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Un nouveau blog sur Wefrag le blog de Blondin.

Archive pour mars 2016

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J+26 Concentration

Jeudi 31 mars 2016

Au petit matin, je croise Nina et son paquetage qui nous quittent vers León beaucoup plus au nord. Il est 8h du matin et n’a pas encore décuvé totalement. La traversée en ferry dans une heure risque d’être difficile.

Je prend mon temps au petit déjeuner et j’aceuille Kesha à son réveil avec une bouteille d’eau fraîche et différentes options incluant toutes des points d’eau pour se relaxer. Les options restent toutefois limitées car la semaine sainte bat son plein et de nombreux magasins sont fermés et bus et ferrys ne circulent pas. Pour réchauffer les relations France-US, je compte lui offrir une journée gueule de bois la plus agréable possible. De mon côté, l’objectif est de ne pas faire d’efforts physiques pour me préparer à affronter La Concepción demain. J’ai d’ailleurs encore les jambes légèrement douloureuses depuis le Maderas.
J’irais donc en ville louer un scooter pendant qu’elle déjeune pour conduire madame à Playa Flamingo où nous degusterons des noix de coco fraîches. Les vendeurs les décapitent à la machette et nous buvons l’eau de coco à l’intérieur à la paille. Une fois terminées, on fracasse la coque pour manger directement la chair. Délicieux.
En fait, Kesha n’accuse pas trop le coup et sans être en pleine forme, elle va plutôt bien.

Puisque nous sommes de l’autre côté de l’île, nous essayons de rendre visite à Anna Kournikova chez les hippies mais n’aurons pas la chance de la croiser. Il s’avèrera plus tard qu’elle était en plein cour de yoga. Le lieu valait le déplacement avec une tour d’observation à une quinzaine de mètres de hauteur dominant la jungle et les petits bâtiments du complexe.

Retour vers notre hôtel et nous ferons étape à Punta Jésus Maria pour admirer le coucher de soleil que Kesha avait manqué hier. Le lieu est presque aussi classieux que votre serviteur :

Retour en ville pour rendre le scooter. Aucune chute n’est à déplorer même si certains passages dans des parties sablonneuses furent très limites. Achat des provisions pour l’ascension du lendemain : eau, barres energetiques, casquette (j’ai perdu la mienne deux jours avant) et dinner à l’hôtel. Au moment d’aller au lit, toujours aucunes nouvelles d’Anna qui a les coordonnées de guide pour faire l’ascension de la Concepción. Ce ne sera donc pas pour demain. Fais chier.

J+25 Repos

Mercredi 30 mars 2016

Autant dire que ce matin, je ne fais pas trop le fier. Anna se leve tôt ce matin car elle nous quitte: elle part dans un autre hostel de l’autre côté de l’île qu’elle avait repéré. C’est un repère de hippie dans la jungle dispensant des cours de yoga gratis. Ce n’est pas un adieu car nous devons effectuer l’ascension de la Concepción tous les deux dans deux jours. Je déjeune avec Kesha et lui propose de m’occuper de notre malade pendant qu’elle ira découvrir l’île en scooter à son tour. Je vais donc rester à notre hôtel où le spectacle de la rue se suffit à lui-même :

Au réveil, Nina parait aller mieux. Beaucoup mieux même puisqu’elle fume sa première clope à 10h et boit sa première bière à midi pour s’ouvrir l’apétit. Ça fonctionne, elle se ré-alimente pour la première fois depuis 40h et va visiblement mieux. On discute gentiment et j’experimenterais une nouvelle chose : le lavage de fringues à la main.

C’est long, ingrat et peu efficace. C’est clairement pas une de mes compétences : 2 heures trente pour l’équivalent d’une petite lessive. Le bon point, c’est que j’avais un partenaire pour me faire la conversation :

Il arrive à dire “buenas noche”, ” ola”, siffler mais malgré mes tentatives, impossible de lui faire sortir un “borracho”.

