
Je vous le dis franchement : j’ai passé sur Counter-Strike certaine de mes plus belles heures en multi. Cela remonte aux versions 1.4, 1.5 et 1.6, entre 2002 et 2006. La raison a ça est facilement explicable : le jeu n’est pas particulièrement exceptionnel, mais une fois devant l’écran, j’avais le sentiment de pouvoir maitriser complètement les choses, ce qui signifie que si je mourais, c’était uniquement de ma faute. En jouant à CS, j’avais chaque jour le sentiment de progresser, d’apprendre de nouvelles choses. Pour être meilleur que les autres, il me suffisait d’avoir de meilleurs réflexes qu’eux, de penser plus vite, de mieux viser. Bref, d’être performant et de jouer le mieux possible. Ca prenait du temps, ça m’a occupé pendant des milliers d’heures et c’est pendant cette période que j’ai véritablement appris à jouer aux FPS et à les aimer. L’autre chose qui me motivait, c’était le fait de jouer dans une équipe : il fallait mériter sa place dans la line-up, montrer de belles choses en matchs, être décisif, donner les bonnes infos, etc. C’était un challenge qui me passionnait.
J’étais encore au collège à l’époque de mes premières parties et je me souviens qu’en ce temps-là, tout était rapport à Counter-Strike. Tout le monde y jouait ou connaissait au moins de nom ; le premier de la classe, les pions, le nouveau et même la pute qui sortait avec tout le monde. Si tu voulais comprendre les conversations qui t’entouraient ou ne pas te sentir à côté de la plaque, il fallait jouer à CS. Je ne sais pas si c’était partout pareil, mais dans mon collège du 91, c’était de la folie. Il n’y avait aucune raison de faire autre chose. Tecktonik puissance 15.
Le matin à 8h, en arrivant dans la cour, la première chose à faire était de raconter à ses potes les moments les plus croustillants des matchs de la vieille. Le “décal-HS” placé sur D2, le rage quit de l’équipe adverse ou le full team en round éco sur Inferno. Pour moi, c’était pire qu’une obsession : en classe, je m’amusais à dessiner le plan des maps sur mes cahiers et à élaborer des strats, avec des tracés de couleurs. J’étais dedans à 200%. Cette sensation d’être complètement obsédé par un FPS multi, je l’ai un peu ressentie avec les NoFags sur Team Fortress 2, mais c’était loin d’être aussi intense. En rentrant des cours, j’allumais le PC, je regardais des frags movies pendant une heure puis je rejoignais le serveur TS de mon équipe. A 20h, tout le monde était déjà à bloc, sur IRC ou en plein entrainement pour préparer les matchs du soir. On faisait des tournois, il y avait de la pression, des cris, parfois même des engueulades. Putain, c’était bien. Tout ça s’est terminé quand j’ai commencé à travailler et que je n’avais plus le temps (ni l’envie) de jouer autant à CS. Quelques mois plus tard, l’équipe dans laquelle je jouais s’est finalement arrêtée après plus de dix ans d’existence.
Si je vous parle de tout ça aujourd’hui, c’est parce qu’en cette fin d’année, je m’emmerde pas mal. Je joue à beaucoup de vieux jeux solo, mais en multi, j’ai la sensation d’avoir fait le tour de ce qui m’intéresse. Je sais que le lecteur un peu attardé de NoFrag pense que c’est classe de dire que Counter-Strike est un mauvais jeu, pas au niveau de Quake ou UT, mais la question n’est pas là. J’ai envie de m’y remettre doucement, et pour ça j’ai besoin des meilleurs d’entre vous. Alors voilà, je vous pose la question : il y a-t-il parmi vous des joueurs prêts à rechausser les crampons pour quelques matchs sur CS 1.6 ?