La Baronnerie des Pixels

Frags, Poésie, Game Overs le blog de BaronDeSpireal.

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Cher Baron du futur, toi qui a enfin joué à Bioshock Infinite, et cher lecteur de ce blog,

Nous sommes le 4 mars 2013,  B I sort dans 22 jours et je commence déjà à écrire ce test.

Je vais être honnête, je suis un pur fanboy Bioshock, Bioshock 2 et System Shock 2. Je l’ai préco, chose rare vu mon budget et mon scepticisme. Nofrag m’énerve un peu à ironiser sur ce que les trailers montrent ou essayent de cacher, ainsi que sur la com de Ken Levine, en touchant au premier jeu vidéo que j’ai vraiment attendu. Ils avaient raison d’enfoncer des jeux comme Alien Colonial Marines qui est vraiment le cliché du FPS sellout, mais sérieusement, pas Bioshock. Ils avaient également raison de glorifier Dishonored et par la même de me le faire attendre. Ont-il raison de faire douter sur BI ?  Je n’espère pas.  Soyez sûrs que si Bioshock Infinite est une sombre merde, ça me fera rager et vous vous moquerez de moi vu le contraste entre ce paragraphe et le reste du test.

Ce test, j’attends avec impatience de pouvoir le faire. De dire à quel point Irrational nous a pondu un FPS du tonnerre de Dieu, riche, beau, jouissif et à l’univers extraordinaire. Peut-être même  avec de l’action dynamique, qui sait. Car oui, les deux premiers Bioshock ont un défaut, c’est qu’ils sont un peu mous (pour le second, ça se comprend vu qu’on incarne un Big Daddy). Nul doute qu’avec les rails aériens, le mode “1999″ et le côté plus ouvert des environnements, chaque balle tirée sera meilleure à Columbia qu’à Rapture.

Mais le vrai défi de Bioshock Infinite, ce n’est pas de gagner en enthousiame, c’est de faire la liaison entre Rapture et Columbia. Sera-elle assurée, géniale, maladroite, capillotractée ou inexistante ? Sans doute l’à t’on déjà annoncé, mais je ne me spoile pas trop. (Et puis un Bioshock sans Big Daddy,et Petites Soeurs, nan mais allô quoi !) La seule chose que je me suis faite spoiler c’est que l’on aura des choix pas trop influents à faire. Je n’aimerais pas que Bioshock soit une marque de gameplay (plasmides, monde rétro, univers sympa, etc), mais bien une marque continue comme toutes les licences le sont. A moins que BI soit une sorte d’alternative ?

Baron du passé, terminé.


Cher Baron du passé,

J’ai bien reçu ta lettre . Ne t’inquiète pas, pour l’instant  je m’amuse à ne plus savoir travailler. Les trois premières heures de jeu ne sauraient mentir.

Bioshock Infinite est exceptionnel, génial, transcendant même les lieux communs du jeu vidéo. Il mérite la hola qui est le consensus actuel, et il faut avouer que pour certains jeux, les accusations de “financement” des journalistes ne sont pas forcément fournies en preuves.

Pouvoirs,  gestion de munition,  léger loot : le gameplay Bioshock est là. Les fortifiants sont juste remplacés par des vêtements.La seule soustraction est que le jeu nous limite désormais à deux armes à la fois, nous obligeant à aborder les gunfights avec précaution. Parlons-en des gunfights : Ils sont étonnamment dynamiques, mais il faut s’y habituer (La faute aux nombreux inputs : L’ironsight est sur W, et non le clic droit qui sert aux pouvoirs, et la main gauche qui les “stocke” n’est pas visible). Les ennemis sont un peu trop agressifs (comprenez un tantinet cons), mais ils arrivent à nous surprendre parfois, par leur apparition ou leur variété. Et puis toutes les catégories d’armes sont là, sans apparaître au compte-gouttes et selon les nécessités  comme pour le premier : Carabine, shotgun mitrailleuse, pistolet et même gatling composeront votre arsenal…conventionnel.  Car n’oublions pas les pouvoirs ! Ils sont un peu l’écho des plasmides pré-existants, avec une particularité : une capacité secondaire “piège” qui s’utilise parfaitement en combat.

