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Oh Tannenbaum!

Samedi 17 décembre 2011

Oui c’est bon j’ai compris que vous aimiez pas l’allemand, c’est juste pour signaler une exposition loufoque… Depuis huit ans, l’école supérieure de design de Karlsruhe organise l’exposition Oh Tannenbaum. Jeu de mot subtil, puisque O Tannenbaum est la chanson de Noël la plus célèbre, en français Mon beau sapin. Vous l’aurez compris, ça tourne autour du sapin…

Bien entendu, ce ne sont pas de bêtes sapins qui sont exposés. L’exposition joue avec le caractère symbolique du sapin de Noël et montre des oeuvres décalées, abstraites ou inattendues. Extrait du site :

L’arbre de Noël est à la fois païen et chrétien ; il peut être trouvé dans les supermarchés et dans les foires d’hiver ; il représente la fertilité et le commerce ; il est mis en avant dans les salons et les jardins publics de Stockholm jusqu’à Cape Town, de Miami jusqu’à Pékin - et prend à chaque fois une nouvelle apparence.

Le fait que cet arbre a ancré ses racines dans toutes ces traditions religieuses, séculaires, commerciales, solennelles, historiques, familiales, sociales et bien d’autres, alors qu’il a néanmoins réussi à être un telle icône incontestée des résineux, fournit de précieux points d’entrée pour l’idéaliser, le tourner en dérision, le critiquer, l’assembler, le défier, l’exagérer, le parodier… et encore d’autres formes d’interprétation.

Alors pourquoi j’en parle ? Parce qu’avec certains membres du GameLab Karlsruhe, on a présenté un jeu vidéo ! Revenge of the Christmas tree est un beat’em all classique, dans lequel les joueurs incarnent des sapins, devant dégommer des étudiants de l’école. A la fin du niveau, le boss apparaît : c’est un super-sapin, qui attaque avec des patterns prédéfinis. Oui bon c’est pas bien long, en même temps le but n’est pas que les visiteurs y passent des heures… et puis on a commencé à le faire lundi. D’autres membres du GameLab ont fait un petit TPS où il faut décorer de méchants sapins dans une pépinière grâce à pistolet qui jette des boules de sapin ou des cadeaux.

Désolé, pas encore de téléchargements, mais peut-être que ça viendra… quelques screenshots à la place :

L’exposition commence ce samedi 17 décembre et se déroule jusqu’au 21 (oui, c’est court). Vendredi se déroulait le vernissage, et j’ai été étonné que la remise des prix ait eu lieu le jour même : immédiatement après l’ouverture, le jury était présent et sillonnait devant les oeuvres. Une heure plus tard, la cérémonie de remise des prix avait lieu. Les trois gagnants se voient décernés… une bouteille de 10l de vin… un fromage entier… et un jambon cuit ! C’était une blague : ils seront servis au public (et ils étaient bons).

Après la cérémonie, on découvre que notre jeu a été récompensé d’un prix : récompense honorifique pour la protection de l’environnement et le ralentissement écologique ! Bon, c’est encore une blague… mais ça reste un prix ! Youou !

Grâce au Goethe Institut, certaines oeuvres sont reproduites dans plusieurs locaux de part le monde, dont à Lyon, jusqu’au 21 décembre également. Si vous êtes sur place, vous pouvez toujours y aller…

Comme d’hab, toutes les photos sont sur mon album Picasa. Enfin là y en a pas beaucoup.

Next Level Conference 2011

Lundi 7 novembre 2011

Cologne accueille encore une fois un évènement reliant l’art et le jeu vidéo : Next Level Conference s’y est déroulé les 4 et 5 novembre 2011.

Next Level Conference 2011

Next Level Conference, sous-titré Kunst und Kultur der digitalen Spiele (Art et culture des jeux numériques), est un festival comprenant des conférences, des expositions, des workshops et d’autres performances sur les jeux vidéo d’un point de vue artistique. Il s’est déroulé principalement à l’Abenteuerhalle Kalk, où j’étais déjà allé pour la demoparty Evoke. Il y avait de plus une collaboration avec le festival SoudTrack_Cologne sur les musiques de film et des autres médias, qui se déroulait au même moment dans différents sites de Cologne. Bref, une semaine culturellement chargée pour la ville !

