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Musique & Graphisme le blog de Doukyo.

Archive pour mai 2010

3e âge et informatique

Mercredi 19 mai 2010

Depuis maintenant 4 mois, je travaille à la formation de personnes âgées à l’utilisation de l’ordinateur.

Tout d’abord, j’ai constaté est que beaucoup de ces personnes veulent se mettre à l’informatique, soit parce que leur famille leur à offert un ordinateur portable, soit parce qu’ils veulent se mettre aux nouvelles technologies afin de comprendre et de pouvoir évoluer dans une société de plus en plus informatisée.

Ensuite, beaucoup d’entre eux n’y connaissent rien, et ont beaucoup de mal à se former, par manque d’argent pour payer les formateurs (en moyenne 40€ de l’heure, sachant que je pars d’une base de 5 heures minimum afin de connaître la bureautique, internet et l’usage de l’informatique en général afin qu’ils puissent se débrouiller seul), et parce que leur entourage refuse de vraiment les aider autrement que de manière sporadique (qui n’a jamais envoyé bouler papa/maman/papy/mamie pour l’aider avec son ordinateur).

Il y a de nombreux écueils dans leur apprentissage qu’on ne retrouve pas dans les générations plus jeune, je vais essayer d’en citer quelques uns :

  • Informatique ≠ Mécanique : PREMIÈRE chose à préciser avec les personnes âgées, un ordi ça ne casse pas à cause d’une mauvaise manip’, surtout vu comment les systèmes d’exploitation actuels (Windows Seven et Mac, pour ne citer qu’eux vus qu’ils sont les plus trouvés dans le commerce) prennent les gens par la main et les empêchent de faire des bêtises. cette peur de casser l’appareil vient à mon avis du fait que cette génération n’a connu que la mécanique, qui casse si on fait des (grosses) conneries. Généralement je leur explique un peu ce qu’il y a dans un ordinateur (petite introduction rapide sur la RAM, carte mère, etc… en leur montrant l’intérieur d’un ordinateur, ça a tendance à les destresser).
  • NON un fichier ça ne disparaît pas : deuxième grosse frayeur, perdre ses fichiers. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu “mon fichier à disparu”. Il faut bien montrer que pour supprimer un fichier définitivement, il faut le vouloir (clic droit sur le fichier, supprimer, confirmer la suppression, clic droit sur la corbeille, vider la corbeille, confirmer vider la corbeille, si on fait tout ça sans le vouloir, c’est pas un formateur mais un docteur qu’il faut voir). Il faut aussi bien leur expliquer qu’il faut faire attention à ce qu’on fait de ses fichiers, et qu’un ordinateur ne trie pas les photos selon leur contenu (”ah oui mais non mais là c’est des photos du jardin, alors les photos de la cuisine peuvent pas être là”).
  • NON, internet ça mange pas les petits enfants : grâce à nos médias géniaux, pour eux internet est un outil génial mais très dangereux : si on ne fait pas attention, on se chope des virus qui font exploser les ordinateurs et y a de vilains pédophiles chinois du FBI qui viennent sonner à notre porter et voler notre argent. Là il faut leur expliquer qu’il y a énormément de sécurités (antivirus, firewall, protections intégrées au navigateur et au système d’exploitation) et que la première sécurité c’est eux même. Pour faciliter la compréhension, je leur explique que l’apprentissage d’internet est similaire à l’apprentissage des dangers de la rue : la rue est certes pleine de dangers (voitures, vélos, pédobears…), mais on explique à l’enfant comment éviter ces dangers afin qu’il puisse se déplacer librement, facilement et sans risque.
  • NON, l’informatique n’est pas un nouveau langage aussi compliqué que le chinois. Certes, certains termes déroutent les gens, mais le plus souvent ils s’y retrouvent: un dossier contient des choses, le bureau est, comme le bureau dans une maison, le centre des activités à partir duquel on choisit ce qu’on va faire (lire, jouer, travailler, aller voir ses papiers, etc.), on copie, on coupe, on colle, etc. Pour les termes plus compliqués, il faut passer par une analogie. Faire comprendre le système de rangement d’un disque dur, c’est une étape très importante pour faire comprendre qu’un ordinateur ça se RANGE comme son bureau, et que ça ne se fait pas par magie. Sauf que c’est le bordel à leur expliquer. Pour ça je leur fait l’analogie avec une arbre (paf, explication du terme “arborescence”). Un arbre, on part de la racine (paf, la “racine du disque dur”). Ensuite on monte dans le tronc, on atteint les branches. Une branche est un dossier. Sur cette branche il y a des branches plus petites (d’autres dossiers) et au bout on a des feuilles (des fichiers). Généralement cette explication suffit. Si c’est pas le cas, on dit que le disque dur est une grosse boite d’archive, contenant des dossiers, qui contiennent des dossiers pour arriver aux papiers à la fin (les fichiers).

Vous comprenez ici que le plus gros obstacle n’est pas leur âge, mais bien leur peur, il faut arriver à la leur faire surmonter afin qu’ils puissent s’amuser et progresser seuls (et nous foutre la paix au passage).

