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Des photos, et des restes. le blog de ecaheti.

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Photo, le choix de l’appareil

Sunday 18 November 2012

Vous avez déjà tous lu des articles sur « Bien choisir son appareil photo », ou bien le un plus spécialisé « Bien choisir son reflex numérique » ou encore plus moderne « Bien choisir son appareil à objectifs interchangeable ».

J’ai été faire un tour la semaine dernière au salon de la photo, et j’ai encore eu ce sentiment de gunporn en voyant tout ces gens débarquer avec des sacoches photos remplis ras la gueule, moi même, pas mieux, avec mon appareil à l’épaule. Pourquoi apporte t’on son putain d’appareil au salon de la photo ? C’est stupide en fait, est ce que la semaine d’avant en allant au salon du chocolat je me suis pointé avec un snickers… non j’aurai eu trop peur qu’on me le pique… ou avec ma tablette de Galak ?? Non. Le salon de la photo est fait pour que les exposants déballent le matos, vous le clampin, pas la peine. Bref, je dis ça, mais à coup sur je vais probablement me pointer la prochaine fois avec mon appareil en me disant « au cas où ».

Je m’égare, mais pas tant que ça. En fait là où je voulais en venir, c’est que le petit monde de la photo à pris une tournure intéressante ces dernières années, mais que les critères de choix de l’appareil ont peu changé. En effet, depuis le début de la photo numérique grand public, force est de constaté que rien a bougé. Canon et Nikon sont arrivés les premiers vers 2003/2004, ont phagocyté tout le marché laissant aux autres le plaisir de rogner les miettes. Chacun y cru, sortant donc son produit du moment, ressemblant aux autres. En 2007 quand j’ai voulu remplacé mon feu AE-1 dont mon Optio E-30 était un maigre palliatif, en face de moi j’avais un 400D, un D40, un A100, un K100D un E510 et tout ce petit monde valait un peu la même chose, on faisait le choix sur un détail à la con, genre « j’ai lu que les optiques étaient mieux ici, et en plus c’est stabilisé dans le boîtier ». Mais à part ça et le bruit mieux géré chez certain, on avait des boîtiers un peu identique. La différence se faisait au feeling de la prise en main et des menus, et à boîtier identique, c’est toujours selon moi le critère qui doit faire la différence.

Aujourd’hui, on est arrivé à un point où, lassé de claquer du fric sur un marché ultra concurrentiel, ceux qui se partageaient les miettes du gâteaux sont allés cuisiner un plat pour eux seuls, Panasonic ouvrant le déjeuner avec ses Lumix en µ4/3. Le mirrorless est en marche, et il fallait au moins ça pour attirer l’attention du chaland, avec un appareil « qualité reflex » mais pas trop gros. C’est pas la taille qui compte, mais la qualité. A l’époque, beaucoup ont crû l’idée mort-née car basée sur les capteurs 4/3 très bruités (disons, par rapport aux autres) « parce qu’ils sont plus petits lol ». Depuis, Panasonic et Olympus se sont sortis les doigts du cul pour montrer que c’est pas la taille qui compte (encore une fois) mais la qualité du capteur. En 2011, les appareils mirrorless de toutes marques ont prouvé que ça intéresse les gens d’avoir un truc qui fait des jolies photos mais qui ne pèsent pas 8 tonnes.

Avec la question de l’ergonomie, la question donc à se poser quand on achète un machin avec des objectifs qui se changent, c’est “est ce que je suis prêt à passer mes vacances avec du matériel lourd et encombrant“. Cette question n’est pas plus importantes que celle de l’ergonomie, ni moins. Si on veux un petit encombrement et des boutons partout sur l’appareil, va falloir choisir. L’an passé j’ai été un peu refroidi sur un EP-3 très sexy, mais qui manquait de raccourci sur le boitier. C’est con, mais quand on prend l’habitude d’un bouton par fonction, la navigation dans un menu c’est chiant.

