Squat temporaire

Temporaire, jusqu’à ce que j’en ai marre le blog de Ouamdu.

Nofrag, le coup de pied au cul professionnel

2004-05-05_ouamdu2Salut à toi, cher lecteur, moi, c’est Ouamdu. Ça se prononce comme ça s’écrit, avec un “u” à la fin. Tu ne me connais peut-être pas, depuis quelques mois, je suis plutôt discret sur Internet. Mon boulot ? Je travaille dans un domaine étrange, la psychométrie. C’est super sérieux, comme industrie, on conçoit des tests qui sont utilisés dans le recrutement, l’orientation et la mobilité interne. Nos clients sont des grosses et petites boîtes qui veulent en savoir un peu plus sur leurs candidats avant de leur faire passer un entretien. Ma fonction ? Je suis responsable marketing, j’analyse, je conçois des offres, je gère aussi des projets de temps en temps. Je gagne ma vie correctement, et on me file pas mal de responsabilités.

Ce qui est amusant dans tout ça, c’est que je ne serais peut-être pas arrivé là sans Nofrag.

Flashback (”éclair en arrière”, pour les québécois)
On est quelque part entre 2002 et 2003, je ne sais plus trop, c’est vraiment loin. À l’époque, je suis étudiant en informatique dans un IUT de la région parisienne, dans la même classe que channie. Tout comme lui, je suis un gros geek de jeux vidéo, d’ailleurs, il n’est pas rare qu’on se foute sur la gueule à Quake III, installé en toute discrétion dans la salle de TP. J’ai atterri en informatique parce que, grossièrement, c’est le seul truc qui m’intéresse vaguement. À vrai dire, à cette époque, je ne m’intéresse pas du tout à mes études ou à ma carrière. C’est aussi à ce moment que l’ADSL arrive à la maison, ainsi que l’accès illimité à internet et à ses communautés. L’un des tout premiers sites (et aussi l’un des seuls, il faut bien le dire) sur lequel je m’inscris, c’est Nofrag, et c’est à cette occasion que je créé ce pseudo, qui vient d’un épisode de l’émission radio “Le Monde de Monsieur Fred”. Je ne me souviens plus exactement du pourquoi du comment, mais il me semble que c’est parce que je poste beaucoup de messages et de liens vers des actualités, toujours est-il qu’après quelques mois d’activité, je rejoins l’équipe de rédaction de Nofrag.

C’est une période assez géniale. J’apprends à écrire des news grâce à Dr.Loser et Netsabes, même si je ne m’entends pas trop avec ce dernier à cette époque, je me fais les dents avec ma première interviewmes premiers tests, mes premiers concours, et même (le truc que j’avais complètement oublié) mes premières tentatives artistiques. Au-delà de ça, ça me permet de comprendre comment marchent les communautés sur internet.

Mes premières armes sur Photoshop. Impressionnant, je sais.

Mes premières armes sur Photoshop. Impressionnant, je sais.

Après, c’est un peu le flou, j’avoue. La mémoire, ça n’a jamais été mon fort. Je me souviens en bordel de conflits en interne et/ou de moi qui finit par ne plus en ramer pas une. Toujours est-il que je redeviens simple péon, et je passe à la concurrence. J’ai aussi des souvenirs, quelque part en 2004, alors que je suis en pleine année de licence, d’une grosse scission de la communauté, d’une bande de vieux cons, dont je fais partie, qui quittent Nofrag pour créer l’asile, un endroit super cool (mais pas tant que ça). Aujourd’hui, ces conflits me semblent complètement ineptes, mais à l’époque, c’était un beau bordel.

L’heure de gagner la croûte
2005. Fin des études. Je sors de ma fac diplômé d’une licence en gestion de projet/communication, et avec une seule idée en tête : travailler dans l’univers du jeu vidéo. Sincèrement, on m’aurait demandé de récurer les chiottes d’un éditeur, j’aurais accepté sans hésiter. Tant que c’était dans les jeux vidéo, ça m’intéresse. Mon CV est alors effroyablement maigre : deux pauvres diplômes, un niveau d’anglais acceptable, une expérience en tant que jardinier l’été, une autre dans un garage à faire de la saisie informatique. Histoire de connecter tout ça à mon objectif, j’ajoute à la fin une ligne : “Activités extra-professionnelles : rédacteur sur Nofrag.com, ZeDen.net”, ça et deux trois autres trucs plus ou moins vrais (sérieusement, il y a vraiment des gens qui ont cru que je faisais du sport à cette époque-là ?).

