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*miam* le blog de Mawwic.

Riddick: Escape From Butcher Bay

Comme je l’ai dit dans un des précédent billets, je viens de me faire Riddick (Escape bidule Developper’s Cut machin).

J’l'avais acheté en budget y’a déjà quelques temps (je l’avais loupé quand il était sorti; et puis surtout, à l’époque, j’avais pas vraiment la bécane pour), mais j’y avais à peine touché, tout occupé que j’étais à l’époque par une multitude d’autres choses.

Et il s’avère qu’il est tombé à point nommé, étant donné que ces derniers temps je m’ennuyais un peu.

Je dois dire que j’ai pris une méchante claque.
Surtout que, le jeu étant déjà sorti depuis un certain temps, je m’attendais à ce qu’il soit beaucoup plus daté que ça, voire même plus de première fraîcheur en ce qui concerne certains points de gameplay et, bien sûr, les graphismes.

Tout faux.
Aussi, comme j’avais pas vraiment fait gaffe à ce qui s’était dit lors de sa sortie sur NoFrag, je dois dire que je suis assez curieux d’avoir votre avis dessus.
Et puis, parler des "vieux" (tout est relatif) jeux qu’on trouve remarquables en période de disette vidéoludique, y’a que ça de vrai, non ?
C’est toujours agréable de se rappeler ses souvenirs et de pouvoir placer un "ouep, c’était mieux avant".

Mais bon, avant que vous ne me disiez ce que vous en pensez, je vais peut-être prendre la peine de vous exposer mon point de vue: ce sera plus facile pour en discuter après, et débattre de points précis.
Quoique, comme je quitte bientôt le territoire pour les vacances, je risque de ne pas lire vos réponses de suite.
Mais j’y répondrai volontiers dès qu’il me saura possible de le faire.

Riddick, donc.
Bon, certes, c’est un peu court: 6-8 heures environ (en même temps, à 15 euros neuf dans le commerce désormais…).
Mais le reste, c’est de haute volée.
Déjà, graphiquement parlant, c’est peut-être ce qu’il y’a de plus beau à l’heure actuelle, ni plus ni moins - tout du moins à mes yeux.
Sans déconner: ça n’a pas à rougir de la comparaison avec F.E.A.R. (si on excepte deux trois effets de "post-process" dans ce dernier, mais que je ne trouve pas si impressionants que ça).
Les textures sont d’une précision excellente (y compris les interfaces et les écrans à la Doom 3, bien qu’ils ne soient pas interactifs comme dans le titre d’iD) à quelques exceptions près (les mains de Riddick); les modèles sont relativement complexes… et l’éclairage (le truc le plus important à mes yeux: ça joue pour au moins 50% dans la construction de l’image) est superbe.
De ce point de vue, c’est même encore mieux que Doom 3, même tweaké à mort avec des mods du style 3MooD qui activent plein d’effets annexes (spécularité augmentée, parallax mapping et que sais-je d’autre).
Et cerise sur le gateau, les persos projettent leurs propres ombres sur eux-même et sur les environs (même si parfois, ça donne lieu à quelques bugs graphiques mineurs), et les sources de lumière sont pour la plupart destructibles (bon pour l’infiltration, ça).
Et dire que ce jeu est sorti il y’a déjà un certain temps…

Néanmoins, il faut vraiment le voir tourner pour s’en rendre: les captures d’écran ne lui font pas justice, et c’est encore plus impressionant en mouvement.
Jusqu’à ce que je le lance sur ma bécane, j’avais en tête l’image d’un jeu au graphisme chatoyant, mais rien qui ne puisse inquiéter F.E.A.R. et consorts sur ce point d’après les screens’ que j’avais vu.

D’un point de vue design, c’est également un sans-faute.
Moi qui n’aime pas l’univers "cheapos" des films Riddick, j’ai été agréablement surpris de voir le boulot abattu par les p’tits gars de Starbreeze: les armures des gardes, leurs flingues, les robots, c’est vraiment magnifique et du meilleur goût - même si tout ça, ça reste à l’appréciation de chacun, c’est pas très objectif.

Tout comme l’interface minimaliste, qui évite d’user et d’abuser d’icônes: la vie ne s’affiche que quand on est touché; quand on est caché dans l’ombre l’écran prend une teinte bleutée là où le jeu aurait pu afficher une bonne grosse icône bien disgracieuse etc.

Bon, y’a quand même quelques petits "hics": comme les flingues en vue subjective, plutôt quelconques assez étrangement (alors que les modèles en vue 3ème personne en imposent).
Et puis il faut passer la première demi-heure, un peu mollassone, notamment le temps de se familiariser avec le maniement du perso’ et le "body-awareness": c’est d’ailleurs un peu déroutant la première fois qu’on s’accroupit (la vue semble presque un peu déformée).
Idem lors des premiers gunfights.
On pourrait même croire que ces derniers manquent de pêche, jusqu’à ce que qu’on choppe le coup de main et qu’il devienne beaucoup plus facile d’apprécier ces séquences.

