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New york 1997 (cycle Carpenter)

Attention gros monologue sur le film de Carpenter :

1997. L’île de Manhattan, devenue une immense prison fortifiée et surpeuplée, abrite 3 millions de prisonniers qui se côtoient livrés à eux-mêmes. Lorsque Airforce One, l’avion du président des Etats-Unis, est détourné par des terroristes qui le crashent dans une tour, celui-ci a juste le temps de s’éjecter dans une capsule de secours. Mais il est aussitôt recueilli par les prisonniers qui voient là une bien intéressante monnaie d’échange. Or le président doit absolument se rendre à une conférence et présenter des documents vitaux pour le maintien de la paix dans les 24h sinon une guerre mondiale risque de se produire. Le responsable de la sécurité du chef de l’état Bob Hauk décide alors d’envoyer Snake Plisken, un dangereux prisonnier, rechercher le politicien et sa précieuse mallette menottée à son poignet en échange d’une amnistie totale. Snake dispose de 24h.

Carpenter réussit là LE film d’anticipation par excellence. Formidable scénario, décors austères mais somptueux font de ce film un véritable chef d’œuvre. La statue de la liberté devient un mirador, et Manhattan encerclée par un mur de 15 mètres bluffe pleinement les téléspectateurs. Voilà les toutes premières minutes de présentation du film, et déjà l’accroche excellente incite à ne pas quitter son fauteuil.

La musique incroyable signée John Carpenter ne fait que renforcer l’impact des situations. Au synthé, John a élaboré un style prenant qui colle parfaitement aux scènes, souvent angoissantes (vous l’entendez en fond sonore). Le mariage des deux arts homogénéise l’ensemble de l’œuvre, et correspond tout à fait à son coté futuriste et sombre, sans tomber dans une musique techno qui serait totalement décalée.

Quand à celui qui incarne S.D. Plisken, l’excellent Kurt Russel tient les rennes de cet anti-héros fascinant. C’est le meilleur personnage qu’il incarne dans toute sa filmographie, celui qu’il préfère ! Après avoir quitté Disney, il n’était pas évident pour lui de s’imposer auprès de la production mais Carpenter était décidé coûte que coûte à l’engager. Une part de mystère sommeille chez Snake que Kurt Russel incarne avec maestria. On ne connait pas vraiment l’origine de cet anti-héros, la raison de la perte de son oeil et pourquoi est-il devenu aussi désabusé. Ce que l’on sait est qu’il fut le plus jeune héros militaire d’une guerre pour laquelle il fut décoré par le Président des Etats-Unis himself ! Légende vivante, tous ceux qu’il croise dans la ville fantôme le connaissent de réputation. Carpenter aurait semble-t-il tourné le pourquoi de son incarcération (un hold-up qui tourne mal) mais a refusé d’inclure cette séquence dans le film qui n’apportait pas d’éléments accrocheurs finalement. Peut-être la verra-t-on néanmoins dans une director’s cut dans l’édition à paraître bientôt ! Le parallèle est évident avec les rôles de Clint Eastwood style « Le bon, la brute et le truand »… Le héros (ou anti-héros) est cynique, désillusionné et ne lutte que pour sa propre survie.

Carpenter, grand amateur de western, engagea des seconds rôles prestigieux. On retrouve Lee Van Cleef (Bob Hauk dans le film), le méchant de « Le bon, la brute et le truand », dont c’est l’une des dernières apparitions. Les autres seconds rôles sont tenus par des professionnels des films de guerre : Ernest Borgigne (« Les 12 salopards », mais plus connu dans son second rôle dans la série « Supercopter »), Donald Pleasance (« La Grande Evasion » mais aussi « La Nuit des Masques » [Halloween] de Carpenter), Harry Dean Stanton (« Tomahawk Trail » et diverses séries B de western sans compter des apparitions dans quelques films prestigieux comme « Alien », « Paris Texas », « La Ligne Verte »). En introduisant tout ce petit monde dans le même univers, Carpenter obtient un film qui mélange étrangement mais adroitement les genres, une sorte de western futuriste. D’ailleurs Snake se ballade toujours avec en bandoulière un fusil à la manière d’un héros de western.