Après trois mois de recherche, je suis invité à passer un entretien chez un distributeur de jeux, pour un poste presque inconnu à l’époque : “Community manager”. Je rencontre le directeur commercial, le directeur technique, et le PDG, pour une durée totale de trois heures. À la toute fin, le big boss joue franc-jeu avec moi : “Sincèrement, vos diplômes ne nous intéressent pas trop, mais par contre on aime bien votre expérience de rédacteur, et on connait nofrag, c’est quoi votre pseudo, au fait ? Ah oui, je me souviens !”. Et voilà, mon premier job. La paye est minable, mais le boulot est super et me permets de faire mes premières armes dans un service marketing pendant presque deux ans.

Gros temps fort de ma carrière dans le jeu vidéo : la visite de mon studio préféré à Seattle

Gros temps fort de ma carrière dans le jeu vidéo : la visite de mon studio préféré à Seattle en 2008

Après ça, j’ai été quatre ans en agence, à faire du community management et de l’achat de publicité, toujours dans le jeu vidéo. J’ai travaillé avec des clients prestigieux sur des missions de plus en plus importantes. Je me suis vraiment éclaté. Je n’étais jamais bien loin de Nofrag, on a même fait quelques trucs ensemble. Puis j’ai migré chez un éditeur pour faire du vrai marketing stratégique en tant que chef de produit, sur des MMO free-to-play que tu ne peux probablement pas blairer. De loin ma meilleure expérience dans le jeu vidéo. Dommage, ça s’est terminé au bout de onze mois quand le siège a décidé qu’en dehors de l’Asie, ils n’avaient aucune chance de faire de la thune. Une occasion pour moi de changer d’industrie pour voir un peu autre chose. J’en ai aussi profité pour choper un master 2 en marketing dans la foulée, histoire d’avoir le diplôme qui va avec ma fonction, tant qu’à faire.

Nofrag toujours là
Bien sûr (et heureusement), Nofrag n’est pas la seule raison pour laquelle j’en suis arrivé là (j’ai d’énormes qualités, dont la modestie est la plus évidente), mais je trouve amusant de penser que ce site dédié aux simulateurs de meurtres y a contribué à sa façon.
Depuis que j’ai quitté le jeu vidéo, je joue beaucoup moins, et je m’intéresse globalement moins aux actus et aux chamailleries sur internet. Néanmoins, Nofrag fait partie de ces rares sites que je continue de visiter plusieurs fois par jour.

Longue vie au site, à Dr.Loser et à Netsabes, que l’allégresse emplisse votre demeure jusqu’à la fin des temps. Et de la thune aussi. Faites-vous de la thune. Plein.

PS : Si vous avez des précisions ou des corrections à apporter à ce qui est expliqué, lâchez-vous dans les commentaires. Ma mémoire est vraiment lamentable.

22 commentaires pour “Nofrag, le coup de pied au cul professionnel”

  1. Batoune dit :

    Joli papier ! Bien écrit et une belle histoire !

  2. divide dit :

    Hehe je me souviens aussi de l’époque de l’insurrection Asile. J’ai débarqué à peu près en même temps que toi sur Nofrag, et aussi eu mon premier vrai job grâce à NF (via les blogs).
    Je me demande combien il en reste de cette époque… En tout cas vous semblez bien avoir fait votre chemin toi et ton pote channie (que j’ai eu le plaisir de rencontrer il y a quelques mois à Montréal), ça fait plaisir :)

  3. Xfennec dit :

    Je réalise du coup que ça fait un paquet de temps que je lurke NoFrag, vu que l’ensemble du récit me parle. Je suis une moule et NF est mon bouchot.

  4. Daedalus dit :

    On est encore quelques uns de la grande époque, il y en a plein qui lisent mais qui s’en cache, et d’autres comme moi qui ont grandi avec le site, ayant connu les différentes périodes par lesquelles sont passé le site

  5. JiHeM dit :

    je m’intéresse globalement moins aux actus et aux chamailleries sur internet

    :’(

  6. Boozdeuvash dit :

    Daedalus a dit :
    On est encore quelques uns de la grande époque,

    Ah la grande époque… J’avais réussi à me faire bannir pour cause de “j’ai 16 ans et je suis un petit con”. Yay me!