Les séquences de corps à corps, un peu "confondantes" au début, deviennent réellement jouissive une fois qu’on a choppé le truc (et puis en plus, les corps se couvrent de bleus etc. !).
Je n’ai pas joué à Condemned (j’attendais qu’il baisse, et c’est désormais le cas depuis peu: 10£ sur Play.com), mais je doute qu’il puisse faire beaucoup mieux sur ce point, quand bien même F.E.A.R. et ses quelques mouvements de corps à corps laissait présager du meilleur.
‘Puis bon, Riddick a surtout pour lui de sembler infiniment plus varié.

L’attention aux détails est plutôt bonne, de même que l’interaction: les murs et les corps gardent de belles traces des impacts (pour peu qu’on tire sur de l’acier, on verra même le trou crée par l’impact d’un projectile sur ce dernier refroidir); on peut shooter les ventilos pour les faire tomber sur ses ennemis etc.
Le moteur physique, tout comme dans Doom 3, est bien réglé, mais ne s’applique malheureusement pas à tous les éléments du décor (chaises etc.).

La partie sonore est une merveille; c’est probablement une des premières choses que j’ai noté: la définition des voix et des bruitages est excellente (sur un ensemble 5.1 et THX, je vous assure que ça enfonce tout ce que j’ai pu voir - ou plutôt entendre - dans le genre); les doublages ont été assurés par un casting hollywoodien, ce qui ne gâche rien (les sous-titres, eux, sont plus hasardeux); et les bruitages ont du être confiés à des bruiteurs spécialisés, c’est pas possible.
C’est particulièrement visible lors des "cutscenes" qui ponctuent régulièrement le jeu, et qui ont toutes été motion-capturées: on entend jusqu’au froissement des habits en cuir des protagonistes.
Du délire.
Après vérification et matage des bonus, il s’avère que oui, il y’avait bien de bruiteurs pros’ aux commandes, tout du moins lors des cinématiques.

Le gameplay est, quant à lui, bien sympa: majoritairement FPS, il inclue quelques morceaux d’infiltration (possibilité d’étrangler / égorger etc. silencieusement un garde par derrière, ou de retourner son arme contre lui - on peut même planquer les corps, même si ça n’apporte pas grand chose en réalité), sans pour autant que les genres soient trop cloisonnés: on est donc rarement obligé d’employer l’une ou l’autre des méthodes, le choix est le plus souvent laissé au joueur, qui peut ainsi alterner et éviter la lassitude.

En outre, tout bien réfléchi, c’est d’ailleurs sûrement une bonne chose que le jeu dure si peu de temps: sans ça, on aurait sûrement perdu en intensité, et la sauce aurait été délayée (Ttask, dans son test, disait exactement l’inverse, affirmant qu’il voyait de la place pour quelques autres séquences; bah…).
Là, on a le droit à un vrai festival, variant les plaisirs et les différentes séquences.
Un concentré intense.
Court mais bon; un peu comme Max Payne 2, dans un genre un peu différent (et puis il varie moins les plaisirs, lui).

L’IA des ennemis est tout ce qu’il y’a de plus correcte: ça fait des roulades, ça se planque etc.
Et à moins de pointer sa lampe torche sur le joueur, ça ne le remarque pas quand il est caché dans l’ombre.

Assez curieusement, et bien qu’on se balade dans des espaces parfois assez étriqués (univers carcéral oblige) - mais pas toujours - ponctué d’un certain nombre de micro-chargements (un peu comme HL², mais c’est très rapide avec une bonne bécane: 5-10 secondes tout au plus), on n’a pourtant pas trop l’impression d’être enfermé à l’intérieur d’un chemin bien étroit, et ce même si l’aventure s’avère assez linéaire.
Me demandez pas pourquoi, mais c’est comme ça: le design des niveaux est fait de telle sorte, et le parcours du joueur établi de telle manière, qu’on n’a pas cette impression qu’on peut avoir dans d’autres jeux aux environnement pourtant parfois plus aérés (HL² en tête) et où on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment d’être cantonné à un couloir avec de beaux décors inaccessibles autour, histoire d’essayer de donner l’illusion d’immensité.
F.E.A.R. doit faire jeu égal avec Riddick pour ce qui est de la taille des environnements; et pourtant, dans Riddick, on le ressent beaucoup moins.
Et puis ‘faut dire que c’est quand même un peu plus varié: on a bien 4-5 types d’environnements assez radicalement différents, et non 36 000 déclinaisons du même terrain de jeu (des bureaux, encore des bureaux, toujours des bureaux).

