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Next Level Conference 2011

Lundi 7 novembre 2011

Cologne accueille encore une fois un évènement reliant l’art et le jeu vidéo : Next Level Conference s’y est déroulé les 4 et 5 novembre 2011.

Next Level Conference 2011

Next Level Conference, sous-titré Kunst und Kultur der digitalen Spiele (Art et culture des jeux numériques), est un festival comprenant des conférences, des expositions, des workshops et d’autres performances sur les jeux vidéo d’un point de vue artistique. Il s’est déroulé principalement à l’Abenteuerhalle Kalk, où j’étais déjà allé pour la demoparty Evoke. Il y avait de plus une collaboration avec le festival SoudTrack_Cologne sur les musiques de film et des autres médias, qui se déroulait au même moment dans différents sites de Cologne. Bref, une semaine culturellement chargée pour la ville !

Je m’y suis rendu en tant que membre du GameLab Karlsruhe, groupe de travail de la Hochschule für Gestaltung Karlsruhe (Ecole de design de Karlsruhe) sur le jeu vidéo en tant que forme d’art, qui a été invité à participer à l’évènement. Nous avons donc disposé d’un stand sur lequel nos dernières créations étaient exposées au public. Chaque membre, de part leur parcours et leur état d’esprit, a un regard différent sur le jeu qui se reflète sur leurs oeuvres, et permet d’enrichir sa propre vision du jeu. Ainsi, Matthias et Michael sont également membres du groupe de musique Benoît and the Mandelbrots et ont exposé des jeux à forte composante musicale. Au contraire, Alexander est informaticien et son jeu, designé avec Marco, propose à deux joueurs de collaborer à distance (grâce à deux ordinateurs en réseau). Pour ma part, j’ai présenté Lifetime, un prototype de story game sur le choix dans la vie.

You are... not alone : un joueur donne des ordres visuels à l'autre joueur, ce dernier n'ayant qu'une vision partielle du niveau.

D’autres écoles montraient leurs créations : la Zürcher Hochschule der Künst (Ecole d’art de Zurich) présentait des jeux en cours de développement par les étudiants dans leur cadre de leur mémoire de licence ou master. D’ailleurs, un de ces jeux va bientôt être publié sur le Apple Store, et son créateur faisait passer des playtests aux visiteurs pour mieux cibler son développement.

Session de playtest en cours.

Le Cologne Game Lab en revanche n’avait aucune oeuvre de leurs étudiants à montrer car leur formation est toute nouvelle… et ont donc présenté des jeux présent au Notgames Fest voire même développés pendant le Global Game Jam dans leurs locaux ! Mouais, pas très authentique tout ça…

Parmi les autres stands, je retiens surtout : digitalekulture e.V., organisatrice de l’Evoke, discutait des demos et de la demoscene ; le Paidia Institute, déjà présenté lors de l’exposition Platine, est venu présenter ses recherches sur le jeu en tant que boucle fermée ; le Computerspielemuseum Berlin (Musée des jeux vidéo de Berlin) mettait à la disposition des visiteurs quelques jeux sur consoles antiques.

Stand du Computerspielemuseum Berlin.

Mais les stands ne sont qu’accessoires : le gros intérêt est sur scène. Des conférences et panels se sont tenues les deux journées sur deux scènes. Plusieurs membres du GameLab Karlsruhe ont donné des conférences. Je cite par exemple Adam, philosophe en art et médias, qui nous a offert une réflexion sur le jeu, la fiction et la réalité, l’espace et le temps. Jens, plus technique, a parlé de son serious game 1378(km), qui avait créé une polémique en Allemagne. Je n’ai malheureusement assisté qu’à quelques conférences, et aucun workshop, car je restais du côté exposant…

L’exposition a attiré bon nombre de visiteurs. La presse était également de la partie, avec plusieurs équipes de télévision et d’autres journalistes. L’un d’eux joue à mon jeu, l’aime… et je gagne un interview pour un magazine de jeux vidéo allemand ! Manque de pot, je loupe donc l’interview sur scène de Chris Huelsbeck, célèbre compositeur de musique.

J’ai croisé deux personnes présentes lors du dernier Global Game Jam au Cologne Game Lab, dont Fabian avec qui j’ai développé The Split-Up Game ! La moyenne d’âge des visiteurs devait tourner vers les 40 ans : après tout, c’est une exposition d’art, et je n’y ai vu aucun comportement stéréotype de hardcore gamer. Ceci dit, il y avait quand même bien deux populations de visiteurs : l’une est intéressée par l’art, l’autre par le jeu. Je l’ai vu très clairement sur mon jeu : soit la personne décroche au bout de 30 secondes, soit elle continue jusqu’à la fin.