Nous décollerons en fin d’aprem pour 3km de marche jusqu’à Punta Jésus Maria. Kesha nous y rejoindra mais juste un peu trop tard pour admirer le coucher de soleil.


(Nina, le Maderas sur la droite, La Concepción sur la gauche)

Après les 3km à marcher de nuit, Nina est visiblement en pleine forme et Kesha la motive pour aller en ville avec des locaux rencontrés lors de la location de son scoot. Lors de l’apéro, la conversation dérive sur les réfugiés en Allemagne et Nina en heberge 3 chez elle. Elle est ravie de l’expérience et le petit village dans lequel elle vit, après mal de réticences initiales, les a finalement bien acceptés. Elle en parle avec beaucoup de simplicité et c’est assez poignant. Elle va de mieux en mieux et lorceque les locaux arrivent en moto pour nous amener en ville, je passe mon tour. Pas elles.

Aujourd’hui, c’est volcan:
Départ à 200m d’altitude, point le plus haut à 1400m pour 14km aller retour. Enfin un peu de challenge!

Nous sommes récupérés à 6h du mat par un mini-van privé qui nous lâche au début du sentier où il est possible de petit déjeuner au resto du coin. L’équipe est composée d’Anna, Kesha, Ina, Dave et notre guide. Nina ayant vomi toute la nuit, elle restera au lit toute la journée. Tout le monde est restauré et il est 8h quand nous nous presentons en bas, en avant bande de larves !

* km 1 : il fait chaud et le guide marche très vite. Je dégouline de sueur et ne tiendrais jamais ce rythme 7km. Mais bon, je ne suis pas inquiet, Ina et Kesha devraient craquer bien avant moi même si Dave porte l’eau de Ina et moi celle de Kesha.

* km 2.. ah non, on est déjà au 3. Ca marche très vite. Ina montre des signes de fatigue et les pauses pour admirer les singes hurleurs, oiseaux et végétation sont les bienvenues pour elle même si elle admire surtout ses pieds en soufflant.

* km 4 : on rentre plus profondément dans la jungle, le sentier monte de plus en plus mais entre l’altitude qui rend la chaleur moins intense, le vent qui commence à souffler et le surplus d’ombre, marcher devient plus facile. De plus, le groupe s’adapte à la vitesse d’Ina et le rythme devient beaucoup plus soutenable.

* km 5 : l’ascension continue, toujours plus frais, toujours plus humide, je suis en pleine forme maintenant. Plus que 2 km et c’est fini, ça aura été facile… Nous n’avons marché que 2 heures. C’est le moment que choisis le guide pour nous annoncer qu’en fait, nous n’avons fait que la moitié en terme de temps, les deux derniers kms sont beaucoup plus ardus.

*km 6 : en effet, le guide n’a pas menti. L’humidité grimpe en flèche et nous pateaugeons maintenant dans la boue à monter et descendre un sentier bien pentu. Vu notre rythme, ce n’est pas super crevant mais la progression est lente car nous devons nous aider des mains pour attraper racines, arbres ou lianes pour conserver l’équilibre. Ça glisse dans tous les sens et les premières chutes sont à déplorer.

*km 7 : c’est de pire en pire et on doit monter ou descendre des marches jusqu’a 1m de haut bien glissantes. Des cordes sont prévues aux endroits les plus ardus. C’est de plus en plus lent mais le rythme ne doit pas être si mauvais car nous doublons d’autres groupes. Nous entamons la descente finale vers le cratère et la lagune qui s’y trouve. Petit endroit paisible qui semble isolé du monde :


(La fine equipe)

Après une petite heure de pause à profiter de la lagune (Dave essaiera de se baigner mais il y a 20cm d’eau pour 60cm de boue en dessous, il en ressortira plus sale qu’il n’y est entré), nous prenons le chemin du retour.

