Warface, le FPS online F2P des Ukrainiens/Coréens/Chinois de Crytek (vidéos et commentaires)
Vendredi 3 février 2012 à 17:12
Warface, FPS Free to play futuriste développé par le studio Crytek de Kiev, est en phase de beta-test massif en Chine continentale, où il sera distribué sous la bannière de Tencent. Il s’agit de la société-mère de l’IM le plus populaire en Chine, jusque là plutôt habituée à diffuser des jeux de danse ou de course un peu cheap. Warface doit détruire un peu cette image et se veut un jeu AAA qui fera causer. Les candidats retenus dans le premier batch de testeurs ont pu s’y essayer depuis septembre, et les vidéos ont commencé à fleurir. Pour l’instant le jeu n’en sort pas forcément grandi - l’innovation étant un art difficile et ingrat, Crytek Kiev semble avoir préféré réaliser un pot pourri de tout ce qui pouvait exister en ce bas monde ce qui, à défaut d’offrir des surprises, est censé offrir des assurances – même si de leur côté, ils beuglent à ne plus s’entendre dans trois langues différentes qu’il s’agit d’un FPS multi hyper innovant. Ouais ouais.

Warface, l'innovation avant tout
Les principales caractéristiques du bousin
- Coop (« PvE »… Faut pas oublier qu’on s’adresse à beaucoup d’ex-joueurs de RPG) scripté comme du solo avec des ennemis variés, des mini-boss et des boss (bouclier de CRS à la payday, snipers qui vous aveuglent, « panzers » à la Killzone 2/Jinroh, tourelles, gros mecha ou gros hélico final, ya un peu de tout), l’ensemble baignant dans un pseudo scénario servant de prétexte à relier les missions entre elles au moyen de la voix virile d’un grand black paternaliste. Les missions commencent généralement par une arrivée en hélico, qui vous déplacera entre chaque tronçon une fois chaque « couloir » nettoyé.
- « PvP » qui proposera plusieurs modes, certains « classiques » (TDM, defuse « à la CS »…) et d’autres « novateurs » (sic). D’ailleurs, trois de ces modes à l’innovation affolante sont déjà dispos et mis en avant dans la beta :
o Le « Storm mode », avec un camp qui attaque 3 objectifs et l’autre camp qui les défend.
o Le « Capture mode » qui est un CTF où un camp attaque et l’autre défend, et où le drapeau est remplacé par une tête nucléaire.
o Le « Destruction mode », où chaque camp doit s’infiltrer en face pour pouvoir coordonner un raid aérien sur l’ennemi, et gagne la partie au bout d’un nombre donné d’appels réussis.
- S’y ajoutent tous les modes et paramétrages possibles pour satisfaire le plus grand nombre et permettre la pratique du jeu dans le cadre de compétitions de e-sport. En tout cas pour l’instant on n’a pu voir que du 8vs8 en vidéo, donc on est loin d’un MMOFPS…
- 4 classes (sniper, assault, ingé et medic) avec les poncifs du genre (assault qui a accès aux lance-grenades et distribue des munitions, ingé qui distribue des protections et pose des mines, médic qui réanime avec un défibrillateur, etc…)
- Petite innovation peut-être : encouragement du teamwork avec des passages où il faudra être deux pour pouvoir surmonter certains obstacles, sauf pour le sniper qui peut faire ça tout seul. D’ailleurs votre écran peut vite devenir constellé d’icônes vous indiquant ce qui peut être escaladé/poussé, espérons qu’il s’agit de quelque chose qui pourra être facilement désactivé.
- L’autre « innovation » c’est que l’on peut jouer visiblement à Warface comme Chaka joue à Bulletstorm, puisque le jeu vous encourage à faire ici et là des glissades (même si c’est pour lamentablement vous gaufrer sous le canon de votre adversaire, comme l’une des vidéos l’illustre bien). Le jeu est présenté comme favorisant le mouvement fluide et les enchaînements. De nos jours la pesanteur des personnages chez ses concurrents lui donnerait presque l’image d’un FPS pseudo réaliste un peu rapide (merci l’exclu PC, c’est déjà ça).
