois, ça donne envie d’être sérieux !

La semaine prochaine nous allons avoir une introduction au lighting et rendering, je vous ferais un petit article pour vous dire comment ça c’est passé. Je pense que ça va être très intéressant d’apprendre les méthodes de production pour ce genre de choses ! C’est ma partie préférée dans la 3D, et j’ai hâte de voir ce que ça va donner.

Autre chose dont j’ai envie de parler aussi, c’est le TRÈS gros bonus qu’offre cette école part rapport aux autres en europe, c’est l’accès aux tutoriaux en ligne sur le site. Escape Studios fourni aussi des cours particulier supervisés et autoformation via internet. Nous avons donc accès a un ÉNORME module de formation pour Maya, qui s’appelle Maya Essentials Bundle, il y q 72h de cours en tout, et ça couvre la totalité des fonctions de Maya. C’est un bundle qui coûte cher : 750£ (953€), et la qualité du contenu est vraiment exceptionnelle. L’été dernier j’avais pris un abonnement Digital Tutors, et j’ai trouvé que certains cours était très moyen, et que surtout, il n’y avait pas de vrai structure pédagogique, contrairement à Escape qui donne un ordre d’apprentissage efficace, avec des cours, des exercices, des approfondissement…
Petit plus, nous profitons aussi d’un accès à une sorte de “facebook” simplifier pour pouvoir partager nos image et recevoir des critiques. Plus tard dans la formation, nous allons aussi recevoir les accès aux modules Nuke for 3D Artists, Advanced Lighting et Advanced Shading. De quoi se former pendant des mois entiers !! Mon enthousiasme est à son maximum.

Image hosted by uppix.net

En cas de gros blocage, il est aussi possible d’envoyer un mot à un des formateur, et celui-ci vous répondra avec un email ou même une vidéo si besoin est, et les questions/réponses sont envoyées à tout les étudiants inscrits sur le site.
Dans les choses intéressantes sur le module de e-learning, il y a aussi des webinars sur plein de choses, et y compris sur des conseils pour le recrutement. J’y ai regardé une conférence sur comment bien faire son CV et sa demoreel pour les studios de VFX, et j’ai appris plein de choses (je me suis rendu compte que mon ancien CV était vraiment tout pourri pour ce secteur).

Escape studios, ce n’est pas qu’un école, ils vendent aussi du matériel et des logiciels, ils font du consulting, de l’installation de matos, et de la formation en entreprise. Ils ont quelques petits clients : Framestore, Double Negative, The Mill, Crytek…
Si je vous parle de ça, c’est parce qu’il y a dans le studio un service de recrutement et de placement, qui fonctionne bien entendu pour les meilleurs, et si il y a des postes à pourvoir. Ça ne veux pas dire qu’on va tous êtres embauchés à la sortie de cours, mais nous avons clairement plus de chances que les autres.

L’ambiance dans cette école est vraiment spéciale, mais dans un sens positif. C’est une ambiance de travail, ou celui qui bosse dur est respecté, mais c’est dans la détente et la fraternités. Je me suis tout de suite senti comme membre d’une communauté. Les formateurs sont disponibles, ainsi que les autres membres du studio (pour des conseils sur le recrutement), il suffit de demander. Le bar au milieu du bâtiment est vraiment super, et il y règne une chouette atmosphère, nous pouvons y manger ou prendre de la bouffe a emporter le midi, et le soir nous pouvons aller y boire une mousse. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait vendredi soir, et c’était bien sympa. J’adore discuter que en anglais, j’ai l’impression d’être une personne différente.

A côté de ça, je prend des cours de maths, via Khan academy, et je commence par la base de la base (j’ai décroché en 4ème, et j’ai eu 3 à l’épreuve de math du bac ES), une petite heure chaque jour. C’est un peu une petite vengeance sur tout ces profs de maths qui n’ont pas su m’intéresser à cette fantastique matière à l’époque !
La vie à Londres me plaît bien, et j’ai l’impression que je vais me faire de bons amis parmi mes camarades de classe. Nous avons tous pas mal de points commun, mais aussi beaucoup de différences, et ça c’est vraiment chouette.

