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Next Level Conference 2011

Lundi 7 novembre 2011

Cologne accueille encore une fois un évènement reliant l’art et le jeu vidéo : Next Level Conference s’y est déroulé les 4 et 5 novembre 2011.

Next Level Conference 2011

Next Level Conference, sous-titré Kunst und Kultur der digitalen Spiele (Art et culture des jeux numériques), est un festival comprenant des conférences, des expositions, des workshops et d’autres performances sur les jeux vidéo d’un point de vue artistique. Il s’est déroulé principalement à l’Abenteuerhalle Kalk, où j’étais déjà allé pour la demoparty Evoke. Il y avait de plus une collaboration avec le festival SoudTrack_Cologne sur les musiques de film et des autres médias, qui se déroulait au même moment dans différents sites de Cologne. Bref, une semaine culturellement chargée pour la ville !

Je m’y suis rendu en tant que membre du GameLab Karlsruhe, groupe de travail de la Hochschule für Gestaltung Karlsruhe (Ecole de design de Karlsruhe) sur le jeu vidéo en tant que forme d’art, qui a été invité à participer à l’évènement. Nous avons donc disposé d’un stand sur lequel nos dernières créations étaient exposées au public. Chaque membre, de part leur parcours et leur état d’esprit, a un regard différent sur le jeu qui se reflète sur leurs oeuvres, et permet d’enrichir sa propre vision du jeu. Ainsi, Matthias et Michael sont également membres du groupe de musique Benoît and the Mandelbrots et ont exposé des jeux à forte composante musicale. Au contraire, Alexander est informaticien et son jeu, designé avec Marco, propose à deux joueurs de collaborer à distance (grâce à deux ordinateurs en réseau). Pour ma part, j’ai présenté Lifetime, un prototype de story game sur le choix dans la vie.

You are... not alone : un joueur donne des ordres visuels à l'autre joueur, ce dernier n'ayant qu'une vision partielle du niveau.

D’autres écoles montraient leurs créations : la Zürcher Hochschule der Künst (Ecole d’art de Zurich) présentait des jeux en cours de développement par les étudiants dans leur cadre de leur mémoire de licence ou master. D’ailleurs, un de ces jeux va bientôt être publié sur le Apple Store, et son créateur faisait passer des playtests aux visiteurs pour mieux cibler son développement.

Session de playtest en cours.

Le Cologne Game Lab en revanche n’avait aucune oeuvre de leurs étudiants à montrer car leur formation est toute nouvelle… et ont donc présenté des jeux présent au Notgames Fest voire même développés pendant le Global Game Jam dans leurs locaux ! Mouais, pas très authentique tout ça…

Parmi les autres stands, je retiens surtout : digitalekulture e.V., organisatrice de l’Evoke, discutait des demos et de la demoscene ; le Paidia Institute, déjà présenté lors de l’exposition Platine, est venu présenter ses recherches sur le jeu en tant que boucle fermée ; le Computerspielemuseum Berlin (Musée des jeux vidéo de Berlin) mettait à la disposition des visiteurs quelques jeux sur consoles antiques.

Stand du Computerspielemuseum Berlin.

Mais les stands ne sont qu’accessoires : le gros intérêt est sur scène. Des conférences et panels se sont tenues les deux journées sur deux scènes. Plusieurs membres du GameLab Karlsruhe ont donné des conférences. Je cite par exemple Adam, philosophe en art et médias, qui nous a offert une réflexion sur le jeu, la fiction et la réalité, l’espace et le temps. Jens, plus technique, a parlé de son serious game 1378(km), qui avait créé une polémique en Allemagne. Je n’ai malheureusement assisté qu’à quelques conférences, et aucun workshop, car je restais du côté exposant…

L’exposition a attiré bon nombre de visiteurs. La presse était également de la partie, avec plusieurs équipes de télévision et d’autres journalistes. L’un d’eux joue à mon jeu, l’aime… et je gagne un interview pour un magazine de jeux vidéo allemand ! Manque de pot, je loupe donc l’interview sur scène de Chris Huelsbeck, célèbre compositeur de musique.

J’ai croisé deux personnes présentes lors du dernier Global Game Jam au Cologne Game Lab, dont Fabian avec qui j’ai développé The Split-Up Game ! La moyenne d’âge des visiteurs devait tourner vers les 40 ans : après tout, c’est une exposition d’art, et je n’y ai vu aucun comportement stéréotype de hardcore gamer. Ceci dit, il y avait quand même bien deux populations de visiteurs : l’une est intéressée par l’art, l’autre par le jeu. Je l’ai vu très clairement sur mon jeu : soit la personne décroche au bout de 30 secondes, soit elle continue jusqu’à la fin.

En outre, le samedi soir était la Lange Nacht der Kölner Museen 2011 (Longue nuit des musées de Cologne), c’est-à-dire que tous les musées étaient ouverts jusqu’à 3h du matin, accessibles avec un billet unique. La Next Level Conference était comprise dans la liste des musées, et il y a donc eu un afflux de visiteurs le dernier soir. Sur la scène principale se sont déroulés entre autres une heure de vidéos de démos sur Commodore 64, puis un concert de musique chiptune sur Game Boy par irq7.

