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Archive pour la catégorie ‘Cinéma’

Docu: A Very British Gangster

Jeudi 5 mars 2009

A very British Gangster est un documentaire de  Donald MacIntyre.

Le réalisateur a passé trois ans avec un parrain de la pègre de Manchester, Dominic Noonan, relatant ses exploits passés, et suivant sa vie très mouvementée.

Bon alors disons le tout de suite, il faut absolument que vous voyez ce film, il est tout simplement sidérant.

Dominic Noonan règne avec son frère Desmond “Desy” Noonan sur une banlieue pourrie de Manchester comme un roi. Il a 37 ans dont 22 passé en prison pour divers méfait ;  braquages, tortures, rapt, deal… un peu tout quoi. Il a un fils de 11 ans, Bugsy, qu’il a vu en tout et pour tout deux ans entre deux aller retour en zonzon. Il est ouvertement gay et s’entoure en permanence d’une bande de jeune loups âgés de 17 à 19 ans habillés en costard.

Dans le film on le voit entre autres : se confier ouvertement à la caméra, faire le coq dans la rue, régler tous les problèmes de voisinages, se faire persécuter par les flics pour tout et n’importe quoi, passer plusieurs fois devant le juges (dont une fois, pour l’enlèvement et la torture façon moyenâgeuse d’un mec de la pègre pour une rançon de 500 000 livres !). On voit aussi son grand frère camé au crack et à la C avouer à demi mots le meurtre d’une trentaine de personnes et on voit évoluer les gamins qui le suivent avec leur tronches tout droit sorti d’un film de Guy Ritchie.

On est vraiment dans une version misérabiliste  du parrain de Copolla, c’est tellement énorme qu’on croit que c’est un fake. Impression renforcé du fait que le réalisateur aime faire des jolis images avec de jolis ralentis et de jolis cadres. Ça alourdit considérablement le film. De plus il n’hésite pas une seconde, de par ses commentaires et ses questions, à faire dans le sensationnalisme gras. Sachez aussi que le réalisateur n’a aucune distance avec son sujet et qu’il épouse totalement sa cause. Pour lui Dominic Noonan est un type bien qui aide la communauté. Tout ça peut créer une vraie sensation de malaise à la vision du film.

Il est très étonnant de voir comment Noonan, sa famille et même son jeune fils se qualifient de gangster et le revendique ouvertement avec fierté, comme si c’était un statut social établi, normal, sans aucune discrétion ni honte.

Mais ce qui frappe le plus ici , c’est la misère. Elle est présente dans chaque plan. Dominic Noonan a pour seul signe extérieur de richesse ses costards. Il roule dans une bagnole pourrie, vit dans une maison dégueulasse entouré de ses jeunes, sa famille transpire la working class anglaise qui vit dans des baraques délabrés, en bouffant de la merde.

Bref, ce film est un ovni, et malgré les défauts lourds de réalisation, un visionnage vous est très chaudement recommandé. Il faut vraiment le voir pour le croire.

Cinéma : Lust, Caution

Jeudi 26 février 2009

Lust, Caution de Ang Lee.

Ang Lee est un réalisateur Taiwanais assez prolifique dont on retiendra surtout les films Raisons et Sentiments, Tigres et Dragons et Le Secret de Brokeback Mountain. Lust, Caution marque le retour d’Ang Lee au film tourné en Chine après les films Américains Hulk et Brokeback Mountain.

Pour résumer, le film se situe entre 1938 et 1944 à Hong Kong puis à Shangai pendant l’occupation de la Chine par les troupes japonaises. Il conte l’histoire d’une bande d’étudiants patriotes faisant partie d’une troupe de théâtre qui décident d’assassiner un politicien collabo. Le film va surtout s’intéresser à la liaison sulfureuse entre une de ces étudiantes Wong Chia Chi et le politicien en question . Bref, la petite histoire dans la grande, du classique quoi.

Commençons par en dire du mal.
Les personnages sont très caricaturaux et le film est un peu cousu de fil blanc. Les étudiants sont idéalistes et naifs, le collabo  pervers et arriviste se décrivant lui même comme une pute, et la jeune actrice  se faisant prendre à son propre jeu. On devine à l’avance ce qui va se passer et tout ça reste très blanc/noir, monocouhe.

Il semble aussi que Ang Lee ai voulu que la relation d’adultère des ses protagonistes soit le pendant sexuellement explicite de celle décrite dans In The Mood For Love (qui était platonique) de Wong Kar Wai (même acteur principal, même ambiance feutré, affiche très ressemblante).
Le problème étant que Lust Caution souffre vraiment de la comparaison avec In The Mood For Love. Ang Lee n’a vraiment pas le talent de réalisateur ni la classe de Wong Kar Wai, et puis franchement , quel film peut être plus beau que In The Mood For Love ?

Ben alors il est nul ce film ? non, du tout…

Déjà, il y a Tony Leung Chiu-wai ; toujours aussi parfait, qui avec son charisme magnétique, crève l’écran. Il incarne son personnage avec une justesse épatante. Très certainement un de mes acteurs préférés avec Dupontel et Kitano.

