Pacific Island

le blog de Simon.

Archive pour septembre 2009

Tsunamis dans le Pacifique

Mercredi 30 septembre 2009

Hier j’ai été au première loge d’un tsunamis, reportage au cœur de l’action:

Hier, 9h, les sirènes d’alerte beuglent sur toute l’île de Tahiti. Première constatation, très peu de gens y font attention, car très peu connaissent leur existence. Elles sont relativement récente (moins de 3ans) et c’est la première fois qu’elles servent. Je connaissais leur existence de part mon frère qui s’occupait du chantier pour les installer mais sans ça, aucune info n’avait circulé. Très vite tous les médias (radio, TV et internet) relaient l’info:  séisme au Samoa, une vague de deux mètres arrive sur la Polynésie Française dans 3h.

A partir de ce moment, un vent de panique commence à circuler. Accès au centre ville (situé légèrement au dessus du niveau de la mer) interdit, routes coupés à la circulation, réseau de téléphonie fixe et mobile H.S et évacuation des écoles et des services publiques). Il est recommandé a la population de monter dans la montagne à pied.

J’habite en bord de mer, je suis donc concerné par la situation. Rapide calcul dans ma tête: Tahiti, protégé par une barrière de corail. Le lagon est toujours calme même avec une houle de plus 4 mètres. Et la on vient affoler la population pour une vague 2 mètres? Je ne dois pas être le seul à trouver la réaction des autorités un peu “too much”. Dans ma boite personne ne lève le petit doigt, nous sommes pourtant situé à quelques mètres de la mer. On écoute bien sur la radio, en sourdine, par acquis de conscience.

12h, les sirènes résonnent, l’alerte rouge est levée par le haut commissariat. La journée se passe pour moi comme d’habitude.

Fin de journée, on met la télé pour voir les infos.  Gros “LOL” sur le journal de LCI qui nous a décrit une situation de crise importe sur Papeete alors que la plupart des gens comme moi sont resté raisonnable et n’ont rien fait. Le centre d’observation géologique de Tahiti dispose de balises un peu partout sur le Pacifique. Ils ont donc pu suivre l’avancée de la vague et son amplitude pour la transmettre aux autorités et média. Au fur et à mesure de la matinée les infos se précises: 1 mètres pour Tahiti. Au final nous avons eu une vague de… 35cm! Soit moins forte que la houle “habituel” de Tahiti.

Mes observations/conclusions sur l’événement:

  • Excellente réaction des médias  qui ont très largement et très correctement diffusé les informations.
  • La population a tendance à paniquer extrêmement rapidement.
  • Ce qui as pour conséquence de saturer les réseaux de communication en moins d’1/2 heure après l’alerte.
  • Les gens, privé de téléphone s’affolent. De grosses critiques émanant des médias , du gouvernement et de la population ont été faite contre la société de téléphonie. Seulement au lieu de laisser, de se contrôler, les gens essayaient d’appeler encore et encore.
  • Les centres d’observations utilisent le réseau public pour communiquer avec les autorités. Comment on fait quand le réseau ne marche plus? Je dois être un des rares a ne pas cracher à la gueule de l’opérateur téléphonique et être choqué que les autorités ne disposent pas de moyens de communication alternatifs
  • La gendarmerie à finalement bien réagit en créant un réseau avec des motos équipées de radio aux points stratégiques
  • L’évacuation des écoles s’est passé sans accroc et rapidement. Certaines directrices ont tout de même cédé à la panique.
  • Les établissements ou les évacuations ont été les plus rapides sont ceux accueillant les petits. “Les enfants, aujourd’hui on fait un exercice d’évacuation, on se prend la main et on chante!” Faire croire un exercice aux gosses et ca roule.
  • Je suis persuadé que le Haut Commissariat connaissait le risque réel du tsunamis (c’est à dire proche de zéro). Par contre ils ont déclenchés le plan d’évacuation. Je pense que ca leur à servis d’exercice et ils ont pu voir grandeur nature tous les imprévus qu’ils sont susceptible de rencontrer. Ils doivent être certainement entrain de les analyser.
  • Les médias, comme d’habitude, après coup, en font des tonnes sur “l’événement” .