Je me réveille. Enfin plutôt… j’ouvre les yeux. Pas facile de roupiller dans la carcasse d’un bus ballottée par le vent toute la nuit. Un coup d’œil à mon Pip-Boy 3000 m’indique qu’il est 7h32, et que j’ai la jambe droite dans un sale état… merci pour l’info, vieux. Je plonge la main dans mon sac et en tire une bouteille tiède de nuka-cola récupérée la veille dans un distributeur que j’avais éventré d’un coup de pied. J’ouvre la bouteille avec les dents, enfourne la précieuse capsule dans ma poche et m’accoude à la porte du bus, histoire d’admirer le soleil qui inonde le paysage poussiéreux du wasteland.
Ça doit faire maintenant une semaine que je suis sorti de l’abri, à la poursuite de mon père, enfin… en théorie. Je me suis rapidement détourné de mon objectif principal et suis parti en exploration à droite à gauche. Je suis quand même passé par Megaton et Rivet City, histoire de me ravitailler et de tirer un coup. J’ai aidé une rouquine, Moira, à terminer son bouquin en expérimentant deux-trois trucs qui m’ont plus ou moins entamé. Pendant une de ces expériences, j’ai croisé un gamin qui m’a parlé de monstres énormes qui avaient tué tout le monde dans sa ville… Pourquoi pas, c’est toujours marrant, les monstres. Peu importe comment j’ai résolu le problème, si je suis là maintenant, c’est parce que pendant ma quête, alors que j’arpentais les couloirs pourris du métro, je suis tombé sur le cadavre d’un mec, qui tenait encore dans sa main rongée jusqu’aux os un enregistrement de ses dernières volontés.
En substance, ça disait qu’il fallait trouver une clé, qui ouvrait un coffret, qui contenait un colis, que je devais livrer dans une ville inconnue, complètement à l’est. Oui, moi non plus, je sais pas ce qui m’a attiré là-dedans. Je rote bruyamment. Le colis… Je réalise que je ne sais même pas ce qu’il y a dedans. Je dépose ma bouteille sur un siège et m’accroupis pour atteindre mon sac. Mes mains trouvent mon fusil d’assaut, mon 10mm, des munitions et finalement la boîte en carton. J’éclate de rire alors que je découvre le peignoir “sexy” tigrée qu’il contient. Soudain, j’entends le “bilip” et l’explosion caractéristiques d’une mine de proximité, une de mes mines de proximité. Le hurlement qui suit m’indique que c’est une femme qui vient de perdre une jambe. Une raider. Ni une, ni deux, je saisis mon fusil d’assaut et lui colle un chargeur au cul, ces connards ne se déplacent jamais seuls.
Mon coeur bat à cent à l’heure, j’essaye de me calmer, de me concentrer pour entendre leurs déplacements. Maintenant qu’ils savent que le terrain est miné, ils vont faire attention. Une minute passe sans un bruit, puis deux, puis trois. Une solitaire ? Peut-être. Je décide de regagner la porte, toujours accroupi. A peine ai-je passé la tête dans l’encadrement de la porte qu’une balle me frôle en sifflant et explose la vitre derrière moi. Je recule. Au son, on dirait un fusil de chasse. Basique. Dangereux mais basique. Toujours accroupi, je retourne vers l’arrière du bus, saisis mon sac, le vide rapidement de son contenu et le remplit avec des vieux bouquins calcinés qui traînent là. Je reprends ma respiration, souffle un grand coup et balance vers l’avant du bus le sac qui se fait éclater par le raider, qui ne réalise le subterfuge qu’en m’apercevant alors que je me redresse pour lui trouer la figure.
Un bruit derrière moi. Je me retourne et vide un demi-chargeur ce qui n’est en fait qu’une énorme mouche bouffie dégueulasse. Saloperie. Je reste encore une bonne minute comme ça, sans bouger. Je finis par déposer mon fusil d’assaut et récupère la bouteille de nuka cola miraculeusement intacte pour la vider d’un trait. Je regarde mon Pip-boy : 7h47. Il me reste encore à récupérer ce qui reste de mon sac, mes mines, et à fouiller les raiders en espérant trouver un ou deux Stimpaks pour soigner ma jambe. Je dois partir dans l’heure si je veux arriver à Girdershade avant la nuit…