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le blog de channie.

Amazon AWS, un an plus tard

Précédemment, comment profiter de l’offre d’un an de cloud computing gratuit via Amazon.

Ça n’est un secret pour personne, lorsque l’on est indépendant et que l’on travaille avec un nombre non négligeable de collaborateurs, il faut réduire au maximum les coûts d’infrastructure sans pour autant rogner sur la qualité. Cela a pour inconvénient (si je puis dire) de passer plus de temps en IT, temps qui aurait pu être mis à profit sur la création de votre jeu.

Au départ, on veut surtout aller au plus vite et au plus efficace, au détriment de construire pour le futur. Ça n’est pas forcément une mauvaise manière de fonctionner, il faut simplement revenir dessus au moment opportun sans s’être fermé trop de portes.

Organisation

Étant donné que nous sommes moins de 10 à collaborer, il convient de garder les choses simples:

  • Trac
    • Gestion de projet
    • Bug tracking
    • Documentation
    • Austère
    • Gratuit
  • Mumble
    • Discuter en direct
    • Plus complexe que Skype
    • Gratuit
  • Perforce
    • Gestionnaire de version de fichiers
    • On le connait bien
    • On a beaucoup de fichiers binaires qu’on locke (ce qui explique pourquoi on n’a pas pris de DVCS tels que Git ou Mercurial)
    • Gratuit jusqu’à 20 utilisateurs

Etat des lieux

Faisons donc un petit état des lieux sur les coûts annuels de notre petit projet indé jusqu’ici.

Trac hébergé chez XP Dev: 40 euros

  • Les plus:
    • Création de compte extrêmement simple (comparé à un dédié nu)
    • Déploiement des plugins Trac en un clic
  • Les moins:
    • Backups manuels (il faut faire une requête au support)
    • On ne peut pas installer nos propres plugins pour Trac (mais on peut en faire la demande)

Perforce + Mumble hébergé chez Amazon AWS: gratuit la première année, puis ~14 euros par mois minimum

  • Les plus:
    • Serveur dédié avec un accès sudo (donc on peut tout faire)
    • Extrêmement facile à gérer avec la console d’administration (backups et déploiements en un clic)
    • Assez fiable (2 crashs en une dizaine de mois)
    • Disque dur flexible
    • Semblant de FTP (S3)
  • Les moins:
    • Limité par le hardware de la machine de l’offre gratuite (600Mo de RAM, CPU faiblard)
    • On ne connait pas la facture à l’avance (coûte quelques centimes par mois dès que l’on fait des backups ou que l’on stocke des datas sur le S3)

Nom de domaine avec hébergement pour déployer la build web: 30 euros.

  • Les plus:
    • On a un nom de domaine
  • Les moins
    • L’hébergement sert à rien, on aurait pu faire pointer le A-Record du NDD sur le serveur Amazon.

Total: Minimum 238 euros ($311) annuels.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très bordélique. Trac pourrait être hébergé ailleurs, et les coûts inhérents à Amazon pourraient nous revenir cher, sans oublier le pack d’hébergement inutile. Si l’on compare à ce que fait notamment Émeric avec ses Game Bakers, on reste cependant en dessous de ses coûts d’hébergement annuels de 327 dollars.

Optimiser la machine Amazon

Cela fait donc près d’un an que l’on dispose du serveur virtuel gratuit des services AWS d’Amazon. Il arrive à expiration dans quelques semaines. A partir de là, combien ça nous coûterait de continuer dessus ?

Par défaut, on dispose d’une machine de type “A la demande”. C’est aussi la plus chère (environ 18 dollars par mois si elle tourne 24h/24). En regardant la grille des tarifs, il y a moyen de faire des économies. En effet, il existe pas moins de trois façons de réserver un serveur virtuel. Sans trop rentrer dans les détails, l’offre la plus compétitive c’est la Spot. Cela abaisse le coût mensuel à un tarif plancher d’au mieux 5,25 dollars par mois! C’est aussi la plus risquée car suivant les fluctuations du marché des serveurs virtualisés, en cas de forte demande le coût monte en flèche (on peut passer de 0,003 à 0,2 dollars/h pour quelques heures dans la journée) et il est difficile de prévoir sur la durée la potentielle affluence car cela repose sur de nombreux facteurs (par exemple, va t’il y avoir plus d’utilisateurs à parc équivalent ?)

Le meilleur compromis reste les instances réservées, où l’on doit s’engager (sur 1 an ou 3 ans) et payer une avance pour obtenir un faible coût horaire. Pour un engagement d’un an, ça revient à un peu plus de 12 dollars par mois avec la garantie que la facture ne sera pas gonflée par des facteurs hors de votre contrôle.