En outre, le samedi soir était la Lange Nacht der Kölner Museen 2011 (Longue nuit des musées de Cologne), c’est-à-dire que tous les musées étaient ouverts jusqu’à 3h du matin, accessibles avec un billet unique. La Next Level Conference était comprise dans la liste des musées, et il y a donc eu un afflux de visiteurs le dernier soir. Sur la scène principale se sont déroulés entre autres une heure de vidéos de démos sur Commodore 64, puis un concert de musique chiptune sur Game Boy par irq7.

Je suis très content d’avoir pu passer ces quelques jours enrichissants, avec un groupe que j’apprécie beaucoup. Ce genre d’évènement est très nouveau pour moi : il y a quelques temps encore je n’aurais pas pensé être un jour du côté exposant d’une exposition culturelle. Cette entrée dans le monde artistique enrichit ma vision du jeu vidéo et c’est une bonne chose : une pensée uniquement technique ne peut pas arriver à offrir une bonne expérience de jeu.

Comme d’hab, toutes les photos sont sur mon album Picasa.

Gamescom 2011 - Ma semaine a Cologne, quatrième partie

Mercredi 24 août 2011

Comment ne pas terminer mon excursion par la Gamescom, le plus gros salon européen dédié aux jeux vidéo.

Cette année la Gamescom s’est déroulée du 17 au 21 août 2011, toujours à la Kölnmesse dans le district de Deutz à Cologne. C’est le salon européen à ne pas manquer, tant pour les éditeurs / développeurs que pour les fans de jeux vidéo. Et ils étaient bien là : 557 entreprises ont vu passer 275 000 visiteurs en l’espace de cinq jours ! Le salon a même dû refuser les entrées le samedi car sa capacité avait été atteinte… Un conseil : achetez vos billets en prévente, ça évite la queue aux caisses et en plus, c’est moins cher.

Concrètement pour les joueurs, la Gamescom est synonyme de vidéos et démo jouables des prochains jeux annoncés sur nos consoles. Je ne vais pas disserter sur ce qui peut attirer des personnes à venir essayer des jeux quelques mois avant leur sortie : je ne suis pas un grand joueur et cette question me dépasse ! D’autant plus qu’avec l’affluence qu’il y a eue, l’attente avant de pouvoir accéder à certains jeux se comptait souvent en heures. Je précise qu’il n’était pas possible d’acheter de jeux sur le salon…

L’espace est organisé en stands gigantesques sur lesquels les éditeurs ou développeurs exposent leurs jeux ; parfois un stand est réservé pour un unique jeu ! Des bornes sont souvent disponibles pour tester des jeux le long des allées, mais pour les jeux vraiment attendus, on ne peut rien voir tant que l’on a pas fait la queue pour rentrer dans l’espace réservé. C’est par exemple le cas de Batman : Arkham City ou de Deus Ex : Human Revolution, qui ont les écrans tournés dos aux couloirs. Les stands se devaient aussi d’avoir des shows réguliers où nombre de goodies en tout genre étaient lancés vers la foule en délire. Le gadget à la mode c’est le tour de cou, j’en ai récupéré une dizaine, mais il y avait également des badges, posters, ou même tee-shirts à gagner.

Mais ce n’étaient pas les seuls stands. Le marché allemand est très porté sur les ordinateurs, et il y avait aussi de nombreux stands de constructeurs de matériels comme des boîtiers, claviers et casques audio. Ils mettaient également en place des bornes de jeu pour pouvoir tester leur matériel : eh oui, si les visiteurs ne peuvent pas jouer sur un stand, ils n’y vont pas. Impossible d’acheter sur les stands également, mais grâce à de petits shows, il était possible de gagner quelques bons lots pour les plus chanceux.

Bien sûr, tous ces stands avaient chacun leurs traditionnelles babes, ces charmantes demoiselles qui distribuent des sourires avec des flyers ennuyants. Peut-être qu’une vidéo sortira sur Gameblog, comme ils en ont l’habitude, pour en faire le tour [edit: oui, elle est là !]. Au fait, elles ne font malheureusement pas parties des équipes de développement des jeux !


Babes en personnages de Tera.