Mais le truc qui fait que cette école est vraiment bien, et que les étudiants qui en sortent sont trop forts, c’est quand même que la machine a café est gratuite, et que le café est bon ! (d’ou le gain de performance !)

Autre chose, nous allons attaquer les projets très bientôt. Ça va consister à créer un objet en 3D, et l’intégrer dans une photo. Imaginez par exemple une photo d’une table avec un bouquin, et je rajoute un cendrier à côté.

Pour que l’objet soit intéressant, il faudrait qu’il ai :

-des matériaux différents
-une forme irrégulière (avec des courbes, mais aussi du plat)
-qu’il sois produit en masse (ou du moins que ce sois un objet de consommation courant)
-une histoire, un passé
-des surfaces brillantes

En gros, si je modélise un appareil photo ancien usé, ça répond bien au sujet. Mais je cherche d’autres idées, j’ai pensé à une platine vinyle, une carte avec des instruments comme jumelles/boussole, une montre à gousset…

Je n’ai pas encore réussi a trouver de photos intéressantes de vieux objets, dans le sens photo de photographe pro, avec une composition étudiée, des couleurs maîtrisées. Si vous avez des idées, je suis preneur !

Premier jour à Escape Studios

Lundi 9 juillet 2012 à 22:54

Comme son nom l’indique, Escape Studios n’est pas un studio, mais une école d’effets visuels. Et je viens d’y faire mon premier jour.

Voilà un petit résumé de mon parcours pour que vous compreniez comment j’en suis arrivé là.
-J’ai passé il y 4 ans un Bac ES
-Je suis ensuite rentré dans une école d’infographie, j’y ai passé 3 ans.
-La première année, j’y ai fait une préparation artistique, un peu comme une Manaa.
-La seconde, j’y ai étudié l’infographie 2D/print, du Web (HTML/CSS, Flash), et 3Ds Max.
-La troisième, j’y ai fait du Maya exclusivement.

A ce moment là, j’ai décidé que j’allais faire une école de 3D réputée quelque part hors de France. Les tarifs de grands écoles telles que la VFS (Vancouver Film School) étant absolument inabordable pour la bourse de classe moyenne de mes parents, et vu que j’avais déjà de bonnes connaissances en 3D, je me suis dirigé vers de formations plus courtes, et Escape Studios est apparu comme la seule vraie solution pour mon problème sur le marché.

-J’ai fait un stage de 3 mois dans une boite de VFX à Paris, qui s’appelle “La Maison”, et qui travaille sur des pubs et des longs métrages. J’y ai fait du XSI et du Houdini.

Puis je suis parti 7 mois en Nouvelle Zélande pour voyager et apprendre l’anglais. J’en suis revenu gonflé à bloc, j’y ai appris le travail manuel dur, je m’y suis fait des amis précieux, j’ai roulé 25000km avec mon van.

Me voilà aujourd’hui au soir de ma première journée à Escape Studios, c’est un peu l’accomplissement d’un projet qui remonte à plus d’un an, et j’en suis assez fier. Maintenant, à moi de montrer ce que j’ai dans le ventre d’envoyer le pâté.

breakout room

breakout room

Récit de ma journée :

Ce matin, je me suis réveillé frais, dans ma petite piaule d’étudiant Londonien, malgré une nuit trop courte. J’ai sauté dans mon caleçon, enfilé un beau pantalon, mis une chemise à col Mao, histoire d’avoir l’air classe, mais décontracté. J’ai regardé un South Park qui  a failli me faire recracher mon porridge sur mon écran, puis je suis parti, bien trop en avance, comme d’habitude. J’ai été prendre mon bus à l’impériale, j’me suis mis en haut, car c’est quand même vachement cool d’être en haut, et j’suis descendu à mon arrêt, Shepherd’s Bush Central. Je me suis rendu à l’école, étant trop en avance, j’ai fait un tour du pâté de maisons, puis je suis rentré.

