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L’antre du Loup, façon Nofrag le blog de DarkWolf.

[PC]Life Is Strange

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INTRIGUE : Max Caulfield est une jeune étudiante de 18 ans, passionnée par la photographie. Elle revient à Arcadia Bay, ville de son enfance, afin de suivre les cours de Mr Jefferson, brillant professeur dans le domaine de la photographie.
Mais Max découvre rapidement que son retour a développé chez elle un don : celui de remonter le temps.
Entre ses retrouvailles avec sa meilleure amie d’enfance (Chloe Price), Max devra aussi gérer une disparition étrange d’une étudiante nommée Rachel Amber, des camarades de classe cachant certains secrets, et une tornade prête à détruire la ville dans 5 jours…

GAMEPLAY : “Life Is Strange” se présente comme une sorte de jeu d’aventure à la troisième personne. On y incarne bien évidemment Max, et on progresse assez librement dans certains décors, à la recherche d’éléments pouvant faire avancer l’histoire. Une fois notre ou nos besognes effectuées, on peut quitter la scène pour passer à la suivante.
Chaque scène présente un nombre énorme d’éléments à analyser, à lire, à disséquer, et bien évidemment à manipuler. Le fait de pouvoir remonter le temps impacte fortement le gameplay, puisque certains choix ne seront possibles qu’en ayant recours à ce stratagème. On peut ainsi revoir ses propos, ouvrir de nouvelles opportunités de dialogue, changer ponctuellement le cours des choses pour voir l’issue, et ainsi opter pour ce qui nous semble le plus judicieux.
Mais il faut bien se rendre à l’évidence qu’il n’existe pas réellement de bons choix. Les conséquences peuvent varier, mais dans “Life Is Strange”, il n’existe pas vraiment de “bon choix” ou de “mauvais choix”.
Autre point, le titre se permet de varier son gameplay, apportant à certains moments des phases de furtivité, toute à fait en relation avec l’intrigue et l’univers, sans que cela ne dérange.

RÉALISATION : Il faut l’avouer, d’un point de vue visuel, ce n’est pas formidable, avec des textures sommaires, des animations rigides…On a l’impression de voir un peu de cell shading mal digéré à certains moments….Mais MORDEL DE BERDE, quand la direction artistique s’en mêle, on oublie tout cela pour se retrouver devant de véritables scènes du 7ème Art, ou devant de superbes photographies, où le focus varie pour souligner les charmes de certains plans, et où la lumière a un rôle prépondérant (voir ces formidables couchers de soleil).
Et si on peut déplorer l’absence de version française, on ne peut que saluer le travail magistral des acteurs usant de la langue de Shakespeare, donnant à chaque personnage une réelle identité. On passe alors sur le fait de se coltiner des sous-titres.
Enfin, la bande-son….C’est tout simplement une des plus belles jamais développée pour un jeu, avec des titres composés par Syd Matters, Local Natives, Breton, Message to Bears, Foals…Chaque titre dispose d’un énorme potentiel émotionnel, savamment employé dans les moments critiques du jeu. Attendez vous à en être fan, et à vous passer en boucle certaines de ses compositions, un mouchoir à la main…

DURÉE DE VIE : Un format épisodique judicieux, 5 chapitres avec une durée moyenne de 2-3 heures, en fonction de comment vous attaquez le titre. On peut aller même au delà en prenant le temps de tout fouiller, les développeurs ayant créé un univers gigantesque et cohérent si on prend le temps de tout disséquer (ce qui est hautement recommandé, histoire de comprendre l’intégralité de l’intrigue, mais aussi les caractères de chaque protagoniste rencontré, du plus important au plus anodin).
La replay value est énorme, car des choix déterminants sont agencés à plusieurs reprises, pouvant influencer la suite de l’intrigue. Voir comment se déroule l’action sous un autre angle, c’est tout l’art de refaire le jeu.

INTÉRÊT : ATTENTION CHEF D’ŒUVRE!!!! Avec un succès retentissant, “Life Is Strange” est une pure merveille, une sorte de film interactif émotionnel. A mi-chemin entre le film et le jeu, il exploite les forces de ces médias pour nous livrer une vraie expérience active et narrative. Imaginez un instant pouvoir modifier l’intrigue de votre film culte…
Le titre des développeurs français de Dontnod est une véritable prouesse, distillant une histoire et un univers maîtrisés de bout à bout, un souci du détail à en perdre les cheveux, et des surprises à vous arracher la mâchoire à chaque fin de chapitre.
Puisant ses inspirations dans les écrits de Stephen King, de son univers (on pense notamment à “Dead Zone”, à “Shining” avec son fameux REDRUM), de certains films comme “Donnie Darko” et bien évidemment “L’effet papillon”, l’intrigue prend son envol après un premier chapitre pas vraiment révélateur de son énorme potentiel. Il faut s’attendre à des moments vraiment intenses, surtout à partir du chapitre 3, où l’histoire commence à donner des indices sur ce qu’il se passe à Arcadia Bay. La suite enverra du lourd, mais attention, le ton est résolument sombre, très sombre.
Des thèmes comme le viol, le meurtre, le suicide et l’humiliation seront en première ligne. Si vous pensiez avoir à faire à un titre léger, un peu surnaturel, détrompez-vous : nous sommes face à un titre puisant au maximum dans vos expériences, dans votre ressenti, dans vos émotions. Il est alors tout à fait légitime de craquer à certains moments, comme certains Youtubeurs l’ont prouvé en se filmant en train de découvrir certains moments clés.
Et finalement se rendre compte que, comme un film culte, “Life Is Strange” vous poursuit encore des jours après l’avoir fini, encore marqué par cette scène, dont le vif souvenir vous revient à l’écoute de la chanson employée à ce moment là (mention spéciale pour “Mountains” de Message To Bears ou “The Sense of Me” de Mud Flow).
Serti de personnages forts, à l’apparence très cliché (la blonde pimbêche, l’ultra catho, le geek, le beau-père beauf, la jeune rebelle) mais qui révèlent tous leurs secrets si on prend le temps de creuser (et forgent une réelle identité, bien loin de l’image qu’ils véhiculent), l’empathie est là. Pleurer sur le destin d’un personnage, même secondaire, est alors normal. Et c’est sans nul doute la force maîtresse de ce titre : nous proposer d’être actif et de prendre les (pires) décisions dans une aventure d’une intensité absolue, comme on a trop rarement l’occasion d’en découvrir au cinéma ou en série.

19/20

JeuxVideo.com

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