Au passage, on voyait çà et là quelques cosplays (même une journaliste revêtait un costume). Le cosplay existe en Allemagne, mais il est quand même beaucoup moins développé qu’en France. Pour ceux qui ignorent ce que c’est, le cosplay consiste à créer et porter des costumes à l’effigie de personnages de jeux vidéo. Babes et cosplayeurs étaient régulièrement interpelés pour poser devant des photographes.

Dans la zone campus, des écoles spécialisées dans le jeu vantaient leur formation en game design, programmation, art 2D / 3D ou bien même production. Et encore une fois, il était possible de tester des prototypes de jeux réalisés par les étudiants. Il y a une réelle demande, tant des développeurs que des étudiants, de formations spécialisées dans le jeu vidéo. Discutant avec la responsable relations internationales d’une école belge, elle m’informe sur les partenariats que l’école a avec les grands studios. En fait, leur formation doit se terminer par un stage dans une équipe de développement d’un jeu AAA. J’assimile donc ça à de la production en masse de main-d’œuvre pour les gros titres, mais elle insiste qu’avec ce parcours, un étudiant sera tout à fait capable de travailler dans des équipes indies beaucoup plus petites. A voir… Notons aussi le stand Carrière où plusieurs développeurs recueillaient volontiers des CV.


Tennis 4 2,
le tout premier
jeu vidéo.

Il y avait également un stand de rétro-gaming, où les visiteurs ont pu retrouver les joies des jeux sur NES et autres vieilles consoles. Beaucoup étaient présentées dans des vitrines : des Atari, des Game & Watch, des Gameboy avec des coques personnalisées… grâce à deux musées, le Computerspielemuseum (« musée des jeux vidéo ») de Berlin, et le Haus der Computerspiele (« maison des jeux vidéo ») de Leipzig. Oui, l’Allemagne est beaucoup plus en avance que nous sur la reconnaissance des jeux en tant qu’œuvre d’art. Le tout, tout premier jeu vidéo de l’histoire était présenté dans une réplique fidèle et fonctionnelle : Tennis 4 2 (« tennis for two ») se jouait sur un oscilloscope, et c’est toujours aussi fun ! Il était enfin possible d’acheter des exemplaires de Retro, un magazine allemand sur le rétro-gaming.

D’autres activités plus physiques attendaient les visiteurs. On a ainsi vu RaHaN à dos de dromadaire, pour la promotion de Uncharted 3 : Drake’s deception. Un espace plage avait été installé, avec à côté un simulateur de surf. Il était aussi possible de s’essayer au BMX et motocycle sur des espaces aménagés. Et les amateurs de sensations fortes pouvaient s’envoyer en l’air sur des frondes (saut à l’élastique à l’envers).

Enfin, je cite les différents stands crêperie horriblement chers dans un souci d’exhaustivité. Prévoyez votre sandwich et votre bouteille d’eau à l’avance, ça sera moins cher.

Quelques jeux essayés

Comme déjà dit, je ne suis pas joueur et attendre des heures pour essayer un jeu quelques minutes ne me fait pas envie. Mais j’ai quand même craqué pour quelques jeux (où la file d’attente était plus courte !).

On commence avec Rayman Origins ! Développé par Ubisoft, ce jeu a une place forte dans mon cœur puisque Rayman (1) a été mon premier vrai jeu vidéo. C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé l’univers du premier opus, mélangé avec les personnages du second, le tout dans un style artistique résolument cartoon. Ça donne un jeu de plate-forme très agréable à jouer, avec des mécaniques de jeu intéressantes. L’accent est aussi mis sur le côté multijoueur (jouable jusqu’à quatre en local). Ce titre fait une très bonne pub au UbiArt Framework, puisqu’il est le premier jeu développé avec cet outil permettant aux artistes et game designers de créer très simplement leurs jeux.

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On continue sur Catherine développé par Atlus. Le jeu sorti début 2011 au Japon débarquera en Europe vers la fin de l’année. Je n’ai pu testé que le premier « niveau », c’est-à-dire les bases du gameplay. Cela m’a fait beaucoup penser à un mini puzzle-game typique de la Gameboy, puisqu’il consiste à grimper un escalier en déplaçant des blocs pour se frayer un chemin. Seulement il ne s’en contente pas puisqu’il rajoute une grosse composante histoire et immersion.

