La Baronnerie des Pixels

Frags, Poésie, Game Overs le blog de BaronDeSpireal.

Archive pour la catégorie ‘J'me sens mécène’

La période tant attendue est enfin arrivée : les youtubeurs français sur le JV émergent et semblent enfin collaborer. On est loin du niveau de complicité et d’union que représente la clique de Channel Awesome, mais on se dirige vers un système moins sporadique et aride, comme il l’était il y a 2-3 ans.

Que s’est-il donc passé pour que tout cela change ?

- L’arrivée et l’énorme succès du JDG. “L’AVGN français” a vite brillé par sa qualité d’écriture, son humour présent et la gimmick efficace utilisée. Avec plusieurs millions de vues par épisode, les deux compères sont devenus en un rien de temps les gros bonnets en la matière.

- La création par jeuxvideo.com, site le plus populaire en la matière, de chroniques. Cela a donné une nouvelle jeunesse au Nesblog (alors confidentiel) et a permis d’adouber des gens comme Usul ou Fanta&Bob. “La soirée avant la fin de l’année” en est le symbole : tout le gratin vidéocaste y a contribué.

Ces deux évènements, qui à leur débuts peuvent sembler mineurs, ont totalement réveillé la création française sur les jeux vidéos. Des groupes déjà existants se sont alors consolidés et sont devenus des institutions : les voiçi:

Nesblog : Les Videomakers

Joueur du Grenier : JDG (tests de jeux rétros pourris) , Papy Grenier (sketches sur un jeu rétro culte)

RealMyop et CoeurDeVandale : 88mph/Speed Game. (commentaire de Speedruns)

Usul et Dorian : 3615 et 36-15 R&D (Réflexions sur le jeu vidéo et tout ce qu’il y a autour + divers)

Karim Debbache : 3615, JDG (co-auteur) et Crossed (Chronique de films concernant les Jeux vidéos)

Mea (*) : L’antre du Mea ( Histoire et Reviews de jeux d’une série connue)

Avec l’arrivée du JDG, crée assez récemment en définitive, sous la bannière du Nesblog, la France possède enfin son That Guy With The Glasses (ou plutôt devrais-je dire son Blistered Thumbs vu qu’il s’agit de jeux vidéos). Le contenu est régulier, varié,  écrit et la plupart du temps très intéressant. Les makers n’hésitent pas à squatter chez un autre. Totalement revigoré par jeuxvideo.com, qui lui a donné un espace d’expression inédit, Le Nesblog semble être le hub francophone ultime de la création sur le jeu vidéo , là où des projets comme PressStartButton ont échoué. Bref, que vous les aimiez ou pas, il fournissent beaucoup, beaucoup de travail.

O’Gaming : Les Broadcasters

AtOmium (jeux rétros)

Pomf et Thud (Starcraft 2)

Chips et Noi (League Of Legends)

Ken Bogard (Versus Fighting)

La WebTV au casting très alléchant a des pics de viewers assez épatants. Starcraft 2 et League of Legends n’y sont pas étrangers. Mais l’offre e-sport n’est pas la seule qualité d’O'Gaming : les casters sont très pros malgré une technique pas toujours aidante. Ils savent tout simplement de quoi ils parlent. La grille de programmation mérite d’être un peu plus remplie, cela dit.

Les mercenaires

Benzaie (jeux arcades rétros, reviews  d’éditions collectors, sketches courts sur les jeux)

Fanta & Bob (Minecrafts, Playtroughs)

TheSadPanda ( Jeux indés, et [HS] les excellents Tutoriels)

Souvent dans les playtroughs purs et durs, ils ont pourtant un petit truc qui les démarquent, ainsi que leur propre style. Cela les rend populaires et ils n’hésitent pas à faire quelques caméos chez Nesblog. Ils forment avec eux un grand cercle d’amis bénéfiques pour les fans des 2 univers. Proches de leur public, ils n’hésitent pas à donner de leur temps pour rencontrer leurs fans et de leur offrir du contenu. Leur spécialité est souvent la découverte de jeux. A noter que Benzaie et TheSadPanda font aussi partie de la communauté des videomakers anglophones.


Les playtrough-ers/ les électrons libres

Hooper (playtroughs de jeux)

DiabloX9 (CoD et autres playtroughs)

MrLeV12 (CoD)

Naito75 (playtroughs)

Eux ont choisi, malgré leur nombre d’abonnés conséquent, de ne pas “collaborer” avec les autres ou d’assumer IRL leur popularité, quitte à ne pas se créer un capital sympathie. Leur production stakhanoviste et le manque de variété de leurs vidéos en font la catégorie la plus critiquée .

Ce dont j’ai bien peur, cependant, c’est que le gros de la communauté soit déjà formée. Que toutes les portes soient déjà fermées pour les wannabe, et pas seulement les moins originaux.

Pour devenir célèbre en faisant du jeu vidéo, il faut désormais et avant tout soit un charisme incroyable, soit une originalité de fond ou de forme. Plus le temps passera et moins l’opportunité d’avoir des millions de vues se profilera. Internet est désormais forcé à se cristalliser, entre buzz et célébrités habituelles.

