Lassitude apathique

le blog de Hag.

Un calendrier nouveau

Mercredi 29 février 2012 à 23:28

C’est un vieux projet, le genre de truc qui traîne longtemps dans un coin de l’encéphale, avant d’être lancé sur un forum, oublié, et ressuscité des années plus tard. L’idée était de faire un calendrier alternatif, avec pour chaque jour une célébration quelconque, pouvant servir de recueil d’inspiration, d’idées, de conneries et de calembours lamentables.

Toujours est-il que j’ai achevé ma tâche en cette Terre, et je vous offre ceci :

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Si vous trouvez ça naze, inutile, stupide, tant pis. Si vous trouvez ça sympa, ça vous fait marrer, eh bien tant mieux, ma mission est accomplie. N’hésitez pas à en faire ce que vous voulez, le partager, le modifier, le réutiliser, virer les crédits, en faire un gif à paillettes, c’est cadeau.

Je dessine des filles à poil (mais pas que).

Samedi 14 mai 2011 à 16:29

Parce que parfois, un peu d’auto-promo ne fait pas de mal. Je fais donc quelques dessins sur mon temps libre, et m’en viens donc recueillir vos avis constructifs. Vous trouverez beaucoup d’autres choses, de qualité certes variable, sur mon fabuleux blog.

Enfin bref, entrons dans le vif du sujet :

C’est tout pour aujourd’hui, toute critique est bienvenue. Et pour ceux qui voulaient désespérément des filles à poil, voila (NSFW…).

La méta-bijection

Vendredi 24 juillet 2009 à 0:54

Voici donc un texte expérimental, que j’ai écris il y a quelques mois, sans doute après une overdose de maths. J’en suis toujours assez satisfait, et donc le fais partager. Il a d’ailleurs déjà été publié sur l’excellent site la Zone, où il avait eu un certain succès. Je ne l’ai pas depuis retouché, il a donc conservé un ton assez libre. Mes excuses aux familles, tout ça…

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Bien. Alors voici un texte : [Nous avons été nous promener dans les champs. Il a plut et nous avons tous été mouillés.] . Les crochets sont une notation arbitraire qui servira ici ainsi que par la suite à délimiter la portée d’un texte. En voici un autre de texte : [J'étais dans le mouvement, et j'étais perdu, et le long de l'axe du temps je chutais, glissant, m'enfonçant un peu plus loin chaque instant dans l'incompréhension et la lande, sous un soleil qui s'était trompé de latitude, brûlant les genêts et ma peau.]
On a donc deux textes. C’est bien. Mélangeons-les donc : [Nous errions dans les plaines, sans repères, et alors que le temps passait les nuages vinrent jusqu'à emplir l'éther, gros et sombres, ils nous contemplaient et nous ne les regardions pas ; ils passaient haut dessus nos têtes lassent, nous ne bougions plus, quelle différence ? Alors ils crevèrent, et nous étions toujours aussi sombre, mais maintenant nous étions trempés.] . C’est mieux. On peut aussi tenter une modification plus basique, à simple base de coupes. [J'étais dans le mouvement, et j'étais perdu, et il a plut et j'ai été mouillé.] .

Il y a aussi la reproduction qui est possible : on fait entrer un texte dans l’autre, et on récupère les enfants, que voici : [Les nuages inondaient les champs rustiques], [Mon désarroi trouvait reflet dans l'étendue des champs desséchés] , et [Le soleil nous écrasait du poids de ses rayons] . On peut essayer de continuer en croisant les mômes, dans une sorte d’orgie pédophile, d’où naissent deux enfants qui, comme on pouvait s’y attendre, sont complètement dégénérés : [Les champs lumineux étaient inondés de tristesse.] , [Sans trop savoir, je pleuvais et mouillais les genêts.] . Arrêtons-là la consanguinité ; introduisons un peu de nouveauté.

["Je disais alors à mon ami le conservateur Whistler : [ "Il m'apparaît désormais que les gravures sur la coque du vieux chalutier sont le fruit d'une action intelligente." ]. ] . Nous avons là deux textes imbriqués. Juste pour rigoler, on peut inverser les imbrications : [Les gravures sur la coque du vieux chalutier, racontant que [j'en parlais à mon ami le conservateur Whistler], étaient probablement le résultat d’une action intelligente.] . Cool. Par là, on peut alors réussir à faire en sorte que chaque imbrication imbrique la précédente. Du genre : ["Je parlais alors à Whistler [des symboles sur le chalutier, résultant probablement d'une force intelligente, racontant que [je disais à mon vieil ami que j'avais découvert que [ces gravures, figurant [ce que je racontais au conservateur à propos [de la coque du bateau, sur lequel on voyait clairement que [je lui disais que [etc...] ] ] ] ] ] ]. ] . Voila qui est parfaitement crétin.

Maintenant, vous demandez-vous, comment fonctionnent donc les quelques méthodes de création que nous avons vu avec les textes imbriqués ? Eh bien, ça fonctionne comme pour les autres, si ce n’est que chaque imbrication est pareillement modifiée. Voyons ça en exemple, en mélangeant le tout premier texte de cet article (celui qui relate l’épopée des types mouillés) avec celui du mec qui raconte ses conneries à Whistler. On a alors : [Lors de notre promenade sous le crachin britannique, j'entretenais Whistler de mes découvertes au sujet [des gravures champêtres de la coque du chalutier, fruits probable d'une trop grande humidité]. ] . Chaque partie a été modifiée, pas de jaloux, l’égalité règne, c’est la magie du communisme. Oui, car il est bon que chaque partie d’un texte vive en bonne intelligence avec les autres, sinon on obtient des textes nationaux-socialistes qui balancent des affirmations sans rien derrière, des anarchistes aux arguments qui se donnent allègrement les uns les autres des coups de couteau dans le dos, voir des putains de textes hippies où on se fait carrément chier.