Je n’ai pas encore parlé de la qualité, mais j’y viens. On va la faire rapidement, si les compacts numériques ont encore du chemin à faire, niveau reflex et mirrorless, vous pouvez acheter n’importe quoi la qualité sera très bonne. Nan mais c’est vrai quoi, le nombre de megapixel pour un amateur ça sert à quedalle, les objectifs de base sont tous corrects, et ce qui fera la “bonne photo” c’est le photographe, point final. Si on passe dans la gamme “amateur éclairé”, on se payera un objectif lumineux et qui pique un peu plus et le tour sera jouer. Le boitier “amateur/expert” servira lui à apporter un confort supplémentaire. Mais dans l’ensemble, pas besoin de comparer les mégapixels où bien le parc optique pour choisir son appareil.

Oui, pas besoin de comparer le parc optique, sauf pour une marque qui n’en a que trois, où ça fait un peu cheap. Mais sans déconner, ça sert à quoi d’avoir un parc de 50 objectifs. Avoir le choix ? Haha, ok, vas y, choisi entre les 5 versions du 18-55. Tu prends la dernière ? Sans blague. Encore une fois, ce n’est pas la taille qui compte, mais c’est d’avoir la bonne optique. Bien sur, plus le parc est grand, plus la probabilité d’avoir l’optique qui convient est grande, mais à l’heure actuelle, tout les constructeurs l’ont déjà. Tous ont le trans-standard à tout faire pour les voyages, avec 2 ou 3 télés (50-200 et 70-300), un truc à portrait, un truc à macro et voilà, pas besoin de plus pour 80% des utilisateurs. Parler de la taille du parc dans un comparatif grand public, c’est expliqué à Madame Michu que le meilleur smartphone est celui avec le plus gros market d’application, ou bien que le meilleur processeur pour accélérer Internet est celui-ci ou celui-là.

Dans la variante il y a la fameuse question (probablement de plus en plus rare je pense) du “Sur lequel je peux utiliser mes anciens objectifs ?“, posée par un dinosaure de l’argentique. La question ne se porte pas sur la marque (”j’avais des objectifs Canon argentique alors je veux un Canon numérique”) mais sur l’objectif lui même, et ça le vendeur Darty il ne vous la pose pas, et pourtant il devrait car il est très probable que vos objectifs soient de la merde. Oui, complètement, monter un 28-80 3,5-5,6 argentique sur un 600D ça ne sert à rien du tout, c’est pas pratique, pas optimisé, bref, vendez donc votre EOS 5000 avec votre caillou, ça partira plus facilement. Le 18-55 fera bien meilleur office. Après, si vous commencez à aligner au vendeur que vous utilisiez des objectifs à visse M42 haut de gamme ou de la monture Leica, voir un jeu de 3 ou 4 focales fixes lumineuses en OM ou en monture Pentax, là, ça compte, et encore il faut être courageux car pour la plupart des photographes amateurs, le confort de l’autofocus est souvent plus important que la qualité de focale fixe. Si toutefois vous avez vraiment le courage d’utiliser votre 85mm pentax f1.4, sachant que via une bague, on peut monter presque toutes ces reliques sur presque tout et n’importe quoi, surtout si c’est du mirrorless. Et oui, qui l’eut cru, mais ces petits boitiers ressemblant pour certain à des vrais compacts ultra grand public sont l’outil idéal pour ressortir vos vieux cailloux. Entre la mise au point manual assisté par la loupe ou le focus peaking (la zone net de l’image est mise en évidence sur l’écran) qui permet de faire rapidement et proprement la mise au point et le titrage extrêmement court du boitier (distance entre la monture et le capteur) qui permet de mettre n’importe quoi même des objectifs en monteur C, ceux des caméra CCD de surveillance !

Mais grand Dieu, si vous faisiez de l’argentique avec des optiques de base, n’hésitez pas à changer de crémerie.