Je suis très content d’avoir pu passer ces quelques jours enrichissants, avec un groupe que j’apprécie beaucoup. Ce genre d’évènement est très nouveau pour moi : il y a quelques temps encore je n’aurais pas pensé être un jour du côté exposant d’une exposition culturelle. Cette entrée dans le monde artistique enrichit ma vision du jeu vidéo et c’est une bonne chose : une pensée uniquement technique ne peut pas arriver à offrir une bonne expérience de jeu.

Comme d’hab, toutes les photos sont sur mon album Picasa.

Devmania 2011

Dimanche 16 octobre 2011

Cette fois je m’y prend tôt : ce week-end, j’étais au Devmania 2011, qui se déroulait à Mayence en Allemagne. C’est une petite rencontre de développeurs de jeux vidéo et d’artistes en devenir, avec en plus quelques présentations de projets et un concours de création.

Je m’y suis rendu accompagné de Tobias, l’auteur du prototype Torsion passé dans les news de Nofrag. Nous avons été une centaine à nous amasser dans les locaux de la maison de la jeunesse de Mayence. La population est plutôt jeune et masculine. Bien que la cible soit les développeurs de jeux, ce sont plutôt des passionnés, encore étudiants ou salariés dans une autre branche de l’informatique. Il n’y a donc pas de développeurs venant de grands studios, ça reste petit et informel, tout le monde se situe sur le même niveau social et il y a donc une très bonne ambiance.

Comme je n'ai pas d'image de switch, voici des lance-missiles USB !

Une fois le matériel déballé samedi midi, la grosse surprise est qu’il n’y avait pas de réseau internet, Ethernet comme Wifi. Les plus prévoyants avaient leurs switchs-routeurs, balancés sur la connexion 3G du téléphone portable. Nous non. Je n’aurais pas imaginé qu’une réunion d’informaticiens se serait faite sans internet à disposition. Donc un gros conseil : toujours au moins un câble Ethernet dans le sac ! Là c’est sûr, je viendrai toujours avec un switch désormais.

Pendant toute la durée de l’évènement se déroulait un concours de création de jeux, autrement dit : les participants avaient une vingtaine d’heures pour créer un jeu sur le thème pirate. Sans internet, nous avons dû nous débrouiller avec les quelques logiciels qu’on avait déjà sur les ordinateurs, et sans vraiment de documentation. Je n’ai pas voulu participer à la programmation mais seulement aux graphiques, étant le seul de l’équipe à savoir un peu dessiner (et c’est un grand mot). Au final, le jeu est modeste mais se vaut tout à fait. Le concept : le joueur contrôle un bateau pirate chargé de connecter des îles entre elles avec un câble pour qu’elles puissent avoir un réseau P2P.

Le jeu vainqueur : deux pirates se battent en mode volley-basketball pour récupérer des pièces ou des bombes.

Edit: tous les jeux sont téléchargeables sur le site de la Devmania !

Parallèlement à ça, des présentations se sont tenues le samedi après-midi. Je ne m’y attendais pas : la première est consacrée à R.E.D., l’intro 4k dont j’avais posté la vidéo dans un article précédent ! L’un des auteurs explique comment ils sont parvenus à faire tenir le programme dans 4 kilo-octets. Une présentation qui m’a assez intéressé aussi était tenue par deux étudiant qui réalisent un jeu à côté de leurs cours, et ils expliquaient quelles avaient été leurs étapes de préproduction et celles qu’ils prévoient de faire en production et postproduction.

Et puis après, chacun est libre de déambuler entre les chaises, de s’arrêter voir ce que fait quelqu’un d’autre et de discuter avec lui. J’ai l’impression que c’est beaucoup plus courant en Allemagne qu’en France, car avant d’arriver dans ce pays je n’avais pas conscience que ce genre d’évènement pouvait réunir autant de personnes. Il faudra se pencher sur la question quand je rentrerai…

Tout ça pour dire : si le développement vous intéresse, n’hésitez pas à aller dans ce genre de rencontres, ce n’est jamais du temps perdu.

Comme d’hab, toutes les photos sont sur mon album Picasa.

Evoke 2011 - Ma semaine à Cologne, première partie

Dimanche 21 août 2011

Mon voyage à Cologne débute avec l’Evoke 2011, l’une des plus grosses demoparties allemandes. C’est l’occasion de rencontrer d’autres passionnés de la création numérique…

Tout d’abord, il me faut vous expliquer ce qu’est une demo. Dans ce contexte, ce n’est pas un extrait jouable de jeu vidéo ! C’est au contraire une séquence non-interactive calculée en temps réel sur un ordinateur. Elles nécessitent trois principales compétences : en programmation, en musique, et en graphiques (3D ou 2D). Par conséquent, même si une demo peut être créée par une seule personne, les demomakers se réunissent généralement en demogroups, dans lesquels ils partagent leur intérêt pour ce type de création.