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J’ai quand même craqué pour jouer à Battlefield 3, de Dice/EA. La queue débordait sur le stand voisin… A tour de rôle, 64 personnes sont invitées à regarder une vidéo d’un quart d’heure de séquences prises sur la campagne solo (et qu’on avait déjà vu puisque c’est la vidéo juste en dessous). Cinématographiquement, c’est juste grandiose ! Difficile de dire ce qui est surjoué ou dirigé par des scripts, mais l’intensité de l’action est bien là. Après la vidéo, place à une partie multijoueur. Le principe reste le même : les Américains contre les Russes, devant contrôler des points sur la map. Pour le peu que j’ai vu Battlefield 2, ça m’apparait très similaire. J’ai réussi à placer un frag, ce qui me sauve de la dernière place !

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Deus Ex : Human Revolution d’Eidos sort la semaine suivant la Gamescom. Tiens, comme c’est étrange ! Je n’ai testé que le tout commencement du jeu, qui m’a beaucoup fait penser à Deus Ex premier du nom. En effet, dans une cinématique d’introduction, on choisit l’arme qui nous est donnée, puis on arrive sur le lieu de l’assaut où les soldats sont prêts à intervenir mais attendent que vous pénétrez. Alors que bon, je n’ai pas l’habitude de jouer à la manette PlayStation, mais j’ai réussi à flinguer tout le monde, alors les soldats ils auraient pu le faire aussi ! Plus sérieusement, cette introduction nous avait déjà été présentée dans une vidéo que revoici.

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Enfin côté console, j’ai pu essayer LittleBigPlanet de Media Molecule sur PS Vita. C’est un jeu extra pour faire la publicité de la machine puisque tout y est utilisé : surface tactile multipoints à l’avant comme à l’arrière, gyroscope, et même différentes tenues de la console. Le jeu est toujours aussi reconnaissable grâce à sa patte graphique et ses Sackboys, et l’écran a une très bonne résolution. La console a une bonne tenue en main et est agréable à manier. J’ai peur toutefois qu’elle soit un peu lourde pour toujours être transportée avec soi.

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Ma petite déception c’est The Elder Scrolls V : Skyrim de Bethesda. Après trois heures d’attente, on assiste à une petite vidéo de gameplay d’un quart d’heure, qui me laisse sceptique. Je ne suis pas fan de la série, donc ce que j’y ai vu, c’est un jeu très figé, avec des modèles 3D et des animations grossières. Techniquement, c’est dépassé. Un effort a quand même été fait pour donner l’illusion d’un monde vaste et cohérent, où les habitants des villages ne sont pas juste des PNJ errants, avec un bel environnement.

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Pour terminer sur les impressions que j’ai eues, j’ai trouvé que l’ambiance était beaucoup orientée vers les mécaniques de jeu, et le côté narratif des jeux est complètement délaissé. On vient à la Gamescom pour tâter de la manette, pas pour s’immerger dans une histoire. Et je trouve ça un peu dommage, car c’est pour moi très superficiel. En même temps, avec le bruit et l’agitation qui règne sur le salon, ça aurait été dur de fournir une meilleure expérience…

Pour les professionnels

A la différence de l’E3 qui est un événement professionnel, la Gamescom est à la fois public et business. Le premier jour, mercredi 17, est d’ailleurs réservé aux professionnels et à la presse… mais il y a quand même pas mal de monde dans les allées. Beaucoup de caméras montées sur pieds roulants ou sur steadicam accèdent à la zone publique avant qu’elle ne soit remplie le lendemain.

Ce que les visiteurs grand public ne savent pas ou peu, c’est qu’en parallèle de l’« entertainment area » que j’ai décrite précédemment, il y a la « business area » également réservée aux professionnels et à la presse. En superficie, les deux zones sont équivalentes ! Beaucoup de développeurs ne sont présents que dans cette zone et n’ont pas de stand côté visiteurs. C’est par exemple le cas de studios asiatiques qui cherchent des éditeurs pour le marché européen.

Les stands sont tous refermés sur eux-même et il faut montrer patte blanche avant de pouvoir pénétrer à l’intérieur. Ici, des présentations de jeux ont lieu, en petit groupe de journalistes. Rien à voir avec les présentations côté visiteurs puisque les journalistes ont l’occasion de poser toutes leurs questions à des membres de l’équipe de développement. Il y a également des conférences pour présenter de manière plus globale le line-up des éditeurs. Certains jeux ne sont également pas présentés côté visiteurs, c’est donc une exclusivité pour la presse.


RaHaN ne se
repose pas.

Cette dernière a aussi un espace réservé : le press center met à disposition des ordinateurs pour que les journalistes puissent écrire en temps réel leurs articles. J’y ai aperçu plusieurs rédactions françaises, comme Gameblog, Gamekult et Mondes Persistants. J’ai été étonné de la jeunesse d’une partie des journalistes que je croisais, et je me demande bien pour quels magasines ils travaillent. En tout cas, c’est bien un événement qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte.