Shepherds Studios

Shepherds Studios

Les locaux

Tout d’abord, l’immeuble. Shepherds Studios est un gros bâtiment, en long, abritant uniquement des entreprises. C’est assez récent malgré son aspect austère, et il y a un service de sécurité digne du KGB ! On doit signer quand on rentre et quand on sort, c’est assez déstabilisant !

Les locaux de l’école sont vraiment sympas. C’est décoré avec goût, les peintures sont chouettes, ça donne bonne impression ! Le truc qui tue, ce sont les sièges, des herman miller Aeron, j’avais encore jamais posé mes fesses sur un siège de bureau à 1200$, et c’est vrai qu’on y est bien !
Les salles de cours sont grandes et aérées, l’éclairage est finement étudié pour un parfait confort, bref, un sans fautes !

Le plus de ce bâtiment, c’est qu’il y a un bar/restaurant au centre, ou les gens de l’immeuble peuvent se réunir pour manger, boire un coup, voir faire la fête ! Et ça, c’est vraiment super ! J’y ai mangé ce midi, un monstrueux burger au poulet/bacon/avocat, et c’était très bon, et pas trop cher.

cafe bar

cafe bar

Le cour

Le module que nous venons d’attaquer s’appelle Maya Core, le but est d’avoir une maîtrise avancée de Maya dans tout les domaines, sauf la partie fluids/cloth/rigid bodies.
Nous avons commencés par l’interface de Maya,  pas à pas, avec des explications détaillées sur comment les outils fonctionnent, et quel raccourcis utiliser dans les bonnes situations. J’y ai appris PLEIN de choses. Pour être honnête, je pensais que les quelques premiers jours, je n’apprendrais pas grand chose, mais je me trompais ! J’ai noirci 3 pages de mon carnet ! Je m’y suis inscrit plein de rappels bien sur, mais aussi des choses que je n’avais pas bien compris auparavant.
Le prof nous à parlé lors de la dernière heure et demi de l’hypergraph et l’hypershade, et surtout des connections que l’on peut créer entre les attributs, des choses que j’avais abordées très superficiellement avant. J’ai maintenant une compréhension bien plus précise de ces outils, et je pense que ça va booster mon efficacité.

notes

Les étudiants

Nous sommes 13, et aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a UNE nana. Et une jolie en plus,et qui doit avoir 30 ans. Autre fait rigolo, il n’y a que 2 Londoniens, il y a quelques anglais, mais la majorité des gens viennent d’autres pays. Je suis le seul français, et je suis bien content car je vais pouvoir parler anglais en permanence ! L’âge des étudiants varie entre 22 et 35 je pense, le groupe est composé de gens qui viennent de partout, et l’ambiance m’a l’air d’être assez géniale. On verra comment tout ça va se mettre en place, mais je suis extrêmement optimiste. Les quelques doutes que j’ai eu ces dernières semaines sur l’intérêt de faire cette formations sont balayés très très très loin.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, je continuerai à faire des articles de temps en temps pour partager mon expérience avec cette école.

Petit bonus : en rentrant, j’ai été faire un footing/renforcement musculaire au park à côté de chez moi, et j’y ai fait pas mal de petites tractions, pompes, dips, abdos sur des équipement prévus pour ça (je suis débutant). A un moment un black bien baraqué s’est pointé pour faire lui aussi ses exercices, puis il m’a montré comment bien faire certains mouvement, et quand il est parti, il m’a dit “take care, bro”. J’était tout content !

Je ne suis plus en Nouvelle Zélande ! Je suis à Sydney, je prend mon avion demain pour Paris.

Voilà quelques photos que je trouve réussies sur la quantité abominable que j’ai faite. Comme d’hab, c’est pris avec mon K5, et le 18-55 tout pourri (mais j’ai un filtre pola, donc ça va).