Mais ne pas être célèbre, ce n’est pas ne pas être suivi : VGA, par exemple, possède une communauté réduite, mais très fidèle. Pour vous donner une idée, Fraser possède maintenant une connexion internet onéreuse qui lui permet d’upload en un temps record des segments qu’il vient de caster en live ! Si la célébrité “de masse” ne parait  pas accessible, se faire un modeste public est tout a fait possible.

La célébrité, ne nous cachons pas, peut aussi être menacée : malgré son million d’abonnés, les “audiences” de Diablox9 font actuellement du Yoyo entre 500 000 et 150 000 selon les jeux joués. A croire que le playtrough simple est menacé…

L’opportunité n’est donc plus aussi importante qu’auparavant, mais ce qui est sûr, c’est que les mastodontes que nous avons sont faits pour durer. Du contenu, on en aura encore pour longtemps, ne vous inquietez pas.

(*) Depuis le four de l’article sur VGA (que j’avais pourtant bien bossé) je ne sais pas si c’est utile de jouer les mécènes, mais tant que ça me fait plaisir :

Mea fait donc des vidéos sur les grandes licences de jeu, détaillant la majorité des jeux sortis (même obscurs) ainsi que des détails inédits sur leur histoire. Mea consulte des sources variées, il n’y a donc point de Wikipédia pour la majorité des infos. Il fait également une série où il teste des cartouches mystères, et une où il filme ses aventures dans les brocantes. C’est aussi un fan du Nostalgia Critic et il en reprend le concept occasionnelement .  Seul son humour qui tombe parfois un peu à plat lui empêche, je pense, d’être aussi connu que ses congénères. Sa chaîne : http://www.youtube.com/user/MrMeeea

Cette fois, ce sont deux petits  jeux hardcores à leurs façons que j’aimerai vous présenter :


Kill Fun Yeah : Construction, Attraction et Destruction

Un titre qui en dit long.

Un titre qui en dit long.

Kill Fun Yeah est un curieux mélange de genre  et d’idée qui nous est offert par deux développeurs. Basiquement, c’est un shooter multijoueur 2D avec une patte Minecraft qui nous permet de créer des niveaux  aux environnements destructibles et des skins. Il y a du deathmatch, du CTF et le jeu est barré à souhait avec des effets sonores volontairement ridicules et des armes aussi variées qu’étonnantes.

Mais la killer feature de KFY est tout autre : C’est son système d’attraction/répulsion des tirs qui le rend si spécial. Ainsi, si vous avez accumulé assez d’ “Awesome Sauce”, vous pouvez demander à vos projectiles d’aller à un endroit spécifique pour débusquer un adversaire ou tout simplement faire ricocher les tirs de vos ennemis sur votre bouclier au lieu de vous faire mal. Tout cela est très intuitif, mais difficile à maîtriser pour peu que l’on veuille faire de jolies choses avec.

Un petit trailer pour illustrer tout ça :

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Le jeu est actuellement en beta et coûte une dizaine d’euros sur le site de l’éditeur ou sur Desura jusqu’à sa version finale. Cependant, la démo donne 3 heures gratuites sans clé. Il est candidat au Greenlight, alors n’hésitez pas à le soutenir !

Site officiel : http://www.killfunyeah.com/

Page Greenlight : http://steamcommunity.com/sharedfiles/filedetails/?id=92932535

Page Desura : http://www.desura.com/games/kill-fun-yeah

Eryi’s Action : Les apparences sont toujours trompeuses

Ca à pas lair comme ça, mais cest le jeu le plus cruel au monde.

Ça à pas l'air comme ça, mais c'est le jeu le plus cruel jamais développé.

Egalement candidat au Greenlight, Eryi’s Action n’a pas l’air si méchant que ça : Mignon tout plein, scénario à la Dora l’exploratrice (Eryi doit aller retrouver le melon qu’elle doit manger), gameplay simple… Mais ce n’est rien qu’une première impression. Car, dès la première minute, vous le saurez déjà : le kawaii est à ce jeu ce que le camion de glace est au pédophile.

Vous avez en effet sans doute entendu parler de Cat Mario, aussi appelé Syobon Action.

Sinon, sachez que ça ressemble à ça.

Sinon, sachez que ça ressemble à ça.

Cat Mario est un clone gratuit et japonais de Mario, mais avec une petite particularité : sa cruauté. En effet, le jeu est truffé tellement de pièges invisibles et imprévisibles que le jeu est impossible de finir sans buter sur chaque piège. Par exemple, après avoir touché le drapeau de fin, on se prend systématiquement un ennemi dans la tronche. La solution est de passer par-dessus le drapeau, de faire tomber l’ennemi, puis de toucher le drapeau afin de finir le premier stage. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Et bien, Eryi’s Action, c’est pareil, mais en plus abouti, en plus beau et en anglais. Présents de manière plus dense et plus surprenante, les pièges donnent une difficulté si ridicule dans sa perversité que ça en devient marrant : on peut ainsi mourir sur la map. Jouant sans cesse avec nos réflexes de jeux de plateforme, le jeu nous force presque à nous faire perdre exprès, condition sine qua non pour avancer.

