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Des photos, et des restes. le blog de ecaheti.

Archive pour December 2011

Little Big Adventure

Saturday 3 December 2011

Little Big Adventure, LBA pour les feignasses, est sorti en 1994. Il est développé par Adeline Software et avec au générique Frédérick Raynal, fierté française du jeu vidéo de la fin du XXe siècle. C’est un jeu qu’on qualifiait à l’époque d’action-aventure, dans la lignée d’un Zelda et qui a marqué son époque par des graphismes kromeugnon et une histoire qui se laisse raconter gentiment.

Le jeu commence dans une poubelle

Le pitch est pas vraiment compliqué : Une planète, un dictateur, une légende, un héros (celui de la légende). Bon évidemment c’est pas bandant dit comme ça. La particularité de l’univers de LBA c’est son côté moderne parallèle, dans un monde qui fonctionne comme le nôtre mais qui reste différent, avec une identité visuel au niveau des décors et des personnages bien marqué.

Il était une fois en périphérie d’une galaxie peu fréquentée, un planétoïde nommé Twinsun. Cette planète au climat tempéré casée entre deux soleils est constituée d’îles reparties sur deux hémisphères séparés par une chaine de montagne. Ca ressemble à la terre, mais non ! Sur Twinsun on trouve plusieurs espèces animales principales avec des meugnon-noms (Quetsch, Grobo, Lapichon et Bouboule) qu’on rencontre à droite à gauche. Il existe d’autres bestioles qui sont plutôt dans la catégorie des trucs pas cool à buter. Si visiblement tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie à un moment, ce n’est pas le cas quand on démarre le jeu. Sous-jacent à tout ça, une légende de p’tits bonshommes qui sont l’âme de la planète.

En effet, un terrible dictateur, Funfrock, a décidé que l’hémisphère sud de la planète était pas vivable, a viré tout le monde et a banni toutes allusions à la légende. Comme tout ça c’est difficile, Funfrock a créé une armée de clones qu’il peut téléporter à foison via un réseau de télépodes, des trucs fabriqués par les Ingé de TF2, mais en version haut de gamme indestructible. Et comble du malheur pour Twinsen le héros, il rêve de la prophétie et se fait incarcérer par les suppôts du dictateur. Et c’est ici que commence la grande aventure du petit …

Un peu de technique

Le jeu se déroule sur des décors fixes en 3D isométrique, et les décors sont un peu variés. En effet si certaines îles sont clairement identifiables sur un screenshot, les autres se ressemblent souvent. En revanche les intérieurs des bâtiments sont rarement identiques, parfois vide, mais toujours un peu mignon. Au niveau des personnages, tout le monde est en vrai 3D. Bon, sans textures, ok, mais avec juste la couleur des polygones on fait facilement la différence entre chaque personnage rencontré, leur habit de ville, militaire ou bien en guenille. Le résultat est esthétiquement bon, que ce soit à l’époque ou même maintenant. Le jeu utilise la résolution SVGA (640×480) et permet d’accéder à un bon niveau de détails sur le rendu final. Bien sur vu aujourd’hui, ça fait parfois un peu “vide et clean”, mais encore une fois, l’ensemble que cela forme dispose d’un petit quelque chose qui accroche bien et une fois qu’on est pris dans le décors et le jeu, la mayonnaise prend. Le jeu est régulièrement entrecoupé de petite animation histoire de récompenser le joueur d’être allé si loin !

Au niveau maniabilité, tout se joue avec votre gros pad de 105 touches. Les déplacements sont du type “voiture”. Ainsi, appuyer sur la flèche de gauche ne vous fera pas avancer vers la gauche de l’écran, mais vous fera pivoter vers la gauche. La flèche du haut ne vous fait pas avancer vers le haut comme dans un Zelda, mais vous fait avancer vers la direction en face du personnage. On retrouve finalement la même maniabilité qu’Alone in the Dark, du même Raynal. Ce type de maniabilité est assez curieuse quand on y pense, car quand on observe bien le déplacement de Twinsen, on se rend compte… et bien que ce n’est pas du tout naturel ! Quand on recule on entendrait presque le “bip bip” d’un 35 tonnes qui passe la marche arrière. Outre les déplacements, Twinsen a à sa disposition 4 comportements entre lesquels il faudrait switcher régulièrement. Un mode pour parler, un mode pour courir et sauter, un mode pour péter la tête des autres, et un dernier pour être “discret”. Ce dernier servant surtout à lancer la balle magique en lob.

