Japon

le blog de Syla.

Instantanés

Vendredi 9 décembre 2016 à 17:54

J’ai oublié de charger mon appareil photo. Il faut faire sans :

* Pour beaucoup il n’y a pas de distinctions entre le commerce et la maison. Entrer dans une pharmacie et tomber sur un vieux débraillé en train d’aspirer des nouilles. Une épicerie où la gérante s’exerce au karaoké entre deux clients. Et quand c’est fermé on peut voir à travers la vitrine la famille regarder la télé.

* Moins de jambes vertigineuses sur talons escarpés qu’au Japon, mais on trouve sans trop de problèmes du café correct. Un mal pour un bien dirons nous.

* Les vieilles maisons japonaises, bien souvent en ruines. A Taipei le prix du terrain monte et certaines brûlent par malchance. Parfois elles sont retapées au moellon et à la tôle ondulée, on ne les reconnait que par l’allure générale.

* un vieux était étendu dans son jardin, les pieds appuyés au pot d’un placminier bonsaï. L’arbre nain portait de minuscules kakis oranges vifs.

* Les gares minuscules qui ferment entre chaque train. Faut dire qu’ il y en a deux par jour. Mais sur la porte est affichée l’adresse du chef de gare, on peut aller y frapper pour acheter les billets.

* Les bus sont bruyamment colorés, avec des rideaux à franges et glands. Les conducteurs sont tellement contents de nous voir qu’ils s’appellent entre eux et chaque bus nous attend à l’arrêt où on doit le prendre.

* Le boucher travaille en plein air, entouré de 4 chiens errants, assis, les yeux contenant tout l’espoir du monde. Les chats n’ont pas l’air d’y toucher mais sont aussi nombreux.

* Les chiens toujours, dormants au milieu de la route. Les scooters les contournent ou parfois les chassent à coup de pieds.

* Une mère qui réprimande son petit dernier et lui dit que s’il n’est pas sage l’étranger l’emportera. J’aurais du me raser, je commence à avoir l’air hirsute.

* Les quadruples annonces en chinois, taiwanais, hakah, anglais. Et plein d’objets usuels ont toujours leurs inscriptions d’origine, en japonais.

* Les champs dès qu’on s’écarte, la jungle dès qu’on s’éloigne, mais la connexion 4g partout.

* Bien avant de le voir, on entend le grondement sourd des galets roulés par les vagues de l’océan Pacifique. La plage est occupée de miriades de crabes violonistes courants après le ressac.

* J’ai tendance à mettre des mots chinois sur une structure grammaticale japonaise. Ça ne marche pas.

Avertissement aux téméraires

Samedi 3 décembre 2016 à 16:22

Je vous préviens vous allez en baver. Dans tous les sens du terme. Ici le problème ce ne sont pas les tremblements de terre, les typhons ou mêmes les indigènes chasseurs de têtes. Non. A Taïwan le problème principal c’est le restaurant.
Y a des explications : ils sont quasiment au milieu de l’asie, et sont un mélange de chinois qui mangent tout ce qui passe et de japonais qui mangent tout le temps. Exemple rigolo : en France on dit “Salut ça va ?”, au Japon “Salut il fait chaud hein ?” et ici “Salut tu as mangé ?”. Et autant les japonais font dans le sobre, autant eux ils font dans le gargantuesque. Ça ne laisse pas indemne.
Si on ne fait pas gaffe, le séjour se mue lentement en une suite de nausées interrompues par quelques écoeurements. Où l’annonce du repas suivant laisse un début de malaise. C’est le seul pays où je me suis un jour fâché parcequ’on m’avait proposé de manger. C’est bon, c’est même très bon. Mais c’est trop, beaucoup trop. J’ai vu des tables avalanchées de plats, chacun à peine touché. Des services interminables où chaque nouvel arrivage devenait humoristique tellement on avait dépassé les notions de satiété ou de physiologie humaine. Et ça ne coûtait même pas cher.
Ça parait anodin mais dans ce genre de repas vous portez une responsabilité. En fait vous êtes même le prétexte principal. D’abord ils vous demandent ce que vous voulez manger, alors que de toute façon vous ne pouvez ni lire le menu ni commander de manière intelligible. Donc bon, on choisit un peu de tout pour goûter. Si si, de tout. Ensuite ils vous félicitent sur votre façon de tenir des baguettes. J’ai compté : ça fait 10 ans qu’on me félicite à chaque repas ou presque. Et après… faut y aller.
Alors on goûte et c’est bon. Et ça se marie pas mal avec le plat d’à côté, qui s’accompagne avec du poisson parce que c’est la saison tandis que le tofu qui arrive vient d’une région renommée agrémenté de petits légumes alors que les raviolis au boeuf se doivent d’être comparés à ceux au porc, on sent bien la différence, surtout que la soupe aigre douce est aussi avec un bouillon de porc, ça fait transition, et puis tiens du poulet mariné à l’alcool, du coup pour contrebalancer le goût fort rien de tel qu’un petit tofu puant avec du sang de canard, et sinon faut finir le plat de légumes, on a besoin de place pour les beignets. Allez va s’y t’as rien mangé, t’as vu comme t’es maigre ?
Et on se fait embarquer bon gré mal gré, je vous promet que quand les figures d’autorité familiales vous regardent sans ciller en pointant un plat du doigt, vous ne faites pas les malins et vous en reprenez.
Les fins de repas sont une superbe partie de poker menteur : chacun déclare ne plus en pouvoir, hoche la tête en souriant, tend l’assiette à son voisin, mais en fait a commandé un plat supplémentaire qui arrive bientôt.
Je pense même que c’est un moyen de torture sophistiqué : j’en ai vu un commander des desserts mais ensuite les refuser car il devait se surveiller. Dit en souriant alors qu’il savait qu’on lutte contre l’écoeurement. Et c’était des desserts à la viande.