En observant attentivement les différents personnages de cette histoire, force est de constater qu’aucun d’eux n’est un héros. A commencer par Snake qui malgré ses médailles militaires vit en priorité pour lui et non pour les autres, Bob Hauk qui a lancé Plisken dans un gouffre, le Président montrant sa lâcheté, et tous ceux qui se retrouvent enfermés dans la prison de part leur passé criminel. Très noir comme tableau, mais on se range évidemment tous du côté de Snake Plisken, comme d’ailleurs auprès de tous les autres anti-héros dont est coutumier Carpenter. En ce qui concerne la poltronnerie du Président, le réalisateur enfonce un clou dans le politiquement correct, mais juste ce qu’il faut pour ne pas être taxé d’anti-américain.

20 commentaires pour “New york 1997 (cycle Carpenter)”

  1. Prodigy dit :

    Sinon c’est "cycle", une fois ça passait, 2 ça fait tâche :p

  2. seskemachine dit :

    ha je me disais bien que j’avais fait une grosse faute quelque part ^^

  3. Alain dit :

    Merci pour cette fiche cinéma.
    ça ma donné envie d’attendre la prochaine sortie DVD ( avec director’s cut si j’ai bien compris)
    et de l’acheter.
    en même temps je suis déjà fan de Kurt !

    Merci encore sesk !

  4. Prodigy dit :

    Une édition director’s cut à paraître bientôt ? Heu… je crois que vous rêvez les gars là non ?

  5. seskemachine dit :

    si si, j’en ai entendu parler moi aussi, mais rien n’est encore sûr. (info à prendre avec des pincettes)

  6. Prodigy dit :

    Heu y’a une édition avec la fameuse scène coupée mais ça fait genre 2 ans qu’elle existe en zone 1, et vu que la sortie de l’édition zone 2 Studio Canal est tout de même assez récente, j’imagine mal une DC arriver chez nous avant longtemps (en plus y’a pas vraiment de DC, juste cette scène en plus).

  7. Cut dit :

    Juste une question. Ton texte, c’est du copié/collé ou de la transpiration personnelle ?

  8. seskemachine dit :

    un peu des 2 j’ai pris 2-3 trucs et je m’en suis inspiré pour pondre ça (et accesoirement, j’avais la même vision du mec qui a écrit ça)

  9. Cut dit :

    Je vois le concept.

  10. Roulure dit :

    Houla,j’avais failli oublier ce délicieux nanar !!!

  11. Prodigy dit :

    Ta gueule le troll.

  12. reblochon dit :

    Avec Roulure de tout coeur.

    Seske tu devrais surtout parler de ca (ou à la rigueur ca … ouais bof, mais les paysages sont chouettes). C’est quand meme mieux.

  13. Prodigy dit :

    Vos gueules les trolls alors.

  14. Dr.Loser dit :

    Excellents films à regarder au seconde degré.

  15. Prodigy dit :

    On a dit vos gueules les trolls, fouyaya !

  16. seskemachine dit :

    de toute façon les films de maitre es Carpenter sont tous à voir au second degré…

  17. Dr.Loser dit :

    (je crois que prodigy les regarde au premier degré, et il aime ça le bougre !)

  18. Prodigy dit :

    Totalement. Confondez pas recul, humour et cynisme et second degré. Carpenter se regarde au premier degré, parce qu’il est sincère - et NY 1997 n’est sûrement pas un nanar. Confondez pas série B et nanar (en plus c’est tellement à la mode, de dire "nanar" à tout bout de champ :/). M’enfin pour avoir survolé les discussions ciné sur les blogs et le forum NF, je me fais pas trop d’illusions quand même…

  19. Dr.Loser dit :

    Quand je parle de second degré, je fait référence à l’humour décalé du film, et quand Snake fait du surf sur un tsunami, je trouve ça décalé et drôle.

  20. Prodigy dit :

    Tu confonds avec LA 2013 mon cher Docteur, à savoir la suite de NY 1997 :)

    Et LA 2013, là, effectivement, c’est parodico-cynique, donc un peu dans le 2d degré volontaire, c’est clair.

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