Nous arrivons en bas en traçant d’autre groupes, 8:30 au total dont environ 2heures de pause, Ina est exténuée et meurtrie par ses chutes régulières lors de la descente, Kesha fatiguée, Dave et moi sommes encore bien en forme. Reste Anna qui parait être à peine echaufée et prête à partir pour l’ascension. Quelques vues sympa sur la descente :


(La Concepción, bouge pas, je vais pas tarder à arriver)

Après une bonne douche pour éliminer la boue dont nous sommes tous recouverts, direction le boui-boui local pour manger et fêter ça. Nous serons rejoins par les 2 jeunes allemands de la dernière fois. Ils ont effectué l’ascension de l’autre volcan plus difficile et sont complètement vannés. Pourtant, ils sont jeunes, sportifs et aiment la rando. Ça a l’air de confirmer les reviews dantesques que j’en ai lu, ça risque de pas être facile. La bière est à 1,2€ le litre et coulera donc à flot. La majeure partie d’entre nous est vanné mais un des deux allemands tient à célébrer sa victoire car c’est quasi la fin des vacances pour lui. Anna et moi lui tiendrons compagnie et après moult rhums au bar du coin, nous rentrons à l’hôtel avec Anna à 4:30.

Excellente journée, une des meilleures jusqu’ici!

J+23 Bienvenue à Zombieland

Mardi 29 mars 2016

Réveil difficile pour tout le monde vers 10h. Clairement, nos organismes sont marqués par ces derniers jours. Jaden nous quitte vers 11h vers Managua et les adieux sont pathétiques tellement nous sommes fatigués. Ils seront ponctués par la procession religieuse qui passe en bas de la rue pour la semaine sainte.

L’hostel ne peut pas nous laisser la chambre ce soir et nous entamons mollement un changement d’hôtel vers une bourgade 1 km au sud dans un micro patelin nommé La Paloma. Rien d’autre dans cette ville que notre hôtel et des habitations. À notre arrivée, nous avons foule de questions désorganisées et urgentes selon nous mais la patronne écoute avec calme et répond parfaitement à toutes. Sa zenitude est impressionnante et contagieuse. De plus, l’endroit est calme, super propre, aéré disposant d’une foultitude de hamacs pour se reposer. Vu notre état, ce lieu se présente pour nous comme un paradis.

J’arrive à 14h en ville pour annoncer au Sergent Garcia que je suis incapable de faire quoique ce soit et vais proposer de reporter. Le Pollo Frito, lieu de rendez-vous, n’existe pas. Ce doit être un surnom mais je n’ai pas le courage de me taper tous les bouibouis de la ville qui font du poulet. J’ai ma conscience pour moi : j’aurais essayé. Vu l’état du sergent Garcia hier, je ne suis pas certain que ce fut réciproque.

Les filles feront leur lessive à la main l’aprem, je me contenterais de les regarder faire. Nous irons en ville en fin de journée pour réserver l’activité du lendemain et rencontrons Dave et Ina se joindrons à nous.

Kesha nous rejoins à l’hôtel, elle a eu un Sunday Funday (tradition probablement anglaise qui consiste à boire tout le dimanche pour oublier que la semaine de travail reprend le lendemain) assez difficile et est à peu prés dans le même état que nous. Nous mangeons à l’hôtel où la patronne nous a mitonné de bons petit plats mais nous n’arriverons pas à terminer nos assiettes vu notre état. Nous ne parlerons quasi pas tellement nous accusons le coup de la veille. Surtout Nina qui ne touche à rien et commence à être sacrément malade.

Demain s’annonce dur, tout le monde est au lit à 9h.

J+22 Ometepe tour

Lundi 28 mars 2016

Réveil un peu tardif et exercices de yoga pour ces dames avant le petit déjeuner où tout le monde réagit au ralenti. Après 3 tentatives, j’arrive à motiver le groupe pour décoller… il est déjà 11 heures.