Balle rouge, niveau 3, serious business

A oui, la balle magique. Au niveau “comment tuer les méchants”, Twinsen dispose de son mode agressif qui est un copier coller de celui d’Alone in the Dark, et aussi de sa putain de balle magique. En gros ce cache sous ce nom ridicule mais tellement parlant un balle rebondissante qui revient toujours dans la main du héros, et qui servira à taper des clones ou à faire bouger des interrupteurs. Cette balle a le bon gout de changer de couleur au fil de l’aventure, quand Twinsen augmente son “niveau de magie” en récupérant certains objets.

De l'espace, carrément !

Pour rentabiliser l’achat de vos enceintes et de votre Sound Blaster 16 qui vous a coûté  un bras, les gars d’Adeline Software ont mis le paquet. Le jeu est servi par une bande son inoubliable et surtout par des voix. En 94, je vous rappelle que Doom est là depuis un an, Doom II sortira 4 jours après LBA, et niveau dialogue c’est pas la joie. Dans LBA,  tous les dialogues sont doublés, dès qu’on parle ou qu’on lit un panneau, on le droit à Twinsen qui cause. Car lui, contrairement à Link ou Gordon Freeman, il parle. Les bruitages sont moins remarquables, mais ils ont le méritent de se marier avec les graphismes et de renforcer la cohérence globale du jeu. Enfin, les magnifiques musiques de la piste CD viendront agrémenter l’aventure. Le genre de  morceaux qui 10 ans après vous donneront envie de rejouer au jeu et de faire un rétro article sur votre blog. Quand vous n’aurez pas la musique des pistes audio vous aurez le droit à des versions midi de qualité inférieur mais corrects, mais beaucoup trop courte. Comme dans beaucoup de titre mémorable de l’époque, cette bande son participera au succès et à l’immersion dans le jeu.

Parfait ?

Grande maison ? La mienne, c'est normal.

Non, évidement. Il y a des éléments qui font pourriront un peu votre séance de jeu, mais pas tant que ça. Déjà le point le plus critique qu’on remarquera dès le début du jeu : Twinsen n’aime pas les murs. Pour être précis, il n’aime rien qu’il rencontrerait en courant : ainsi si par malheur dans votre course vous cogner un mur, un poteau, une bite d’amarrage, une rambarde, vous aurez le droit à un mouvement de recul de douleur et perdrez quelques points de vie. C’est assez chiant, et tellement que ça a été corrigé dans le deuxième épisode.

Autre point casse couille du à la maniabilité du jeu, il est très difficile de viser précisément un ennemi lointain avec votre balle magique. En effet pas besoin d’être un pro de la trigo pour comprendre que lorsque que vous pivotez d’un poil de cul, à 10m votre balle passera complètement à côté de votre cible, vous obligeant à tirer plusieurs fois pendant que vous réajuster votre position… et que votre cible bouge. Mais comme tous les jeux de l’époque, avec un peu d’habitude, on s’en sort. On donnera toute de même une mention spéciale au passage dans le temps de Bû, particulièrement difficile, le passage le plus dur du jeu dans mes souvenirs, et aussi depuis que je l’ai recommencé il y a peu.

Temple de Bû : tu rages, tu rages et tu rerererages.

Il arrivera également souvent que après avoir longuement réfléchie à comment vous aller attaquer votre cible, que celle-ci se mette à vous attaquer à une cadence folle, ne vous laissant aucune chance dans réchapper, car faire demi-tour prend du temps. C’est moche mais c’est le jeu ! On s’en sortira avec une gracieuse marche arrière pas vraiment classe. Là aussi, certaines commandes de déplacement dans le second épisode règleront le problème.

Conclus !

Oui oui j’y viens ! Si le jeu a été particulièrement apprécié à sa sortie, évaluer son potentiel maintenant est assez difficile. Tout d’abord parce que graphiquement, on fait mieux. Mais la DA tient encore bien la route, et si le premier contact peut être rude, on se fera vraiment plaisir une fois installer dans le jeu et l’histoire. Les quelques défauts évoqués ci-dessus ne sont pas rédhibitoires pour peu qu’on puisse faire preuve d’un peu de patience parfois.

Ceux qui avaient apprécié le jeu y rejoueront sans problème, et les nouveaux (oui toi là, qui n’était même pas né quand le jeu est sorti) pourront y jouer pour voir qu’on a pas attendu les cartes graphiques pour jouer à de chouettes titres. Tout de même je n’aurai qu’un seul conseil, peu importe le moyen que vous utilisez pour y jouer (Dosbox ou bien gog.com) débrouillez-vous pour avoir la musique. Si quelqu’un a testé la version gog, j’aimerais bien savoir si les pistes CD fonctionnent pendant le jeu (et si c’est le cas, promis, je l’achète).

Sinon il y aussi la suite, Little Big Adventure 2.