Lake Wanaka

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2.

3.

Mount Cook

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5.

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Fox Glacier

8.

Les pommes, c’est l’éclate !

Mardi 27 mars 2012 à 9:44

Dernière semaine d’apple picking ! Je suis content de bientôt avoir fini, mais aussi assez triste, ce boulot est vraiment super !
Il y a deux semaines, nous avons réussis avec mon équipe de choc à faire 1100$ en une semaine… C’est une performance honorable, sachant que le salaire de base est de 400$ environ.

Stefan, l’allemand géant rapide comme la lumière est parti aujourd’hui, donc pour fêter honorablement ça, on a décidés de se casser une pomme sur le front.

YouTube Preview Image

J’ai aussi réussi à vendre mon van, donc je pense partir lundi pour l’île du sud pour mon road-trip ultime. Dans le sud, j’ai plusieurs amis à voir par-ci par là, et je vais aller faire du kayak avec Stefan dans les Sounds !

La suite va être certainement très épique : je part tout seul, en mode improvisation, j’ai du monde à croiser, des fjords à explorer, peut-être de la neige à affronter, du saut à l’élastique à faire (peut-être à poil)… J’ai hâte !

Une journée avec moi, dans les pommes

Vendredi 16 mars 2012 à 9:14

Aujourd’hui, un article sans photos, mais avec plein de blabla.

Ça fait maintenant 5 semaines que je travaille dans les pommes, à Hastings. Voilà le récit d’une journée ”banale” du travail de cueilleur de pommes en Nouvelle Zélande.

6h20 : Premier réveil, j’émerge difficilement, éteint le réveil, et me rendors.

6h35 : Deuxième réveil, cette fois-ci je me lève, j’enfile mon pantalon bien sale, mon marcel élimé, et je sors du van pour aller manger. Je m’envoi une bonne grosse tasse muesli bien complet, rince la tasse et m’envoi un bon café bien corsé, le tout en regardant les news sur reddit.

7h10 : Je prend mes sandwichs, ma bouteille d’eau, et direction le van avec Vini, mon camarade français. David, le Tchèque qui ne parle parle pas un mot d’anglais, mon à l’arrière. Je fait un petit détour sur la route pour récupérer Graham et son frère, les deux gars d’Auckland, et c’est parti direction Anza, Evenden Road.

7h28 : J’arrive à l’orchard (verger en anglais), tout le monde sors de la voiture et se dirige vers son tracteur respectif. J’enfile mes grosses pompes de rando, met mon pantalon dans mes chaussettes (technique secrète pour éviter que la flotte ne remonte trop vite sur le pantalon), et me dirige vers mon groupe.

7h30 : Je suis dans une bin (caisse où l’on met les pommes), avec devant moi, Stefan, Dave, Kevin, David, et Mike, au volant du tracteur fonçant à travers les rangées interminables de pommiers.
On s’arrête devant notre rangée, la 35ème d’un bloc de 70, elle fait 300 bon mètres, avec un pommier tout les 1m30 environ. Les arbres font environ 4 mètres, nous avons 2 escabeaux à notre disposition pour atteindre le haut.
Ce matin l’air est frais et le ciel dégagé. Merde. il va faire beau, on va avoir chaud. Les pommes sont couvertes de la rosée du matin, elles sont bien rouges à cause du froid. Elles sont froides et humides, elles mettent du temps à perdre la fraîcheur de la nuit. Elles sont à 5/6 degrés, mes doigts sont engourdis aux bouts de 3 minutes 42 secondes, mais on doit cueillir, coûte que coûte.
Les sacs de cueillette sont mouillés par rosée matinale, conséquence directe : les cuisses de mon pantalon sont trempées. J’ai froid, j’accélère ma cadence pour me réchauffer un petit peu. Vivement 10h que le froid disparaisse !
Dans l’équipe, on s’encourage les uns les autres en gueulant des ”Let’s go ! Come on ! Speed up !”  de temps en temps.