Il faut avoir des besoins hyper spécifique en terme d’optique pour commencer à devoir choisir une marque plutot qu’une autre, et encore cela se fait souvent avec un peu de fric derrière, si par exemple vous avez besoin d’un objectif à décentrement pour de la photo d’architecture, ou bien une protection tout temps pour un prix modique (bonjour le Pentax K30 !). Pour le reste, prenez le plus joli, celui qui à les menu qui vous plaisent le plus (et pas qui plaisent le plus à la rédaction d’un site web), mais ne pinailler pas pour des choses aussi inutiles.

Edit : Pour finir, une petite image gentiment indiquée dans les commentaires

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I are went to ze United State

Monday 1 October 2012

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5632km entre 2 et 43°C
5169 photos pour 39,1 Go
78 vidéos pour 6,33 Go

C’est pas énorme, mais y a plus qu’à faire le tri/tag/assemblage des panoramiques. On se revoit dans quelques semaines.

First Person Cueillette

Saturday 9 June 2012

Ghost Recon Desert Siege

Tuesday 22 May 2012

Ne me demandez pas pourquoi, j’ai acheté le pack Ghost Recon en promo sur Steam. Peut-être parce que c’est un symbole du massacre de licence et de gameplay made in console comme Ubi en fait tant, et que je voulais remettre la main sur un jeu tactique qui a sa sortie en 2001 était un bon jeu pour les fans de Rainbow 6, mais également mettre la main sur les GRAW (rien que le nom donne l’impression d’un type à 2 doigts de gerber…) histoire de voir comment on massacre une licence. Oui, à l’époque de Graw, je lisais Nofrag, on parlait de PPU, et Dr.Loser disait de gentilles choses sur le jeu.

Oui mais moi, j’avais déjà fini Ghost Recon, mais pas les add-on (pour les plus jeunes, add-on est la version française de “extensions”, un truc un peu comme un DLC, sauf que ce n’était pas juste une arme et un chapeau, il y avait des vrais morceaux de jeu dedans). Si j’ai commencé par Desert Siege, je vais un peu revenir sur certains concepts du jeu, qui faisait sa force.

Le père

Il s’appelle Rainbow 6, également développé par Red Storm Entertainment (et sa vidéo logo indiquant “Tu vas en chier parce que c’est nous qu’on a fait le jeu”). Dans R6, on préparait sagement sa mission sur un écran de planif’, on lançait la map, et rouler jeunesse, un FPS avec une balle / un mort.

L’héritage

Ghost Recon est le pendant “en extérieur” Rainbow 6, avec la partie planif en temps réel. On remplace l’équipe internationale de sauvetage d’otage par une équipe fer de lance de l’armée américaine, celle qu’on envoie avant tout le reste pour commencer le taf. Vous avez le droit à 6 hommes sur le champ de bataille, dont les domaines de compétence varient entre le fusilier de base avec son M16, le support avec sa M249, le démo avec un lance-roquette et un M4, et le sniper avec un M24. On peut modifier un équipement secondaire pour chaque en prenant lance grenade M203, grenades à main, ammos supplémentaires, claymore et encore quelques autres trucs. C’est bien joli tout ça, mais pour faire quoi ?

Libérer de l’oppression !

Et bien pour le coup, je vais vous parler un peu de l’environnement. Les maps semblent plutôt grande (oui, à l’époque c’était pas mal, maintenant à côté d’Arma ça fait terrain de pétanque) et pas mal nivelé, avec gros rocher, un peu d’arbres, de la végétation, des bâtiments à droite à gauche. Dans mes souvenirs, le jeu de base possédait des environnements urbain, là où Desert Siege fait dans les rochers d’Afrique de l’Est. Dans l’ensemble même après 10 ans, l’environnement m’a semblé crédible. On est loin d’un terrain de foot avec un palmier au milieu.

Desert Siege propose des missions assez variées, un coup on vous demande de détruire les restes d’un SR71, un coup faut bêtement dézinguer des noirs rebelles putschiste éthiopiens, une autre fois il faudra escorter des camions de l’ONU, dégager un barrage routier ou libérer des otages.

