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J+18 - 1ère partie : Le maillon faible

4 heures du mat : je patiente dans le lobby de l’hostal qu’on vienne me chercher pour le bus avec sac de 70L a moitié plein et mon sac de rando. La notion du temps est toute relative en Amérique centrale et au bout de 45 minutes à se regarder en chiens de faïences avec ceux qui attendent pour la visite version longue de Tikal (des chambres étant directement attenantes au lobby, il convient de rester silencieux) mon guide se pointe enfin.
Quand le guide annonce El Mirador, un pauvre perdu en jean basket se présente. Le guide ne parlant pas bien anglais, je me permet d’indiquer à ce grand naïf son erreur : dans sa tenue et avec son pauvre sac à dos de 5 litres, il se trompe de guide : nous, on va pas à Tikal monsieur. Mais en fait si, il vient bien avec moi. WTF?

C’est donc en compagnie du guide et de Ralf Schumacher que je me rend au bus. Assez grand et élancé, tout dans son physique, sa retenue quand il parle, son attitude crie : “JE SUIS SUISSE ALLEMAND!”. Rapidement, j’apprends qu’il n’a aucune idée de ce qui l’attend mais en fait, il s’en branle un peu : il a été élevé à la rando par ses parents, est colonel dans l’armée suisse et s’est déjà tapé des randos de 100km par jours sur plusieurs jours consécutifs avec son barda de 35Kg sur le dos. Donc t’inquiète paupiette! Un gars lui a dit que c’était bien sans plus de précisions alors il est venu. On lui a dit qu’il aurait besoin de baskets et d’une gourde; Ralf ne s’est pas posé plus de questions que ça. Je suis un peu sceptique mais vu son CV, un manque de préparation parait pas dramatique.

Arrivé au bus, nous rencontrons notre dernier compagnon de voyage : Carole Montillet. Elle aussi arbore petits baskets et sac de moins de 5 litres. WTF again? Mais là aussi, tranquille Emile! Sous son léger embonpoint son protégés de sacrés cuisseaux qui font régulièrement de la rando : sa dernière expérience étant un trip de 15 jours sur les lacs canadiens où ils portaient les canoës de lac en lac avec les backpacks à l’intérieur sur plusieurs kilomètres pour les liaisons entre lacs. Pareil, elle s’est stuffée en fonction de ce que lui a préconisé le vendeur du tour. Je me suis peut-être emballé avec mes 10 kilos de provisions.


Si tu sais qui est Carole Montillet, désolé de te confirmer que, comme moi, t’es vieux

Bon, mes deux compagnons sont tangiblement plus jeunes que moi, probablement avec une meilleure hygiène de vie et surtout beaucoup plus d’XP : ma dernière (et unique!) rando d’au moins deux jours date de plus de 15 ans… Je serai donc probablement le maillon faible. Mais que diable suis-je allé faire dans cette galère?

Départ de notre bus local vers 5 heures du matin et direction Carmelita à 80 km au nord. Pour vous donner une idée de la qualité de la route, le trajet durera 5 heures… Mais pas d’inquiétude à avoir comme l’indique l’autocollant sur le pare-brise fêlé : Jésus veille personnellement sur ce bus, me voilà rassuré! (J’ai bien essayé à 10 reprises de prendre une photo mais étrangement, toutes sont sortes floues au vu du bon état de la route).
On est bien en saison des pluies : la route est très boueuse et le bus galère à traverser les flaques et surtout les montées où ça patine dans tous les sens. Ma principale préoccupation est la boue pour la rando et plus on s’approche de Carmélita, plus les flaques sont grandes. A tel point que certaines hébergent des familles de canards là où c’est censé être une route. Ca va donc très boueux. Et l’arrivée à Carmélita ne le démentira pas :

Une fois descendus du bus, on fera connaissance avec nos guides, signons les décharges de responsabilités (oui, ils perdent de temps en temps des gens dans la jungle) et l’expédition s’organise, les mules sont amenées et chargées.


La caravane logistique

De mon côté, je demande conseil pour savoir si je commence en bottes en plastiques ou baskets. Le guide est catégorique : bottes (lui-même en utilisera, c’est dire). Ralf et Carole me lancent un regard interrogateur : il en fallait en prévoir?
Le guide tranchera vite : de toute manière, y’en a pas ici mais “ça devrait pas poser de problème en basket”. Carole et Ralf se satisfont de la réponse : ils ne sont clairement pas assez coutumiers de la culture. Mais je ne me sens pas l’âme de briser leurs illusions.

Dernier petit dej’ au sein de la civilisation et nous voici fin prèts à affronter El mirador. Il est environ 11 heures trente quand nous faisons nos premiers pas.

Un commentaire pour “J+18 - 1ère partie : Le maillon faible”

  1. mouito dit :

    Trop de suspense!

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