Japon

le blog de Syla.

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L’attention aux détails

Mardi 11 septembre 2012

On découvre très vite le premier inconvénient de passer le mois d’août à Taïwan: il fait chaud.
Ca commence comme une impression de se noyer dans l’humidité et ça vous accompagne tout le long du séjour. On sue, dans les grands moments on dégouline, au mieux on moite. Les cils graissent les verres de lunette, le portefeuille ramollit au fond de la poche de pantalon, l’appareil photo colle. Ca oblige rapidement à étudier tous les moyens de passer une rue en restant à l’ombre, voire à attendre une demi heure que le soleil ait bougé. On ne s’étonne plus du tout que les taïwanais aient 3 verbes pour décrire comment l’on transpire et 5 adjectifs pour l’état dans lequel cela nous met *.

Donc on s’adapte: on fait des sauts de puce de café en librairie, histoire de se rafraichir entre deux déshydratations. On sort tôt le matin et tard le soir, à l’heure où les fauves vont boire car eux aussi ils ont chaud. On modifie sa garde robe en allongeant ses montures de lunettes de soleil, en retroussant le bas de pantalon, en sortant les tongs et un parapluie. Je vous vois hausser un sourcil mais je vous le garantis: malgré cet attirail, on peut tout à fait garder un air de dandy viril. Tout est dans le regard.

Sinon, malgré mes assertions précédentes, Taïpei possède des détails bien à elle: d’accortes demoiselles peu vêtues rivalisent de leurs charmes pour vendre du betel aux routiers (et inversement : des routiers rivalisent de betels pour vendre leurs charmes aux demoiselles). Grande impression quand on en voit une en talons aiguilles aller jusqu’à monter sur le marche pieds d’un 35 tonnes **.

On n’y entend nulle part cette saloperie d’hotaru no hikari (Dieu merci, je n’aurais pas forcément survécu à une nouvelle imprégnation), mais par contre les camions de poubelle jouent ‘La lettre à Elise’ en boucle lors de leurs passages quotidiens… Dieu, permettez moi de vous dire que vous avez un sens de l’humour un peu pervers.

Malgré cela, les taïwanais sont eux aussi affligés du syndrôme ‘La merde dans un coin qui gâche tout’, aussi nommé ‘Le distributeur de boisson au pied de la sérénité du mont Fuji’. Ma préférence va à cette maison ancienne de construction parfaite et de goût impeccable: plan en ‘U’ à la mode de la dernière dynastie, toits en queue d’hirondelle, meubles d’époque. Le FengShui d’origine était tellement optimal que le jour où ils ont déplacé la maison, ils ont refait une colline et un lac artificiel de part et d’autre, afin de le préserver. Mais ils n’ont pas pris en compte qu’ils l’ont reconstruite à côté de l’aéroport, ce qui peut donner des résultats rigolos. Mais il parait que c’est FengShui quand même.

Je les soupçonne quand même fortement d’entretenir un petit complexe d’infériorité envers les japonais. En effet, les japonais s’enorgueillissent d’avoir inventé la pastèque cubique, mais les taïwanais ont répliqué avec la pastèque en forme de hamster

* Rigoureusement faux :)

** Oh punaise, il y a un taré qui en a fait un compte Flickr entier… Sinon, Wikipedia.

Taipei

Dimanche 14 mars 2010

Taïpei, c’est un peu comme Tokyo: il y a des japonais partout.

Les combinis sont une copie éhontée de ceux japonais (on retrouve les mêmes produits à peine traduits). Ils sont tellement habitués aux touristes qu’ils ne s’étonnent pas quand, par réflexe, je leur parle japonais. Mes potes taïwanais se sont bien marrés en me voyant mélanger les quelques mots de chinois qu’ils m’avaient appris avec un peu de japonais, le tout avec un accent indéfinissable.

Taidaï est la copie conforme de Todaï: ce sont de vieux bâtiments beaux et classe, le genre d’endroits dont on peut se vanter y avoir fait ses études, mais honnêtement ce n’est plus du tout adapté à la recherche moderne. Ca a un certain cachet, je suppose un peu comme étudier à La Sorbonne: beau et pas pratique.

Mais à part ça il y a un côté crade et coloré, bruyant et bordélique assez raffraichissant. Pas de doute, on est en Chine. Quand je me suis aperçu qu’il n’y avait pas de papier dans les toilettes, je me suis vraiment senti hors du Japon.