Le temps passe, les bins se remplissent à bon rythme, mais nous sommes un peu lents. On se donne des objectifs pour se surpasser et gagner plus de sous. Par exemple, on se donne 15 minutes pour remplir notre bin, ce qui nous permet de calculer ce que nous pouvons faire dans la journée. Toute les 5 minutes, je donne le temps : ”10 minutes left guys”, ”5 minutes left, we are late !”.

Aujourd’hui nous avons décidés de faire 25 bins, soit 5 bins chacun. Payés 35$ la bin, ça nous fait une journée payée 175$, c’est pas trop mal. Hier nous avons fait 6 bins chacun, mais le rythme était vraiment extrême.

8h40 : Nous avons remplis nos 4 première bins, Mike pars avec le tracteur et les 4 bins posées sur les 4 remorques. Nous avons 3/4 minutes de repos avant qu’il revienne avec 4 bins vides. Nous remplissons nos sacs de cueillette pour gagner quelques précieuses minutes sur la prochaine bin, ainsi qu’un sac supplémentaire. Nous buvons un coup et mangeons une pomme.
En parlant de manger des pommes, habituellement je ne mange pas de pommes, mais je peut vous dire que les pommes cueillies sur l’arbre n’ont absolument rien à voir avec les pommes achetées au super marché. Croquantes, juste juteuses comme il faut, l’acidité est parfaite… Elles sont délicieuses.

Nous gardons un bon rythme le reste de la matinée. De temps en temps, nous croisons une autre équipe, ils nous regardent d’un air un peu surpris par notre vitesse surnaturelle.
En effet, notre équipe est la meilleure du verger, et ça représente une bonne centaine de personnes !

12h : Nous avons remplis 15 bins, nous partons prendre la pause déjeuné. Chouette, encore un tour dans les bins sur le tracteur, j’adore ça.
Arrivé à la petite baraque qui contient le bureau du patron et la petite salle de pause (équipée d’une bouilloire électrique murale !), je vais récupérer mes sandwichs dans le van, choppe une chaise, et me pause à l’ombre de la baraque. Ça fait du bien de pauser ses fesse ! J’attaque mon premier sandwich. Composition : pain de mie complet, 2 tranche de jambon bien épaisses, fromage et salade. Ça cale bien le ventre, et c’est plein de protéines !
Tout le monde mange, et en silence ! Pendant 5 bonnes minutes, le temps d’avaler notre repas, personne ne parle. Ensuite, chacun se prend sa boisson. Ce sera une gigantesque canette (un demi litre) de ”Mother” la boisson énergisante locale.

12h28 : C’est reparti. Le soleil tape dur, je me tartine de crème solaire, car sinon, les épaules brûlent. Le boulot est dur, nous avançons, mais non sans mal.

Nous travaillons vite et bien. L’après midi est ponctuée par quelques pauses toute les 1h10. J’ai très chaud, je transpire beaucoup et bois beaucoup aussi. Les bretelles du sac m’irritent les épaules.

17h : La journée est finie, et je suis bien content ! Tout les soir, c’est une vrai libération quand le boulot se termine. Je salut les gars de l’équipe, Mike et le boss, je monte dans mon van, et c’est parti pour les 10mn de route qui me séparent de la maison.

17h10 : Douche ! Et pas n’importe laquelle : La meilleure douche du monde ! Tous les jours, c’est le même rituel. Eau chaude quand il à plu, et eau froide quand il fait chaud. Je dois me frotter avec vigueur si je veux retirer toute la crasse que j’ai sur moi. La poussière mélangée à la transpiration, c’est dur à enlever. J’ai aussi sur la main gauche et le bras droit une grosse trace grisâtre : l’aluminium de l’échelle sali vachement.
Après la douche, je m’avale une tasse de muesli. et je me pose sur ma chaise. Je fait un peu de PC, un peu de guitare… Je discute avec Vini le français, Kim & Clare les Canadienne, voir Tomas le Tchèque…

19h20 : C’est l’heure du dîner. Pour moi ça sera un bol de nouilles chinoises, avec une boite de thon, un verre d’eau et une énorme portion de yogourt (ici j’achète des pots de 1kg que je dévore en 2/3 jours). En général je regarde le Petit Journal sur mon PC, ou alors je regarde la télé avec les filles.

