La Série Assassin’s Creed
Samedi 15 juin 2013 à 17:21Suite à la présentation d’Assassin’s Creed 4 à l’E3 et certaines discutions sur l’évolution de la série, j’ai pris le temps de faire une rétrospective de cette série qui se concentre sur les jeux de la licence sortie sur console de salon et PC.
Assassin’s Creed

Paysage des royaumes (zone centrale) d'Assassin's Creed
Sortie en 2007 sur console avant d’être suivie en 2008 par une version PC sans DRM, il pose les bases de la série notamment sur le gameplay avec la possibilité de se balader librement même si les capacités du personnage étaient encore très limitées sur certains points comme l’impossibilité de se rattraper lors d’une chute avant d’avoir récupéré des gants qui s’obtiennent vers la moitié du jeu.
Le gameplay est rigide et le jeu est décrié pour sa répétitivité exemplaire avec les 6/7 types de missions différentes à répéter sur une dizaine d’heures de jeu.
Dans l’ensemble, le jeu est très appréciable même si répétitif, surtout en désactivant la totalité du HUD ce qui empêche de profiter pleinement du paysage et qui améliore l’immersion même si les surbrillances sur les ennemis sont toujours présentes à cause de l’Animus.
Côté graphique, il n’a pas si mal vieilli et n’était pas moche à sa sortie même s’il n’était pas non plus magnifique. Les villes plutôt grandes, vivantes, colorées sont très agréables à parcourir et s’arrêter en hauteur quelques instants pour profiter du paysage reste plutôt agréable dans l’ensemble sans pour autant être bluffant.
L’histoire dans ce premier opus ne met pas en avant Desmond ce qui donne l’impression d’avoir une longue introduction en terme de scénario par rapport à la suite de la série et n’est pas obligatoire pour la suite de la série.
Assassin’s Creed 2

Vue de Venise depuis une zone d'observation
Sortie en 2009 sur console et en 2010 sur PC avec un DRM fortement critiqué pour l’obligation d’être constamment en ligne qui avait même entrainé un retrait du jeu sur Steam à cause de multiple plantage de serveur empêchant les joueurs de jouer alors que le jeu ne dispose pas de multi.
Une fois passé outre ce problème (Ubisoft ayant fait marche arrière depuis en associant AC2 a la plateforme Uplay) le jeu propose de bonnes évolutions dans le gameplay en gardant tout les acquis du premier opus, l’évolution du personnage dans les villes est plus fluide et les combats gagne en intensité, mais deviennent ridiculement simple grâce à certaines techniques qui permettent d’enchainer les adversaires sans difficulté.
L’interface c’est dé-consolisé par rapport au premier et le HUD est toujours aussi envahissant, mais toujours désactivable. Dans l’ensemble, l’ajout d’éléments et de niveau type puzzle permet de faire évoluer le tout sans pour autant s’éloigner de la base de la licence notamment avec l’arrivé du premier pistolet dans la série, l’arrivé d’une double lame, où encore la présence des factions.
Graphiquement, l’évolution se concentre surtout sur le rajout de détails dans les villes, sur l’amélioration de l’éclairage (surtout visible grâce au cycle jour/nuit) et sur l’eau (vitale pour Venise). Il n’a absolument pas vieilli et reste toujours aussi agréable à l’œil, l’exploration des villes reste donc un plaisir.
L’histoire n’évolue pas beaucoup non plus du côté de Desmond et donne toujours l’impression de prétexte pour jouer d’autre personnages.
Assassin’s Creed : Brotherhood

Un petit saut à Rome avec le colisée et le pantheon au fond
Sortie en 2010 sur console et 2011 sur PC (oui Ubisoft aime bien les sorties décalées) et ne subit pas le DRM entièrement online, mais le Uplay ce qui ne provoquera pas (trop?) de problèmes lors de la sortie du jeu.
Pour ce qui est du gameplay de cet opus, on retrouve encore une fois les mêmes bases qui ont déjà prouvé leur efficacité dans les deux opus précédents, mais avec le rajout d’éléments permettant d’intriguer le joueur avec l’arrivée des apprentis assassins et des objectifs lors des missions pour coller à la peau de son ancêtre entre autres. La fluidité des combats est encore améliorée ce qui a tendance à simplifier encore plus les combats qui deviennent de véritable massacres avec notamment les séries d’assassinats qui permettent d’enchainer les adversaires sans se poser trop de questions. Pour ce qui est des mouvements du personnage pas de véritables améliorations de ce côté.
Le véritable ajout de cet opus est le multijoueur qui fut une agréable surprise avec un système qui marche à la perfection avec des modes de jeu mettant en avant les déplacements et d’autres mettant en avant la discrétion.
Le HUD reste très proche, mais les indications sans le HUD sont un peu plus limitées ce qui complexifie le fait de jouer sans le HUD, mais le jeu n’est pas pour autant impossible. Ce dernier est indispensable en multi par contre.
Côté graphique, toujours des améliorations même si plutôt minime sur cet opus. Par contre, la ville de Rome est immense et parfaitement bien reconstruite et permet même d’avoir de petit cours d’histoire sur certains monuments.
L’histoire quant à elle évolue un peu plus du côté de Desmond même si la direction n’est pas très claire avec un cliffhanger de fin assez impressionnant, dans l’ensemble on sent que la série reste très concentrée sur les héros dans l’Animus et très peu sur Desmond.
Assassin’s Creed : Revelations