  7. CYANure dit :

    C’est ça la grande époque ?
    http://www.nofrag.com/forums/

  8. skaven dit :

    C’était plus vivace que maintenant.

  9. velociraptor dit :

    Faites-vous de la thune. Plein.

    Et si l’on faisait de bons jeux vidéos ? Plein.

  10. Gaius_Baltar dit :

    J’y étais aussi (un peu passif mais présent quand-même). Tout ça rappelle des souvenirs.

  11. Mysterius dit :

    J’étais là également. Par contre, je n’ai jamais réellement mis les pieds sur l’Asile je crois. Il y a des bons souvenirs, mais ça a quand même évolué dans le bon sens.

    Ce qui me faisait rire quand j’avais 16 ans ne fonctionnerait sûrement plus si bien aujoud’hui.

    Aaah, le Xanax et les sujets ‘toshop.

  12. G-UNIT dit :

    I was here.

    Par contre je n’ai pas connu NoFrag au tout commencement mais plutôt vers mi 2003, date à laquelle l’ADSL illimité est arrivé dans ma lointaine contrée. Ça me parait déjà tellement loin et proche à la fois.

  13. __MaX__ dit :

    Tu m’as devancé ‘foiré. J’ai un papier similaire en cours d’écriture. Faut que je trouve le temps de le finaliser.

  14. Vahron dit :

    Ca fait 10 ans cette année que je suis sur NoFrag. Amusant aussi de repenser à toutes ces conneries, l’Asile, les memes un peu douteux (le fameux blog du “droit de réponse à Seskemachin”, comment oublier)… et de se dire que tout ça ne me ferait sans doute plus autant rire aujourd’hui.
    On devient tous adultes et responsables par ici. C’est moche.

  15. divide dit :

    :(

  16. StheNn dit :

    Mouais, je trouve qu’on ait tous devenus aigris (ou alors le phénomène s’est grandement amplifié). Cela fait dix ans également que je fréquente NF (je lurkais essentiellement à l’époque).

  17. Cyp dit :

    En tant qu’historien des internettes, je me dois d’ajouter qu’il y a eu assez vite une scission sismosismique à l’intérieur de l’asile au sujet de la modération, qui a vu migrer la plupart des membres vers le véritable asile, forum sans modération ou presque, encore assez actif aujourd’hui, et où vous retrouverez quelques membres de qualitay de l’époque (Napalm et aliocha pour ne citer qu’eux).

    Quand à moi, lurker intensif pendant ces années, je verse encore une petite larme une fois par an en me replongeant dans les archives des forums de Nofrag.
    Je me rappelle bien de la période WTF avec Maïa, de l’apparition des blogs, de wefrag et sa carte d’identité, et d’une assez longue période faste en news et articles intéressants.

    Aujourd’hui le site est un peu tristounet, entre les news qui se raréfient, les tests et les dossiers quasi absents, le peu d’activité sur les forums et les blogs : à vouloir mettre en avant les articles “jeux video”, on se retrouve avec une majorité d’articles “dev diary” qui personnellement ne m’intéressent pas trop.
    Sans trop m’avancer je pense qu’il y a aussi un peu de lassitude de la part de Loser qui peut pas tout porter tout seul, depuis que Netsabes officie chez CPC…

  18. Vahron dit :

    Peut-être aussi que l’actualité des FPS est un peu moribonde en ce moment en-dehors de la sortie de Titanfall, non ?

  19. Gigolo dit :

    Cela fait quelques années que je traîne aussi ici. Je lis beaucoup, mais ne commente pas des masses. Je trouve que ça rigolait plus avant, avec l’asile, etc. C’était plus tordu. Tout le monde va un peu dans le même sens maintenant. Ça me semble souvent fort convenu. Je dois vieillir.

  20. channie dit :

    Que de souvenirs :’)

  21. Anahkiasen dit :

    C’était quoi le nom du FPS bruité à la bouche fait sous Paint en honneur à Maxkarting ?

    EDIT: retrouvé http://www.nofrag.com/2005/jul/14/18217/

  22. Caroline dit :

    Ce qui serait marrant c’est de retrouver Maxkarting (bon courage).

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