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RESO (Montréal Underground)

Vous avez peut-être entendu parler du réseau sous-terrain de Montréal, qui permet aux habitants de se déplacer et faire du shopping lorsqu’il fait -15 dehors. Vous avez peut-être même vu quelques photos de ces grand centres commerciaux à demi-enfouis, moitié en hauteur et moitié en sous sol, généreusement éclairés par des puits de lumière naturelle (tout du moins en partie).

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Mais ce qui est beaucoup moins documenté, c’est comment ces centres s’articulent entre eux en interne ainsi qu’avec le métro. Absent des guides de tourisme et très discret sur ses accès, ce réseau sous-terrain s’appelle le RESO.

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Avec son architecture hétérogène à l’image de la ville de Montréal, le RESO semble s’être construit petit à petit, s’incrustant dans et sous la ville au hasard des espaces laissés vacants et sans supervision globale. Son nom ne lui a d’ailleurs été donné qu’en 2004, comme une signature commune à cette oeuvre collaborative tortueuse.

Capter le RESO

Si les guides se gardent bien de vous balader dans le RESO, c’est qu’il faut d’abord en trouver l’entrée !
Les panneaux signalant un accès sont très discrets, et référencés ni sur google map (pour l’accès extérieur), ni dans les plans internes des centres commerciaux (pour l’accès intérieur).
D’autre part, il n’y a ni continuité de chemin une fois un centre relié (il est très difficile de trouver la porte suivante lorsqu’on passe dans un noeud majeur type centre commercial ou station de métro), ni même une continuité de design le long des couloirs.
Car c’est bien la qu’on voit sa nature profonde : tantôt longeant le premier étage d’un immeuble d’affaire, ambiance lumineuse et sol feutré, séparé d’une vitre des employés de bureau, tantôt en sous-sol carrelé froid et éclairage néon, tantôt bordés de boutiques en tout-genre comme dans une galerie commerciale, le RESO ne cesse de zigzaguer, de monter, de descendre, de tourner et de changer de forme comme un étrange labyrinthe. Mais ce labyrinthe n’est au final que la résultante des espaces où il peut se faufiler, empruntant un bout d’immeuble laissé vacant, descendant sous une route pour remonter aussitôt après, se fondant enfin dans des espaces de taille variable qu’il traverse jusqu’à se diluer complètement, pour renaître cent mètres plus loin.

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En pratique

Le RESO s’étend en gros de la station Peel à Berri-Uqam pour la ligne verte, et son équivalent géographique pour la ligne rouge (jusqu’à Lucien-L’allier). Il n’est cependant pas complètement continu, et il n’existe pas systématiquement des passerelles nord-sud. Prévoir dans tous les cas de marcher plus que prévu, le RESO semblant en pratique choisir le chemin pour vous plus que l’inverse !

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Coté rue, en vous baladant dans le centre ville ouvrez l’oeil : vous finirez par tomber sur de discrets panneaux RESO vous indiquant un accès possible, tachez de repérer de quel module en particulier il s’agit pour mieux vous orienter (les modules internes du RESO ayant leur nom propre, dans un découpage différent de ceux des quartiers et des stations de métro).
Vous pouvez aussi tenter de trouver un accès via un centre commercial, dans ce cas privilégiez les niveaux -1 et -2 pour maximiser vos chances. Ouvrez l’oeil, ça ne sera pas indiqué sur les plans qu’on trouve au sein du centre. Il se peut que le RESO ne soit indiqué que par son logo, une flèche pointant vers le bas, entouré d’un rond. Mais cela peut aussi indiquer une station de métro…
Enfin une fois dedans, restez attentif ! Si la balade est sans encombre quand il ne s’agit que d’un unique couloir, il est très facile de perdre sa trace dès qu’il rejoint un embranchement (embranchement du RESO ou embranchement de métro, de centre commercial ou autre).
Enfin lorsque vous débouchez dans un noeud majeur sans aucune indication, gardez le cap ! La porte suivante se trouve logiquement à peu près dans la direction que vous suiviez.

Après une après-midi passé à naviguer dans le RESO traversant la ville de noeuds en noeuds vous vous sentirez invicible, comme un parisien se riant des provinciaux déboussolés par le réseau RATP ! Mais prenez garde, car le réseau Montréalais a plus d’un tour dans son sac pour vous déboussoler. Grisé par ma victoire du premier jour, le deuxième jour m’a fait tourner en rond jusqu’à revenir à mon point de départ…

5 commentaires pour “RESO (Montréal Underground)”

  1. Sir_carma dit :

    Sympa comme histoire !
    J’ai habité plus d’un an là bas, et je ne connaissais pas.
    Je tenterai la prochaine fois que j’y mets les pieds !

  2. Darkstryder dit :

    Haha, ça me rappelle des souvenirs ton post.

    Ça m’avait marqué aussi le RESO (même si j’ignorais ce nom là). Voilà ce que j’en avais écrit en 2008 à mes proches dans un mail sur mes réactions à chaud :

    Vendredi j’ai retrouvé Sebastian, un autre étudiant en échange, venant lui d’Allemagne. On est parti ensemble à l’aventure dans la cité souterraine de Montréal, qui est assez déstabilisante ( et assez géniale).

    La cité souterraine est un réseau artificiel de couloirs entre les galeries commerciales, les bâtiments publics, les stations de métros et gares. Quand je dit artificiel, j’entends : les connexions ont été ajoutés après coup.

    Ca donne donc un enchevêtrement de couloirs souterrains sans fins et surtout qui ne se ressemblent jamais vu qu’ils n’ont pas été pensés ensemble.

    Des environnements claustrophobiques, sous forme de couloir déguisés, sans jamais voir l’extérieur, bingo : on jurerait de se trouver dans un jeu vidéo, particulièrement ceux d’il y a quelques années où ils n’étaient pas capable de créer de grands décors extérieurs et devaient donc créer des jeux dans des intérieurs sans fin.

  3. CYANure dit :

    Tu nous parles de ça comme si c’était aussi dur à trouver qu’une entrée cachée vers les catacombes de Paris.
    Des entrées RESO y en a absolument partout. (en même temps c’est le but, par -20°c, ce serait dommage de mettre trois heures à trouver l’entrée du souterrain)

    Par contre c’est vrai que les embranchements sont bizarrement originaux parfois, tu passes avec tes chaussures pleines de neige/boue/flotte du centre commercial à l’entrée en moquette et tapis rouge d’un immeuble magnifique sans même t’en rendre compte.

  4. Boozdeuvash dit :

    J’ai trouvé ça totalement surfait leur “ville souterraine”, tous les bons restos et bars sont en surface, donc à moins de vivre pour le shopping c’est vraiment secondaire.

    Par contre c’est rigolo à arpenter quand on a rien d’autre à foutre en hiver, la première fois.

  5. drloser dit :

    Ah ah ah, les deux derniers com, vous avez gardé l’esprit parisien <3

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