Ce qui frappe dans Columbia, c’est sa vie. Ken Levine lui-même a avoué que Rapture était un cimetière (on arrivait plus ou moins après la chute de Ryan), alors il a fait de la cité flottante un endroit qui grouille de choses à voir, de PNJ à entendre… Nous ne sommes plus le fossoyeur de Rapture, mais l’ange de Columbia. Cet ange qui vient la délivrer d’un étrange culte mélangeant utopie à célébration des fondateurs de l’Amérique, en passant par le culte de la personnalité de Comstock.

On a beau flirter avec les règlages “très faible” et la résolution, ça reste très beau grâce au moteur et surtout à la direction artistique. Rapture était séduisant malgré sa rouille et son austérité, mais son homologue aérien a tout pour lui, même une meilleure musique (Lacrimosa de Mozart, mon orgasme auditif en terme de musique classique, est présent )Desservi par un univers mature et extrêmement cohérent, même dans sa folie (quoique, une plage  au milieu du ciel ?), le bac à sable d’Irrational Games possède en plus un level design parfois délicieux.

Parlons de nos deux protagonistes, qui représente à eux seuls 60% des dialogues du jeu (chiffre donné par Irrational) :

Pas eux, même si vos les croiserez souvent

Pas eux, même si vos les croiserez souvent (et ce n'est pas qu'un running gag)

Booker est un héros qui parle (rare dans les FPS ambiance), assez arrogant mais toujours bien intentionné. Et Elisabeth, une demoiselle en détresse à sauver ? Pas que. Malgré le fait que la doubleuse française laissait penser que le personnage serait totalement superficiel, il ne l’est pas du tout. “L’Agneau” est même l’un des PNJ alliés les plus utiles jusqu’à ce jour : Munitions, argent, santé : c’est un distributeur ambulant et réactif qui ne fait pas tâche dans le combat, et tout cela dans la mesure du possible ( a ce que j’ai pu comprendre, elle ne peut pas les faire spawner, juste les ramasser). Elle est parfois trop utile car elle nous ressuscite telle Elika dans PoP 2009. Les “failles” qu’elle créént, quant à elle, sont moins “évènementielles” qu’on pouvait le penser : Elles ne sont jamais seules, et  la première utilisation est  tactique : on switch d’une tourelle à des plateforme, voire à des munitions…C’est super bien trouvé et ça fonctionne. Bref, Elisabeth est comme son écriture (largement promue dans les trailers) : elle est marquée,  mais variée et loin d’être banale : comprenez unique.

Enfin, il y a beaucoup de contenu, avec les logs audio, mais aussi des vidéos muettes, des objectifs secondaires qui forcent à faire du backtracking, et en général un tas de succès et de détails. On a quelques choix moraux à faire, sans grandes conséquences (c’était voulu), mais l’univers en gagne en cohérence et en chaleur. D’autant plus qu’ils jonglent avec des thèmes peu communs dans un jeu vidéo : le racisme, le réactionnisme, la religion, l’antisémitisme,…

Sur quoi puis-je chipoter un peu ? Ce sera sans doute sur la liaison entre Columbia et Rapture, finalement absente au bout de plusieurs heures de jeu. Considérons donc BI comme un spin-off ou un “renouveau de Bioshock”. je suis également un poil déçu par les rails aériens, assez peu présents pour le moment et au fonctionnement avec trop d’options (demi-tour, vitesse, changement de rail,maîtrise de la chute…) , mais qui nous offre quelques bonnes sensations. Enfin, je joue en normal  (Le Mode 1999 n’est qu’un déblocable, et la flemme de taper le Konami Code) et je ne suis mort que par inadvertance, donc le jeu est sûrement un peu facile, et souffre d’un manque relatif de liberté laissée au joueur. Et là, je suis sérieusement à court de reproches. (Il a fait surchauffer mon ordi et j’ai failli perdre un ventilo, mais ça compte pas)

Elizabeth est à limage du jeu : extrêmement vivace.