Introduisons une nouvelle notion : celle de dimension. Une dimension représente une thématique récurrente du texte, souvent amenée à varier. Par exemple, dans [Nous avons été nous promener dans les champs. Il a plut et nous avons tous été mouillés.] , la météo et la promenade sont deux dimensions du texte. On peut regrouper ces dimensions en groupe : le groupe (noté entre accolades) {météo, promenade, champs} comporte trois dimensions, dont les variations permettent entièrement de décrire le texte : en effet, celui-ci dépend quasi-uniquement de la promenade, des champs et de la pluie. Effectuons maintenant une permutation dans ce groupe, changeons l’ordre des dimensions : que devient le texte si on a {promenade, champs, météo} ? Quelque chose du genre : [Nous étions les champs, au dessus de nous souvent passaient des nuages. Des gens parmi nous se promenaient et nous écrasaient.] . On peut également, et c’est bien plus utile, choisir une dimension et ne modifier que celle là, en laissant les autres en place : on a alors en agissant sur la météo transformer la pluie qui mouille en soleil qui brûle, en bruine qui enrhume ou en tornade qui détruit votre maison. On peut aussi faire une substitution, en remplaçant une dimension par une autre, par exemple “météo” par “sports d’hiver”, ce qui donne alors [Nous avons été nous promener dans les champs. Il a été joué au curling et nous avons tous été balayés.] .

Bon maintenant qu’on a appris plein de choses, on va pouvoir s’amuser. On prend les deux textes de base (celui avec les crétins qui se font mouiller et l’autre avec son putain de chalutier), on rajoute un autre que voici : [C'est fini, la réalité se rétablit, chassant l'enfer paradisiaque, les feux meurent doucement. Derrières les murailles point l'aube, on massacre ceux qui ne sont pas encore mort.] , et c’est parti. Youpi. Joie. Truc.

On commence par simplement mélanger le premier et le dernier : [Aux lueurs de l'aube nous revenons, la pluie fine éteint les brasiers et trempe les corps, les liquides mélangés en ruissellent entre les herbes, l'eau chasse le délire, et nous achevons des corps humides se lovant dans la boue.] . On prend le texte obtenu et on le fait saillir par celui avec Whistler. Voici la progéniture : [Au petit matin, marchant parmi les champs humides d'eau et d'humeur en compagnie de Whistler, je remarquais que [les gravures du chalutier indiquaient bien des moyens d'occire ceux qui encore vivaient]. ] et [Le chalutier navigue sur l'océan infini de corps, la marée éteint les êtres en feu et les thaumaturges racontent à Whistler [comment ils gravent dans les champs les signes des dieux du matin].] . On remarque que le dernier est un peu gol, ça fait partie des bonnes surprises du processus. Et comme dans la vraie vie, c’est avec les retardés qu’on s’amuse le plus. Maintenant, on prend l’handicapé et on le mixe avec l’autre môme, afin d’obtenir [Whistler le thaumaturge menait l'esquif sur l'océan agité des corps mouvants, frémissants, vivants, brûlants, hurlant [des chants de morts, des prières exaltées aux dieux oubliés], aux mains s’agrippant à la vieille coque et y gravant [les symboles de l'eau et du feu, et les signes [de la vie qu'ils avait quitté], craignant de les oublier et de disparaître avec eux]. ] . On remarquera que les sous-textes se sont multipliés. Enfin, c’est pas spécialement grave. Je veux dire, ils ont jamais buté personne, ils sont même plutôt cool, ils apportent juste un peu de profondeur. Bref.

Et maintenant le final, on prend le texte obtenu précédemment, on le mixte avec le premier texte, mais avec la dimension “météo” réglée sur “sècheresse”, et finalement on obtient un bon texte communiste, et comme chez tous les bons communistes, on purge. Les élus seront ici les délimitations des sous-textes, c’est à dire tous les crochets intérieurs, qui vont donc comme il se doit être exterminés en tant que classe. Et contemplons lors ce qu’on obtient:

[Et sous la chaleur terrible, la barque du thaumaturge traversait l'océan immense des damnés, le navire fendant la masse entassée des corps brûlants, séchants, hurlant à la mort qui ne voulait pas d'eux, hurlant aux dieux qui les avaient depuis longtemps oubliés, et cherchant sans fin à grimper sur l'embarcation continuant son chemin, impassible, se cloquant leur mains sèches à la coque de métal chauffée au rouge. Et ce qu'elle touchait fondait, et ceux qui la touchaient y laissaient des traces d'ongles, de griffes, de dents comme pour former un ultime message, une trace unique de leur subsistance. ]

Et voila comment avec un minimum de travail obtenir un texte original à partir de trois fragments assez limités en eux-même. A vous de jouer maintenant.

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Voila. Il ne vous reste désormais plus qu’à commenter. Si si, j’y tiens.

Un petit dessin en passant

Dimanche 14 juin 2009 à 18:12

Pour fêter l’ouverture de ce blog tout-à-fait passionnant, un sympathique dessin réalisé compulsivement sur une période d’un mois suite à la (re)découverte subite de l’œuvre d’Ian Miller.

Voici donc, encre sur papier :

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L’idée était moins de réaliser une figure anatomiquement correcte (voir un tant soit peu cohérente) que de remplir de tout petits traits le plus d’espace possible. Je pense au moins sur ce point avoir réussi (le dessin fait 17×13 cm).

Tous les commentaires/questions/remarques/opinions sont bien entendu bienvenus.