20h20 : fabrication des sandwichs ! Je met tout ça au frigo, puis c’est parti pour le dodo. Je me met dans mon pieu avec mon PC et je me regarde un épisode d’une série. Dès fois deux, mais c’est rare car je m’endors souvent en plein milieu.

Voilà, c’est un peu ma journée type. Mais malgré tout, j’aime ce boulot. Mon équipe est super, le patron est réglo, mais surtout, bosser dur comme ça me fait du bien. J’me sens comme un vrai travailleur, un vrai gars, un dur, bref, super bien ! Le travail est très dur, beaucoup de gens ne tiennent pas le coup et partent au bout du premier jour. Je suis fier de travailler comme ça, de gagner ma croûte littéralement à la sueur de mon front, et aussi au sang de mes bras et jambes (en passant entre les bins et les arbres, il y a des branches qui nous griffent . Parfois aussi en tendant le bras pour attraper une pomme, on se griffe la main ou le bras). J’ai maintenant plein de cicatrices sur les jambes, les bras et les mains.

C’est une expérience extrêmement enrichissante, car ça vous rappelle la valeur de l’argent, et que les fruits qui n’ont l’air de rien sur leurs étalages dans les super-marchés, mais qu’ils sont le travail de plein de gens, qui triment dur pour que vous puissiez les mangers.
Ça aide aussi à relativiser sur sa condition quand on est en France. On est pas si mal que ça, tout compte fait !

Un article ! Après une bonne période d’inactivité, faut que je me remette au boulot !

Depuis deux semaines, je cueille des pommes, pour Lada, mon employeur Tchèque qui fourni des travailleurs aux vergers du coin. Le travail se passe bien, c’est dur, mais il y a une bonne ambiance. Le système d’embauche ici est assez tordu : les exploitants des vergers ne veulent plus s’embêter avec les travailleurs saisonniers instables, alors ils emploient des ”contractors” (entrepreneurs) qui eux même embauchent les voyageurs qui veulent travailler. De cette façon, les producteurs de pomme ont une main d’oeuvre pas cher et surtout à volonté, vu qu’il y a une grosse demande. Le résultat, c’est que les gens sont mal payés et les conditions de travail difficiles.

De mon côté, j’ai relativement de la chance. Lada à l’air honnête (c’est un ancien voyageur qui à trouvé l’opportunité de monter un business), et le producteur (Enza) pour lequel nous travaillons est aussi honnête. Nous travaillons par équipe, et c’est un système que j’aine bien ! Faut-il encore avoir une équipe qui envoie du gros ! Et notre équipe est la meilleure du secteur.
Nous sommes 6 furieux :
-Viv’ : mon pote français qui travaille vite et en silence
-Kevin : le taiwanais qui travaille un peu moins vite mais aussi en silence
-Martin : le Chilien maigrichon mais rapide comme l’éclair, qui répète en boucle ”aller aller fils de pute” (l’autre jour on s’est échangés des insultes dans nos langues, et c’est celle-ci qui lui à le plus plu.
-Dave : l’anglais plombier de Londres. très rapide aussi. Le pauvre gars est roux avec la peau claire, alors il est obligé de se mettre de la crème tout le temps s’il ne veux pas cramer.
-Stephen : l’allemand gigantesque (1m98) qui bosse à un rythme de malade toute la journée, tout en gueulant des ”LET’S GO GUYS !!”, ”COME ON” et WE’RE SLOWS !”
-Et moi : je bosse vite, et je donne le temps toute les 5 minutes.