Elizabeth est à l'image du jeu : extrêmement vivace. Et oui, vous apprendrez pourquoi ce dé à coudre.

Bref, Bioshock Infinite, s’il n’était pas victime de ma sacralisation du premier épisode, aurait sûrement été le meilleur de la série pour le moment. Scénario, ambiance,  phases de jeu : le jeu tape exactement là où ça fait mal,  avec un équilibre étonnant : tout dans ce jeu a reçu un traitement royal afin de créer une sorte de parangon du jeu vidéo. Fignolée comme un caniche du seizième arrondissement de Paris (moins la condescendance), ma troisième précommande a encore une fois été une très très bonne affaire, et même la meilleure dont j’ai jamais profité ( sans rajouter Xcom et Spec Ops offert avec, plus le prix payé pour l’ensemble. Et je me demande si c’était mieux qui l’Orange Box) Je me réserve pour la fin, mais je risque d’avoir joué à un futur membre important de mon Top 10.

Baron du présent, et sûrement du futur, terminé.

EDIT : Jeu fini, voiçi ma conclusion

J’ai parlé trop vite : il y a bel et bien un lien entre Columbia et Rapture, et il est expliqué à la fin.  L’introduction fracassante des “univers parallèles” peut sembler prétexte, mais elle est plutôt bien sentie, et le gigantesque twist (ou plutôt, l’ensemble des twists) qu’elle provoque n’a qu’un seul défaut : il réduit la dizaine d’heures de jeu en une petite poussière d’histoire. N’importe quel jeu lambda aurait arrêté le twist à “En fait, Elisabeth, c’est la fille de DeWitt, ce qui explique leur attachement” et on aurait craché sur le scénario. Mais dans BI, c’est “Elisabeth, qui s’appelle en fait Anna, est la fille de DeWitt, qui a été soit vendue par lui pour effacer ses dettes, soit enlevée par un lui “croyant” (Comstock) vivant dans un autre univers. Mais les Lutèce, se rendant compte des mauvais traitement qu’elle subissait, offre à Booker l’occasion de la récupérer” Ça a nettement plus de gueule et ce n’est qu’une partie de la fin. Il y a même encore plus gigantesque, pour ne pas dire plus fou : Le premier screen du test sous-entendrait que ce n’est pas la première fois que Booker “tente” de sauver Elisabeth : Les Lutece lui ont fait faire le même lancé de pièces encore et encore. Plus alarmant, Booker arrive à manipuler une bathysphère . Or, dans le 1, un enregistrement audio nous dit que seuls les gens appartenant au patrimoine génétique d’Andrew Ryan peuvent le faire sans autorisation (cela expliquait pourquoi Jack, héros du 1 et fils illégitime de Ryan pouvait le faire)… La conclusion et facile. Une histoire aussi ramifiée que celle-là, c’est très rare.Et pour revenir sur le gameplay, la phase de fin est assez galère mais jouissive, et généralement le jeu garde le même rythme, avec une meilleure représentation de l’Aérotram. Et Elisabeth est toujours le meilleur PNJ allié ever.

Olimar 2012 : Comment diable ai-je choisi ?

Mercredi 26 décembre 2012

Il y a deux jours, j’ai bouclé la première édition des Olimar, récompenses concernant les jeux auxquels j’ai joué. Oui, car je n’ai pas pu jouer à tout, n’étant pas journaliste et ayant un budget limité qui m’a fait faire quelques petits abordages

Jpense que vous avez compris.

J'pense que vous avez compris.

Bref, la liste des récompenses est ici :  http://www.senscritique.com/liste/Les_Olimar_2012/164307

Et voilà le détail des catégories importantes :

Admirez-moi ce skill sur Paint.

Admirez-moi ce skill sur Paint.

GOTY ex-aequo : TWD et Dishonored

Et oui, je suis de ceux qui ont été bluffés par “l’expérience” The Walking Dead. Les choix, les personnages, les variations subtiles sans gros marquages, les graphismes, des” jumpscares” efficaces, c’était géant.