Gameplay

Alors c’est là que le jeu montre son gros intérêt. Dans l’ensemble tout ce que j’ai écrit précédemment se retrouve dans un 1 jeu de flingue sur 3, donc il faut bien parler de ce qui fait que Ghost Recon est un cool jeu et plutôt inédit. Une fois vos 3 équipes constituées de 6 hommes répartis comme bon vous semble, vous êtes largués sur le champs de bataille, où plus plutôt d’escarmouche, avec 3 ou 4 objectifs. Et là ? Et bien démerdez-vous. Le HUD est minimaliste, avec une boussole, l’état de votre armes, une indication de santé tristate (vivant/blessé/mort). Pas d’autoregen, pas d’indication moderne tel que “la cible est par là, lol”, pas de briefing dans les oreilles pour vous rappeler vos ordres en cours de mission (vous l’avez lu avant d’équiper vos gars). C’est votre bite et votre M16. Le seul luxe est un indicateur pour vous dire “Y a un mec à moins de 5m” et qui vous donne la grossièrement la direction des tirs qui vous arrivent dessus. Pour diriger vos coéquipiers, vous avez accès à une carte tactique où vous pouvez donner des ordres de déplacement, définir une zone à couvrir, ordonner un feu nourri ou bien passer en mode “ferme ta gueule”. Si les options semblent bien plus maigres que la panoplie énorme de Rainbow Six, il ne faut pas oublier que tout cela se passe directement sur le champs de bataille. Une partie alterne donc entre micro planification et action…

… ou pas. Comme Dr.Loser le disais dans son test il y a dix ans, l’ambiance est stressante et on scrute le moindre mouvement au loin, car s’il est facile de buter un méchant avec une balle, il a la même facilité que vous à dégommer ses cibles. Vos collègues étant parfois un peu cons (problème de pathfinding), on évitera de les envoyer à l’autre bout de la map sans savoir ce qui s’y trouve. Ils vous serviront donc majoritairement d’appui feu pour les assauts sur les zones un peu chargées. Ghost Recon se donne des airs de partie d’échec, où l’on avance prudemment ses pions tant qu’on ne connait pas la tactique de l’ennemi. La facilité qu’on a de crever est du même genre de celle d’un Arma, mais dans un jeu plus accessible pour celui qui n’est pas un gunloon né. Et au passage, l’âge du jeu fait qu’il tourne mieux sur des configs en mousse, il est probable qu’un netbook le fasse tourner tout à fond sans problème. Pour en revenir au jeu lui-même, il reste “complexe” avec plein de raccourci clavier (pro tip : configurer la touche pour se baisser de façon accessible, ça sert beaucoup), de quoi mettre à l’arrêt vos camarades, changer leur comportement, ou bien utiliser vos cheat NVG.
Pour en revenir à Desert Siege, c’est sympa pour replonger 10 ans plus tard, mais un poil en deçà du jeu original. Déjà, la durée de vie est assez bof, j’ai bouclé la campagne en mode vétéran (en fait je n’ai pas fait gaffe, mais je crois que c’est le niveau de difficulté intermédiaire) en 6h, et j’ai eu une période d’adaptation. Si je refaisais la campagne maintenant que j’ai réintégré les mécaniques du jeu, je pourrais faire une heure de moins pour boucler les 8 missions. On peut se corser la tâche en ne s’autorisant pas les save/load en cours de map, dont je reconnais avoir usé et abusé tant il peut être rageant de perdre un homme parce que l’IA de l’ennemi réagi vite. Elle a néanmoins un problème de dispersion à longue distance qui d’abord évite de crever trop vite, mais également renforce le stress ingame due à la pluie de balle qui peut s’abattre sur vous. Enfin bon, le pack Ghost Recon a 7 euros, ça le fait malgré la durée.

Y jouer aujourd’hui ?