Bref, si vous aimez vous faire mal (en même temps, si vous lisez les blogs wefrag, c’est que vous aimez la difficulté), le jeu coûte 5 dollars si la démo vous convainc et est aussi sur Greenlight et Desura.

Site Officiel : http://eryisaction.com/

Desura : http://www.desura.com/games/eryis-action

Greenlight : http://steamcommunity.com/sharedfiles/filedetails/?id=92915524

Commente ou commente pas, mais fait quelque chose !

Peut-on être un gamer assidu et avoir des réactions, des attentes qui se rapprochent du casual ? N’est-ce pas rare ces temps-ci, de publiquement prendre un jeu comme il vient et de ne synthétiser qu’après une première session ? Peut-on, tout simplement, jouer en vivant au lieu de vivre en jouant, et le montrer ?

Fraser, sa petite amie Becky et ses trois potes Kyle, Deacon et Ben vous diront oui. Ces cinq Canadiens (anglophones) sont tout simplement eux en jouant devant en moyenne 2000 personnes . A vrai dire, en eux, ils n’ont rien d’exceptionnel : Ils jouent. Dans un Internet où l’on vous demande de créer ou de donner un avis, c’est plutôt osé de “ne faire que” des livestreams et de les poster sur Youtube.

Mais regardons de plus près le setup du show :

Lorganisation normale du show. De Gauche à droite : Kyle, Deacon et Ben (Derrière) Fraser et Becky (assis)

L'organisation normale du show. De Gauche à droite : Kyle, Deacon et Ben (Derrière) Fraser et Becky (assis). Ici, un épisode "Show & Trailer" sans cosplay

Le setup du show est fait de façon à ce qu’il représente la position visuelle des choses par rapport à Fraser (le host), mais ce n’est pas le plus important.

En bas à Droite, vous pouvez voir un chat, qui n’est pas le chat de Twitch (utilisé pour le direct), mais un chat IRC de membres “turbos” (*) qui passe sans trop de censure et sans slow mode en direct live.

Le chat n’est pas le seul bénéfice du Turbo Club : Il y a aussi un accès à des serveurs Minecraft et Team Fortress 2 privés, des forums spéciaux, et d’autres choses à venir. Mais que vous soyez  Turbo ou non, vous faites partie d’une communauté qui a énormément de place dans le show.

Peut-on vraiment parler d’une communauté Norman, Cyprien, voire Hooper ou Joueur du Grenier ? Non, mais on peut aisément parler de communauté Video Games Awesome. Memes internes, nombreux fan-arts, vidéos hommages,  membres connus, interactivité du chat pendant les shows , contenu régulier… Video Games Awesome est un système confidentiel, mais vivant où chaque membre peut créer et être reconnu. Et pour un show qui ne fait “que” 10 000 vues par vidéos sur Youtube en moyenne, une telle attention force le respect.

Petite pause awkwardness :

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Cette communauté se délecte de leurs réactions à chaud, leur complicité avec leurs fans pour les laisser rentrer dans cette subjectivité. Pas d’analyse, d’élitisme contrairement aux autres videomakers connus. On pourrait presque les traiter de casuals, les élever au même niveau que Kévin, 12 ans, avec sa chaîne Youtube sur Call Of Duty et ses 17 abonnés qui se battent en duel. Sauf que VGA est un show : petites blagues, références, vannages sont toujours présents malgré la variété de jeux abordés. Sans la barrière d’un script, d’un compromis, on se sent du coup plus proches d’eux que de n’importe quel énergumène avec une caméra.

Au fond, on leur donne plus qu’ils ne nous donnent réellement : Leurs unboxings de cadeaux de fans le prouveront. Les 5 amis canadiens, emmenés par un Fraser connu pour ses petites rages et trolls sont donc plus découvreurs que créateurs. Découvreurs de jeux tout juste sortis, mais aussi de petits jeux comme Kill Fun Yeah (qui mérite un article un de ces jours)  , mais aussi Abobo’s Big Adventure, grand hommage à la NES et Boot Hill Heroes, un Earthbound-like . Ces deux derniers jeux ont d’ailleurs eu de bonnes sommes de la part de Fraser, à tel point que ce dernier aura sa ville dans Boot Hill Heroes.

Mais aussi découvreurs d’artistes musicaux souvent thèmés Jeux Vidéos, comme Bossfight :

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FantomenK :

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ou Philter :

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Et si regarder Video Games Awesome est intéressant, c’est parce que c’est ce qu’ils représentent, ce qu’ils provoquent, bref leur galaxie, qui font leur singularité : Ces cinq là sont plus que des joueurs qui se streament : ce sont des potes.

Compte Youtube : http://www.youtube.com/user/farfromsubtle

Site Officiel : http://videogamesawesome.com/

(*) Le Turbo Club coûte 50 dollars à vie. Ceux qui ne sont pas Turbos se contentent du chat de Twitch, appelé “Shadow Chat”. Ce schisme a eu lieu il n’y a pas longtemps, pour que Fraser ne se fasse pas spoil ou flooder, et à selon ses dires pas été évident à décider. Pas d’arnaque, donc.