Au passage, au début de la semaine se tenait la Game Developers Conference Europe, également à la Kölnmesse de Cologne. Je n’y ai pas assisté car l’entrée est vraiment exorbitante, mais c’est aussi un événement incontournable des professionnels du secteurs. Grâce à la collaboration entre la GDC et la Gamescom, les visiteurs de la première manifestation recevaient gratuitement un pass pour la seconde.

Gamescom Festival

Depuis 2009, le Gamescom Festival est organisé dans les rues de Cologne. C’est un événement totalement gratuit, qui prend le relai de la Gamescom lorsque celle-ci ferme ses portes le soir.

Car même si en théorie il y est possible d’y jouer comme à la Gamescom en journée, en pratique, c’est vide. Il n’y a que Sony et Nintendo qui ont osé y placer un camion où quelques jeux PS Move et 3DS étaient à disposition. Côté visiteur, calme plat aussi, et j’ai pu jouer à loisir à la 3DS alors qu’elles sont prises d’assaut à la Gamescom.

L’intérêt du Gamescom Festival est en fait sur les concerts donnés le soir, et qui sont eux aussi gratuits. On y retrouve des groupes connus, au moins en Allemagne, et le public est au rendez-vous. J’y étais le vendredi soir et l’ambiance n’a fait que croître au cours de la soirée, pour finir sur le groupe Blumentopf (« pot de fleur ») très apprécié outre-Rhin.

Voilà pour mon tour de la Gamescom ! C’était la première fois que je mettais les pieds dans ce genre de salon, et je dois dire que l’expérience est saisissante. Ceci dit, je ne pense pas y revenir l’an prochain, car il faut être un vrai fan pour accepter d’y venir faire la queue pour découvrir des jeux qui vont sortir peu de temps après…

Plus de photos dans mon album Picasa.

Evoke 2011 - Ma semaine à Cologne, première partie

Notgames Fest - Ma semaine à Cologne, deuxième partie

Platine - Ma semaine à Cologne, troisième partie

Série d’articles initialement postée sur Gameblog.

Platine - Ma semaine à Cologne, troisième partie

Mardi 23 août 2011

Une autre exposition croise ma route à Cologne. Cette fois-ci c’est l’exposition Platine, dédiée à la création numérique.

En parallèle du Notgames Fest se tenait du 15 au 19 août 2011 l’exposition Platine dans le district d’Ehrenfeld à Cologne. Le thème est « Art électronique et formes de jeu alternatives » et attention, c’est vraiment alternatif. D’ailleurs, je ne sais même pas si on peut parler de jeu, tellement ce n’est pas ce qui est mis en avant. L’intérêt est vraiment centré sur la création numérique.

Plus d’une vingtaine d’exposants étaient présentées dans six lieux différents, pour la plupart des bars ou des halles d’exposition. Au contraire de l’exposition précédente, ici les installations sont plutôt à regarder, très peu sont interactives. Elles sont de plus très petites, consistant souvent en une unique œuvre. L’accent est donc mis sur le côté social : il faut venir à cette exposition avec des amis et en discuter autour d’un verre. Et là, ça tombe bien que ça se passe dans des bars !

J’ai bien aimé les images de 8-bitscapes, qui sont des incrustations de sprites 8bit dans des photographies bien réelles. Même si le concept a déjà été vu, c’est toujours sympa. Dans la même veine, l’artiste Sevensheaven réalise des illustrations de jeux 8bit en 3D, et Bruno donne vie à des personnages pixelisés à la manière d’un papercraft. Amateurs de Minecraft, vous pouvez y trouver des idées de monde à bâtir…


Pixel Troopers

Le Paidia Institute nous montre comment construire un système de feedback pour qu’un jeu se joue littéralement tout seul, sans intervention humaine. Concrètement, des capteurs récupèrent des informations sur l’image affichée sur l’écran d’ordinateur, un autre ordinateur analyse ces informations pour ensuite faire bouger une main mécatronique qui appuie sur les touches du clavier. Sur une autre installation, une caméra était de plus aidée par deux micros placés devant les hauts-parleurs pour se repérer dans l’espace 3D du jeu. C’est franchement geek, et comme on pourrait s’en douter ça ne marche pas du tout, mais ça on s’en moque.