Et bien j’ai trouvé que ça se faisait bien d’un point de vue graphisme et ambiance, et ce qui fait la force du jeu c’est de se positionner sur le créneau tactique un peu hardcore mais pas trop, dont la difficulté peut tenir un joueur au bord du ragequit sans jamais y arriver. A noter que Fraps faisait planter le jeu, et donc je n’ai pas de screen à présenter. Il me reste à présent à faire le deuxième add-on, Island Thunder, histoire de ranger ce premier épisode de Ghost Recon dans ma catégorie Steam “JEUX FINIS”.

[PE-Ep5]: OS Temps Réel

Monday 9 April 2012

Parlons “embarqué” [Ep5]: OS Temps Réel

Je quitte un peu les bas fond de l’électronique pour évoquer un sujet nettement plus orienté développement logiciel.

OS Temps Réel Multitâche : Définition

Pour être précis, la définition que j’utilise. Un système temps est un système dont le temps de réaction associé à la moindre action est connu. Un OS Temps Réel (RTOS) est donc un ensemble de routines et de primitives respectant ces conditions. Par exemple le passage d’une tâche à une autre prend toujours le même temps.

Si on étend le concept, la mesure d’une grandeur physique par un capteur est dite “temps réel” quand on sait combien de temps cela prend. Si on attend une valeur au bout de 10s, et que la réponse arrive au bout de 12s, ça ne sert à rien, peu importe le reste (précision, etc.). Cela s’oppose donc à la notion de “temps réel” habituelle du grand public qui tourne plutôt autour de l’immédiateté.

Et le multitâche ?

C’est la possibilité qu’a votre OS de faire plusieurs choses en même temps. Comme vous êtes féru de technologie, vous savez très bien qu’un processeur n’exécute qu’une seul instruction à la fois par cœur (m’emmerdez pas avec votre hyperthreading, c’est pas vraiment le genre de truc qu’on gère dans un microcontrôleur), et on en arrive au fait que votre multitâche est en fait votre µC qui exécute un bout de tâche par-ci et un autre par-là.

Question bonus : un OS ? Genre on peut installer des applis et tout ?

Humm en général non. A part pour les Linux embarqué (et qui ne sont pas forcement temps réel, ucLinux par exemple, mais pas QNX qui lui l’est) qui se comportent comme des Linux, beaucoup d’OS embarqué sont compilés en même temps que le reste de l’application. Cela est évidemment possible car le cœur d’un OS n’est pas “très” compliqué. Une fois les drivers (oui, c’est au développeur de les coder et de les intégrer dans l’OS) et la Dame de Pique enlevés, il ne reste plus que l’ordonnanceur et les objets de l’OS.

Ordonnanceur ?

L’ordonnanceur  (ou scheduler pour les intimes), c’est ce qui fait que votre OS est multitâche. Je disais tout à l’heure que votre µC qui exécute un bout de tâche par-ci et un autre par-là, bon, en vrai votre µC ne fait que ce que le l’ordonnanceur lui demande. Pour bien comprendre comment ça marche, intéressons nous d’abord aux tâches, qu’on va bien nettoyer.

Une tâche est une routine qui s’exécute en boucle et qui peut avoir 3 états fondamentaux :

  • En cours (Running)
  • En attente (Waiting)
  • Prête (Ready)

On peut y rajouter d’autres attributs en fonction de l’OS comme par exemple un numéro de priorité, nécessaire pour beaucoup de système, mais pas obligatoire. L’idée de base, c’est que lorsque votre CPU exécute la tâche, elle est “Running”, quand elle va attendre un évènement elle va se mettre en “Waiting” sur cet évènement, quand l’évènement arrivera elle passera en “Ready”. Ensuite quand votre  ordonnanceur se posera la question fondamental “Quelle tâche vais-je donc exécuter maintenant ?” il verra votre tâche qui est “Ready”, un peu comme quand vous vous hâtiez de lever la main pour répondre à la maitresse.