J’ai également remarqué qu’à force de les bassiner avec des phrases telles que “l’ordinateur c’est génial, c’est une super aide”, ils en attendent trop. Beaucoup trop. Ils s’étonnent de devoir cliquer sur telle ou telle chose pour faire une action (”ah bah l’ordinateur il fait pas ça tout seul?”. Il faut alors leur expliquer que l’ordinateur n’est pas omniscient et qu’il ne sait pas ce que veut faire son utilisateur, même si il essaye de faciliter au maximum le travail.

Enfin, il existe une barrière très difficile à surmonter : la barrière physique. Leurs mains sont beaucoup moins agiles, ils voient moins bien, ils oublient vite.

Quelques solutions pour palier à ces problèmes :

  • Le soucis des mains intervient lorsqu’ils doivent cliquer, si la personne à un ordinateur portable, essayez de lui faire bouger la souris de la main droite (si il est droitier bien sûr), et de cliquer de la main gauche sur les boutons du touchpad. Ça à tendance à les décoincer.
  • Pour les yeux, il faut configurer les logiciels qu’ils utilisent afin que les caractères soient plus gros ET leur apprendre à le faire par eux même (ctrl+molette sur firefox par exemple).
  • Pour la mémoire, je pars du principe que rien ne vaut les bonnes vieilles notes prises à la main. Ça les rassure, ça les aide à retenir les choses et ils y ont accès facilement et rapidement. Par contre certains oublient de les regarder, et là j’ai pas vraiment de solution.

Concernant l’apprentissage, je persiste à dire que les notes sont très importantes, mais elles se doivent de n’être que des indications générales, il faut leur faire comprendre que l’ordinateur est comme un tournevis : on peut noter comment l’utiliser, mais si on note tout, on ne saura viser qu’un seul type de vis sur une seule surface.

Par exemple, ils me regardent souvent avec un air désespéré quand je leur dit qu’on va trier des photos, parce qu’il faut faire plein de choses à la suite. Mais pour les rassurer, je leur explique qu’ils n’ont pas appris à trier des photos, ils ont appris à utiliser énormément d’outils : la gestion des fenêtres pour bien les placer sur l’écran et être à l’aise, la création de dossier, le déplacement de fichiers et le nommage des fichiers. La note ne devient alors plus une note unique (”comment trier ses photos en 147 étapes”) mais un ensemble de notes permettant d’expliquer plusieurs actions différentes, et utilisables dans d’autres situations (on s’approche alors de l’autonomie de l’élève).

Cependant, si ils ont des notes générales, ils se perdent bien souvent en cherchant quelle action faire à quel moment. Il faut alors leur expliquer que ce n’est pas un code rigide à faire, mais juste une progression. Faire une analogie avec l’IRL les aide énormément. Pour reprendre mon exemple des photos, je leur dit que d’abord on ouvre son album photo (le dossier images), et à coté on ouvre un classeur (la création du dossier). Ensuite on nomme le classeur (on nomme le dossier). Puis on passe les photos de l’album photo au classeur (déplacement de fichiers) et on met des indications sur les photos (le nommage des fichiers).

C’est vraiment quelque chose qu’il faut leur faire comprendre, l’ordinateur n’est qu’une autre manière de faire les choses, mais la manière de penser est la même, il faut alors les détacher des termes informatiques et les faire réfléchir comme ils le feraient IRL.

Voilà un petit article vite fait, pour le moment c’est un peu tout ce que je vois, si vous avez des propositions/remarques pour l’étoffer, je suis preneur.

Après 6 mois

Lundi 10 mai 2010

Gros moment d’absence sur ce blog. J’en profite pour faire une petite review sur les 6 mois qui viennent de se dérouler, on sait jamais, ça pourrai peut être intéresser quelqu’un.

6 mois de Taekwondo/Hapkido

Tout ce qui suit est à prendre avec des grosses pincettes, je ne suis clairement pas un expert.

Pour ceux qui ne connaissent pas, le taekwondo et l’hapkido sont deux arts martiaux provenant de Corée. L’un est plus axé combat pieds/poings, et l’autre défense (j’ai trouvé beaucoup de ressemblance entre l’hapkido et l’aïkido). Je détaillerai plus ici le Taekwondo.

J’ai réussi à trouver un club qui convient à mes attentes, l’esprit est très convivial et on se défoule beaucoup. J’avais un peu peur de tomber sur du bourrinage de base comme dans certains clubs, où le but est plus de taper comme un sourd et d’être content parce que l’adversaire crache ses dents. Ici on a une grande partie combat, mais avec l’objectif de s’améliorer (souvent on prend une minute ou deux à dire à l’adversaire contre lequel on vient de se battre quelles sont ses erreurs).

Vient ensuite la partie technique, le “un pas combat” (je vous passerai les termes en coréen) avec un adversaire qui fait une attaque, et c’est ensuite à nous d’inventer une défense. C’est un exercice très scénarisé, visant à améliorer ses positions et sa maitrise des parades/attaques.

Il y a également les “poomse”, il s’agit d’un combat solitaire, où l’on doit répéter un des 8 enchainement pré-établi.

J’ai gagné énormément en souplesse et en force, sans compter mes réflexes qui se sont grandement améliorés. Le taekwondo est un excellent défouloir mais permet également une progression très rapide pour peu qu’on soit assidu.

Si vous avez des précisions à apporter sur le taekwondo/hapkido, hésitez pas à les proposer.