Notre groupe est super. Nous travaillons vite (nous sommes les meilleurs !), le patron est content de notre job, malgré tout, c’est gratifiant ! Malheureusement,  Viv se tire ce week-end, et peut-être Martin aussi.
Tout les soir en rentrant du boulot, je me retire les échardes que j’ai dans les mains et quand je prend ma douche, je doit me frotter la peau comme pas possible car la crasse est franchement incrustée ! Tout un programme.
Je pense encore bosser 4 semaines, puis voyager 4 semaines avant de rentrer.

Bon ! Entre temps, j’ai aussi faits quelques sorties ! 3 en tout.
Première sortie : Tontariro avec Viv’ ! Nous n’avons pas fait l’alpine Crossing (je l’avait déjà fait avec Clémence, Yann et Mathieu), mais on à fait plus fort : l’ascension du mon Ngauruhoe, aussi connu sous le nom de Montagne du Destin dans le Seigneur des Anneaux !

Mount Doom, Challenge Accepted !

Cette montagne est un défi en elle même car le sol du tephra, un mélange de sable, graviers et plus gros cailloux rejetés par le volcan. En pratique, le sol est très mou et mobile, le tout conjugué avec la pente à 45 degrés, ça vous donne une marche très pénible car pour un pas en avant, on recule de deux ! Il faut être prudent car c’est vraiment casse gueule, et le plus dangereux reste les caillasses qui roulent le long de la pente à cause des autres marcheurs qui oublient de gueuler ”ROCK”. Il y a d’ailleurs régulièrement des accidents, et il y a déjà des morts.

L’ascension prend en moyenne 1h30 pour quelqu’un en forme, sans s’arrêter. Nous avons mis 2h avec Viv’, faut dire qu’on s’est arrêtés en chemin pour manger nos sandwichs, et qu’on a pris environs 4637 pauses pour souffler. Le dénivelé est quand même de 800m !

Bref, une super expérience, on bon défi physique et mental. Il y a pas mal de gens qui abandonnent après la première partie qui est un peu moins raide.
La descente est vachement marrante pour peu que vous sachiez marcher dans un pierrier. Viv et la Lotta, la Néerlandaise solitaire trouvée en haut du mont qui ne parlait que d’elle même, en ont un petit peu chiés avec leurs baskets. Viv à fait un trou énorme dans son futal à cause de glisser sur les fesses, et Lotta m’a dit une fois en bas qu’elle s’était ”limée le cul” (citation originale). Moi j’me suis vautré 2/3 fois, écorché le couche et la main droite en me rattrapant sur une pierre bien acérée (encore une idée de génie).

45 degrés !

Le pays de cette rando est vraiment incroyable. Totalement lunaire, ça ne ressemble à rien de connu ! L’ambiance volcanique m’a rappelé l’Etna, mais c’est quand même très différent. Plus on grimpe, plus la végétation deviens rare. Une chose m’a surpris, c’est la présence d’insectes proche du sommet. Il y avait quelques mouches et même quelques scarabées !

On a fini la rando en compagnie de Lotta qui n’a fait que parler d’elle durant les 3h du trajet retours jusqu’au parking, mais c’était quand même cool ! Arrivés au parking, nous avons bus la traditionnelle bière (une Tui bien sur), puis nous sommes repartis en vitesse ! Car en effet, nous avons fait ça sur la journée : 6h de route, 9h de marche, et le lendemain : cueillette des pommes ! Épique !

Bière de fin de rando !

Le week end suivant, deux Canadienne sont arrivées à notre appart. Il y avait un festival ”art-deco” ce week-end là à Napier. Nous leur avons donc proposés de se joindre à nous, ce qu’elles ont accepté avec plaisir.
Ce festival était bien sympa, c’était en fait plein d’évènements un peu partout dans la ville. Exposition de veilles voitures, concerts… Le truc qui fait la différence, c’est que tout les gens étaient habillés façon années 30 ! Une ambiance du tonnerre ! J’ai pris plein de photos, mais assez peu d’exploitables au final. Le 21mm est sympa, mais une longue focale aurait été plus adaptée pour prendre des gens en photo.