Boucle de feedback sur un jeu de saut de haies. Le personnage sautait effectivement sur la plupart des haies.

C’est un concept qui va peut-être intéresser Nintendo : le WiiSpray est un accessoire ressemblant à une bombonne de peinture dans lequel il faut insérer une Wiimote, plus un programme qui permet donc de peindre sur sa télé avec cette bonbonne. Conçu dans le cadre d’un projet de fin d’étude, le résultat donne une agréable illusion de réalité et amusera les artistes de rues, pouvant même leur servir de bac à sable.

http://www.vimeo.com/3941280

Je termine l’exposition en assistant à la première allemande du documentaire Reformat the planet. Ce film d’une heure et demi présente la scène de la musique chiptune, avec des compositeurs de musique sur Gameboy et autres antiquités. Il y a également de nombreux extraits du tout premier Blip Festival, un événement de quatre jours où plus de trente artistes se succèdent et mixent en direct de la musique 8bit : j’adore ! A quand une diffusion sur Nolife ?…

http://www.vimeo.com/665366

Cette exposition a présenté des œuvres d’art à part entière que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’être vu. Et c’est très efficace pour renforcer votre culture geek. Platine aura très certainement lieu de nouveau en 2012, alors n’hésitez pas à aller y faire tour si vous êtes dans les environs.

Tout le programme de cette édition est sur le site officiel de l’exposition mais il vaut mieux comprendre l’allemand…

Plus de photos dans mon album Picasa.

Evoke 2011 - Ma semaine à Cologne, première partie

Notgames Fest - Ma semaine à Cologne, deuxième partie

Gamescom 2011 - Ma semaine à Cologne, quatrième partie

Série d’articles initialement postée sur Gameblog.

Notgames Fest - Ma semaine à Cologne, deuxième partie

Mardi 23 août 2011

Je continue mon voyage à Cologne par la visite de l’exposition Notgames Fest, qui propose de regarder le jeu vidéo sous un angle différent.

Le Notgames Fest s’est tenu du 15 au 17 août 2011 dans les locaux de l’École Internationale de Design de Cologne. Organisé par le Cologne Game Lab, les conservateurs n’étaient autres que Tale of Tales, connus notamment pour The Path et autres jeux à composante émotionnelle très forte. Et pour cause : l’exposition se veut « alternative aux autres événements se déroulant au même moment à Cologne », sous-entendu la GDC Europe et la Gamescom. Elle met en avant des notgames, des jeux qui s’affranchissent des codes classiques du jeu vidéo pour proposer une expérience différente mais riche en émotion.

La première chose qui retient mon intérêt, c’est la décoration de l’exposition. J’étais déjà venu dans cette même salle en janvier pour le Global Game Jam et elle était toute blanche. Là, rien à voir : entièrement recouverte de carton, très peu de lumière. De plus, des petits haut-parleurs placés dans les couloirs diffusaient des extraits sonores des jeux présentés. Chacun d’eux était installé dans un petit compartiment où le visiteur est invité à prendre place et à l’essayer. Quelle ambiance ! A vrai dire, l’expérience des visiteurs n’aurait pas été la même sans ce décor.


Une dame et son
petit-fils jouant à
The Endless Forest

La deuxième chose qui me marque, c’est quand même le peu de visiteurs. Bon, l’exposition était petite, donc trop de monde aurait ruiné son intérêt. Les organisateurs étaient cependant content du nombre de visiteurs. Mais en discutant avec certains d’entre eux, je m’aperçois vite que le public est très ciblé : étudiants de l’école, proches des employés du Gamelab… En vérité, je n’ai vu aucune publicité trainer sur cette exposition, et on le ressent. À noter qu’une équipe de journalistes est venue le mardi et l’exposition, qui devait se terminer ce même jour, a été prolongée jusqu’au mercredi. Je n’étais plus là mercredi mais j’espère que le reportage des journalistes a attiré d’autres visiteurs, ce serait dommage que l’exposition ne se soit adressée qu’à un public d’initiés.

Les auteurs des œuvres étaient également peu nombreux à l’exposition. Le lundi je n’ai vu que deux créateurs, le mardi un troisième. Pourtant ils étaient bien là à la fête de clôture organisée le mardi soir, à laquelle je n’ai pas pu assister, c’est le monde à l’envers ! J’avais pensé discuter avec eux, ce sera pour une autre fois…

La sélection des œuvres est globalement bonne. Quelques-uns m’étaient déjà connus, comme The Path, précédemment cité. A travers l’histoire du Petit chaperon rouge incarnée par six sœurs, le jeu force le joueur à transgresser la seule règle de l’histoire : ne pas se détourner du chemin, sous peine de rencontrer le loup. Mais qu’est-il vraiment ? Faut-il l’éviter ?