We got signal,
Commodore 64

Les demos sont réparties en plusieurs catégories. Chaque type de machine accueille des demos, pas seulement les ordinateurs : Atari, Amiga, Commodore… oui, vous savez, ces vieilles consoles. Les programmeurs se surpassent pour coder sur ces plate-formes. Pour les demos PC, il y a ensuite des sous-catégories, par exemple les demos 4k et 64k, c’est-à-dire des demos qui doivent tenir en un seul fichier de taille maximale 4096 octets et 65536 octets respectivement. Et 4096 octets, c’est ridiculement petit ! En comparaison, un fichier OpenOffice vide fait déjà 7813 octets. Et les jeux actuellement sur le marché se comptent en gigaoctets… C’est pour cela que généralement les textures 2D et modèles 3D doivent être générées par le programme plutôt qu’être définie en mémoire (je vois souvent le terme “procédural” pour signifier généré par le programme), et les musiques enregistrées dans un format proche du MIDI. Enfin, le web fait son apparition puisque WebGL permet de faire de la 3D sur une page dans le navigateur.

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Red, demo gagnante de la compétition PC 4k. 4096 octets !!!


Miam !

Plusieurs centaines de personnes sont donc venues du 12 au 14 août 2011 à l’Abenteuerhallen Kalk à Cologne. Pas que des allemands, puisque j’y ai rencontré plusieurs français, et on entend souvent parler anglais. Pour certains, l’événement est à suivre du début à la fin, avec un ordinateur et un sac de couchage sous le coude. Pour d’autres, ce n’est qu’une visite pour admirer les œuvres présentées ou bien simplement pour savourer l’ambiance. Il paraît que l’Evoke a un côté familial par rapport à d’autres demoparties : tout le monde se connaît et se retrouve chaque année. Je ne peux pas dire le contraire : dès mon arrivée, je suis accueilli par un groupe de demomakers ! J’avais peur de passer le weekend seul, me voilà rassuré. Les gens parlent entre eux, se réunissent autour du barbecue… bref ce n’est pas un weekend où l’on reste devant son ordi.


Eh Kolia, une rousse !

Je dirais que la plupart des résidents étaient âgés entre 25 et 35 ans. Ceci dit, j’ai rencontré des visiteurs plus vieux, qui m’ont dit avoir fait des demos par le passé mais qui n’ont plus le temps d’en faire aujourd’hui. Cela ne les a visiblement pas empêchés de venir assister aux présentations. Autre chose importante à noter, il y avait des femmes ! Certes, la plupart ne participait pas à la création des demos mais accompagnait seulement leur petit ami. N’empêche que, ces manifestions ne sont pas réservées qu’aux hommes, tout le monde a le droit de les apprécier, ne serait-ce que pour l’ambiance qui s’en dégage. Et puis, il paraît que l’entrée est gratuite pour les femmes…

Le déroulement de l’événement est assez simple : il y a régulièrement des dates limites de dépôts pour chaque catégorie de demos, suivies peu de temps après par leur présentation. Cette année à l’Evoke il y avait les catégories PC, PC 4k, PC 64k, alternative platforms (donc autres que PC), ainsi que des catégories moins basées sur le code : animations, musiques et graphiques. Après les présentations, tous les visiteurs peuvent voter pour leurs œuvres préférées. Car ce sont bien les visiteurs eux-mêmes qui établissent le classement. Le dimanche après-midi, les résultats sont annoncés au cours d’une longue cérémonie, qui finalement clôt l’événement. En outre, des DJs animaient les nuits, et Kenny Magnusson nous a présenté le système d’éclairage dans le moteur de jeu Frostbite 2 de DICE. La classe.

Neoman, gagnant de la compétition PC 64k.

Cet événement a parmi de m’introduire dans le monde de la demoscene, et qui sait, j’arriverai peut-être à faire ma première démo dans quelques temps. Je ne peux que vous recommander d’assister à des demoparties si vous vous intéressez à l’art numérique ou à la culture geek tout simplement !

On se quitte sur une demo PC qui est en fait l’invitation pour une autre demoparty, la Demodays (anciennement Bünzli) en Suisse, et qui montre que les compositions ne sont pas toujours rythmées sur de la musique électronique !

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Plus d’informations sur le site officiel de l’Evoke 2011. N’hésitez à posez vos questions dans les commentaires de l’article.

Vous pouvez retrouver ici les vidéos live des cérémonies d’ouverture et de remise des prix, ainsi que de pas mal de demos.

Plus de photos dans mon album Picasa.

Notgames Fest - Ma semaine à Cologne, deuxième partie

Platine - Ma semaine à Cologne, troisième partie

Gamescom 2011 - Ma semaine à Cologne, quatrième partie

Série d’articles initialement postée sur Gameblog.