Je m’y suis rendu en tant que membre du GameLab Karlsruhe, groupe de travail de la Hochschule für Gestaltung Karlsruhe (Ecole de design de Karlsruhe) sur le jeu vidéo en tant que forme d’art, qui a été invité à participer à l’évènement. Nous avons donc disposé d’un stand sur lequel nos dernières créations étaient exposées au public. Chaque membre, de part leur parcours et leur état d’esprit, a un regard différent sur le jeu qui se reflète sur leurs oeuvres, et permet d’enrichir sa propre vision du jeu. Ainsi, Matthias et Michael sont également membres du groupe de musique Benoît and the Mandelbrots et ont exposé des jeux à forte composante musicale. Au contraire, Alexander est informaticien et son jeu, designé avec Marco, propose à deux joueurs de collaborer à distance (grâce à deux ordinateurs en réseau). Pour ma part, j’ai présenté Lifetime, un prototype de story game sur le choix dans la vie.

You are... not alone : un joueur donne des ordres visuels à l'autre joueur, ce dernier n'ayant qu'une vision partielle du niveau.

D’autres écoles montraient leurs créations : la Zürcher Hochschule der Künst (Ecole d’art de Zurich) présentait des jeux en cours de développement par les étudiants dans leur cadre de leur mémoire de licence ou master. D’ailleurs, un de ces jeux va bientôt être publié sur le Apple Store, et son créateur faisait passer des playtests aux visiteurs pour mieux cibler son développement.

Session de playtest en cours.

Le Cologne Game Lab en revanche n’avait aucune oeuvre de leurs étudiants à montrer car leur formation est toute nouvelle… et ont donc présenté des jeux présent au Notgames Fest voire même développés pendant le Global Game Jam dans leurs locaux ! Mouais, pas très authentique tout ça…

Parmi les autres stands, je retiens surtout : digitalekulture e.V., organisatrice de l’Evoke, discutait des demos et de la demoscene ; le Paidia Institute, déjà présenté lors de l’exposition Platine, est venu présenter ses recherches sur le jeu en tant que boucle fermée ; le Computerspielemuseum Berlin (Musée des jeux vidéo de Berlin) mettait à la disposition des visiteurs quelques jeux sur consoles antiques.

Stand du Computerspielemuseum Berlin.

Mais les stands ne sont qu’accessoires : le gros intérêt est sur scène. Des conférences et panels se sont tenues les deux journées sur deux scènes. Plusieurs membres du GameLab Karlsruhe ont donné des conférences. Je cite par exemple Adam, philosophe en art et médias, qui nous a offert une réflexion sur le jeu, la fiction et la réalité, l’espace et le temps. Jens, plus technique, a parlé de son serious game 1378(km), qui avait créé une polémique en Allemagne. Je n’ai malheureusement assisté qu’à quelques conférences, et aucun workshop, car je restais du côté exposant…

L’exposition a attiré bon nombre de visiteurs. La presse était également de la partie, avec plusieurs équipes de télévision et d’autres journalistes. L’un d’eux joue à mon jeu, l’aime… et je gagne un interview pour un magazine de jeux vidéo allemand ! Manque de pot, je loupe donc l’interview sur scène de Chris Huelsbeck, célèbre compositeur de musique.

J’ai croisé deux personnes présentes lors du dernier Global Game Jam au Cologne Game Lab, dont Fabian avec qui j’ai développé The Split-Up Game ! La moyenne d’âge des visiteurs devait tourner vers les 40 ans : après tout, c’est une exposition d’art, et je n’y ai vu aucun comportement stéréotype de hardcore gamer. Ceci dit, il y avait quand même bien deux populations de visiteurs : l’une est intéressée par l’art, l’autre par le jeu. Je l’ai vu très clairement sur mon jeu : soit la personne décroche au bout de 30 secondes, soit elle continue jusqu’à la fin.

En outre, le samedi soir était la Lange Nacht der Kölner Museen 2011 (Longue nuit des musées de Cologne), c’est-à-dire que tous les musées étaient ouverts jusqu’à 3h du matin, accessibles avec un billet unique. La Next Level Conference était comprise dans la liste des musées, et il y a donc eu un afflux de visiteurs le dernier soir. Sur la scène principale se sont déroulés entre autres une heure de vidéos de démos sur Commodore 64, puis un concert de musique chiptune sur Game Boy par irq7.

Je suis très content d’avoir pu passer ces quelques jours enrichissants, avec un groupe que j’apprécie beaucoup. Ce genre d’évènement est très nouveau pour moi : il y a quelques temps encore je n’aurais pas pensé être un jour du côté exposant d’une exposition culturelle. Cette entrée dans le monde artistique enrichit ma vision du jeu vidéo et c’est une bonne chose : une pensée uniquement technique ne peut pas arriver à offrir une bonne expérience de jeu.

Comme d’hab, toutes les photos sont sur mon album Picasa.