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Trauma, récemment publié sur Steam, nous transporte dans la mémoire d’une femme, hospitalisée après un accident de voiture. Un peu à la manière d’un point-and-click, sa mémoire nous est révélée sous la forme de photographies, entre lesquelles il faut naviguer pour réveiller des souvenirs…

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D’autres ont été des bonnes découvertes, je ne crois pas que j’aurais eu l’idée de faire ce genre de jeu. J’ai particulièrement apprécié The Lake, disponible gratuitement sur iPhone. C’est un jeu entièrement sonore, puisque la seule action que peut faire le joueur est de retourner une carte. En la retournant, il change l’atmosphère sonore, qui au fur et à mesure raconte une histoire. Il faut prendre le temps de l’écouter.

http://www.vimeo.com/20686527

Ceremony of Innocence est le doyen de l’exposition : datant de 1997, le jeu raconte l’échange épistolaire entre deux personnages. Chaque carte postale est une énigme à résoudre, avant de découvrir le texte inscrit dessus. Les énigmes sont parfois ennuyantes ou non intuitives, et on se retrouve souvent à cliquer partout sur l’écran pour déclencher les interactions, cependant cela reste une bonne aventure.

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J’ai été un peu déçu par le fait que tous les jeux soient graphiquement aboutis, alors que le thème se concentrait sur le côté narratif et émotionnel. Je suis persuadé que des jeux avec un graphisme plus simple mais proposant une expérience plus riche aurait eu tout à fait leur place dans l’exposition. Au final, on retombe dans le cliché des jeux devant être beaux pour être intéressants. Dans le cadre de cette exposition, je peux comprendre que les organisateurs aient choisi des jeux attirants, dans la mesure où elle se veut ouverte à tous les publics.

Ma grosse interrogation reste néanmoins la présence d’Amnesia, que vous connaissez sûrement. Côté émotion, il n’y a pas à discuter, le contrat est rempli : je n’ai pas réussi à jouer à la démo plus de cinq minutes (je sais, je suis trouillard). Le seul problème, c’est que c’est un jeu, un « vrai » avec une structure et des mécanismes de vrai jeu ! Alors que l’exposition devait présenter des « non-jeux »… à mes yeux c’est un tir manqué. Également une remarque globale sur la plupart des jeux, il faut avoir un background un peu joueur pour pleinement les apprécier. J’ai vu des visiteurs ne pas comprendre en quoi les œuvres différaient des vrais jeux puisqu’ils ne connaissaient pas non plus les structures des vrais jeux.

Au final, c’est resté une exposition intéressante à parcourir. Elle a montré que les jeux peuvent faire ressentir au joueur des émotions même avec un gameplay très simple, et c’est pour moi une composante importante du game design qu’on a tendance à délaisser.

Retrouvez l’intégralité des œuvres présentées sur le site de l’exposition. Attention, cela ne veut pas dire que tous les jeux sont gratuits…

Plus de photos dans mon album Picasa.

Evoke 2011 - Ma semaine à Cologne, première partie

Platine - Ma semaine à Cologne, troisième partie

Gamescom 2011 - Ma semaine à Cologne, quatrième partie

Série d’articles initialement postée sur Gameblog.

Evoke 2011 - Ma semaine à Cologne, première partie

Dimanche 21 août 2011

Mon voyage à Cologne débute avec l’Evoke 2011, l’une des plus grosses demoparties allemandes. C’est l’occasion de rencontrer d’autres passionnés de la création numérique…

Tout d’abord, il me faut vous expliquer ce qu’est une demo. Dans ce contexte, ce n’est pas un extrait jouable de jeu vidéo ! C’est au contraire une séquence non-interactive calculée en temps réel sur un ordinateur. Elles nécessitent trois principales compétences : en programmation, en musique, et en graphiques (3D ou 2D). Par conséquent, même si une demo peut être créée par une seule personne, les demomakers se réunissent généralement en demogroups, dans lesquels ils partagent leur intérêt pour ce type de création.