Quant au scénar’: il fait bien son boulot.
On a un peu l’impression de se retrouver dans Oz version 2046, par moments.
Et certaines répliques font même mouche.
Comble de l’étonnement, le personnage de Riddick, avec la grosse voix de Vin Diesel, parvient même à devenir un brin charismatique. D’ailleurs, m’est avis qu’il est sûrement plus taillé pour ce genre de média (le jeu vidéo) que le cinéma.

Moi qui me lamentait du manque de FPS vraiment intéressants ces derniers temps, après la semi-déception engendrée par F.E.A.R. … Surtout que c’est pas un Call Of Duty 2 vraiment "too much" (au bout de la 50ème vague d’ennemis, moi, je commence à fatiguer), qui aurait pu remonter le niveau.

Bon, ‘reste plus qu’à espérer que le prochain jeu des petits gars de Starbreeze (The Darkness, tiré du comics éponyme), sera du même calibre.

6 commentaires pour “Riddick: Escape From Butcher Bay”

  1. G.UNIT dit :

    Eh bien tu m’as donné envie de le refaire, et c’est vrai qu’on se marre bien dessus surtout les phases de combats aux corps à corps. J’avais adoré la séquence d’intro avec cette superbe musique, ambiance bien cinématographique.

    En tout cas, je te conseille vivement Condemned (vu que tu en parles) qui est vraiment dans le même genre de jeu: à savoir, un univers bien glauque, des fights bien violents (essentiellement au corps à corps, du body awareness pour l’immersion et pour les coups du violence inouie, (un Kingpin-like en puissance), et un jeu sans véritable temps mort, à commencer en hard pour l’apprécier car sa durée de vie est proche de celle d’un Riddick (court mais intense).

  2. Sarah23 dit :

    Tu m’as bien fais rire….

    Tu parles de Riddick comme d’un vieux jeu… Alors qu’il a 1 an…

    Mais ça m’a donné envie de l’acheter, vais le chercher à 5 euros sur baybay, gniark

  3. Géhèm dit :

    Il est effectivement excellent (et vendu moins cher - c’est sans doute pour ça qu’il a fait un monstrueux bide commercial).
    Par contre j’avais trouvé que l’IA était un peu pourrave, sans doute pour ne pas trop pénaliser le côté "infiltration". Et je sais pas trop où t’as vu un moteur physique…Il y en a autant que dans Jedi Knight (c’est-à-dire aucun, juste du ragdoll sur les cadavres).

    Sinon, euh..Il y a TOUJOURS des "bruiteurs pros" dans les grosses productions de ce genre-là, hein ! Mais c’est vrai que ça contribue pas mal à l’ambiance et à l’aspect "cinoche" (pour ça, le passage où on arrive en prison est très bien foutu…mis en scène comme un générique de film).

  4. Mawwic dit :

    @Géhèm: certes, mais là, il m’a semblé que la qualité des bruitages était vraiment un cran au dessus de tout ce qui s’est fait jusqu’à présent.
    Et, chose qui me paraît plus rare, il semble qu’ils aient engagé des bruiteurs spécialement pour les cinématiques (c’est visible dans les crédits, il me semble): d’où l’attention aux détails mirobolante pendant ces séquences, où on entend jusqu’aux fringues de cuir se froisser, alors que lors des séquences de jeu c’est un peu moins chiadé.

    @Sarah23: je pensais pourtant que les guillemets et la remarque qui suivait entre parenthèse étaient suffisants (cf. " ‘vieux’ (tout est relatif)).
    Ce que je voulais dire, c’est qu’à l’échelle du jeu vidéo en général et vu le rythme des sorties, Riddick aurait déjà pu avoir bien vieilli.
    Y’a qu’à prendre Doom 3 par exemple, sorti tout juste avant (et ce d’autant plus que Riddick a mis du temps à être porté sur PC: 6 bons mois, je crois).
    Ben il accuse nettement plus le coup (sauf "tweaké" à grands renforts de mods style 3MooD et des trucs du genre).

    @G.UNIT: j’avais hésite pour Condemned (budget serré à l’époque et peur d’être déçu).
    Mais maintenant que le prix a baissé, et vu tout le bien que tu m’en dis, je crois bien que je vais me laisser tenter :-).

  5. handsome dit :

    Le rendu est bien en dessa d’un doom3 tweaké/modé à donf.. faut arrêter la bibine ! :)

  6. Mawwic dit :

    Ben j’ai pas du assez bidouiller mon Doom 3 alors.
    Et pourtant…

    Enfin bon, ‘faut dire qu’après, ça devient aussi affaire de goûts et de couleurs.

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