Sauf que, voilà, ce n’est qu’une “expérience”. Car si, aux premiers épisodes, le gameplay était bien là, le jeu s’est vite transformé en visual novel à l’interactivité limitée aux dialogues. Je fait donc aussi partie de ceux qui pensent que TWD aurait pu être plus un jeu. Le mettre en GOTY absolu n’était donc pas forcément évident.

Il me fallait donc un “vrai jeu”, et ô quelle surprise, mon deuxième gros coup de cœur, Dishonored était là. Dans la prochaine catégorie, je vous dit pourquoi.

Meilleur Gameplay : Dishonored

Des possibilités d’approches multiples pas forcément “rushées” , un univers intéressant, des niveaux complexes , le côté “scoring”… Bref, une bouffée d’air frais.

Dishonored m’a fait penser à un Bioshock orienté infiltration tant certains codes du jeu de 2K sont repris. Et côté assassinat, on peut déléguer le boulot, et j’ai trouvé ça cool de ne pas être obligé de suivre une marche imposée. Chercher les bonus, ce n’est pas forcément faire du backtracking non plus, ils obligent juste à changer son itinéraire et collecter les runes et les charmes fait vraiment partie du jeu. On revient par deux fois dans des lieux visités mais ça rajoute au vraisemblable et j’ai bien aimé ce choix.

Pour moi, il manque juste une chose : la possibilité de piéger, qui est réduite aux spirales tranchantes. Si Dishonored 2 il y a (ce que j’attends et redoute en même temps), il sera soit super raté, soit génial.

Meilleur jeu Indé : Hotline Miami

The Uber Mega succès surprise, et c’est amplement mérité.

Entre réflexion et pur bourrinage, Hotline Miami possède cet ambiance unique, ce principe simple mais difficile à maitriser, bref ce X factor qui fait de lui un jeu extra. Malgré sa rigidité de gameplay apparente, on accepte rapidement que le jeu nous maltraite.

Du Fun, du sang, de la rage : Hotline Miami est un pur jeu.

Je risque de me faire taper sur les doigts mais je n’ai pas aimé la bande-son trop dérengeante, notée partout comme gros point-fort du jeu. Je suis d’accord pour dire que ça fait le jeu, mais j’écouterai pas les titres ailleurs.

Editeur de l’année : Ubisoft

J’ai toujours eu une tendresse particulière pour Ubisoft, quelque soit les jeux qu’ils fassent. Mais cette année, ils ont donné de véritables raisons de les aimer.

La bonne surprise Far Cry 3, l’attendu Watch Dogs, un AC III efficace, le retour de Rayman, I Am Alive sur PC , Trials Evolution… 2012 était une année de bon paris pour Ubisoft et symbolise son retour dans nos cœurs après des années de critiques moyennes.

Par contre, jai toujours pas compris leur logo.

Je viens tout juste de comprendre le logo.

Développeur de l’année : Paradox Interactive

Pour moi, incontestablement la découverte de l’année.

Boudant les jeux de stratégie “trop complexes”, j’ai été gâté par Crusader Kings 2, qui m’a ensuite fait découvrir les Europa Universalis et replongé dans Magicka.

Et Evidemment, j’ai acheté les DLCs. Oui, même les DLCs de Musique.

Mais si Paradox mérite aussi sa distinction, c’est pour leur suivi de CK2 et leur communication sur les DLC et jeux à venir, tout en laissant place aux moddeurs.

Une récompense de cœur donc,mais aussi de travail qu’ils sont parmi les seuls à faire.

Meilleur DLC : Perpetual Testing Initiative (Portal 2)

Vous prenez un jeu quasiment parfait.Vous y rajoutez un éditeur de map solo ET coop.Tout ça gratuitement et avec une grosse promo sur le jeu.

Maintenant, vous pouvez enlever le quasiment.

J’ai jugé les autres catégories plus mineures quand elles ne sont pas liées à cette année seulement ou que j’ai pensé tout dire dans mes critiques.

Vos réactions sont les bienvenues.