Mais la principale réussite de ce film ce sont les longues scènes de sexes ; On ne fait pas l’amour dans Lust, Caution, on baise. C’est sauvage, brutal et passionné, tout est filmé sans artifices de façon très explicite. Et ça fait plaisir de retrouver cet érotisme exacerbé  à notre époque où les films sont si aseptisés. Sans en atteindre les sommets on pense un peu au Dernier tango à Paris pendant ces scènes, et on se régale. J’adore la thématique de la naissance de l’amour entre deux personnes par le sexe, cette idée que l’amour peut découler du sexe et non l’inverse.


Et là on arrive à ce qui fait que je n’oublierais pas ce film de si tôt ; la musique d’Alexandre Desplat (déjà l’auteur de l’excellente bande originale de De battre mon cœur s’est arrêté).
Un thème d’une simplicité enfantine qui fait ressortir toute la complexité de la relation. A la fois triste, mystérieuse et épique, toute l’ambiance du film est accentuée et soutenue par cette bande son.
C’est incroyable, Alexandre Desplat a réussi à traduire en musique le sens des mots Lust, caution, le sens du film. On ressent  ce mélange de désir et de danger.
Cette musique nous fait  naviguer entre l’espoir de vivre quelque chose de beau et le sentiment désespéré qu’une autre terrible s’annonce. Rien que pour ça ce film vaut d’être vu.

Wong Chia Chi’s Theme

Falling rain

Lust, Caution

Bref, Lust, Caution n’est pas un grand film mais le souffle épique et la tension sexuelle qui le traverse font qu’on passe un bon moment.

Children Of Men

Mardi 24 juillet 2007

Bon, on quitte un peu la musique pour parler de Children of men de Alfonso Cuaron que j’ai vu hier soir et qui m’a vraiment emballé. Faut savoir que je suis vraiment très rarement conquis par un film, pour dire le dernier en date c’était “Crash”(Collision) en 2005 qui est vraiment exceptionnel.

Le synopsis, on le connaît tous (sinon il est dans le lien du dessus) donc je vais pas trop m’attarder dessus, disons que c’est un scénario très solide d’anticipation qui ferait bonne figure aux cotés d’un “Blade Runner” ou d’un “Akira” (mes deux oeuvres archi cultes).
Je vais plutôt m’attarder sur les point forts du film:

- On commence par Clive Owen qui est un acteur vraiment excellent. De “Sin City” en passant par “Inside Man” jusqu’à “Closer” (qui est pourtant un bon film de merde) il peut tout être; charismatique, violent, drôle, pathétique, héroique. Bref il a un registre incroyable et une classe pas possible (petit h.s: ça reste incompréhensible pour moi qu’il ne soit pas le nouveau James Bond, j’aime bien Daniel Craig mais la première chose que je me suis dit en voyant Casino Royale c’est: “James Bond n’est pas blond” point final)

- Les lieux du film. Il y a trois lieux dans le film: le centre ville de Londres semi futuriste, la campagne anglaise, et le camp de réfugiés. Ils sont tous très réussi et marquent très bien les différentes étapes du scénario. Aucun abus d’images de synthèses ou de fioritures visuelles, juste des petits détails qui vont donner l’ambiance poisseuse du film. Le choix de remplir les images de protagonistes (souvent des flics et des réfugiés) plutôt que de choses purement décoratives est un très bon parti je trouve.

-Les scènes d’actions. Et là on touche au putain d’exploit de ce film. Il faut savoir que les deux choses qui m’emmerdent le plus dans les films de S.F ou d’action modernes ce sont les images de synthèse très envahissantes (surtout dans les plans larges où mêmes les acteurs sont remplacés) et surtout le putain de montage “Clips M.T.V”, un plan/une image, des scènes d’actions sensés donnés de la nervosité et qui personnellement m’horripilent et me font totalement décrocher de la séquence (SAW et tout les films post 2000).
Ici le réalisateur a prit le parti dans les deux principales scènes d’actions (dans la voiture et au camp de réfugiés) de tout tourner uniquement en plan séquences. Et putain quelle réussite! On ne décroche pas une seule seconde, le souffle rythmée par les explosions, les coups de feu, et les corps qui tombent. On est complètement subjugué par la tension et la nervosité qui s’en dégagent. De loin la plus grande réussite de ce film (normalement les longues scènes d’action me font décrocher d’un film, ici j’étais scotché).
De plus il n’y a aucun abus d’image de synthèse, juste quelques explosions et quelques raccords (le bébé peut être aussi?) donc ça me va à ravir. (HS: Je sais pas pourquoi mais toutes les miniatures et les décors cartons pâtes des films comme Conan, Blade Runner, Star Wars ou tout film 70/85 me paraissent plus tangibles, réels que les images de synthèse, la moria de le sda par exemple, peut être par ce que je sais que ça n’existe pas ou un problème d’éclairage, de texture.)

Voilà, sinon la musique est sympa sans casser des briques (mention très spéciale pour avoir caser le sublime Life in a Glass House de RadioHead dans une séquence).
Bref très bon film j’en verrais sûrement les défauts au bout de plusieurs visionnages mais très forte impression sinon.

P.S: le nouvel album de UNKLE déchire sinon.