La basilique Sainte Sophie à gauche et l'hippodrome de Constantinople à droite
Sortie en 2011 pour PC ET console (pas le même jour, mais avec seulement 2 semaines d’écart) et toujours sur le Uplay.
Côté gameplay, de sacré rajout avec notamment des éléments pour bouger plus rapidement grâce à l’apparition du crochet qui permet aussi d’utiliser des tyroliennes et de faire des esquives de gardes qui peuvent s’avérer pratique et la vision d’aigle fait peau neuve pour, entre autres, indiquer les rondes des gardes. L’apparition des grenades/mines rajoute quelque possibilité hors ou en plein combat. L’apparition d’un mode tower defense pour la protection des repères d’assassin est bien pensée et réalisé, mais n’est pas vraiment bien intégré au reste du jeu et reste finalement assez anecdotique.
Le multijoueur ne bouge pas particulièrement même si le rajout de mode de jeu ainsi que la possibilité de créer une guilde sont intéressants.
La modification de la vision d’aigle permet de se passer entièrement du HUD sans que cela pose le moindre souci dans le jeu.
Les graphismes sont toujours au rendez-vous sans pour autant être exceptionnel, se balader dans les villes reste encore et toujours un véritable plaisir. Certaines scènes de l’histoire prennent une tournure très cinématographique avec des grosses explosions et des flammes de partout (mais ce n’est pas de la faute à Michael Bay) qui ont tendance à faire de l’histoire une suite plus linéaire même si Brotherhood avait déjà commencé à prendre légérement ce chemin-là.
Pour l’histoire, Desmond prend un peu plus de profondeur notamment avec des séquences de plateforme/puzzle minimaliste qui raconte un peu son histoire (non obligatoire pour “finir” le jeu) et c’est aussi l’apogée d’Ezio dont les leçons de vie sont intéressantes et on en apprend un peu plus sur les liens entre tous ces personnages et le véritable objectif des templiers.
Assassin’s Creed 3

Un paysage magnifique où tout est à la porté de l'assassin
Sortie en 2012 sur console et PC (toujours pas la même date de sortie), cet opus marque la fin d’Ezio et nous bouge d’époque et de lieu pour allez vers la révolution américaine du 18éme siècle.
Ce changement d’époque entraine pas mal de changement avec notamment l’apparition de mousquets, mais surtout en ce qui concerne les déplacements en rendant les arbres et les rochers accessibles pour coller avec l’environnement qui présente bien plus de forêts et de reliefs que dans les épisodes précédents et qui est devenue bien plus fluide. Le gameplay a subi des modifications assez importantes avec une modification des touches associées, mais qui permet avant tout de fluidifier les déplacements (un seul bouton au lieu de deux) et qui rendent les combats plus vivants et plus interactifs en désactivant la défense automatique présente dans les précédents opus. Le personnage reste malgré tout surpuissant face à ses adversaires, mais les libertés dans les variations lors des combats renouvellent très bien le gameplay qui commençait à stagner sur ce point-là.
L’arrivée des batailles navales apporte un vent de fraicheur sur la série et elles sont très bien réalisées avec une mer superbe et des batailles qui sont très réalistes. La chasse aussi est une nouveauté qui s’associe avec la gestion du domaine qui s’avère très mal intégré avec le reste du jeu et donc fortement inutile, si ce n’est de permettre de gagner de l’argent (qui ne sert pas à grand-chose), même si le système de chasse est sympathique (mis à part les QTE face à certains animaux). La gestion du domaine relève plutôt du calvaire que de l’utile et son utilité est inexistante, ce qui est regrettable.
Les graphismes profitent de l’évolution du moteur de jeu et sont donc largement au rendez-vous d’autant que les villes sont parfaitement réalisées et la forêt est très bien faite aussi, mais ce qui reste le plus marquant d’après moi et la mer qui est un véritable régale pour les yeux et qui présente peu de défauts lorsque l’on navigue en mer agitée.
Historiquement, le pari était risqué de représenter un tel événement tout en y incluant la fiction du jeu et pourtant la réussite est phénoménale et les villes semblent très fidèles à tel point que l’on pourrait s’y croire (en dégageant ce HUD envahissant bien sûr). Dans la ligné de Revelations, l’histoire se rapproche grandement d’un film et si vous rusher la trame principale, vous aurez l’impression d’avoir à faire à un jeu linéaire qui contient pas mal de cinématique et le jeu ne vous incite pas particulièrement à vous arrêtez pour faire autre chose que la trame principale, ce qui est regrettable.
L’histoire du jeu en lui même fait quant à elle un grand pas en avant et nous balance un autre cliffhanger sans que rien ne puisse être fait pour changer ce qui se passe sous nos yeux… On comprend bien mieux toute l’importance de Desmond et sa raison d’être et on l’incarne pour quelque missions dans la vraie vie ce qui permet d’imaginer un peu ce que pourrait donner un AC avec Desmond et non pas un de ses ancêtres.
Conclusion
On remarque que cette série n’a fait qu’évolué même si ça n’a pas toujours été pour le mieux comme le montre le mode tower defense oublié ou les systèmes de grenade/mine fortement modifié, mais le cœur n’a pas particulièrement changé, les mouvements du joueur dans son environnement reste le point central de la licence et AC3 à fait un sacré bond dans ce domaine en montrant qu’il était possible de faire toujours mieux.
L’histoire évolue plutôt doucement, mais sans pour autant être inintéressante et certains éléments sont même bien sympathiques.
AC reste à mon avis l’une des rares licences à avoir su garder tout son intérêt sur autant d’épisodes tout en se renouvelant sur d’autre points malgré une concurrence peu présente (voir inexistante?).
Pour avoir récemment refais tous les épisodes d’affilée, le gameplay n’a fait que se bonifier d’épisode en épisode et même si certains éléments n’étaient pas toujours utiles et que les quêtes répétitives des premiers épisodes pouvaient être gênantes, les développeurs on su profiter de leur expérience pour améliorer les épisodes et je ne doute pas que AC4 qui sera déjà le 6éme jeu de la série profitera tout autant de cette expérience.