We got signal,
Commodore 64

Les demos sont réparties en plusieurs catégories. Chaque type de machine accueille des demos, pas seulement les ordinateurs : Atari, Amiga, Commodore… oui, vous savez, ces vieilles consoles. Les programmeurs se surpassent pour coder sur ces plate-formes. Pour les demos PC, il y a ensuite des sous-catégories, par exemple les demos 4k et 64k, c’est-à-dire des demos qui doivent tenir en un seul fichier de taille maximale 4096 octets et 65536 octets respectivement. Et 4096 octets, c’est ridiculement petit ! En comparaison, un fichier OpenOffice vide fait déjà 7813 octets. Et les jeux actuellement sur le marché se comptent en gigaoctets… C’est pour cela que généralement les textures 2D et modèles 3D doivent être générées par le programme plutôt qu’être définie en mémoire (je vois souvent le terme “procédural” pour signifier généré par le programme), et les musiques enregistrées dans un format proche du MIDI. Enfin, le web fait son apparition puisque WebGL permet de faire de la 3D sur une page dans le navigateur.

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Red, demo gagnante de la compétition PC 4k. 4096 octets !!!


Miam !

Plusieurs centaines de personnes sont donc venues du 12 au 14 août 2011 à l’Abenteuerhallen Kalk à Cologne. Pas que des allemands, puisque j’y ai rencontré plusieurs français, et on entend souvent parler anglais. Pour certains, l’événement est à suivre du début à la fin, avec un ordinateur et un sac de couchage sous le coude. Pour d’autres, ce n’est qu’une visite pour admirer les œuvres présentées ou bien simplement pour savourer l’ambiance. Il paraît que l’Evoke a un côté familial par rapport à d’autres demoparties : tout le monde se connaît et se retrouve chaque année. Je ne peux pas dire le contraire : dès mon arrivée, je suis accueilli par un groupe de demomakers ! J’avais peur de passer le weekend seul, me voilà rassuré. Les gens parlent entre eux, se réunissent autour du barbecue… bref ce n’est pas un weekend où l’on reste devant son ordi.


Eh Kolia, une rousse !

Je dirais que la plupart des résidents étaient âgés entre 25 et 35 ans. Ceci dit, j’ai rencontré des visiteurs plus vieux, qui m’ont dit avoir fait des demos par le passé mais qui n’ont plus le temps d’en faire aujourd’hui. Cela ne les a visiblement pas empêchés de venir assister aux présentations. Autre chose importante à noter, il y avait des femmes ! Certes, la plupart ne participait pas à la création des demos mais accompagnait seulement leur petit ami. N’empêche que, ces manifestions ne sont pas réservées qu’aux hommes, tout le monde a le droit de les apprécier, ne serait-ce que pour l’ambiance qui s’en dégage. Et puis, il paraît que l’entrée est gratuite pour les femmes…

Le déroulement de l’événement est assez simple : il y a régulièrement des dates limites de dépôts pour chaque catégorie de demos, suivies peu de temps après par leur présentation. Cette année à l’Evoke il y avait les catégories PC, PC 4k, PC 64k, alternative platforms (donc autres que PC), ainsi que des catégories moins basées sur le code : animations, musiques et graphiques. Après les présentations, tous les visiteurs peuvent voter pour leurs œuvres préférées. Car ce sont bien les visiteurs eux-mêmes qui établissent le classement. Le dimanche après-midi, les résultats sont annoncés au cours d’une longue cérémonie, qui finalement clôt l’événement. En outre, des DJs animaient les nuits, et Kenny Magnusson nous a présenté le système d’éclairage dans le moteur de jeu Frostbite 2 de DICE. La classe.

Neoman, gagnant de la compétition PC 64k.

Cet événement a parmi de m’introduire dans le monde de la demoscene, et qui sait, j’arriverai peut-être à faire ma première démo dans quelques temps. Je ne peux que vous recommander d’assister à des demoparties si vous vous intéressez à l’art numérique ou à la culture geek tout simplement !

On se quitte sur une demo PC qui est en fait l’invitation pour une autre demoparty, la Demodays (anciennement Bünzli) en Suisse, et qui montre que les compositions ne sont pas toujours rythmées sur de la musique électronique !

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Plus d’informations sur le site officiel de l’Evoke 2011. N’hésitez à posez vos questions dans les commentaires de l’article.

Vous pouvez retrouver ici les vidéos live des cérémonies d’ouverture et de remise des prix, ainsi que de pas mal de demos.

Plus de photos dans mon album Picasa.

Notgames Fest - Ma semaine à Cologne, deuxième partie

Platine - Ma semaine à Cologne, troisième partie

Gamescom 2011 - Ma semaine à Cologne, quatrième partie

Série d’articles initialement postée sur Gameblog.