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Les 7 samourais (Shichinin no samurai)

En 1652 au Japon, un groupe de brigands souhaitent piller les récoltes d’un village de paysans. Alerté, le sage du village décide d’engager des ronins (des samourais sans shogun (maitre) afin de se protéger de cette menace…

Sur un scènario relativement simpliste, s’imbrique l’une des plus grande fresque du réal japonnais, mort depuis 8 ans.

les 7 samourais, c’est avant tout 3h00 de film, avec ses longueurs, ses scènes d’actions très nerveuses (le dernier samourais de zwyck n’est rien comparé aux combats sanguinaires du film de kurosawa), et une structure des personnages jamais égalé pour un tel film, à l’époque (1954).

le montage très intelligent de kurosawa se distingue en 3 partie, qui sont un peu la doctrine du samourai à mes yeux; la découverte, le courage, et bien sur la mort, si chère aux yeux des samourais. (ceçi pourrait resumer le bushido, la philosophie du samourai)

1ère partie : Des paysans craignent le saccage de leurs familles, ainsi que de leurs récoltes, par des brigands. Ils se mettent alors en tête d’engager des samourais, afin de vaincre les-dits bandits. mais sans le sous, ils ne peuvent s’offrir les services d’un samourai. Ils rencontrent un ronin, Kambei, qui accepte de les aider, par compassion envers de pauvre gens. Il leur affirme qu’il faut qu’ils soient 7, non pas par superstition, mais par stratégie.
La première partie est d’une réalité à toute épreuve : Japon féodal (1652), les guerres de shoguns divisent le pays en morceaux.
Les shoguns sont avant tout des seigneurs de guerres, aussi bien habiles aux combats qu’a la strategie militaire assez complexe des japonnais féodaux. Les samourais en sont les dignes héritiers, obéissant au doigt et à l’oeil de leur seigneurs, pour qui ils aspirent à mourir avec honneur et dignité (revenir saint et sauf était un signe de faiblesse envers le shogun, qui n’hésitait pas à exiger des comptes et voir même à demande le hara-kiri, le suicide de celui-çi, afin de racheter l’honneur perdu envers son seigneur)

C’est pourquoi altruisme et humanisme seront les deux vecteurs de leur dévouement pour cette cause qui ne leur portera ni gloire ni rétribution. L’épanouissement personnel, la recherche de ses limites et de son courage seront les motivations intérieures à chacun.

La deuxième partie concerne toute la préparation pour la défense du village mais aussi l’arrivée des samouraïs aux villages, l’appréhension des villageois et la connaissance en profondeur de chaque personnage, les personnalités prenant toute leur envergure ici même. Le réalisateur met l’accent sur le fossé culturel existant entre le monde rural et citadin. Offrant leur vie pour cette cause, les samouraïs n’en sont pas moins accueillis de bien piètre manière, le village se désertant à l’annonce de leur arrivée. La peur provient souvent de l’ignorance, et l’image des samouraïs qu’ils ont sont celle de violeurs, profiteurs, d’où l’appréhension de recueillir de tels personnages dans leur village. Les filles sont cachées ou vêtues à la garçonne afin d’éviter toute séduction.

Pourtant les liens vont petit à petit se tisser, et la défense du village ainsi que les repérages du camp ennemi vont pouvoir débuter. Jouissif, l’aspect stratégique déployé au sein du village passionne, la fibre aventurière, disparue depuis longtemps des nouvelles productions, est ici plus présente que jamais. Enfin, la dernière partie, inéluctable, celle que l’on attend depuis les premières minutes du film : l’attaque des brigands. Doucement violente (le noir et blanc adoucit la violence), elle est en tout point parfaite, filmée de main de maître, avec en prime la tombée d’une averse durant le combat donnant lieu à une scène d’anthologie (dont Takeshi Kitano s’inspirera dans Zatoichi). Une bataille placée sous le signe du courage et de l’honneur (à l’image de Kikuchiyo mourrant comme un samouraï, et sauvant honneur et dignité en tuant d’un dernier élan son meurtrier). Un final apocalyptique débouchant sur une question existentielle devant ce lourd bilan : qui sont les gagnants de ce conflit finalement.

ceci est le tout premier film d’action…

bien que la caste des samourais disparu il y a près de 200 ans, l’honneur est encore très présent chez nos amis les jap’.
un jeu de rôle reprend assez bien l’univers légendaire japonnais, throne of darkness, trouvable à la fnac pour 5 €.

arrêtez de lire des mangas à la con avec kenshin etc… et regardez cette oeuvre intemporelle, qui est des plus passionnante

source.