Concernant le stockage, l’image Perforce vient avec un disque dur de 30Go découpé de la façon suivante: 8Go pour le système, 2Go pour les fichiers journaux de Perforce, 10Go pour le stockage des fichiers versionnés et 10Go pour les backups desdits fichiers. Il est relativement facile d’augmenter la capacité disque au travers de la console d’administration d’Amazon (et un peu de SSH, faut pas déconner non plus).

En termes de coûts, ça revient à peu près à $1 par tranche de 10Go.

Au final, le gros avantage d’AWS c’est sa flexibilité. On peut à loisir booster la machine et le stockage en fonction de ses besoins ou de son budget.

Projection des coûts

Tous nos services sur un AWS de type t1.micro avec un disque de 100Go et un engagement d’un an, domaine inclus: $63 + 12 * ($10 + $3.75) + $10 = $238 (174 euros)

Partir sur un serveur dédié

En ce moment OVH fait une promo sur ses petits serveurs dédiés au Canada. Le millier de serveurs disponibles pour les alpha-tests de leur nouveau datacenter au Québec a été reconditionné autour de l’offre Kimsufi. Ca nous fait donc un serveur de puissance suffisante (un Atom single core, donc n’espérez pas non plus faire de lourds calculs) et au stockage généreux (2To) pour subvenir à nos besoins, pour un tarif plutôt avantageux de 156 dollars par an (119 euros par an hors taxes, étant basé au Canada nous en sommes affranchi).

Qui dit serveur dédié dit forcément tâches d’administration (mettre à jour le système, installer et configurer les services -perforce, lighttpd ou apache, qmail, sftp…-) et de sécurisation (les attaques sont légion mais fort heureusement il existe beaucoup de guides pour blinder son serveur). Ça prend du temps, et des prises de têtes pour les non-spécialistes comme moi. Si vous avez un IT sous la main, la question ne se pose même pas.

Projection des coûts

Tous nos services sur un dédié, domaine inclus: $156 + $10 = $166 (126 euros)

Maintenant à vous de voir si vous voulez galérer un peu pour économiser une centaine d’euros et rendre vos coûts fixes ou bien si vous pouvez vous permettre quelques concessions :)

4 commentaires pour “Amazon AWS, un an plus tard”

  1. epsylon dit :

    Ton titre est victime du RAS syndrome.

  2. Darkstryder dit :

    Super article, d’autant que j’étais moi même en train d’évaluer des offres de ce genre. C’est vrai que dés qu’on veut bosser sur des projets persos, on réalise que ce que l’on a en un claquement de doigt au taff (serveurs dans tous les sens etc.) est un gros budget pour un particulier :)

    Après, faut quand même relativiser : une équipe de 6 développeurs, 126 € par an ça fait 1.75 € par mois par personne. Il y a quand même moyen de trouver ça dans le budget.

    Personnellement, je pense continuer sur du full AWS : malgré le prix, la souplesse du système est quand même super intéressante. Notamment, l’un de mes projets implique un serveur de prod : plutôt que prendre un unique dédié physique sur lequel je serais forcé de mettre les outils de dev ET la prod (bonjour la sécu), avec AWS je peux créer deux instances configurées aux petits oignons, et tant que je n’allume pas les deux simultanément, je n’en paye qu’une seule.

    Par contre comme tu dis, le plus dur avec tout ça, c’est de trouver le temps / énergie / motivation de tout configurer alors que tout cela peut déjà être difficile à trouver pour simplement avancer le projet perso en lui même.

  3. blaKofi dit :

    J’ai eu un serveur dédié chez OVH pendant quelques mois.
    C’était également pour des projets de dev perso avec un pote et je confirme, l’administration prend vraiment du temps.

    Entre les mises à jours, les configs des différents services,…C’était intéressant mais je passais plus de temps à m’occuper du serveur qu’à faire du dev (j’étais le seul que ça amusait).

    A 20€/mois nous avons lâché l’affaire vu que nous n’avions pas de projet assez sérieux nécessitant un serveur, et je pense que la prochaine tentative se fera avec une solution du style d’AWS.

  4. channie dit :

    epsylon: touché !

    Dark: Bon point sur la sécu. Mettre tous ses oeufs dans le même panier c’est pas forcément recommandable. On a gardé l’hébergement mutu pour stocker la dernière version jouable de notre proto. Pour le reste, on a un Perforce Replica qui assure le failover sur mon NAS (solution de fortune certes) et les backups journaliers sont envoyés sur un autre mutu.

    A noter aussi que les services AWS sont assujettis au DMCA, qui autorise l’état Américain à récupérer les données stockées sur les machines virtuelles. Ca peut en refroidir certains, mais dans le cas de projets perso, l’inconvénient est nul.

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