Un consensus à été trouvé pour louer des scooters et se balader dans l’île. Anna pilotera avec Nina en passager et je transporterais Jaden. Après des débuts un poil chaotiques (Nina aura essayé de défier la gravité à plusieurs reprises sur des ralentisseurs) et plusieurs mauvais choix de routes, nous arrivons à l’Oro de Agua, une piscine semi-naturelle plutôt class même si ça reste petit et blindé :

Nous profitons de l’eau limpide mais le restaurant du complexe s’avère plutôt cher et nous partirons à la découverte de Playa Santo Domingo pour manger :

Au fil de nos perigrinations, nous poussons au point le plus loin atteignable en scooter (la moitié des routes de l’île nécessitant une motocross) et finirons sur le retour dans un complexe hôtelier donnant sur une plage magnifique avec les meilleures empanadas que j’ai jamais mangé. Nous y découvrirons aussi le Nicalibre (Rhum, eau gazeuse, citron vert) qui lui aussi fait consensus.

Nous n’aurons pas le temps d’admirer le coucher de soleil à l’endroit prévu et rentrons de nuit à notre point de départ. Anna s’étant gaufrée toute seule lors d’un demi-tour sur les gravier, ça lui coûtera 20$ de plus mais aussi un enseignement sans prix de la part de Jaden : au Nicaragua aussi, ils ont la même expression que “Femme au volant, mort au tournant”. Comme quoi, certaines expressions naissent de manière trans-culturelles.

Nous rejoindrons Ina et Dave pour dinner car ils viennent d’arriver sur l’île et après le repas, 2 autres allemands se joindront à nous pour plusieurs tournées au bar du coin principalement peuplé par des locaux. Lorsque 5 canadiens anglophones se joignent à nous, je me retrouve esseulé entre un groupe germanophone et une coiffeuse canadienne. J’ai toujours eu du mal avec les coiffeuses : avec le peu d’intérêt que je porte à mes cheveux, nous savons immédiatement qu’un monde de valeurs nous sépare.

15 minutes plus tard, Dave me demande de l’aide car le sergent Garcia essayé de communiquer avec lui. Garcia est assez gros mais surtout très saoul. Je m’apprête à aider Dave à se débarrasser du relou qui veut se faire payer des bières mais surprise : en fait, Garcia veut payer sa tournée pour discuter avec nous.
Finalement, je m’isolerais vite à un coin du bar avec lui car une symbiose s’opère : saoul comme il est, il parle fort mais lentement et répète les mêmes phrases trois fois. L’alcool aura dégradé son niveau d’espagnol exactement au point d’être parfaitement équivalent au mien. Nous parlerons de l’île, de la politique, de l’agriculture, de l’enjeu de la gestion de l’eau douce au Nicaragua mais surtout de bouffe. Après 2 à 3 heures de conversation intense, rendez-vous est pris pour le lendemain 14h au Pollo Frito : le soir même je cuisinerais dans sa famille et ils feront de même pour moi.

Il se fait quand même 4:30 quand le patron nous demande de quitter les lieux et c’est avec une joie immense que nous nous retrouvons à la rue devant notre hostel fermé à clé. Malgré 20 minutes à échouer à réveiller quelqu’un a l’intérieur (nous avons réussi à faire se lever le voisin d’en face), nous finirons par rentrer par effraction dans notre propre hôtel en escaladant un des murs.

Hilares, nous rejoindrons nôtres chambre pour dormir du sommeils des justes. Ça risque d’être court, il est 5:30…

J+21 Ometepe nous voilà!

Dimanche 27 mars 2016

Comme convenu, Anna me rejoint à 9:30 lors de mon petit déjeuner sur la place de l’église. Elle repartira aussi vite qu’elle est arrivée après que nous nous soyons mis d’accord sur un rdv à 10:30 à l’arrêt de bus.
Elle s’y présentera avec Jaden (qui fera la première étape avec nous avant de bifurquer) et Nina qui se joint à nous pour aller sur l’île d’Ometepe.