- Enfin, quelques détails ici et là qui sont un peu la touche Crytek : du motion blur plein la gueule dès qu’on tourne la tête, et des armes customisables dans le feu de l’action (quand on a pensé à acheter les bons bidules bien entendu), tout ça comme dans Crysis.
- Pour les graphismes, difficile d’en juger, pas mal de gens admettent ne pas avoir poussé à fond pour garder une bonne fluidité pendant l’enregistrement. N’empêche que pour l’instant la beauté du soft et du CryEngine 3 (ou la destructibilité de l’environnement) ne sautent pas forcément aux yeux, spécialement s’il s’agit de concurrencer BF3. Les environnements semblent relativement variés, c’est déjà un bon point.
Le business model se base sur la possibilité d’acheter jusqu’à des coudières ou des protège-burnes customisés, chaque partie vous rapportant de l’argent virtuel gratuit que vous pourrez probablement compléter avec des vrais sousous. Tencent et QQ étant connus pour vous faire payer jusqu’aux meubles virtuels qui décorent la maison de votre avatar IM, on ne s’inquiète pas pour leur sens des affaires et leur connaissance des habitudes des no-life. Des armes et accessoires sont également en vente, mais les testeurs et les devs affirment que les meilleurs équipements seront toujours déblocables par le gain régulier de XP/sous virtuels. Tout le reste se base sur de vu et archi-revu à la sauce CoD/BF, avec progression en grade, déblocage de tags et médailles, déblocage de nouveaux flingues, etc…
La grande force de Warface se retrouve plutôt dans la clientèle captive que représentent les centaines de millions (!) d’utilisateurs de QQ, qui pourront lancer une partie comme vos aïeux lançaient un jeu de billard sous Messenger. Ce seul facteur devrait lui assurer une réussite (voire une pole-position à l’échelle mondiale) dont ne pourraient pas même rêver la floppée de FPS-F2P coréens des deux dernières années, destinés à un marché déjà saturé - quand bien même au final, Warface peut paraître bien mou par rapport à certains des moins mauvais d’entre eux .
J’aime le risque et je voudrais essayer
Des clefs bêta sont à gagner sur le site chinois, mais au vu du ping et de la file d’attente (114159 personnes devant moi…) vous ne gagnerez pas grand-chose à vous y essayer.
Si certains ahuris sont intéressés, une phase de beta test est également prévue en Russie, et l’inscription se fait par là, sur le site officiel russe de Warface. Dixit les sites russes, il n’y aurait pas de pré-requis géographique, ce qui rend tout le monde éligible.
Une fois le marché des pays émergeants (càd des anciens pays pauvres) couvert, l’arrivée de Warface sur le marché occidental (càd les futurs pays pauvres) est prévue pour la fin de l’année, Cevat Yerli ayant rappelé qu’il voulait offrir à Warface « une audience mondiale » . La chose s’avèrerait d’autant plus simple que tout semble avoir été développé en natif en anglais (audio y compris, même si l’accent des doubleurs vous rappellera que ça s’est fait à Kiev), l’ensemble étant ensuite « localisé » pour le marché asiatique par Tencent et Crytek Korea. Le développement est quant à lui pris très au sérieux, Crytek n’ayant que « AAA » à la bouche, et les Ukrainiens produisant consciencieusement des dev diaries vidéos qu’ils sont les seuls à pouvoir comprendre. La question est maintenant plutôt de savoir si cela vaut vraiment la peine d’être joué… Ce n’est pas le Pérou, mais ça n’a pas l’air honteux non plus.
PvE (Coop) Village Mountain Pass (avec un hélicoptère en guise de boss)
PvE (Coop) en terrain urbain et forestier, escorte d’un véhicule
PvE (Coop) avec passage en véhicule
PvP defuse sans respawn
PvP objectifs (« destruction mode ») & respawn






