10 commentaires pour “Les 7 samourais (Shichinin no samurai)”

  1. karslow dit :

    Pour la correction, un ronin est un samouraï sans daimyo (seigneur féodal) et non sans shogun (qui est le chef militaire du japon, pouvoir derrière le trône de l’empereur).
    Pour l’info, ronin veut dire "homme de la vague".

    Le shogun prit véritablement du pouvoir après l’accession de Tokugawa Ieyasu, après la bataille de sekigahara, ce qui fit rentrer le Japon dans l’ère Edo qui dura jusqu’en 1868, un ère de paix forcée par le shogun, sans aucune mobilité sociale ou culturelle (influence extérieure interdite, tabac, armes à feu proscrites).
    Sinon, je suis d’accord avec toi, arrêtez de regardez des mangas à la con, et regardez du Kurosawa, lisez "la Pierre et le sabre" sur la vie de Miyamoto Musashi.

    Et enfin, le suicide rituel des samouraïs n’est pas hara kiri (qui est le moyen de se suicider, pas le suicide), mais seppuku.

  2. koops dit :

    Chef d’oeuvre. Tu dois avoir un des seul blog de Nofrag ayant un minimum du goût. :)

  3. seskemachine dit :

    merci bien :)

  4. LaMarmotte dit :

    Immanquable. Du grand cinéma.

  5. Kaplan dit :

    ‘ceci est le tout premier film d’action…’

    WTF §
    C’est tout d’abord faux et surtout incroyablement réducteur.

    Sinon, bien sur, c’est un chef d’oeuvre comme n’importe quel film de Kurosawa.

  6. seskemachine dit :

    quand je dis action, ne pense pas à michael satan bay ou consort, pense plutôt que dans le genre de cinéma qui sevissait à cette époque, très peu, voir pas du tout, avant un rythme aussi soutenus dans les combat (voir combat de la fin, sous la pluie)

  7. [Clan_Pin]Gouin dit :

    Homme de la vague ? Je croyais que c’était "l’homme sur la vague". Enfin bon je ne suis pas spécialiste. Concernant Shichinin no Samourai, c’est très très bon. Je ne lui ai jamais trouvé de longueur. La scène sous la pluie avec les chevaux !!!! Et Toshiro Mifune, quel acteur…

    Pour la mise en place du Shoguna, il y a deux livres qui relatent cette période, Heike Monogatari (je l’ai, je l’ai commencé, mais c’est extremement difficile à suivre de part la multitude de noms importants et impossibles à se souvenir), et le plus connu le Heiji Monogatari.

    Voilà, c’etait mon petit passage je me la pete.

    Je ne saurais trop que vous conseillez la série "Kogaratsu" (repérqge dupuis).

  8. Anal-Breath dit :

    Oui c’est un bon film. Mais rien ne vaut vivre dans un temple sur une montagne au japon.

    D’ailleurs je m’y prepare (comme quoi j’ai rien a dire mais je peux me la peter aussi).

  9. Chavez dit :

    Je vois pas l’interêt d’un article sur un film déjà commenté (mieux) des milliards de fois. On ne peut pas faire plus grand classique que ça. Que dirais-tu si aujourd’hui quelqu’un pondait un article sur CS ou Q3 sur le ton "j’ai découvert un jeu super". Ben tu te foutrais de sa gueule Big Time.

    (c’était mon coup de gueule gratos de la journée)

  10. Kekouse dit :

    J’avais acheté le coffret ARTE Kurosawa y’a déja qq années.
    6 films remasterisés dont la forteresse cachée.
    La claque cinématographique…un W-e entier devant la téloche à mater des guerres, Mifune, les décors à tomber, la photo fabuleuse.
    Après un tel traitement de choc vous ne pourrez plus JAMAIS voir les films de la même manière.

    A chacun ses pierres angulaires…moi c’est le combo Mifune/Kurosawa.

    (bordel rien que d’y penser ca me donne envie de remater le chateau de l’araignée)

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