Nous arrivons une heure après à la gare de bus de Rivas. Les gares de bus sont généralement sales et bordéliques. Les marchés aussi. Celle de Rivas est au milieu du marché… C’est un bordel sans nom où se croise des vieux bus scolaires US, des carrioles tractées par des chevaux, des vendeurs ambulants et stands qui débordent sur la route et des dechets partout. Après avoir récupéré nos bagages non sans mal du bus qui continue à avancer alors que le gars sur le toit descend les bagages, Nina remporte l’unanimité des suffrages pour une bière bien méritée par le groupe. Nous entrons donc dans le bar le plus typique que j’ai fréquenté depuis un bon moment (comprendre crasseux avec de la terre battue au sol, des bières pas chères et des habitués très habitués puisque certains ont l’air d’être là depuis l’ouverture du matin). Néanmoins, la caution locale de Jaden et la curiosité suscitée par le fait d’avoir des étranger ici (ça doit pas arriver tous les jours) nous obtiennent les faveurs du patron et des clients. Ces derniers montrerons à ces dames le fonctionnement du jukebox et nous ferons découvrir les tubes locaux et expressions toutes aussi locales.

Après cette pause bien méritée nous reprenons la direction du chaos à bord d’une voiture tractée par un cheval. Rien n’est plus classieux pour traverser le marché :

En un croisement de rue, nous sortons du chaos pour atteindre le centre ville de Rivas beaucoup plus calme et aéré. Sur la place principale se tient, comme tous les samedi, une démonstration de danse par les gamins de la ville avec des stands de bouffe locale tenus par les parents. Jaden nous fait découvrir toutes les spécialités et s’éclipse avec Nina au magasin du coin. C’est le moment que choisi un des jeunes de la troupe pour inviter Anna à danser sur l’estrade centrale. Je ris et l’encourage. Suivra une petite de 8 ans m’invitera à son tour. Je supplie et pleure.
Entre la petite qui à du mal à m’expliquer et moi qui ne sais pas danser ces air locaux, le spectacle proposé est assez pathétique. Heureusement que Nina et Jaden n’ont pas assisté à ça, ils en riraient encore. Voici une photo de la place aussi réussie que ma prestation (pour vous donner une vague idée des deux):

Nous allons quitter la place un peu la queue entre les jambes quand la sécurité viendra expliquer à Nina que l’alcool est interdit sur la place et qu’elle n’a plus l’âge de jouer dans le jardin d’enfant aussi tentants qu’en soient les modules. Au moment des adieux avec Jaden, nous le chambrons en lui proposant de nous accompagner sur l’île. Il hésite une seconde, c’est trop. Nous nous engouffrons dans la brèche, il nous suivra donc à Ometepe.

Direction le port de San Jorge pour prendre le ferry. Une heure trente à tuer (et une bière chacun). Le panorama est pas degeu :

Une heure trente de traversée (et une bière chacun - l’influence germanique de Nina est à son comble) et plus nous nous rapprochons, plus ces deux-là m’appellent :

Arrivés à Ometepe, nous nous dirigeons vers un hostel recommandé par mon Petit Futé et obtenons une chambre pour 4 à 30$. La chambre est basique mais le lieux sympa. Le patron a du mal à croire que nous sommes intéressés malgré sa mise en garde au sujet de la grosse teuf de l’autre côté de la rue qu’il y aura ce soir. Même pas peur.

Avec le recul, ce fut une erreur car effectivement, les fenêtres de notre chambre sont équipées d’un filet anti moustique seulement et donnent directement sur la rue où la fête battra son plein quelques heures plus tard. Néanmoins, exténués par tant de bieres, nous dormirons beaucoup… mais pas forcément bien.