L’attention aux détails

Mardi 11 septembre 2012 à 21:25

On découvre très vite le premier inconvénient de passer le mois d’août à Taïwan: il fait chaud.
Ca commence comme une impression de se noyer dans l’humidité et ça vous accompagne tout le long du séjour. On sue, dans les grands moments on dégouline, au mieux on moite. Les cils graissent les verres de lunette, le portefeuille ramollit au fond de la poche de pantalon, l’appareil photo colle. Ca oblige rapidement à étudier tous les moyens de passer une rue en restant à l’ombre, voire à attendre une demi heure que le soleil ait bougé. On ne s’étonne plus du tout que les taïwanais aient 3 verbes pour décrire comment l’on transpire et 5 adjectifs pour l’état dans lequel cela nous met *.

Donc on s’adapte: on fait des sauts de puce de café en librairie, histoire de se rafraichir entre deux déshydratations. On sort tôt le matin et tard le soir, à l’heure où les fauves vont boire car eux aussi ils ont chaud. On modifie sa garde robe en allongeant ses montures de lunettes de soleil, en retroussant le bas de pantalon, en sortant les tongs et un parapluie. Je vous vois hausser un sourcil mais je vous le garantis: malgré cet attirail, on peut tout à fait garder un air de dandy viril. Tout est dans le regard.

Sinon, malgré mes assertions précédentes, Taïpei possède des détails bien à elle: d’accortes demoiselles peu vêtues rivalisent de leurs charmes pour vendre du betel aux routiers (et inversement : des routiers rivalisent de betels pour vendre leurs charmes aux demoiselles). Grande impression quand on en voit une en talons aiguilles aller jusqu’à monter sur le marche pieds d’un 35 tonnes **.

On n’y entend nulle part cette saloperie d’hotaru no hikari (Dieu merci, je n’aurais pas forcément survécu à une nouvelle imprégnation), mais par contre les camions de poubelle jouent ‘La lettre à Elise’ en boucle lors de leurs passages quotidiens… Dieu, permettez moi de vous dire que vous avez un sens de l’humour un peu pervers.

Malgré cela, les taïwanais sont eux aussi affligés du syndrôme ‘La merde dans un coin qui gâche tout’, aussi nommé ‘Le distributeur de boisson au pied de la sérénité du mont Fuji’. Ma préférence va à cette maison ancienne de construction parfaite et de goût impeccable: plan en ‘U’ à la mode de la dernière dynastie, toits en queue d’hirondelle, meubles d’époque. Le FengShui d’origine était tellement optimal que le jour où ils ont déplacé la maison, ils ont refait une colline et un lac artificiel de part et d’autre, afin de le préserver. Mais ils n’ont pas pris en compte qu’ils l’ont reconstruite à côté de l’aéroport, ce qui peut donner des résultats rigolos. Mais il parait que c’est FengShui quand même.

