
Ce qu’il y a de bien quand on découvre une série plusieurs mois après sa diffusion, c’est de ne pas devoir attendre une semaine entre chaque épisode. J’ai pu ainsi kiffer ma race en m’enchainant les 13 épisodes de la première saison de Sons of Anarchy en quelques jours, et ca faisait bien longtemps que je n’avais pas eu envie de faire ca en regardant une série US. Depuis The Shield, en fait. Et qui retrouve-t-on derrière Sons of Anarchy ? Ken Stutter, qui était déjà producteur et scénariste sur The Shield. o/
Sons of Anarchy raconte la vie quotidienne d’un “charter”, un club de biker, installé dans la gentille petite ville de Charming, au nord de San Fransisco. En façade, le club consiste juste en un garage classique, mais il ne sert bien sur que de couverture pour un trafic d’armes qui alimente depuis longtemps certains gangs de la région. On retrouve les mécaniques qui ont fait le succès de The Shield: l’essentielle de l’intrigue se situe au niveau de l’interaction du club avec les gangs (les mexicains, les nazis, les blacks, les irlandais) et avec la police (corrompue, mais pas toujours).
La force de Ken Sutter (le scénariste principal, donc), c’est de créer à chaque épisode des situations de conflit qui semblent insolubles avant qu’un des protagonistes trouvent une solution improbable (mais pas surréaliste) qui nous laisse généralement sur le cul. On est ainsi très rapidement captivé par la dynamique de la narration, tout s’enchaine avec une fluidité et une perspicacité rare.
Sur le fond, SoA propose une intrigue principale intéressante (et souvent poignante) à la narration surprenante et parfaitement distillée entre les épisodes, mais c’est surtout la forme qui frappe dès les 1ères minutes. Ce n’est malheureusement pas la réalisation qui dénote (elle correspond aux standards des séries US), mais le casting et les dialogues. La plus part des acteurs ont été choisi entre autres pour leurs vraies tronches de bagnards (Ron Perlman \o/), et les répliques sont souvent très drôles, à base de conflits de virilité et de vannes sous la ceinture.
La colonne vertébrale de la série, c’est Jax, le fils du créateur du club, qui commence à remettre en question le leadership du Chef actuel (Ron Perlman). C’est paradoxalement l’acteur (on l’a vu précédemment dans Hooligans) qui joue le moins bien son rôle, mais malgré sa mono expression, sa façon de parler qui ressemble à une caricature de virilité et sa démarche qui rappelle exactement celle d’un rappeur ricain (hallucinant que personne ne lui ait jamais dit que c’était complétement ridicule sur le tournage), le personnage dégage un charisme assez bluffant que les scénaristes ont bien exploités dans quelques scènes assez amusantes.
Je pourrais encore parler des personnages secondaires pas si secondaire (Oppie, le meilleure pote de Jax, est probablement le personnage le plus intéressant de cette première saison), de la relation des bikers aux femmes (qui est en seconde lecteur l’élément principal de la série), de la violence réaliste qui parfois interpelle, de la musique rock’n'roll magnifique, mais je pense que vous avez compris: amateur de divertissement intelligent doté d’une forte personnalité, cette série est pour toi.