Direction le front de mer pour prendre le petit dej vers 9h. Passage à l’hotel pour mon entretien d’embauche. La gérante est toujours aussi débordée et me raconte sa vie, je ne parle presque pas. La semaine sainte commence le lendemain (semaine entière de vacances pour toute l’Amérique latine) et la chambre dédiée aux volontaires est louée. Par contre, elle est okay pour les deux semaines d’après et me confirme ça dans la journée par mail. Je ne recevrais jamais de nouvelles…

Je partage un jus de fruit avec Harry à l’hostel et Nina apparaît. La nuit n’a pas été facile car Kesha s’est fait volé son sac à main et elle l’a aidé à gérer la crise. Heureusement, elle a encore téléphone, passeport et carte bleue. Ça aurait pu être pire.

Je suivrais Nina à la rencontre d’un couple d’Allemands présents dans le même bus :
* Ina Müller - 27 ans. Gentillesse incarnée elle aussi. Elle reste un peu en retrait car elle maîtrise mal l’anglais. Elle travaille dans le social ce qui doit l’aider à supporter sans problème les piques (drôles et pas méchantes) incessamment lancées par son conjoint :
* Dane Reynolds -31 ans. Il ressemble à un surfer australien mais est un pur allemand et ne surfe pas non plus. D’ailleurs, il ne fait pas de sport mais a un physique d’athlète : selon lui, il a hérité de bons gènes. Toujours décontracté et prêt à sortir une vanne, un compagnon de route idéal.

Nous voilà en route vers Playa El Remanso :

Deux cahutes servant du poisson grillé et des bières sur la plage, un bon spot de surf avec pas mal de monde à l’eau et une population de surfeurs très internationale. Après une petite baignade, tacos au poisson dans une cahute où je retrouve Anna et Jaden, Kesha étant dans l’eau pour surfer. On glandouille pas mal de temps avant de rentrer tous ensemble à San Juan à l’arrière d’un pick-up aménagé en taxi collectif.

On se retrouve tous à un resto de poisson local vers 19h pour dinner. Comme la veille, on enchaînera sur divers bars. J’abandonne vers 2:30 et suis Ina et Dane qui partent se coucher. Adieux à Jaden en plein breakdance qui nous quitte demain pour Managua, à Nina dont la voix devenue rauque est couverte par les baffles (je ne comprend absolument rien) et Kesha que je recroiserais peut être à ma nouvelle destination : l’île d’Ometepe. Nous avons rendez-vous à 9:30 demain avec Anna pour faire le trajet ensemble. Ina et Dane pourraient aussi nous y rejoindre dans deux jours.

Plutôt que le dortoir, j’opte pour le hamac extérieur en face de la piscine pour avoir un peu d’air, même la nuit, la chaleur est étouffante…

J+19 San Juan del Sur - Nicaragua

Vendredi 25 mars 2016

Réveil, douche, paquetage et 1km de marche pour prendre un minibus assurant le transfert vers San Juan del Sur. Je ne recroiserais pas Michel qui cuve toujours. Sur le chemin, je constate une fois de plus un comportement local qui peut être déroutant : demandez votre chemin et, par politesse, vous aurez toujours une réponse. Là où le bas blesse, c’est que la réponse peut être erronée : les gens pensent plus poli de répondre n’importe quoi que d’avouer qu’ils ne sont pas capables d’aider. Faut faire gaffe à ça, ça aurait pu me coûter mon bus.

J’arrive sans encombre à San Juan del Sur car j’ai un billet de luxe et un guide est présent à la frontière pour m’escorter et m’expliquer les démarches. Presque trop facile.

Je n’ai rien trouvé de satisfaisant sur Booking et tente ma chance avec les adresses du petit futé : c’est plein. Et le reste est cher. Ce sera donc dortoirs en aubaurge de jeunesse ce soir : le surfing donkey. Ambiance plutot cool avec piscine pour 11$. Moi qui pensait que le Nicaragua était bon marché…

Bon point, le hamac près de la piscine est confortable :

Direction le front de mer pour déjeuner et je regarde par curiosité les offres Workaway pour le Nicaragua. Une vient d’être publiée pour San Juan del Sur et après quelques recherches, je trouve facilement l’hôtel en question et décide de m’y pointer au pied levé. Le passage à l’hôtel est rapide, la gérante est débordée et me demande de repasser le lendemain.