Je les soupçonne quand même fortement d’entretenir un petit complexe d’infériorité envers les japonais. En effet, les japonais s’enorgueillissent d’avoir inventé la pastèque cubique, mais les taïwanais ont répliqué avec la pastèque en forme de hamster

* Rigoureusement faux :)

** Oh punaise, il y a un taré qui en a fait un compte Flickr entier… Sinon, Wikipedia.

Teaser

Dimanche 9 septembre 2012 à 16:26

Cette fois ci ça allait être du facile, des vacances. Le sac était rempli majoritairement de cadeaux, pas trop lourds. Quelqu’un m’attendait à l’aéroport et il n’y avait même pas de retard. Je savais où j’allais dormir et où j’allais aller, parfois plusieurs jours en avance ce qui est quand même un luxe. Je connaissais même suffisamment d’insultes pour pouvoir exprimer mon profond désaccord selon les situations.
Et au menu: de la chaleur étouffante, de l’humidité, des tremblements de terre, des typhons, de la jungle, des indigènes coupeurs de têtes ( si ! ) un peu de plage et surtout beaucoup de bouffe.

Histoire de parfaire mon intégration, le premier soir j’appris à jouer au Mahjong.

Monstres - Tout dans les dents

Vendredi 12 août 2011 à 11:08

Supprimer le regard et mettre les dents en valeur.
Le principe n’a rien d’original mais est toujours efficace.
Quelques images bonus se concentrant sur les dents…

Monstres - Sans Regard

Vendredi 5 août 2011 à 20:53

Le but de la cagoule est évidemment de supprimer le regard, qui est le plus ‘expressif’ du visage (voire le plus ‘humain’).
Cette fois ci, j’ai essayé de le remplacer. Toujours avec le moins de matériel possible.

Monstres - Gargouille

Mercredi 3 août 2011 à 2:43

Cette fois-ci, le but était de créer quelquechose de plus violent envers le spectateur.
D’où les poses et cadrages agressifs. De plus, le fait de demander au modèle de tirer sur son capuchon l’oblige à être en tension constante.

J’hésite pas mal sur le traitement: soit un N&B similaire aux précédents (comme ça), soit un format en couleur beaucoup plus contrasté mais désaturé afin que ça ne paraisse pas trop vivant. A titre de comparaison, la dernière image du post précédent donnerait ceci.

Monstres - Aujourd’hui c’est zombie

Dimanche 31 juillet 2011 à 21:33

Hop, je me remets aux photos, mais de manière différente.
Plutôt photo de studio, le but est de changer quelqu’un en monstre. Et une simple serviette suffit.
J’ai plusieurs séries, avec des thèmes et des personnes différentes. Aujourd’hui c’est zombie.

Latpin m’avait demandé l’installation pour l’éclairage: en gros, il y a une fenêtre à droite, et je diffuse subtilement la lumière avec un rideau Ikea. Le modèle est debout sur une vieille housse de couette blanche et la serviette autour du visage est en fait une taie d’oreiller. Le fond blanc est un mur aussi mal plâtré que peint, ce qui explique les variations ça et là…

Nouvelle expo le 29 avril

Mardi 12 avril 2011 à 21:09

Salut tout le monde !

Pour les plus sudistes d’entre vous: je fais une nouvelle expo photo débutant le 29 avril à Oogie, 56 cours Julien, 13006 Marseille. Le vernissage sera vers 19-20h. N’hésitez pas à passer et à en parler autour de vous. Il y aura des panormaiques et des portraits.

Nouvelle expo !

Mardi 9 novembre 2010 à 4:55

Ce sera le lundi 22 novembre au restaurant ‘La Fabrique’, 3 place Jules Vernes (13002). Marseille, donc.
A partir de 19h, il y aura un apéro offert.

Vu que c’est un encroit plus classe que la précédente, avec une clientèle plus aisée, il devrait être plus facile de vendre quelques photos. Toujours des grands panoramiques à l’exposition, mais complêtés cette fois ci par des photos de Poledance.

Quelques leçons à tirer de l’expo précédente:

* D’une part, certaines personnes étaient intéressées par acheter des photos, mais voulaient partir avec. Le simple fait de devoir m’envoyer un mail et que je leur envoie un autre tirage les a fait fuir. Je vais maintenant faire deux catégories de prix: une ‘normale’ et l’autre un peu plus chère (car ça prendra en compte le coût du contre-collage) mais la personne pourra partir avec la photo sous le bras.

* D’autre part, même si j’adore mes portraits de japonais dans le métro, ça se vend mal. Cela conviendrait mieux pour un bouquin que pour une photo à accrocher sur son mur. S’il ne fallait ena cheter qu’une, les gens préféraient les panoramiques ou bien des photos type ‘Carte Postale’, plus neutres.

Et puis quelques panoramiques plus récents. J’appelle la première ‘Le Chat Bus’, mais je ne suis pas sur qu’on comprenne pourquoi.

Et sinon, toujours une photo par jour sur Even Closer.