Ridge Racer Unbounded : Faire un mauvais jeu de course en 5 leçons (et 3 schémas faits sur Paint)
Lundi 6 mai 2013
Il faut généralement beaucoup de discernement pour savoir si un jeu de courses est mauvais ou non. Pour Ridge Racer Unbounded, il ne m’a fallu que 3 courses. 3 heures de jeu plus tard à ruminer mes critiques, je me suis décidé à coucher sur le papier pixel tout ce qui m’a déplu sur ce jeu, et en quoi il est le parfait mauvais exemple pour sa catégories. Non, ce n’est pas vraiment un mauvais jeu, mais un jeu énervant, limite chiant, restant pourtant à la limite de l’agréable.
Je me fiche de la licence ou non. En matière de grande série « réalistes » (comprenez « pas Mario-Kart ni Re-volt » ) , je n’ai joué qu’à du Need For Speed et du DiRT. Je suis donc mal placé pour critiquer le jeu dans la licence, mais je suis tout à fait à même de dire ce que RRU, en 5 points, a commis pour être un jeu de courses médiocre.
1. Siphonner la concurrence
Si je vous dit des hors-la-loi qui font des courses de rues dans des mégalopoles, des murs invisibles avec des flèches, un gang, des flics et des districts, vous me dites NFS ? Perdu. Et ce n’est pas la seule chose que RRU pompe ; A vrai dire, ce n’est qu’un pot-pourri maladroit, quoique bien intentionné.
2) Déraper en voulant être cool
RRU est trop amateur : il essaye de mettre « Dominer le monde » au lieu de « Multijoueur », ça déroute et ça ne marche pas. Et puis c’est bien de promettre des environnements destructibles, mais ça ne sert à rien si ce n’est que sur 2-3 endroits par circuits qui font à peine gagner du temps, et sur qui il faudra utiliser son boost. Parfois même, ils seront indiqués au dernier moment et toute manœuvre pour y aller se soldera par un crash.
Pour illustration, voilà, schématisé grossièrement, la configuration d’un des « raccourcis » que vous rencontrerez :

Paint Skill NOSCOPE 1080°
Bien sûr, on peut démonter des poteaux en pierre et plein de trucs, mais c’est mal fait et pas franchement influent sur le gameplay.
Etre cool, c’est aussi faire des éditions limitées qui valent leur prix. Ma copie du jeu, trouvée à la Fnac pour 5€, en étant une, je peut vous dire que c’est une belle arnaque : une seule voiture (inmaniable) sur les 3, une seule peinture (présentée comme une voiture d’ailleurs) sur les 5, et je suis niveau 10 dans le jeu. Pour info, le contenu de l’édition limitée est disponible de plus en DLC pour… 4€. Normalement, quand j’achète un jeu plus cher pour avoir du contenu exclusif, je m’attends à profiter du contenu dès le départ…
3) Caler sur la Maniabilité
Je suis une brêle dans les jeux de course, OK. Je ne sais pas freiner, ni drifter, OK. Mais si le jeu n’aide pas, pourquoi j’essayerai ?
En effet, les dérapages sont franchement relous, quand, quand il ne te font pas faire une sortie de route vers le côté opposé, t’obligent à prendre TOUS les virages comme ceci :

Admettons que la vitesse de base des 2 voitures est de 250.
Pour enfoncer le clou, on peut pas vraiment dire que les courses sont faites pour le drift : les environnements sont assez étriqués et les virages parfois brouillons.
4) Se garer sur les places handicapés de la variété
Au delà de la simili-diversité intra-course, les modes de jeu se comptent sur les doigts d’une seule main, et encore, certains semblent être des doublons un peu arrangés. On remarquera que le mode Behemoth, où l’on défonce des voitures de flics (la seule fois qu’on en voit by the way) avec un camion, est carrément hors-sujet. Le jeu essaye également de nous sortir des environnements différents, mais ils restent toujours urbains (quartiers riches, quartiers populaires,…)
5. Faire passer la 5ème à l’IA, mais pas au joueur
Se poser au moins sur la 3ème marche du podium, synonyme de succès, demande beaucoup d’entrainement et de bol tant l’IA est avantagée. Non seulement elle prend des trajectoires parfaites, mais elle semble de toutes façons aller plus vite que le joueur. Parfois, on se demande presque si ce n’est pas fait exprès :

Ici, la voiture noire utilise sa "furie" qui est censée détruire tout véhicule qui la bloque.
On est également les seuls à pouvoir faire des tonneaux en pleine course et à se faire doubler par tout le monde après un crash.
Ah oui, et L’IA se fiche complètement des environnements destructibles : pour qu’elle en passe un, il faut que l’on ait préalablement dégagé la voie. Joli signe de flemme de programmation, mes amis.



















