Mercredi était un jour exceptionnel, c’était la sortie du 4ème volet de la saga Indiana Jones, commencé en 1981 et réalisé par Steven Spielberg (produit par George Lucas). Les deuxième et troisième volets arrivent respectivement en 1984 et 1989. Il aura donc fallu presque 20 ans pour voir arriver ce 4ème opus, et pas besoin de préciser qu’il était bien plus qu’attendu par les spectateurs.
J’annonce la couleur de suite, beaucoup ne vont pas l’aimer, mais personnellement j’ai a-do-ré ! On va donc commencer par les points négatifs qu’on pourrait lui faire, et ce que j’ai à y répondre.
Beaucoup d’actions, énormément d’actions. Et on pourrait lui reprocher parfois trop d’actions, ou plutôt son côté vraiment rocambolesque. Indy et ses comparses sautent de poutre en poutre, de liane en liane, de cascade en cascade et retombent toujours sur leurs pattes. Oui, et ? Vous vous attendiez à voir un docu-fiction sur l’archéologie Maya ? Abonnez vous aux éditions Atlas. Parce que rappelez vous les autres Indiana Jones, entre Marion qui depuis un arbre retombe pile dans un fleuve, un coucou qui tombe d’un zeppelin, se fait déchirer le gouvernail et finit par atterrir nickel.
On lui reproche aussi les “faux raccords” mais idem, dans L’Arche Perdue, alors qu’il fouille les catacombes remplies d’eau, il pose une feuille de papier sur une stèle et la crayonne pour recopier les inscriptions. Quelques secondes plus tard il est obligé de plonger sous l’eau pour s’enfuir, et quelques minutes plus tard seulement, on le voit sortir son papier, tout sec, sans aucune partie ayant bavé … Et c’est le premier. J’imagine qu’il y a tout un tas de choses invraisemblables dans les autres Indiana Jones, et ça n’a jamais choqué personne.
La saga est dans le genre de l’action et de l’aventure, pas de la comédie dramatique. Il y a toujours eu des “comme de par hasard” etc … et c’est d’ailleurs ce qui faisait son charme à cette série. Mais là ou j’aime le film c’est qu’il continue à respecter l’intelligence des précédents épisodes. Toujours ce savant mélange d’action et de scènes plus calmes d’énigmes plus ou moins subtiles. La colorimétrie est resté la même, et rien que pour ça on peut tirer notre chapeau à Steven qui n’a pas dénaturé l’ambiance esthétique du film. C’est toujours poussiéreux, vieux, antique, et parfaitement inscrit dans son époque (les années 50 cette fois ci). Shia Leboeuf est très bien incorporé à l’histoire et joue particulièrement bien son rôle sans pourtant effacer Indy. Il n’en est pas une pale copie et on a d’ailleurs droit à une très bonne chute (à la toute fin) en ce qui le concerne. De trèèèès nombreux clins d’œil viennent se glisser ça et là et font toujours sourire.
Attaquons maintenant LE truc qui a fâché le plus les spectateurs :

Comme dans tout Indiana Jones, ce dernier cherche un objet très convoité et aux pouvoirs surnaturels incontestés, également recherchés par de gros gros méchants (ici les communistes) et finit par trouver cet objet dans un temple etc .. etc … Ici on commence donc en 1957 dans le Nevada. Pour les incultes je vous rappel qu’en 1947 l’incident de Roswell donna lieu à de nombreuses rumeurs, toujours d’actualité, dont l’existence (cachée) d’extraterrestre. Les pires hypothèses conspirationnistes ont alors été élaborées comme par exemple celle ou la CIA auraient récupéré un E.T (mort ou vivant) dans la Zone 51 afin de réaliser des expériences.
Alors il ne faut pas trop s’étonner de voir “débarquer” des E.T à la fin du film. Comme je le disais donc, comme dans les précédents opus, ça rentre par-fai-te-ment dans le contexte historique. De plus, pourquoi serait-on choqué par des aliens et pas par un chevalier de la table ronde resté planqué dans une grotte pendant 300 ans sans rien faire pour garder une vieille coupe en bois ? Et pourquoi pas par une arche qui zigouille par magie toute les personnes proches qui la regardent ? C’est la même chose, en tout point.
Alors oui par contre, on est 20 ans après c’est sur qu’il fallait pas s’attendre à des animations en pâte à modeler, surtout depuis que Georges Lucas nous a pondu sa deuxième trilogie. Il y a de l’image de synthèses, des décors immenses qui s’écroulent, des animaux qui bougent dans tous les sens etc … Mais le tout reste homogène et comme dans tout les films de Steven, les effets spéciaux ne sont là que pour servir le scénario (cf la guerre des mondes).
Mais là où Steven Spielberg a frappé fort c’est dans la mise en scène. Dès le début on sent une disposition des personnages et des choix de cadrage, me rappelant Orson Welles. Contre plongé lorsque Indy maîtrise l’action, totale plongée quand les communistes l’encerclent et c’est comme ça tout au long du film. Les plans sont tous magnifiques, les décors somptueux et les couleurs resplendissantes.
On a aussi reproché à Indy certain changement. Notamment la scène finale … Oui c’est peut être gnagnan, mais faut pas oublier que la dame c’est en quelque sorte son amour de jeunesse, et on insiste bien tout au long du film, sur l’aspect “vieux papy bientôt à la retraite” d’Indy. Il commence à être vieux et donc raisonnable.
Il y a aussi eu le coup du serpent liane … Mais que cette scène est énorme !! ^^ C’est un clin d’œil en même temps qu’une scène relativement drôle (comme dans tout les Indiana).
La seule chose qui me dérange je l’avoue, c’est qu’il est visiblement appartenu à la CIA … J’avoue que ça … c’est un peu dommage scénaristiquement.
Il y a encore beaucoup d’autres choses que les gens ont pu trouver déplacées, incongrues, et je dois dire que je comprend pas trop. A quoi donc ils s’attendaient ? Cet épisode est la suite logique, 20 ans après, d’Indiana Jones et la Dernière Croisade : de l’action, de l’humour, des énigmes, et un héros se tirant toujours d’affaire. Il a toujours autant la classe, toujours aussi dandy, charismatique et imprévisible.
Si vous êtes un vrai fan des précédents épisodes, que vous ne vous attendez pas à un film réaliste relatant des faits historiques, foncez, vraiment c’est une tuerie ce film :)
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