Sur le trajet, un étrange cortège:

Et oui, au Nicaragua aussi on fête la Saint-Patrick.

Profitant du prétexte, je propose ma tournée à ceux qui geekent dans leur coins sur leur smartphone à l’auberge de jeunesse :
* le prince Harry décline la bière mais est motivé pour socialiser. Il a environ 25ans, gallois, assez athlétique mais n’aime pas trop l’ambiance plage et surf. Je n’ai toujours pas compris pourquoi il est venu à San Juan, ville cul de sac uniquement connue pour le surf…
* La fille de Nina Hagen (Nina donc), allemande de 28 ans. Suite à ma proposition, elle m’adresse un regard étrange une demi seconde et realise que effectivement, elle a bien compris. Une bière gratuite. Son visage se métamorphose en celui d’un enfant découvrant ses cadeaux au matin de Noël. Oui, Nina aime boire et son leitmotiv est simple : “All problem can be fixed with a beer.” Tous les auspices sont donc réunis pour que nous solutionnions de nombreux problèmes ensemble à l’avenir.

Rapidement, Nina nous propose d’aller rejoindre un groupe d’autres voyageurs qu’elle a rencontré dans le bus et de nous joindre à eux pour dinner. Harry refuse; je suis plus que ravi d’accepter et de faire la connaissance de :
* Jaden Smith (fils de Will) - la vingtaine. Il est nicaraguayen mais travaille au Rocking J’s au Costa Rica. Ce nom me dit vaguement quelque-chose :) Il rentre voire sa famille et Managua et traine sur le chemin pendant les vacances. Un truc transpire de tout son être : c’est le gars le plus gentil du monde.
* Anna Kournikova - une américaine de 28 ans. Elle est magnifique mais n’en joue pas et reste très naturelle. Elle parle un excellent espagnol et remonte depuis Panama et semble être en plus une fille brillante.
* Kesha (US - 25 ans- party girl née). Mettez la dans un bar et avec son rire communicatif, ses yeux malicieux et ses vannes toutes les 30secondes, elle vous retourne le bar, fait la connaissance de tout le monde et couche tous ses messieurs à la vodka.

Le temps du repas, le groupe fait connaissance et l’ambiance est excellente. Pourquoi ne pas la renforcer à coup de shots au bar du coin? Nous renforcerons à maintes reprises.
Anna s’excuse vers 1h du mat de ne pas continuer car elle était malade aujourd’hui et Jaden fera de même. Je prolonge une petite heure avec Nina et Keisha et abandonne les deux à leur triste sort. Parties comme elles sont, la soirée n’est pas finie. Moi par contre, j’ai un entretien d’embauche demain matin.

Bilan - 19 jours au Costa Rica

Mercredi 23 mars 2016

Ici s’achève mon périple au Costa Rica et je vais dresser un rapide bilan tout à fait personnel.

C’est la première fois que je voyage tout seul et j’apprécie beaucoup. Même si j’ai un peu manqué de contact humain à certains moments, ça rend les rencontres plus intenses et force à aller vers les gens. J’aurais fait de belles rencontres avec des personnes issues d’horizons très différents aussi bien locaux que touristes. Sur le plan humain, c’est donc une réussite même si j’estime que je peux mieux faire à l’avenir. Mon espagnol s’améliore mais se limite aux questions touristiques, là aussi quelques efforts supplémentaires sont à fournir mais je suis assez satisfait.

J’aurais beaucoup marché et le pays m’a beaucoup plu avec sa nature luxuriante et les paysages auront été très variés entre les volcans, les cotes océaniques et les forêts tropicales jusqu’aux régions plus arides de l’ouest. Je suis assez content de mon rythme plutôt lent qui me permet de ne pas passer trop de temps dans les transports et de bien profiter des endroits où je reste.

Physiquement, j’ai la forme et seuls les légers tracas des voyages sont un peu dérangeants (estomac faible et moustiques hostiles) mais là aussi, bilan positif.