Mais si j’ai trois tâches (soyons fou, A, B et C), et que 2 ou plus sont Ready en même temps, mon  ordonnanceur fait quoi ? Et bien ça dépend de l’OS. Premier cas, votre OS gère ce que l’on appelle le Round Robin, et dans ce cas il se débrouillera pour attribuer le même temps CPU à chaque tâche. Deuxième cas, votre OS ne gère pas le Round Robin et dans ce cas c’est le concept de priorité de la tâche qui entre en jeu.

Vous êtes probablement familier avec le concept de niveau de priorité parce que vous avez remarqué que, dans le gestionnaire de tâche de Windows, vous pouviez changer la priorité d’une tâche. J’ai jamais réellement su si ça pouvait avoir un effet bénéfique ou bien si cette option a été créé juste pour rendre instable le PC des téméraires les plus curieux. Mais je m’égares. Certain OS simplifie la gestion des priorités en interdisant que 2 tâches aient le même niveau de priorité. Lorsque c’est le cas, à la question “3 tâches sont Ready, laquelle passe en Running ?” la réponse est “celle du plus haut niveau de priorité”. Au passage j’élude vite fait les niveaux de priorité identiques : dans ce cas l’OS fait du Round Robin et attribut le même temps CPU aux tâches de même priorités.

Vous l’avez compris, on ne peut avoir qu’une seule tâche en Running. Quand les trois sont Ready, on exécute (la pauvre!) celle de plus haut niveau de priorité. Et quand les trois sont Waiting on … ben on fait quoi ? Et bien on se touche la bite ! On utilise une tâche système qui s’appelle la tâche “Idle”. Un microcontrôleur de base ne peut pas “s’arrêter de tourner”, il faut donc lui filer du grain à moudre même si c’est pour lui dire de tourner en rond (astuce belge, le mettre dans une pièce ronde et lui dire de chercher une frite qui se trouve dans un coin). La tâche Idle c’est du vent, une boucle infinie vide. Travaux pratique : faites Ctrl+Shift+Echap et trier par “CPU” dans la liste des process. Et le grand gagnant est… Processus Inactif du Système ! La tâche Idle de Windows, celle qu’exécute l’OS quand il n’y a rien à faire.

Au final, pourquoi un OS dans l’embarqué ?

Ça, c’est la vrai question. Première réponse : surement pas pour accélérer votre code. En effet, passer d’une tâche à l’autre à un coup en terme de RAM et en terme de temps CPU. Si votre appli est ultra optimisée complètement rédigée en assembleur avec un taux d’occupation CPU de 100%, ne rêvez pas, un OS ne vous créera que des ralentissements.

En revanche il est possible que votre appli fasse plein de petites choses différentes, ai besoin d’une communication vers l’extérieur, fasse un contrôle de process dont le temps de réaction est de l’ordre de la milliseconde, tout en contrôlant des variables provenant de capteurs divers, affiche des données statistiques sur un petit écran LCD, etc. Là, un OS peut être utile. En organisant les différentes fonctions de votre applications en différentes tâches, vous posez dissocier les process internes. En choisissant judicieusement vos niveaux de priorité par la suite, vous aurez votre OS qui gérera tranquillement ce que vous lui avez demander sans avoir à vous tapez une grosse machine d’état pour savoir comment organiser votre communication par rapport à votre acquisition de température. Virtuellement les deux se font en même temps.

Et il n’y a pas que l’organisation en tâche qui rend un OS pratique. Il y aussi tout les objets systèmes que votre OS pourra vous proposer. Je n’ai pas abordé le sujet des timer OS, des sémaphores et des boites à lettre, mais ces objets de synchronisation permettent à vos tâches de communiquer entre elles, tout en mettant en place des systèmes sécurisés prêts à emploi.

En attendant un article complémentaire sur quelques mécanismes internes, les objets systèmes et un lave-linge, si le sujet intéresse il y a toujours plein de doc sur les Internettes.