Hey ladies !

Curieux du soir

Les filles se sont bien éclatées, et nous aussi !

Si vous voulez voir plus de photo (une bonne trentaine de plus !), c’est sur mon autre blog !

Arrivée à Hastings, et van repeint !

Samedi 4 février 2012 à 8:41

Je viens d’arriver à Hastings, il y a deux jours, avec Viv’.

Après 2 semaines d’inactivité à rechercher un boulot dans l’île du Sud (Marlborough), et ayant été rattrapé par la réalité de l’embauche pour les touristes en Nouvelle Zélande (globalement que des boulots saisonnier, très difficile d’avoir autre chose, même faire manœuvre sur les chantiers c’est compliqué), nous avons décidés de remonter au nord, vers Hastings.

Hastings n’est pas une ville intéressante. Elle n’est pas au bord de la mer, il n’y a rien de bien passionnant à aller voir, et la seule rando du coin est une grosse colline de 400 mètres.
Ce qu’il y a à Hastings, c’est des pommes ! Plein de pommes, donc du travail en perspective.

Nous avons contacté Lada, un contractor Tchèque, qui fait bosser les gens dans les pommes. Il nous propose un logement simple mais pas trop cher (100$ la semaine, chambres de 2 ou de 4). Moi, je dors dans mon van !
Pour le moment, nous attendons que la saison commence. Ça devrait arriver si tout va bien la semaine prochaine, dès mardi normalement. Mais vu le temps, il est fort possible que ce soit repoussé un peu.

Pendant la traversée Picton/Wellington, j’ai utilisée une fonction bien sympathique de mon nouvel appareil photo : l’intervallomètre. Grâce à ce gadget, je peut faire des time lapses ! (un time lapse est une vidéo fortement accélérée). J’ai mis l’appareil sur son pied, je l’ai posé devant ma fenêtre, et j’ai réglé sur une photo tout les 15 secondes. Voilà le résultat !

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Pendant notre période de chômage à Blenheim, on en a profités pour repeindre le van comme je le voulais depuis de le début : en van de l’agence tout risque ! On à fait ça version pas chère : à la bombe ! C’est crade, vraiment crade, mais vraiment authentique pour un voyageur ! Ahah. J’ai aussi fait un timelapse pendant le peinturlurage, je vais essayer de le poster ici rapidement, car il est bien sympa.
En tout cas, on s’est bien marrés !

Le van dans toute sa splendeur

Petite anecdote, quand on est passé à Wellington, on a vu un mec nous prendre en photo dans le van avec son téléphone. Qui c’est qui à le van le plus badass de la Nouvelle Zélande ? C’est moi !

Bon, pour vous donner une idée de notre logement, qui est pas génial mais fort acceptable par rapport aux backpackers classiques, voilà quelques photos…

L'entrée du palace

Le terrain de 'bowling sur gazon'

Le salon

La cuisine américaine

Le collocataire

Le salon

Le canapé sans coussin dans le dos. Un confort tout à fait soviétique.

Dehors, un petit park avec rien dedans

Ça fait un changement radical par rapport à mon ancien logement, c’est pas génial, mais j’ai pas à me plaindre. J’espère surtout que le travail va commencer vite, car on s’emmerde ferme ici ! Heureusement, nous avons internet (50$ par mois pour 20 gigas…), donc de quoi préparer nos road trips respectifs en Australie.

J’ai donc débuté mes recherches pour la préparation de mon road-trip. Je compte partir entre 2 et 4 semaines, tout dépendra de combien de roupies j’arriverai à me faire dans le pommes. Je ne partirai pas avec Viv’, car il compte rentrer plus tôt que moi en france, donc nos emplois du temps ne correspondent pas.
J’ai hâte.

Le chômage, c’est la galère.

Mardi 24 janvier 2012 à 10:52

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(Vous noterez le tee-shirt 12 parsecs qui viens de 10dollarshirts, à cause de vous.)