Niveau sécurité, hormis quelques endroits très localisés, le pays semble sûr en prenant les précautions normales et aucun soucis à ce niveau là. La majeure partie des gens rencontrés est super sympa mais a bien intégré les notions économiques relatives au tourisme de masse et cela fausse pas mal les relations. Et ça vide aussi un compte en banque… C’est de loin le principal problème, en 19 jours, j’ai dépensé 1600€. Mon budget était estimé à 950…

Au final, je suis heureux mais pauvre. Mais tout ceci n’était qu’un échauffement, Nicaragua, me voilà !

Nota : au lieu d’utiliser les initiales des prénoms des gens que je rencontre, je vais essayer de les remplacer par les noms de gens connus ayant des caractéristiques physiques proches. Ça gagnera en profondeur mais surtout en clarté parceque bientôt, il y aura beaucoup plus de protagonistes ;)

Réveil à 5:30 pour prendre le bus de 7heures. Et oui, une nouvelle fois quarante minutes de marche avec le backpack à effectuer jusqu’à l’arrêt de bus. Mais cette fois ça va mieux, ça descend.

Autour de Monteverde, les routes ne sont pas goudronnées donc comme à l’aller nous mettrons deux heures à faire les 25km jusqu’à une vraie route dans un vieux bus scolaire délabré récupéré aux US. Deux changements plus tard, me voilà arrivé a Libéria : la cité blanche. Le Monteverde ressemble un peu à l’Auvergne mais Libéria n’a rien à voir : l’altitude est plus basse et aucun nuage n’arrive dans la zone Pacifique. La chaleur est étouffante, la végétation brûlée par le soleil et l’agriculture omniprésente grâce à l’irrigation et aux reliefs moins prononcés.

Je prends mes quartiers chez Michel Houellebecq, 43 ans, contacté via AirBNB. Il a des évaluations excellentes et une grille tarifaire des plus intéressantes. Après un acceuil cordial et un délicieux rafraichissement offert, il me parait un peu lunatique.
En fait, il vient de perdre son mandat de l’ONU pour essayer d’implanter une usine de traitement de déchets à Liberia. En gros, il vient de se faire virer il y a trois jours et doit quitter le Costa Rica sous trois mois.
Il est d’origine suisse allemande et travaillait dans la finance avant de changer d’air ici et se retrouve le bec dans l’eau; sa détresse est palpable malgré ses efforts pour paraître naturel et optimiste.

Nous décollerons une heure et demi plus tard pour aller voir le match Barca-Arsenal au bistrot du centre ville où nous rejoindras un ami à lui propriétaire terrien de la région.

Le match est magnifique et pendant que je mange une fajitas, Michel déjeune à la bière. Les tournées s’enchaînent et le local et moi sont de bons coéquipiers dans sa quête de l’oubli par l’alcool. Le foot aussi s’enchaine aussi avec la prolongation du match du Bayern. Nous finirons dans un bistrot bien crasseux pas loin de chez lui pour que je teste la spécialité ultra locale (qui n’est ni plus ni moins qu’un casado mais attention, c’est servi dans un bol et mélangé !) pendant qu’il dinne à la bière.

Nous irons nous coucher vers 9h, lui exténué par plein d’heures de sommeil de retard et touché par l’alcool, moi fatigué plus que bourré d’avoir bu des bieres toute l’aprem.
Il m’auras bien vendu la region de Liberia avec beaucoup de diversité naturelle tout autour des petits canyons où se baigner au zones desertiques et son potentiel touristique sous exploité. Comme à d’autres avant moi, il me proposeras de rester gratis quelques jours et de me faire découvrir tout cela.
Ça a beau être tentant, j’ai un ticket de bus à 40$ non remboursable le lendemain matin, envie de quitter le Costa Rica pour raisons budgétaires et moyennement une âme d’assistante sociale en ce moment.

Désolé Michel et bon courage pour la suite.